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The Prowler (Le Rôdeur) : Le "héros" Le Plus Mal Aimé Noter : -----

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Posté 06 janvier 2019 - 21:03

The Prowler (le Rôdeur) : le "héros" le plus mal aimé


Image IPBNe vous fiez pas aux apparences : malgré sa pose héroïque et confiante, ce mec est un vrai poissard indécis !


Plutôt que de parler d'une lecture (encore que... oui, c'est une lecture), je voudrais plutôt consacrer ici un article que j'ai eue l'idée de rédiger lors d'une récente lecture à propos d'un "héros" qui apparaît parfois dans le Spider-Verse (et peut-être ailleurs chez Marvel, je ne sais pas). Il s'agit du Prowler, le Rôdeur, donc.
Ca m'est venu en lisant ceci :


Image IPB


qui est une mini-série qui s'intercale dans le run écrit par Dan Slott en 2017 pour Spider-Man La Conspiration des Clones. Et où les événements concernant le vilain cloneur Le Chacal sont racontés du point de vue du Rôdeur, enrôlé par ce même Chacal pour être en quelque sorte le conciliateur entre tous les super-vilains ressuscités (bonne chance !)
Soit... l'important n'est pas là. Et, d'ailleurs, cette mini-série parue en revue n'est pas follement passionnante en soi.
En revanche, le personnage du Prowler m'a paru très intéressant... dans sa relative insignifiance même.
En effet, Hobie Brown (de son vrai nom) a une genèse assez particulière.

Imaginé par le prestigieux John Romita Sr. en 1969 (avec la bénédiction et le concours de Stan Lee qui restera - déjà un signe ! - assez sceptique sur le potentiel du personnage), le Rôdeur apparaît dans les numéros 78 et 79 de The Amazing Spider-Man, pour une petite histoire en dytpique.


Image IPB.....Image IPB

Voici ce qu'en dit brièvement wikipédia (au moins, il est bien sur Wiki ^^) sur sa naissance et son cheminement :

Hobbie Brown est un jeune noir doué, licencié de son boulot de laveur de vitre sur les gratte-ciel. Utilisant ses connaissances techniques, il se fabriqua un costume de super-vilain dans le but de s'enrichir, sans blesser personne.
Pourtant, lors de sa première sortie, il croisa Spider-Man et fut vaincu. Il réalisa alors qu'il faisait fausse route, et écouta les conseils du Tisseur.
Il resta tranquille pendant plusieurs années, mais il revint en tant que voleur, pour sauver sa femme.
Il travailla pour Silver Sable avec l'Homme-Sable et Feu-follet.
Depuis il travaille à Parker Industries et remplace Peter Parker en Spider-Man.

La situation de ce personnage est en effet plus compliquée que celle des super...euh... machins habituels :
il n'est en fait ni un super-héros (il n'a d'ailleurs aucun super pouvoir), ni même vraiment un héros, mais pas non plus tout à fait un anti-héros, ni tout à fait vraiment un vilain tout en l'étant parfois.
La seule certitude à son sujet, c'est qu'il est bien une (piètre) doublure de Spidey à l'occasion.
Le Rôdeur, c'est un peu le chat de Schrodïnger de chez Marvel : statut indéterminé et constamment changeant. Pire : ouvrir la boîte ne permettrait même pas de vérifier son état.
La raison principale de ce mic-mac vient de la difficulté pour Hobie Brown de se positionner clairement dans l'univers Marvel, de choisir définitivement son camp.
En clair, le Rôdeur est un béni-oui-oui, comme on dit familièrement. Et un poissard aussi.

A la fin de la mini-série récente dont je vous ai parlé, Peter Parker lui dit : "tu m'as toujours fait l'impression d'un homme perdu dans ses choix". C'est peu dire quand on voit son parcours !
Et, comme de juste, quand Hobie quitte le bureau de Parker Industries, la dernière planche reste volontairement évasive. Héros ? Anti-héros ? Vilain "light" ? Ah...


Image IPBBrisé... mais encore debout... mais brisé... mais encore debout... mais...

En fait, le Rôdeur n'a jamais été vraiment un vilain (encore moins super). Même quand il lui arrive de passer "du côté obscur", c'est toujours sans s'y impliquer vraiment et avec les meilleures intentions (ainsi il acceptera de s'accoquiner avec le Chacal parce qu'il est persuadé que celui-ci oeuvre pour le bien de l'humanité).
Son engagement au côté de Silver Sable - une mercenaire - montre aussi sa volonté de tenter de trouver un compromis entre gentil-méchant puisque, par définition, un mercenaire n'est ni l'un ni l'autre et préfère se situer "par-delà le Bien et le Mal" comme le disait un célèbre teuton à la moustache en balai-brosse (non, pas Hans Grüber, suivez un peu !)
Mais cette positon ne peut, manifestement, satisfaire pleinement Hobie Brown, probablement parce qu'elle découle d'un choix cynique (traduction : on travaille pour le fric, point barre).
Mais il ne peut accepter davantage d'être un anti-héros autoproclamé (comme Deadpool ou The Punisher par exemple) car il ne partage pas non plus leur désinvolture et/ou leur indifférence envers le regard des autres. De même, il ne peut se ranger à côté de personnages en marge comme Black Cat dont la mentalité ressemble trop à celle des mercenaires (et puis... Hobie Brown n'a pas non plus le charme de la belle cambrioleuse à qui on pardonne tout !)
Pauvre Rôdeur !
Qui est-il vraiment ?
Un loser ?
C'est la question quasi dostoïvkienne que le personnage ne cesse de se poser, à l'instar du lecteur qui ne sait trop quoi en penser non plus.

Mais ce n'est pas tout : poissard, le Rôdeur l'est doublement et ici, la réalité coïncide ironiquement avec la fiction (et ça rend sa situation deux fois plus intéressante).
Car il faut savoir que, sur le plan éditorial - et comme Stan Lee le subodorait déjà en 1969 - The Prowler n'a jamais connu le succès en librairie non plus. Il fait ainsi partie de ce cercle très fermé (cadenassé même !) de petits héros ou vilains anecdotiques sitôt vus sitôt oubliés dans les pages des comics de notre propre monde.
En effet, outre les deux numéros de The Amazing Spider-Man déjà cités qui racontait sa genèse, le Rôdeur apparaîtra encore une fois dans les années 70 pour venir en aide à un Peter Parker qui, ayant dévoilé son identité arachnide à Gwen Stacy et tante May lors d'un accès de fièvre, demandera à Hobie de porter le costume du Tisseur pour donner le change.
Grossier stratagème, certes, mais qui permis au moins à Peter Parker de détourner les soupçons qu'il avait engendrés lui-même sur sa personne.

Cette idée sera reprise bien plus tard en 2014 par Dan Slott lors du relaunch All-New Spider-Man pour aider un Peter Parker débordé par son nouveau statut de patron d'entreprise.
Et l'occasion de réaliser que Hobie Brown n'est pas davantage un Spider-Man qui pourra faire longtemps illusion: non seulement il n'a pas de super-pouvoirs mais, en plus, il est dénué du sens de l'humour typique de Parker.
Pauvre Rôdeur ! Ou pauvre Hobie Brown. Il n'est même pas une bonne doublure ! Image IPB

Sa dernière apparition, dans la revue hors série montrée ci-dessus qui regroupent cinq numéros du Clone Conspiray Tie-in, n'a pas reçu non plus un accueil favorable du public, au point que Marvel a interrompu la mini-série (la politique de Marvel étant aujourd'hui d'abandonner toute série qui ne fonctionne pas bien au bout d'un an), laissant le Rôdeur masque en main, éternellement en train de ressasser son conflit identitaire et sa place dans le monde.

Pauvre Charlie Brown... oups... je veux dire Hobie Brown (l'homonymie est une pointe d'ironie supplémentaire !)
Au fond, peut-être que le vrai problème du Rôdeur est d'être comme tout le monde... un humain ordinaire comme vous et moi, avec ses incertitudes et son besoin de reconnaissance, régulièrement tiraillé entre la facilité du mal et la tentation du bien.
Et, dans l'univers des super-héros et super-vilains, est-ce vraiment étonnant qu'un personnage aussi super... normal n'y trouve pas sa juste place ?

PS : il faut souligner que le personnage du Rôdeur, alias Hobie Brown, est présent dans l'excellent film d'animation sorti tout dernièrement, Spider-Man Next Generation.
Et qu'il y joue clairement et sans doute possible un... vilain pabô.
Le dilemme du Rôdeur a t-il donc enfin trouvé une issue par la grâce de ce film sorti en toute fin d'années 2018 ?


Image IPBLa consécration, enfin ???


Hé bien... pas vraiment. Image IPB

Car ce Rôdeur-là est plutôt inspiré de sa version Ultimate (Terre 1610) qui, lui, a toujours été un salaud fier de l'être et du genre teprenpalatêt.
Et si l'on ajoute pour finir que, hélas, le film d'animation n'a pas connu le succès qu'il méritait pourtant...


Pauvre Rôdeur, je vous dis...

Image IPB

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