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  1. Star Wars 9 : Critique (Sans Spoilers)

    20 décembre 2019 - 23:55

    Vu Rise of Skywalker ce soir.
    C'est donc encore tout chaud.
    Et... je ne sais pas par quoi commencer ni surtout comment faire pour parler de ce film en évitant d'écrire 500 lignes Image IPB

    En fait, je vais rebondir sur ce qu'à dit Red ce matin (une entrée en matière comme une autre...) sur l'autre fil consacré au trailer :

    Citation

    Ca peut pas être pire que le 8 ^^

    Hé bien... pire, je ne sais pas mais aussi mauvais, oui, même si ce n'est pas pour les mêmes raisons.

    Soyons clair : contrairement à beaucoup sans doute qui avaient l'intention de le voir et ne voulait pas se faire spoiler, je n'avais dans un premier temps PAS l'intention de le voir et, donc, je me suis fait spoiler et "leaker" à fond parce que je m'en fichais.
    Je savais donc déjà tout du scénario. Finalement, j'ai quand même voulu me faire ma propre opinion. Et... OMG !
    Même en connaissant à l'avance 99% du contenu du scénario, j'ai quand même été attérré par le résultat et je vous jure que je n'exagère pas, pas plus qu'on ne peut imputer ma réaction au fait que je suis généralement sévère (sincèrement, je ne le crois pas : j'y suis allé en connaissance de cause et en me disant que ça pourrait quand même être un honnête divertissement à défaut d'un bon film).
    Le scénario... parlons-en, justement car c'est le noeud du problème de ce film, le coeur du réacteur en fusion de ce Tchernobyl de la saga qui irradie à mort le spectateur et plus encore le fan un tant soit peu lucide.

    Disons les choses simplement : le scénario de ce film est un scénario de pur nanar qui aurait parfaitement sa place sur le site de référence Nanarland.com.
    Situations, construction, dialogues, péripéties forment un grand n'importe quoi intergalactique. Je ne vais même pas m'attarder sur l'intrigue elle-même (avec ces 36 MacGuffin, les bidules sith pour trouver Palpatine) qui m'a de toute façon perdu en cours de route pour me concentrer sur ces observations :

    1. Il me semble clair que JJ Abrams a voulu réussir l'exploit (impossible) de mettre le contenu de 2 films Star Wars en un seul ! Sur 2h20 ! Et cette volonté impacte absolument tous les problèmes de scénario du film : sa trop grande rapidité, sa densité monstrueusement indigeste, les retournements de situation expédiés en 5 minutes, la concision des dialogues, l'aspect expédié de l'ensemble. C'est un zapping fou de scènes qui s'enchaînent pendant 2h20 mais qui ne donne pas tant du rythme au film (dans le bon sens du terme) qu'une précipitation telle que l'on dirait un condensé de deux longs métrages comme je le disais. Il est évident que cet opus 9 aurait dû, normalement, être les opus 8 et 9, ce qui aurait permis d'avoir assez de temps pour développer correctement les situations, les enjeux, les personnages, etc... au lieu d'une telle ratatouille indigeste qui ne fait que survoler les choses.

    2. Conséquence de tout ça et défaut majeur du film au point que ça en devient (douloureusement) comique : TOUS les problèmes et les embûches auxquels sont confrontés les héros, du début à la fin, sont résolus en quelques secondes, soit grâce à une Rey à la puissance cheatée comme pas permis (j'y reviendrai) soit par de grosses coïncidences, ficelles et autres trucs de mauvais scénaristes de séries Z.
    Vous voulez un exemple ? En voici un :
    Finn - "Il" se trouve sur le vaisseau amiral
    Poe - Comment le sais-tu ?
    Finn - Une intuition.
    Et je vous jure que tout fonctionne de cette manière dans ce film : rien n'est clairement expliqué sur le pourquoi du comment et tout coule de source pour les héros.
    Résultat : zéro suspense et zéro tension. Et la raison de tout ça vient de ce que je disais dans le point 1 : le manque de temps.

    3. Plus grand, plus fort, plus puissant... plus "what the fuck".
    J'ai déjà parlé de la surpuissance de Rey qui, à l'instar d'une Captain Marvel qui dézingue toute une flotte de vaisseaux en quelques secondes et de toutes ces héroïnes cheatées de ces dernières années, est plus forte qu'un Darth Vader, un Obi-Wan ou un Mace Windu, jusqu'à être capable de stopper un vaisseau en plein ciel grâce à la Force. Idem pour Kylo Ren (qui d'ailleurs fait la même chose) même si lui au moins a le mérite (enfin !) d'être plus badass que dans les autres opus.
    Quant à Palpatine... hé bien, soyons logique : si Rey est déjà super forte et que l'empereur est censé être encore plus fort, je vous laisse imaginer (sans spoilers) ce qu'il est capable de faire dans la dernière partie du film ^^
    Bien sûr, avec JJ Abrams, les décors sont titanesques, grandioses, impressionnants faut avouer et ce n'est pas vraiment un défaut (ça a plutôt de la gueule) SI la dimension dramatique de l'histoire et des persos avaient la même grandeur, ce qui n'est pas le cas. C'est donc essentiellement de la frime, du gratuit, du fric dépensé pour pas grand chose (ou bien pour cacher l'indigence du scénario ?)

    4. Les persos. Bon, je vais quand même être un peu positif : Rey et Kylo et leur relation ambiguë sont plus convaincants que dans les deux opus précédents (c'est déjà ça). Mais ce sont à peu près les seuls. Pour les autres, rien ne change vraiment : Poe n'est qu'une imitation de Han, Finn ne sert à rien et les autres (Rose et les p'tits nouveaux, encore moins). Quant à Leia... bon, la manière dont ils l'ont incrustée post-mortem dans certaines scènes fait illusion mais on ne peut s'empêcher de dire que ça reste artificiel. Mais bon, ça passe.
    Palpatine est encore celui qui s'en sort le mieux : il reste Palpatine même s'il n'est qu'une pièce rapportée.

    5. La réalisation. Alors là, c'est un problème pour moi. Comme je savais déjà tout du scénario (à part à quel point tout ça serait mal développé et expédié à 100 à l'heure), je m'accrochais à l'espoir d'une réalisation un peu intéressante, inventive par moments (comme JJ Abrams avait pu le faire dans le 7 à certains moments ET même Ryan Johnson dans le 8 car le problème du 8 n'a jamais été la réalisation, plutôt bien fichue en fait).
    Au final, la réalisation de cet opus 9 est... fonctionnelle, à part les habituels tics de réalisation de JJ Abrams... par moments (toujours).
    C'est spectaculaire comme un produit formaté et c'est tout !
    Pour la musique, pareil (comme pour le 7 et 8) : Williams se contente de musiques passe-partout qui accompagne les images.

    Alors...
    Alors n'y a t-il rien de vraiment positif dans ce Rise of Skywalker ?
    A part les quelques détails déjà mentionnés, il y a... bah... ça reste divertissant, il y a un certain souffle épique... par moments ^^, on ne s'ennuie pas trop vu le rythme mais bon... un nanar (mais sympathique celui-là) comme Gods of Egypt faisait le même taf et sans s'emmêler les pinceaux niveau scénario.
    Et franchement, je ne vois rien d'autre dans ce qui reste vraiment un nanar à 300 millions de dollars (ce qui est déjà effrayant) mais pire encore un nanar qui est... la conclusion d'une saga mythique de 40 ans comme Star Wars et là... putain... ça fait vraiment mal ! Image IPB

    La seule bonne nouvelle, c'est de se dire que, maintenant, c'est fini, comme une longue maladie qui se termine !
  2. La Geste Des Chevaliers Dragons T.29

    02 décembre 2019 - 16:48

    Image IPB




    La Geste des Chevaliers Dragons
    Tome 29 : Les Soeurs de la Vengeance

    Scénario : Ange
    Dessin : Looky, De cock, Ruizgé, Paty, Savarese, Reis, Vax
    Edition : Soleil
    Date de parution :
    Genre : héroïc-fantasy qui a du souffle

    Synopsis : Agnessa n'est qu'une gamine quand elle est arrachée à son Ordre des Chevaliers Dragon et envoyée au Fort pour devenir Soeur de la Vengeance. Son destin est alors tout tracé : elle va dormir près du dragon pour se charger de son énergie. Des années plus tard elle devra se sacrifier pour décharger son feu et occire la Bête. Mais Agnessa ne veut pas dormir, et mourir. Elle veut se réveiller, et vivre...

    Dans la liste des longues séries qui s'essoufflent, La Geste des Chevaliers Dragons... n'en fait décidément pas partie. Nous voici au tome 29 (!) et, contre toute attente, le scénariste bicéphale Ange arrive encore à pondre un scénario qui, tout en restant dans la lignée des autres, parvient pourtant encore à se renouveler et proposer une histoire encore intéressante dotée, de surcroît, d'un twist excellent.
    Je ne sais pas vous mais moi, j'appelle ça un record de résilience quand même !
    Cette fois, il est question des "fameuses" (et surtout très mystérieuses) Soeurs de la Vengeance, cette caste très particulière au sein de l'ordre que l'on avait pu apercevoir dèjà dans... le tome 3 mais sur lesquelles on ne savait quasiment rien à part leur fonction : celle d'être le dernier recours lorsque les Chevaliers Dragons échouent à tuer la Bête et que celle-ci, devenue trop puissante, ne peut plus être stoppée que par ces Soeurs, sorte de bombe atomique vivante dont la puissance magique permet non seulement de détruite le dragon mais aussi toute forme de vie à des kilomètres à la ronde (elles comprises bien sûr).
    Selon l'expression consacrée : à n'utiliser qu'avec parcimonie donc.

    Ange choisi d'aborder son histoire sous l'angle d'une adolescente de 14 ans, Agnessa, exceptionnellement (trop) jeune pour rejoindre cette confrérie marginale en raison de ses facultés très prometteuses. On suit alors son intronisation puis la condition étrange et contraignante de ces Soeurs (baptisées par les Chevaliers Dargons les "caverneuses") dont la principale occupation est de... dormir (dans une sorte de stase durant plusieurs années) pour s'imprégner du pouvoir d'un dragon situé sous-terre. Ce qui nous vaut un premier aspect du scénario intéressant : le décalage temporel qui se crée fatalement entre ces femmes en hibernation et les "vraies" Chevaliers Dragons qui vaquent à leurs occupations. Ce décalage suscite surtout, lors de leurs réveils successifs, une rupture sociale et affective toujours plus brutale face à des Chevaliers qui, au fil du temps, peinent encore à se souvenir de leur existence, quand elles ne se font pas tout simplement tuer lors de leurs missions. Second aspect intéressant qui sera cette fois au coeur de l'intrigue (ce mot est d'ailleurs à prendre dans son double sens ^^) : Agnessa et ses soeurs ont mal "choisi" leur moment pour s'acquitter de leur sacerdoce dans une période de la saga - juste après la Guerre des Sardes - bien trouble et bouleversée, où l'Empire s'est scindé, où les enjeux politiques sont devenus différents et où, surtout, la tentation de rébellion et d'autonomie gagne de plus en plus les différents ordres de Chevaliers Dragons.
    Une ère nouvelle est en marche et elle n'est pas pour plaire aux plus hautes autorités de l'Ordre. C'est ainsi qu'Agnessa va devenir, bien malgré elle, l'instrument d'un plan machiavélique pour mettre fin à ces velléités de liberté risquant, bien entendu, d'affaiblir fortement le pouvoir de l'Ordre.

    Outre la véritable nature des Soeurs de la Vengeance et le destin d'Agnessa, on retrouve donc dans cet album certains ingrédients propres à la série : la primauté du devoir et du sacrifice, des manigances politiques, les dissensions entre factions et une vérité à géométrie variable selon la version donnée par les divers intervenants.
    Cela pourrait paraître redondant au bout de presque 30 albums mais Ange parvient toujours à rendre l'ensemble à la fois cohérent, prenant et riche en émotion dramatique.
    Graphiquement, l'album réussit aussi un tour de force : en effet, pas moins de 7 dessinateurs participent à cette histoire, ce qui pourrait laisser craindre une hétérogénéité pénible à la lecture (comme ce fut le cas avec le tome "La Faucheuse"). Ce n'est pourtant pas le cas ici et j'ai même rarement lu une BD où la transition entre dessinateurs se fait de manière aussi peu sensible, d'où une bonne cohésion graphique qui fait plaisir.
    Ce tome 29 compte pour moi parmi les meilleurs de la série et l'un de mes préférés.

    Ma note : Image IPB
  3. Astérix Et Obélix T.38 : La Fille De Vercingétorix

    31 octobre 2019 - 16:06

    Image IPB






    Astérix
    T. 38 : La fille de Vercingétorix

    Scénario : Jean-Yves Ferri
    Dessin : Didier Conrad
    Edition : Albert René
    Genre : exploitation commerciale
    Date de parution : octobre 2019

    Une fois n'est pas coutume, je ne vais être très Prolix (ah ah !) car l'album ne le mérite pas, que je ne vois pas trop quoi dire si ce n'est que ce 38iè tome d'Astérix et Obéix est, à l'instar du précédent, extrêmement volatile. La preuve ? Je l'ai lu hier et j'ai déjà dû faire un effort de mémoire pour écrire ces lignes (et ce n'est pas une blague !).
    Banal, prévisible, insipide, "vaudevillesque" : aucune aventure ici mais une succession de scènes qui jouent sur un humour très moyen et fort répétitif dans un cadre plutôt restreint : le village, un peu de forêt (si peu) et le sempiternel navire des pirates qui se trouve à quelques encablures du rivage. C'est tout. Les romains sont étonnements peu présent et sans intérêt, l'histoire très mince (Adrénaline, fille de vous-savez-qui, ado forcément rebelle qui est menacée par un agent de Rome et refuse d'être utilisée comme symbole par une bande de gaulois arvernes radicaux et rêve de liberté... point) et les nouveaux persos secondaires sans aucun relief. Même Obélix est plus lourd que drôle, Astérix se contente d'être fonctionnel et les pirates - qui occupent nettement une plus grande place que dans les autres albums - ne gagnent pourtant pas au change, bien au contraire !

    Je finirai ce seul paragraphe (pourquoi prolonger ?) par une dernière observation qui, hélas, enterrera l'album définitivement : pour la première fois dans la reprise de la série, il y a de fortes similitudes dans le postulat entre celui-ci et un des chef-d'oeuvres de Goscinny, à savoir Astérix en Hispanie. Un(e) gosse au caractère pas facile que doivent protéger nos deux compères d'un espion/traître chargé de ramener l'enfant/ado à César : franchement, ça ne vous rappelle rien ?
    Ben oui : la savoureuse aventure (une vraie, celle-là !) avec le mémorable Soupalognon Y Crouton.
    Et de constater alors la différence éclatante entre le génie de Goscinny et l'inspiration au ras des pâquerettes du "faiseur" Jean-Yves Ferri.
    Une comparaison qui fait plus mal qu'une baffe d'Obélix !

    PS : bon, évidemment, l'album se vend déjà comme des petits pains ^^

    Ma note : Image IPB
  4. Chroniques Iniques & Apocryphes

    13 octobre 2019 - 13:23

    Nouveau sujet que je propose et dont je donne le coup d'envoi aujourd'hui : rédiger de fausses chroniques de BD bien réelles dont la rédaction est...hum... légèrement en décalage par rapport au véritable contenu de l'album.
    Je précise qu'il peut s'agir d'une BD que j'ai lue... ou pas. Connue... ou pas.
    Car comme le dit si bien un adage bien connu : "qu'importe livresse si on a le flacon"
    PS : je dédie cette première chronique à Pos Image IPB

    Aujourd'hui, commençons avec un monument :


    Image IPB

    Corto Maltese
    Tome 3 : Sous le signe du Capricorne
    Scénario : Hugo Pratt
    Dessin : Hugo Pratt
    Edition : Casterman
    Genre : toujours un peu plus loin
    Date de parution : octobre 1971

    Synopsis : Les aventures picaresques de Corto Maltese, le célèbre marin hydrophobe (mais passablement alcoolisé), vaurien toujours en quête de fortune, de belles bagarres et de donzelles à (dé)trousser, dont l'ingestion d'épinards décuple la force physique et la roublardise, et son éternel acolyte Rastaquouère le Sage.

    On ressent toujours un plaisir coupable à suivre les manigances et autres fourberies de haut vol de cet hédoniste né de Corto Maltese, de même que l'on jubile devant le festival de baffes distribuées tout au long de ses périples pour peu qu'une boîte d'épinards soit à proximité.
    L'anti-héros irrévérencieux et politiquement (très) incorrect imaginé par le grand Hugo Pratt est devenu une icône qui, certes, ne brille pas par l'éclat de son auréole mais plutôt par sa truculence et sa verve inépuisable. Pour faire contre-poids à une nature aussi exubérante qui aurait pu lasser le lecteur à force d'outrances, l'auteur a heureusement eu l'idée de lui flanquer un sidekick dont le caractère et le comportement sont diamétralement opposés. Pondéré, diplomate, philosophe autodidacte converti au bouddhisme et allergique à toute forme de violence, le moine Rastaquouère n'en finit plus de tempérer les excès (et souvent les gaffes, disons-le tout net) de son remuant compagnon de (dé)route... avec un manque flagrant de réussite le plus souvent (les stratagèmes du pauvre moine pour cacher boîtes d'épinards et bouteilles de rhum est un running-gag classique et toujours efficace de la série).
    On ne s'en plaindra pas : cela nous vaut des aventures débridées, au rythme échevelé, qui laisse peut de temps au lecteur de penser (mais c'est justement le but) et dont on ressort aussi revigoré et le coeur léger que d'un album d'Astérix (et surtout d'Obélix).

    Difficile de s'attarder aussi sur les intrigues des albums, qui ne sont souvent que des prétextes plaqués sur un vague fil conducteur, l'essentiel (et le sel) de la série étant plutôt dans ses innombrables digressions, ses chemins de traverse et, bien souvent... ses sorties de route.
    Qu'importe d'ailleurs : on ne lit pas un Corto pour son intrigue, pas plus que pour la profondeur de son propos. Tout au plus, dans ce troisième tome, pourra-t-on évoquer une histoire fortement teintée d'ésotérisme (que notre cher Corto confond avec érotisme) et d'un imbroglio identitaire où Rastaquouère prend momentanément la place et les fonctions d'un étrange astrologue new-yorkais disparu au Brésil depuis sa rencontre avec un concept si difficile à appréhender qu'il n'est même plus capable de prononcer son propre nom.
    Bref, on l'aura compris : le scénario vire au grand n'importe quoi et il faudra bien quelques boîtes d'épinards et trois bonnes doses de paillardises à Corto pour débrouiller un tel écheveau hermétique.

    Que dire enfin du style graphique du grand Hugo, si ce n'est qu'il dessine toujours aussi bien les cathédrales et la misère, les bossus et la gitane éternellement vissée aux coins des lèvres de notre marin préféré. Sa science consommée du noir et blanc fait une fois de plus merveille (particulièrement le blanc) et sa capacité à rendre le mouvement lors des nombreuses scènes de castagne n'a rien à envier au mangaka de shônen le plus chevronné.
    Bref, lisez ou relisez Sous le signe du Capricorne, un album qui est comme un coup de bélier salutaire dans une production européenne actuelle bien trop souvent consensuelle et cérébrale.

    Ma Note: Image IPB
  5. Dreamfall Chapters : Découverte Tardive

    07 octobre 2019 - 16:13

    Image IPB

    Il est très rare que je me lance dans un "nouveau" jeu (sorti en 2014 sous forme épisodique, 2017 en boîtier) sans rien savoir du tout de son contenu, sans m'être renseigné un mimimim au préalable sur le Net. Normal : vu le prix des jeux vidéo à l'état neuf, il est judicieux de savoir dans quoi on met son argent.
    Dans le cas de Dreamfall Chapters, cependant, je me suis lancé à l'aveuglette pour deux raisons : le PS Store le proposait à 5 € (au lieu de 30) et les quelques visuels me plaisaient bien.
    De même que le petit pitsch qui parlait d'un jeu dont l'univers se situait à cheval entre deux mondes très différents, le premier (Stark) futuriste et le second (Arcadia) de fantasy.
    Pour seulement 5 pépettes... why not ?

    Je viens aujourd'hui de passer plusieurs heures dessus en ayant du mal à lâcher la manette.

    Image IPB
    Le monde futuriste de Stark, anno 2220

    Image IPB
    et celui d'Arcadia



    Dreamfall Chapters est un jeu essentiellement narratif (par ailleurs très riche en dialogues) qui, à l'instar d'un Detroit, mêle le jeu d'aventure 3D avec des mécanismes de point'n'click et des choix (surtout moraux) qui influent sur l'histoire. Niveau contexte et histoire, je me suis plongé dans l'inconnu et, à l'heure actuelle, alors que j'entame le second chapitre, je ne sais toujours absolument pas de quoi il retourne ni où le jeu va m'emmener, d'autant que son scénario semble assez complexe, créant apparemment des interattractions entre des mondes mais aussi des espèces de "mondes intermédiaires", notamment une maison où vit un couple et son bébé et située "en dehors du temps et de l'espace".
    On a d'autant moins de repères que cette déclinaison PS4 semble être la suite d'un (voir plusieurs) jeux antérieurs si on en croit les nombreuses références à des événements passés et personnages déjà croisés. Malgré tout, ça ne semble pas être vraiment un problème pour jouer à celui-ci, chaque personnage possédant sa bio et son background assez bien esquissé.

    Pour le moment, la partie située dans le monde futuriste de Stark - où l'on incarne une héroïne amnésique du nom de Zoé Castillo - paraît bien plus développée que celle du monde d'héroïc-fantasy - où l'on joue un ancien soldat (Kian Alvane) qui a fait partie d'un régime simili-nazi.
    Car, aussi différents soit-ils, ces deux mondes présentent tout deux un contexte politique clairement fasciste... avec, évidemment, une résistance qui s'organise.
    Rien de bien original de ce côté-là mais le jeu m'a très vite emporté dans son récit grâce à la qualité de son écriture, les nombreux mystères qui le parsème et un gameplay au classicisme agréable qui permet de prendre directement ses marques. Autre aspect positif : le jeu prend le temps (son rythme est d'ailleurs assez lent) pour bien décrire le quotidien de Zoé, comme ses aspirations professionnels, ses rapports avec son petit ami, ses entretiens chez le psy, ses relations, tout ça encore renforcé par un journal intime qui permet de partager ses pensées.
    Du coup, on est vraiment dans la peau et la tête de la jeune femme et ça participe bien sûr à l'immersion.
    J'ai aussi trouvé intéressant le fait que, dans les choix de réponses, chaque proposition est précédée d'un commentaire du protagoniste en voix-off qui permet de bien faire comprendre le choix que le joueur fera. En effet, sur la plupart des jeux de ce genre, les indications de choix sont souvent trop vagues, voir même parfois confuses, au point que le joueur voit son personnage sortir une réplique qui n'était pas celle attendue. D'où un malentendu pénible. Rien de tel ici puisque l'on a accès aux pensées du perso avant qu'il ne prenne la parole.
    De mémoire, c'est la première fois que j'ai affaire à un jeu qui utilise cette méthode.

    Petite anecdote : le jeu n'oublie pas la carte de l'humour, malgré son contexte assez sombre.
    Je pense notamment à une mission de Zoé avec un robot (baptisé "robot de merde" en raison de son incompétence) que l'on doit amener à remplir quatre tâches très simples dans la ville mais qui n'est pas fichu d'en faire une correctement, notamment en raison d'un comportement qui tient de la névrose et de la paranoïa. C'est bien simple : on dirait Woody Allen en version droïde.
    J'ai beaucoup apprécié cette partie, vraiment cocasse, et espère qu'il y en aura d'autres de ce genre par la suite.

    Voilà tout ce que je peux dire d'un jeu que je viens seulement de commencer, qui reste un jeu assez modeste dans son budget mais qui m'a séduit pour le moment par son écriture, les nombreuses questions qu'il pose, un doublage (en anglais) de qualité et un visuel plaisant (surtout la futuriste Stark) dans un style "semi-réaliste" varié.
    Et puis... le tout pour 5 euros.
    Petit jeu, petit prix et au final une plus grande satisfaction que sur certains gros triple A ennuyeux.

    Image IPB
    Sans être une tuerie graphique, le jeu propose quelques jolis designs

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