1001 BD.com: Robocop Vs Le Blockbuster (Sf) Contemporain - 1001 BD.com

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Robocop Vs Le Blockbuster (Sf) Contemporain Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 17 mai 2020 - 22:54

Actuellement, les chaînes de télé généralistes semblent vouloir repasser toutes les sagas classiques des années 80 : Les dents de la mer, Rocky, Robocop, etc... (en attendant probablement les Alien, Terminator, Retour vers le futur et autres...)

Image IPB

En revoyant le premier Robocop ce soir - ça faisait longtemps que je ne l'avais plus revisionné celui-là - j'ai été interpellé par la grande qualité de ce film de 1987 par un réalisateur - Paul Verhoeven - que je n'apprécie pourtant habituellement pas. Pour le dire plus simplement, quand le film a été fini, je me suis dit : "Wow ! Mais c'était un putain de bon film ! Image IPB "
Et de remarquer surtout cette évidence qui n'est absolument pas lié à une nostalgie quelconque mais qui tient lieu de constat objectif : oui, les blockbusters de l'époque avaient quelque chose en plus que ceux d'aujourd'hui n'ont plus du tout... y compris les meilleurs films sortis ces dernières années comme ceux de Christopher Nolan ou de Villeneuve ou de Zack Snyder (Sucker Punch, Man of Steel, Batman Vs Superman, etc..) ou Ad Astra, Gravity, etc..
Bref, ce cinéma qui nous dit en substance "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?"
Et je ne parle même pas des films du MCU ou des tentatives prétentieuses des frères Wachovski et autres tâcherons qui ne sont pas à la hauteur de leurs ambitions.

Ce que les meilleurs (et devenus classiques) blockbusters des années 80 avaient qu'on ne trouve plus aujourd'hui ? Je vais essayer de résumer ça en faisant court : c'étaient des films qui bénéficiaient d'excellents scénarios tirés au cordeau, carrés, simples (sans être simplistes), avec un équilibre parfait entre action et propos de fond, avec une esthétique brute loin des effets clinquants d'aujourd'hui que ce soit à cause d'une surenchère de CGI ou, dans le cas de Nolan et Villeneuve - cinéastes que j'apprécie pourtant - une hyper stylisation qui frôle souvent le maniérisme.
Et une dernière chose : la durée du film.
A l'époque, un film n'excédait quasiment jamais les 1h40 et, dans ce laps de temps, tout était dit et bien dit, alors qu'aujourd'hui les blockbusters sont de plus en plus longs (2h00, 2h30, 2h40, 3h00) sans pour autant être vraiment plus consistants, bien au contraire.


Mais revenons un moment sur Robocop.

Le film fait exactement 102 minutes, soit 1h42.
Sur cette durée relativement courte face aux standards actuels, il exprime tout ce qu'il est nécessaire d'exprimer, avec clarté, concision, en contextualisant parfaitement le film dès sa première demi-heure (!) : violence galopante, police dépassée, mainmise des gros cartels (l'OCP), lutte interne de pouvoirs, déshumanisation de l'individu (le policier Murphy transformé en cyborg) et crétinerie des médias (par des extraits de JT, de pubs, d'émissions débiles, etc...)
La progression du scénario et son découpage est exemplaire et la voici en 10 points :

1. Violence urbaine, police dépassée, cartel OCP qui se substitue à la police
2. Création du Robocop par l'OCP (et conséquence : grogne des flics)
3. Robocop au travail : 4 scènes d'agression dans lesquels il montre son efficacité
4. Noeud de l'intrigue : Murphy se souvient de ce qu'il était avant sa "robotisation" et ce que lui ont fait subir une bande de criminels mené par le salopard Clarence Bodicker.
5. Vengeance personnelle qui s'ajoute à sa fonction de "superflic"
6. Révélation des accointances entre l'un des grands manitous de l'OCP (Dick Jones) et Clarence Bodicker
7. La police (contrôlée par l'OCP) se retourne contre Robocop qui devient un fugitif.
8. Dick Jones fournit à Bodicker et ses voyous un armement suceptible d'en finir avec Robocop
9. Robocop élimine les voyous de Bodicker (dans l'usine)
10. Robocop se rend au siège de l'OCP et en finit avec Dick Jones. En passant, il retrouve symboliquement son humanité perdue en prononçant son vrai nom (Murphy)

Fin.

Voilà ce que j'appelle un excellent travail de scénariste(s) : Edward Neumeier et Michael Miner qui méritent d'être nommés (très bon boulot les gars !)
Un travail de scénariste comme on en fait (presque) plus, avec simplicité, clarté et profondeur et une structure exemplaire.
La réalisation de Verhoeven n'est pas en reste : elle est tout simplement parfaite, sans effets de style inutiles, sans chichis, sans mouvements de caméra qui donne le tournis : elle est dynamique quand il faut l'être et posée quand il faut l'être, point.
L'esthétique est un peu celle du cinéma des 70's : Detroit est une ville sale, violente, réaliste. Ajoutons des acteurs corrects et pourtant aucune star (Peter Weller, Nancy Allen, Ronny Cox, Miguel Ferrer : pas franchement des têtes d'affiches)
Enfin, la très bonne BO de Basil Polidouris, avec un thème marquant comme... on savait encore le faire aussi à l'époque (et non des bandes-sons dont on ne retient aucun thème comme c'est le cas de nos jours).
En gros, Robocop a les mêmes qualités qu'un Terminator premier du nom (scénario, réalisation, esthétique, musique, acteurs) : un film aux allures de grosse série B sur le papier mais qui arrive à dépasser ce statut.
Un bon film de SF, efficace, bien structuré et surtout surtout... qui ne ressemble pas un putain de jeu vidéo ! Image IPB
Mais pas davantage à un film "cérébral" à la Inception.

Années 2000-2010. Le blockbuster (de SF) est divisé en deux catégories.
Primo, les films-jeux vidéo : lisses, scénario mal écrits, réalisation au rouleau-compresseur, bourré de numérique, musique "de remplissage", mouvements de caméra dans tous les sens, scènes d'actions peu lisibles et montage chaotique. Et une durée aussi longue qu'inutile.
Secundo, les films comme ceux de l'incontournable (et peut-être surestimé quand j'y repense) Nolan : des films ambitieux, complexes, alambiqués, nébuleux, jonglant avec des concepts difficiles et dont j'aurais bien du mal à résumer la structure en 10 points comme je l'ai fait avec Robocop ci-dessus.
Des films aussi trèèès longs et dont je me pose toujours la question de savoir si de telles durées sont absolument indispensables.
On pourrait aussi, d'ailleurs, prendre l'exemple d'un Blade Runner 2049 avec sa durée de 2h40, dont la moitié (au moins) reste quand même plutôt...évasive (pour ne pas dire vaseuse) dans le propos (et pourtant, vous savez que j'aime ce film).
C'est comme si, de nos jours, pour faire de la SF intelligente, il fallait absolument faire compliqué, prendre des poses d'artiste, mettre des twists et faire durer son film 3h pour lui donner des airs d'oeuvre consistante.
Bref, tout le contraire d'un Robocop, qui est pourtant loin d'être un film stupide ou creux, mal écrit, mal réalisé et à l'esthétique peu soignée, bien au contraire.

Ce que l'on a perdu au final ?
Peut-être ce que l'on appelle le principe de parcimonie.
Un film où il n'y aurait que de la viande et pas de (gros) morceaux de gras autour.
Ce qu'est Robocop.
Ce que n'est plus le blockbuster actuel ou très rarement.

#2 L'utilisateur est hors-ligne   The_PoP 

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Posté 18 mai 2020 - 14:04

Bon tu vas hurler, mais... jette peut être un oeil neuf au Starship Trooper de ce même réalisateur...

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 18 mai 2020 - 14:50

Hurler non mais peut-être un peu grogner.
Je sais que, sur le fond, le propos de Starship Troopers n'est pas vraiment si éloigné de Robocop : une satire anti-militariste (qui utilise aussi des fausses pubs, JT, etc...) mais, avec ST, Verhoeven va trop loin dans l'outrance et aussi dans l'ambiguïté (pour l'anecdote, quand j'ai vu le film la première fois, j'ai cru que c'était du premier degré).
Donc... il doit y avoir un truc différent entre les deux films, du moins à mes yeux.
(Et puis, je suis arachnophobe, ce qui n'aide pas Image IPB)

Pourtant, il y a aussi de l'ambiguïté dans Robocop: ainsi, à sa sortie, le film a aussi bien été qualifié de film réac que de film gauchiste ^^
Et c'est vrai que le film s'amuse à brouiller les pistes : d'un côté, il dénonce une société ultra-libérale (avec la mainmise des cartels) mais de l'autre, Robocop a des méthodes de réac un peu comparables à celles d'un Dirty Harry.
D'où la confusion... voulue par le réalisateur bien entendu, qui est quand même un "fouteur de merde" né Image IPB

Et pour ce qui est des autres films de Verhoeven (Total Recall, La chair et le sang, Showgirl, Basic Instinct), je n'en ai aimé aucun : trop d'outrance là encore.
Je crois qu'en fait, j'ai du mal avec l'approche particulière de Verhoeven qui peut se résumer ainsi : faire des films "putassiers" pour... dénoncer une société putassière (?)
Et si je n'apprécie que Robocop, c'est probablement parce qu'il est le moins "putassier" de ses films.

#4 L'utilisateur est hors-ligne   The_PoP 

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Posté 19 mai 2020 - 16:17

j'aime beaucoup total recall, starship trooper et le robocop de Verhoeven. Basic instinct m'a pas vraiment marqué plus que ça.

Mais globalement j'aime bien le cinéma de ce réalisateur à l'époque. Alors même qu'à la première vision je crois pas avoir saisi tout le second degré de ce starship trooper... la magie du truc d'ailleurs. Peu importe que tu le vois au premier ou au second degré ça reste bon et ça reste agréable à voir.

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 19 mai 2020 - 16:44

J'ai oublié de mentionner Hollow Man... que je n'ai pas aimé non plus Image IPB

En fait, c'est probablement celui que j'aime le moins (avec Basic Instinct) car, contrairement aux autres, il ne raconte pas grand chose sur le fond.
De quoi a-t-il voulu parler avec ce film, au-delà de faire un thriller de SF sur le thème bateau de l'invisibilité avec de bons FX ?
Qu'un grand pouvoir implique... de devenir un salaud mégalomane et psychopathe se croyant intouchable et reluquant sa collègue à poil ? (l'Oncle Ben doit se retourner dans sa tombe Image IPB).
Bah !

Voir le messageThe_PoP, le 19 mai 2020 - 16:17, dit :

Basic instinct m'a pas vraiment marqué plus que ça.

Un des plus gros pétards mouillés de l'histoire du cinéma, célèbre pour de mauvaises raisons, qui n'a fait parler de lui que par sa provoc gratuite et... la foufoune de Sharon Stone Image IPB

PS : le correcteur automatique m'indique que j'aurais mal orthographié le mot "foufoune" et je m'insurge avec la plus grande énergie Image IPB
D'ailleurs, je le prouve : https://fr.wiktionar...g/wiki/foufoune Image IPB

#6 L'utilisateur est hors-ligne   poseidon2 

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Posté 19 mai 2020 - 17:50

Fiou voila je ne bosse plus beaucoup donc moins de temps sur le net et je rate des sujet interessant.

Moi moi comme the pop pour les films :)

#7 L'utilisateur est hors-ligne   Phileas 

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Posté 19 mai 2020 - 21:05

C'est vrai qu'on ne te voyais plus sur les topic ciné.

J'avais fini par croire que le cinéma ne t'intéressait plus, que c'était la dernière séance pour toi, le rideau qui se ferme, Eddy Mitchell qui relève son strapontin et sort dans la nuit froide pendant que la fille aux yeux couleur menthe à l'eau va se jeter dans la Seine et que John Wayne s'est flingué les noix sans le faire exprès pendant que Beef Tanen dit à Michael J. Fox que s'il refuse le duel tout le monde dira que Clint Eastwood est le plus grand pétochard de l'Ouest alors que Charles Bronson mord très fort dans son harmonica parce qu'il est pris une balle perdue tirée par Terence Hill qui s'est pris une baffe de la part de Bud Spencer qui l'avait confondu avec Lee Van Cleef alors que celui-ci trichait aux cartes avec Elli Wallach dans un saloon tenu par Claudia Cardinale qui faisait du charme à Henry Fonda dont le regard bleu acier était fixé sur les colts de James Stewart qui offrait un verre à Richard Widmark dont le cheval avait été abattu puis mangé par Yul Brynner qui était en fait un androïde créé par Anthony Hopkins pour éliminer Kevin Costner parce qu'il hurlait toutes les nuits avec des loups jusqu'à pas d'heure alors que ...

(...)

Bref... c'était pas ça, manifestement Image IPB

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