
Série : l'esprit perdu
Dessinateur : Matthieu Bonhomme
Scénariste : Gwénaël de Bonneval
Editeur : Dupuis
Résumé : Guillaume de Saunhac n'a jamais pu accepter la mort de son père. Et lorsque sa mère accepte la
proposition d'union de messire de Brifaut, il vit mal les perspectives de compagnie de ce beau-père si peu
apprécié. Le jour du départ pour leur nouvelle demeure, sa soeur, Hélis, disparaît. Les hommes de Brifaut
partent à sa recherche, en vain.
L’esprit perdu, récemment primé à Angoulême, est un intégrale de la série en triptyque « Messire Guillaume ». Cependant il se démarque tout d’abord par son gabarit différent. Les auteurs ont opté pour un format paysage : les planches originales sont ainsi coupées en deux, soit réparties sur une double-page. Le découpage est suffisamment classique et fluide à la base, pour que cela ne vienne en aucun cas perturber la lecture. Combiné à une édition en noir et blanc (la série est en couleur), ce parti-pris possède un charme indéniable. D’ailleurs le dessinateur n’en ai pas à son coup d’essai, puisqu’il avait déjà réaliser un intégrale de la série « le Marquis d’Anaon » en noir et blanc aux éditions Dargaud.
Le noir et blanc met en valeur son travail sur la lumière et les ombres à grand renfort de crayonné, que cela concerne un faisceau lumineux dans une maison, une pénombre ou des aplats pour un contre-jour. Sans couleurs, les menus défauts sont plus visibles, mais j’adhère totalement à ce genre d’initiative, c’est l’assurance d’apprécier le trait autrement.
A ma surprise, Messire Guillaume s’adresse à un jeune public, une certaine naïveté suit le jeune homme au départ de son aventure. Celle-ci se durcie au fil des rencontres, que cela soit avec le chevalier (qui me fait penser à Jean Reno) ou les aspects fantastiques de l’histoire. A cela, il y a deux points où je tique un peu. Les créatures rencontrées manquent à mon sens un peu de créativité, restant sur des designs assez simples, « enfantins ». Ensuite je m’attendais à revisiter cet univers étrange et intriguant traversé pendant le périple, en fin d’histoire, ce qui n’est pas le cas.
Deux points qui finalement m’ont calmé l’ardeur suscité à la vue du programme que je m’étais déjà imaginé, entre la couverture et les premières pages. Cependant, l’Esprit Perdu possède bien des atouts entre des personnages attachants, une narration plaisante notamment, tout en reposant sur la trame d’un conte pour tous âges. Plaisant à condition de laisser votre imagination devenir trop débordante avant lecture.

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