1001 BD.com: Chroniques Iniques & Apocryphes - 1001 BD.com

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Chroniques Iniques & Apocryphes Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 13 octobre 2019 - 13:23

Nouveau sujet que je propose et dont je donne le coup d'envoi aujourd'hui : rédiger de fausses chroniques de BD bien réelles dont la rédaction est...hum... légèrement en décalage par rapport au véritable contenu de l'album.
Je précise qu'il peut s'agir d'une BD que j'ai lue... ou pas. Connue... ou pas.
Car comme le dit si bien un adage bien connu : "qu'importe livresse si on a le flacon"
PS : je dédie cette première chronique à Pos Image IPB

Aujourd'hui, commençons avec un monument :


Image IPB

Corto Maltese
Tome 3 : Sous le signe du Capricorne
Scénario : Hugo Pratt
Dessin : Hugo Pratt
Edition : Casterman
Genre : toujours un peu plus loin
Date de parution : octobre 1971

Synopsis : Les aventures picaresques de Corto Maltese, le célèbre marin hydrophobe (mais passablement alcoolisé), vaurien toujours en quête de fortune, de belles bagarres et de donzelles à (dé)trousser, dont l'ingestion d'épinards décuple la force physique et la roublardise, et son éternel acolyte Rastaquouère le Sage.

On ressent toujours un plaisir coupable à suivre les manigances et autres fourberies de haut vol de cet hédoniste né de Corto Maltese, de même que l'on jubile devant le festival de baffes distribuées tout au long de ses périples pour peu qu'une boîte d'épinards soit à proximité.
L'anti-héros irrévérencieux et politiquement (très) incorrect imaginé par le grand Hugo Pratt est devenu une icône qui, certes, ne brille pas par l'éclat de son auréole mais plutôt par sa truculence et sa verve inépuisable. Pour faire contre-poids à une nature aussi exubérante qui aurait pu lasser le lecteur à force d'outrances, l'auteur a heureusement eu l'idée de lui flanquer un sidekick dont le caractère et le comportement sont diamétralement opposés. Pondéré, diplomate, philosophe autodidacte converti au bouddhisme et allergique à toute forme de violence, le moine Rastaquouère n'en finit plus de tempérer les excès (et souvent les gaffes, disons-le tout net) de son remuant compagnon de (dé)route... avec un manque flagrant de réussite le plus souvent (les stratagèmes du pauvre moine pour cacher boîtes d'épinards et bouteilles de rhum est un running-gag classique et toujours efficace de la série).
On ne s'en plaindra pas : cela nous vaut des aventures débridées, au rythme échevelé, qui laisse peut de temps au lecteur de penser (mais c'est justement le but) et dont on ressort aussi revigoré et le coeur léger que d'un album d'Astérix (et surtout d'Obélix).

Difficile de s'attarder aussi sur les intrigues des albums, qui ne sont souvent que des prétextes plaqués sur un vague fil conducteur, l'essentiel (et le sel) de la série étant plutôt dans ses innombrables digressions, ses chemins de traverse et, bien souvent... ses sorties de route.
Qu'importe d'ailleurs : on ne lit pas un Corto pour son intrigue, pas plus que pour la profondeur de son propos. Tout au plus, dans ce troisième tome, pourra-t-on évoquer une histoire fortement teintée d'ésotérisme (que notre cher Corto confond avec érotisme) et d'un imbroglio identitaire où Rastaquouère prend momentanément la place et les fonctions d'un étrange astrologue new-yorkais disparu au Brésil depuis sa rencontre avec un concept si difficile à appréhender qu'il n'est même plus capable de prononcer son propre nom.
Bref, on l'aura compris : le scénario vire au grand n'importe quoi et il faudra bien quelques boîtes d'épinards et trois bonnes doses de paillardises à Corto pour débrouiller un tel écheveau hermétique.

Que dire enfin du style graphique du grand Hugo, si ce n'est qu'il dessine toujours aussi bien les cathédrales et la misère, les bossus et la gitane éternellement vissée aux coins des lèvres de notre marin préféré. Sa science consommée du noir et blanc fait une fois de plus merveille (particulièrement le blanc) et sa capacité à rendre le mouvement lors des nombreuses scènes de castagne n'a rien à envier au mangaka de shônen le plus chevronné.
Bref, lisez ou relisez Sous le signe du Capricorne, un album qui est comme un coup de bélier salutaire dans une production européenne actuelle bien trop souvent consensuelle et cérébrale.

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#2 L'utilisateur est hors-ligne   poseidon2 

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Posté 21 octobre 2019 - 17:11

Mmmhhh pas bien sur de reussir à dire si... tu l'as lu ou pas :)

#3 L'utilisateur est hors-ligne   redfoxone 

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Posté 31 octobre 2019 - 18:20

Tu as à minima lu du Corto.:)


Je pense que tu l'as lu (moi je l'ai fait aussi, mais je ne m'en souviens plus... c'est tellement lointain).


#4 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 31 octobre 2019 - 22:41

Oui j'ai lu l'original, bien sûr, mais il y a longtemps.
De toute façon, ça n'a rien à voir : l'idée était juste de tout réinventer en mode déconne Image IPB

#5 L'utilisateur est hors-ligne   redfoxone 

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Posté 07 novembre 2019 - 11:25

Tu veux un défi ?
Je te propose l'exercice sur le dernier Astérix.


#6 L'utilisateur est hors-ligne   poseidon2 

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Posté 07 novembre 2019 - 14:15

Parce que sa critique n'est pas Iniques et Apocryphes ??? :lol: :lol: :lol: :lol:

#7 L'utilisateur est hors-ligne   redfoxone 

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Posté 08 novembre 2019 - 10:50

Y’a 1 millions d’albums vendus, les gens aiment forcément Image IPB

#8 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 08 novembre 2019 - 11:31

 poseidon2, le 07 novembre 2019 - 14:15, dit :

Parce que sa critique n'est pas Iniques et Apocryphes ??? :lol: :lol: :lol: :lol:

Pas du tout. Ma critique d'Astérix est juste et parfaitement authentique Image IPB

Citation

Y’a 1 millions d’albums vendus, les gens aiment forcément Image IPB

Avec Astérix (comme avec Star Wars et tant d'autres), les gens n'achètent pas une oeuvre mais une marque : Astérix@.
Je rappelle que le pire album d'Astérix, Le ciel lui est tombé sur la tête, est celui qui s'est le mieux vendu Image IPB

Sinon, je mettrai une prochaine chronique Inique & Apocryphe... très prochainement.



#9 L'utilisateur est hors-ligne   redfoxone 

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Posté 10 novembre 2019 - 09:17

Ah mais c’est toi qui l’a faite, dans mon souvenir c’est pos, mes excuses Phil. :)

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 10 novembre 2019 - 19:36

Pas de problème Image IPB

#11 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 20 février 2020 - 14:58

A la demande générale (non ? bon, tant pis) et pour prouver que je ne tape pas toujours sur les mêmes, voici une seconde Chronique Inique et Apocryphe :


Image IPB


Ekhö

Tome 1 : Nouille-York
Scénario : Arleston
Jeux de maux : Arleston
Ficelles : Arleston
Dessin : Barbucci
Edition : Soleil
Date de parution : 2013
Genre : inclassable

Synopsis : Mantis Dekapit, une blonde pulpeuse tueuse de maris fortunés et Yuri Broutminou, un professeur de tantrisme, sont dans un avion. Tout à coup, une sale bestiole aux allures de huissier de justice apparaît à Mantis et lui apprend qu'elle a hérité d'une tante inconnue, Epeirine Dekapit, de son élevage de dragons.
Mantis n'a pas le temps de s'étonner qu'un orage éclate et que tous les passagers se mettent à avoir de drôles de têtes. Même l'avion se met à battre des ailes et atteri à l'aéro-drag de Nouille-York.
C'est le début d'une série de péripéties échevelées ayant pour cadre la ville fétiche du plus célèbre de ses Preshaun : Woody Haleine.

La sortie d'un album scénarisé par Arleston est toujours un événement en soi tant la production de ce perfectionniste se veut aussi rare qu'exigeante.
En effet, le dernier album signé Arleston date de 1998 (La Guerre de Troy n'aura pas lieu, un one-shot ambitieux de 374 pages sortie aux Humanos) et c'est donc peu dire que la sortie du premier Ekhö - qui une fois n'est pas coutume sera une série au long cours puisque prévue en 62 tomes - résonne en nous comme s'il était démultiplié à l'infini. Et une crainte légitime nous sert le coeur après tout ce temps : Arleston a-t-il conservé son sens consommé (et consumé) de la narration qui parvient toujours à nous "scotcher" autant à notre fauteuil ? N'aurait-il pas perdu, en cours de (dé)route, ce génie de la répartie qui fait moucher les chandelles de l'indigence textuelle à laquelle nous ont trop habitués des auteurs comme Luc Brunshwig ou Alain Ayroles ?
Que l'on se rassure d'emblée : Arleston n'a rien perdu de sa verve savoureuse autant qu'érudite, ni de son imagination débordante.
Pour preuve, encore ici, cette nouvelle série qui bouscule toutes nos certitudes et inverse tous les paradigmes connus pour nous retourner le cortex et stimuler une fois encore nos méninges.
Rien que le postulat d'un New-York dans une version fantasy-light (tellement light d'ailleurs qu'on en est soufflé !) est tellement surprenante qu'elle n'en finit pas de nous faire mourir d'admiration, pauvres pétaures que nous sommes ! Mais nous savons qu'une idée - aussi brillante soit-elle - ne suffit pas à faire une belle oeuvre : encore faut-il la faire se déployer, tel un majestueux albatros non mazouté, par des développement aussi subtils qu'inattendus.
Là encore, Arleston y parvient sans peine, donnant la troublante impression d'une grande facilité à enchaîner des situations pourtant bien difficiles à prévoir.

Il serait toutefois injuste de réduire le savoir-faire de l'auteur à sa science de l'écriture et son inventivité. Car, nous le savons depuis la parution de son roman graphique de 1992, L'ambassadeur de Ferrero-Roch (Grand Prix à Angoulême) et peut-être plus encore avec Le ticket d'Hébus (1996, Rue De Sèvres) ou Sea, Cixy & Sun (2001, Editions du Tamanoir), Arleston possède l'art de créer des personnages tourmentés à la psychologie particulièrement fouillée et au background touffu.
Ainsi, si Mantis Dekapit nous donne tout d'abord l'impression d'une bimbo écervelée à la candeur un tantinet forcée, son personnage fourmille en réalité de petite nuances qui se révèle petit à petit au fil de l'album. Pour ne prendre qu'un exemple parmi tant d'autres, son addiction au meurtre matrimonial trouve en réalité ses racines (du mal) dans une enfance marquée par la mort de son poney des Shetlands préféré, Castor, que son père indélicat lui servit en ragoût lors de son sixième anniversaire. Et lorsque son premier mari, Crimson Bastardo, poignarda son second poney, Polux, lors de leur quatrième anniversaire de mariage pour le servir à la sauce béchamel, la jeune fille sombra comme de juste dans une spirale infernale, sanglante et mortifère.
Mais je préfère éviter de trop spoiler car cette révélation cruciale n'intervient en effet qu'en toute fin d'album, de même que le massacre de tous les membres du Sénat Preshaun servis ensuite lors d'une réception de l'ambassadeur Ferrero-Roch avec une sauce à la menthe.

Bien que fort occupé à travailler sur la série-fleuve Sky-Doll au rythme de parution très soutenu (pas moins de 5 albums par an), Barbucci trouve néanmoins le temps d'illustrer ce premier tome d'Ekhö et nous offre toute l'étendue de son talent malgré quelques signes de fatigue au détour d'une case (notamment celle où Yuri Broutminou arbore une fort jolie mais incongrue queue de singe).
Mais ce n'est là que pinaillage et même les planches 27 à 36 où les décors de Nouille-York font un peu copier-coller en représentant à chaque fois Whash Ington Square n'entame en rien la qualité de son travail.
C'est avec impatience que l'on attend le second tome, prévu pour l'automne 2039.

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#12 L'utilisateur est hors-ligne   poseidon2 

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Posté 20 février 2020 - 15:30

Citation

La sortie d'un album scénarisé par Arleston est toujours un événement en soi tant la production de ce perfectionniste se veut aussi rare qu'exigeante.


J'ai faillit en cracher mon café :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:

#13 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 20 février 2020 - 18:17

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En fait, je devais écrire "se veut aussi parcimonieuse qu'exigeante" (ça sonne mieux) mais je ne retrouvais plus le terme.
Fichue mémoire Image IPB

#14 L'utilisateur est hors-ligne   redfoxone 

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Posté 23 février 2020 - 18:02

Purée me suis arrêté là aussi. :D

#15 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 03 avril 2020 - 17:13

Après avoir postés deux textes un chouia déprimant, voici une nouvelle Chronique Inique & Apocryphe que j'ai retrouvée au fond d'un tiroir (ou plutôt d'un dossier Windows), ce qui explique qu'elle ne soit pas franchement raccord avec la triste actualité. Mais finalement... qu'à cela ne tienne !
A l'heure du confinement et de la privation tactile, n'est-ce pas une façon comme une autre de garder espoir et de célébrer la divine Aphrodite, dont le temple est malheureusement déserté alors que celui de l'odieuse Eris (déesse de la discorde et des scènes de ménage) fait salle plénière tous les jours.
Bref... amour, gloire, beauté et peace, brothers ! Image IPB



Image IPB

La mauvaise élève

Scénario : Ardem
Dessin : Ardem
Edition : Dynamite
Date de parution : février 1997
Genre : tantrisme scolaire et pédagogique

Synopsis : Mathilde accumule les zéros pointés. A 18 ans, va t-elle une fois encore redoubler sa classe de Cm2 ? Rien n'est moins sûr pour cette étudiante courageuse et volontaire.

Redoublera ? Redoublera pas ? C'est effectivement sur cette interrogation (surprise ?) au suspense insoutenable, aussi tendu que la petite culotte qu'arbore nonchalamment l'héroïne sur la couverture et qui ferait passer le pistch d'un film d'Alfred Hitchcock pour la Chronique d'une Mort Annoncée de Garcia Marquez que s'ouvre un album qui sent bon la rentrée des classes.
En ces temps d'indiscipline caractérisée où tant d'élèves se font leur propre idée du respect de l'enseignant à coups de Doc Martens cloutées et autres démonstrations de close-combat en training Nique, l'auteur n'hésite pas à nous montrer que revenir à de saines valeurs d'obéissance et de civisme n'est pas forcément synonyme de génufléxions vaticanes ou de chansons d'Hughes Aufray bêlées autour d'un feu de camp scout.

Non : contre tout attente et avec un réel talent de conteur conjugué à celui d'un pédagogue éclairé, Ardem nous prouve que la soumission peut s'avérer très sympathique pour peu que l'on sache par quel bout la prendre. Et son héroïne ne se prive effectivement pas de nous démontrer toute l'étendue de sa bonne volonté, le tout rendu par le dessinateur avec un sens éprouvé du cadrage serré et d'un découpage particulièrement acrobatique.
Sur le fond, on saluera la détermination de Mathilde à ne pas se laisser démonter et même à faire preuve d'une fort belle pugnacité devant l'échec, alors que bien d'autres jeunes femmes auraient depuis longtemps céder au découragement pour devenir pédicure ou promeneuse pour chiens.
De fait, La mauvaise élève, sous ses dehors de pantalonnade que l'on pourrait juger facile et un peu décousue, est aussi un beau message d'espoir pour tous les Ducobus et les Ducobettes majeur(e)s mais pas encore vacciné(es) contre cette fameuse "logique de l'échec" chère aux thérapeutes. L'auteur parvient cependant à éviter toute démagogie ou prosélytisme pesant par un traitement subtil qui laisse au lecteur le soin de prendre position.

Au final, ce pavé de 542 pages qui nécessita sept années de réflexion et de maturation se lit d'une traite et sans ennui, d'autant que l'auteur sait exposer les grandes lignes (courbes pour la plupart) de son propos sans nous noyer sous une prose indigeste qui, par ailleurs, en atténuerait l'impact. Les images parlent d'elles-mêmes, les situations s'enfilent avec aisance dans une intrigue parfaitement huilée (bien que, avouons-le, avec quelques saccades narratives un peu dommageables par moments) et un rythme soutenu qui ne s'infléchi que pour porter la denière estocade avant de "repartir à l'assaut tel un choeur de vermisseaux", comme dirait ce grand canaillou de Charles Baudelaire.
Bref, voilà un album qui mérite d'être re(découvert), tant par son indéniable attrait formel, ses vertus roboratives mais aussi et peut-être surtout sa réflexion pertinente et sans fausse pudeur sur ce délicat sujet de société qu'est l'échec scolaire en général et la brouette savoyarde en particulier, tombée en désuétude mais que Ardem ressuscite avec talent.

Ma note : Image IPB

PS : à noter qu'à l'époque, une édition de luxe limitée en noir et blanc fut tirée à 69 exemplaires sous jaquette en peau de fesse de bonobo.
Très rares.

#16 L'utilisateur est hors-ligne   The_PoP 

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Posté 08 avril 2020 - 21:18

je suis curieux. Brouette savoyarde ? :P :P

#17 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 09 avril 2020 - 20:31

Ah ! C'est difficile à décrire avec des mots et je ne sais hélas pas dessiner. En plus, comme je l'ai dit, la pratique est tombée en désuétude Image IPB
La "dame de Haute-Savoie" de Francis Cabrel s'en était fait, paraît-il, une spécialité Image IPB

#18 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 27 avril 2020 - 17:19

A la demande générale (enfin... sans doute pas mais j'aime croire que je suis désiré Image IPB), voici une nouvelle Chronique toujours aussi Inique et Apocryphe (peut-être encore plus que les autres).
J'espère que Le Lombard ne me fera pas de procès (Van Hamme ne pouvant techniquement plus le faire lui-même)

Image IPB
Kiwipédia, l'encyclopédie apocryphe et décalée présente :



Image IPB...Image IPB...Image IPB

Thorgal
Thorgal : la trilogie de Metallica

T.1 : La Galère Noire
T.2 : Au-delà des Ombres
T.3 : La Chute de Brek Zarith

Scénario : Van Hamme
Dessin : Rosinski
Couleurs : Rainbow Boys
Edition : Le Lombard
Date de parution : 1982 - 1983 - 1984
Genre : médiéval-fantastique trash-metal


Synopsis :

Dans le petit village de Stimörol, Thorgal le bâtard est le scalde (barde) le plus calamiteux de Scandinavie : son chant atroce fait régulièrement fuir les poissons et les sangliers, risquant de mener la petite communauté du village viking vers la famine et la folie. Seule Aaricia, jeune fille sourde de naissance, apprécie le jeune homme, surtout pour son visage avenant et ses biceps saillants. Malgré toute la bonne volonté du chef du village et père d'Aaricia, Rägnar Rock, Thorgal subit la colère et les brimades de la population et le chef se résout à le bannir pour toujours.
Tout d'abord scandalisé mais aussi gagné par une lassitude grandissante d'être à chaque fois cogné dès qu'il fait mine de pousser la chansonnette ou même ficelé et bâillonné durant les banquets, Thorgal accepte de quitter ces ignorants indignes de son talent et part exercer son art dans le vaste monde. Capturé par une galère noire sans gouvernail appartenant à la Magicienne Frigid, il parvient à la faire sombrer - la galère, pas Frigid - en entonnant son nouveau tube, créant une panique générale. Frigid, sauvée grâce à sa magie, jure de se venger de cet affront impardonnable.
Secouru par de braves paysans dont la fille encore adolescente, Björk Guðmundsdóttir, n'est pas insensible au charme du viril scalde d'autant qu'elle tâte aussi un peu de la lyre et du chant à ses heures perdues, Thorgal ne peut cependant oublier Aaricia, son amour de jeunesse. Par un tour (de reins) fatal du destin, Frigid apprend l'existence d'Aaricia et, comme de juste, décide de l'envoyer dans le monde des Ombres pour y attirer le scalde.
[Fin du tome 1].

Celui-ci apprenant la nouvelle, il s'empresse de se rendre dans l'Autre-Monde en compagnie de Björk - dont la véritable intention est de se débarrasser d'Aaricia afin d'avoir Thorgal pour elle toute seule et monter un duo baptisé les "Cubes en Sucre" (Shukärkubs). Après une série de péripéties dans le monde des ombres où le binôme braillard rencontre - et brise les tympans - d'un serpent géant, d'un géant en peau de serpent, d'une hydre dodécacéphale, du groupe les Cardigans, d'un loup à six têtes, d'une marmotte géante insomniaque, d'un deuxième serpent géant, d'un phoque rappeur faisant "fuck ! fuck !", d'une serrurière à moitié nue et d'une fileuse au teint cadavérique et aux ongles crochus et sales.
Thorgal et Björk parviennent jusqu'au château de la Magicienne qui se révèle être un vaisseau spatial. Frigid apprend alors à Thorgal qu'il s'appelle en réalité James Alan Hetfield et qu'il vient de la planète Metallica. Celle-ci est depuis des siècles en guerre avec la planète Sepultura - dont Frigid qui n'est autre que le leader Andreas Kisser (à peine) déguisé. Thorgal/Hetfield, héritier légitime du trône de Metallica, aurait été ainsi enlevé, drogué, rendu amnésique et jeter sur Terre comme un malpropre encore tout minot par des soldats de Sepultura pour créer le chaos sur sa planète natale. Avec l'aide de Björk - revenue à de meilleures sentiments - Thorgal déploie toute sa puissance vocale chevrotante pour venir à bout de la magicienne et parvient à la vaincre, celle-ci se suicidant pour mettre fin à l'odieux supplice. Toutefois, au dernier moment, Frigid/Andreas Kisser ouvre un portail et y jette la malheureuse Aaricia qui n'a pas entendu les avertissements ni le raz-de-marée sonore de son aimé. De son côté, Björk est désintégrée par la roulette-laser d'un gorille dentiste que Thorgal étrangle avec les cordes de sa lyre.
Le héros parvient à quitter le monde des Ombres en chemin inverse et en affrontant à nouveau le serpent géant, le géant en peau de serpent, l'hydre dodécacéphale, les Cardigans (mais cette fois sans la succulente chanteuse Nina Person qui s'est enfuie à dos de licorne), le loup à six têtes, la marmotte géante insomniaque, le deuxième serpent géant, le phoque rappeur et la serrurière à moitié nue qui, plutôt que de le combattre, préfère le consoler avec toute sa science consolatrice éprouvée par des millénaires de papouilles expertes.
Revenu sur Terre, Thorgal/Hetfield ne se décourage pas et se jure de retrouver sa bien aimée.
[Fin du tome 2].

Aaricia a été en réalité téléportée sur Terre dans le château du magicien Brek Zarith - qui se révèle être en vérité un clone raté de Marilyn Manson et un espion venu de la planète Sepultura - qui garde Aaricia captive car il a pour grand projet de monter un spectacle inspiré d'Alice au Pays des Merveilles avec Aaricia dans le rôle d'Alice et lui-même dans le rôle du Chapelier Fou. Pour se faire, il a rassemblé dans sa forteresse imprenable une foule de zozos dépravés qui se gorgent de thé et s'empiffrent de gâteaux en forme de cartes à jouer. Thorgal, de son côté, fait la rencontre d'une mystérieuse et farouche et belle et aguichante guerrière qui se fait appeler Kriss de Valnor. Cette dernière est venue en aide à Thorgal alors qu'il était en train de s'étouffer avec un os de mouton, non pas par bonté d'âme (car Kriss de Valnor est très vilaine en vérité et même un peu psychopathe sur les bords) mais parce qu'elle a été émue par le visage avenant et les biceps saillants du scalde. Mais lorsque Thorgal se met à chanter pour la remercier, Kriss l'assomme avec l'os de mouton en hurlant "non, tu ne chanteras pas ! Non, tu ne chanteras pas !". Remis tous deux de leurs émotions, Kriss accepte d'accompagner le scalde dans sa recherche d'Aaricia à condition qu'il ne chante jamais plus devant elle.
Quoique perplexe et un peu mortifié, Thorgal accepte. En vérité, la méchante Kriss de Valnor a pour but de tuer l'encombrante Aaricia pour devenir la seule et unique compagne du barde... après lui avoir fait subir une petite opération des cordes vocales bien entendu. Les deux acolytes finissent, en faisant du porte à porte sur tout le littoral norvégien, par apprendre l'existence de la forteresse de Brek Zarith et de la prisonnière "à la chevelure d'or mais au cerveau de plomb".
Pendant ce temps, Brek Zartih/Marylin Manson en est au tous derniers préparatifs de son spectacle Alice in Norwegian même si Aaricia a les plus grandes difficultés à retenir son texte et se révèle être une bien piètre actrice. Thorgal escalade à mains nues les parois abruptes de la forteresse pendant que Kriss, de son côté, séduit le seul garde de faction avant de l'occire pour entrer par la porte principale. C'est alors que débute un véritable carnage dans l'imposant décor de carton-pâte du terrain de croquet de la Reine de Coeur. Privé de son chant dévastateur, Thorgal en est réduit à utiliser une des crosses en forme de flamands roses en guise d'arme de fortune pendant que Kriss étripe joyeusement à tour de bras les convives autant que les comédiens.
Brek Zarith, se sachant vaincu, s'enfuit grâce à une fusée habilement dissimulée dans une des tours du château mais il est gêné par le lapin blanc et le chat de Cheshire qui se sont installés sur les commandes de l'engin si bien que l'aéronef s'écrase dans le lac gelé. Kriss de Valnor cherche Aaricia dans la cohue générale pour la poignarder ni vu(e) ni connu(e) mais elle est rattrapée in extremis par Thorgal qui lui envoie un hérisson explosif en pleine tête avec sa crosse-flamand rose.
Aaricia se précipite dans les bras aux biceps saillants de son aimé et ce dernier, oubliant toute prudence, déploie son terrible chant. Très vite, un formidable tremblement secoue les fondations mêmes de la grande bâtisse. Heureusement, le couple parvient à trouver un passage secret dissimulé derrière le labyrinthe de haies et s'échappe de la forteresse qui s'écroule derrière eux comme un château de cartes.
Devant ce spectacle dantesque, Aaricia hurle à son aimé qu'elle est enceinte.
[Fin du tome 3].


Mon avis : c'est trop cool ! Un grand classique. J'adore Image IPB

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