Ayant fait ses premières armes dans les pages du trimestriel Métal Hurlant, Florian Breuil a enfin la chance de réaliser un album en tant qu'artiste complet et il nous en met plein la vue ! On est saisit d'emblée par la virtuosité graphique, sa finesse du trait et ce réalisme dans sa palette de couleurs ! La ville à moitié submergée au nom de Porte-béton est organique à souhait, avec des grattes-ciel aux pieds dans l'eau et ses habitants hétéroclites. En effet la population mélange "humains" à tête d'hommes et femmes et d'autres à tête d'animaux, c'est le cas de notre hère Mortépi à tête de porc et à la peau rouge sang. Le décors est posé, les acteurs en place, vient ensuite l'histoire alambiquée, tournant autour des turpitudes artistiques de Mortépi et de ses discussions avec ses "amis". Notez les guillemets car notre artiste à tête non pas de chou mais de porc, est vaniteux, rongé par la culpabilité, suicidaire et peut montrer des envies de meurtre parfois. Une vraie tête de lard sans jeu de mot en perpétuelle quête de postérité et d'inspiration, aspirant même à utiliser sa mort pour accéder à la reconnaissance de ses pairs. On découvre ses discussions avec divers protagonistes aux avis variés sur le sens de la vie et l'égo dans le monde artistique, au fil de chapitres alternant passé, présent et futur. Une lecture exigeante, pas toujours claire en ce qui me concerne dans la narration, mais qui mérite le coup d'oeil pour la qualité du dessin assez incroyable. Si vous aimez les récits sombres, les questionnements existentiels et les explorations de la psyché humaine à travers l’art, cette BD est une plongée captivante dans les abîmes de la vanité et de la quête de sens.
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Mortépi
Par Kevin Nivek
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Scenariste: Florian Breuil
Dessinateur: Florian Breuil
Coloriste: Florian Breuil
Editeur: Les humanoides associés
Note :
Résumé:Type: BD Europeene L'acheter chez notre partenaire Genre: Tranche de vie Prix: 24 Nb de pages: 160Et si le seul moyen d'être reconnu, c'était de mourir ? Mortépi, artiste raté et rongé par la culpabilité, rêve de postérité au milieu d'un monde qui se noie. Mais entre imposture, drame intime et trahison, sa chute brutale est précipitée par une vidéo virale postée par Nastassia, critique désabusée qui se sent exploitée. Dans un ultime acte égocentrique, Mortépi se suicide dans l'espoir d'accéder à une gloire posthume. Ce geste désespéré est le point de départ de la renaissance artistique inattendue de son seul ami, Niehling. Un récit noir et un drame cruel, acide et lucide sur l'échec, la vanité, l'art et l'ego.
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Dernières Critiques
BD européenes/Comics
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Frankenstein
Kevin Nivek a posté un enregistrement dans Critiques,
Note :
Après le réalisateur Guillermo del Torro sur Netflix, c'est au tour de David Sala de poser sa version du grand roman de Mary Shelley : Frankenstein. Cette histoire ne vieillit pas et trouve même de nouveaux échos aux actualités récentes, une oeuvre intemporelle assurément. D'emblée on est frappé par le ton graphique donné, de la couleur pour des planches tirant vers l'impressionnisme avec une touche de Klimt pour la lumière et les visages. L'artiste s'amuse avec les proportions avec parfois des escaliers démesurément grands par rapport aux personnages, ou encore l'immensité de la nature environnant ces mêmes âmes en peine dans des cases se rapprochant de toiles de maîtres avec une silhouette perdue au milieu de dégradés et de reliefs. Le costume donné au monstre illustre parfaitement la volonté de l'auteur, avec un patchwork de couleurs tel une queue de paon virevoltant et tranchant avec les couleurs sombres du créateur Victor Frankenstein, torturé à souhait ! Ainsi la lumière vient de la laideur physique d'un géant rapiécé aux yeux vairons, perdu, cherchant un père qui le rejette et victime d'une société toujours aussi méfiante de "l'autre". On suit donc en parallèle le parcours des deux personnages dans une adaptation fidèle à la narration du livre, avec toute la dramaturgie que cela implique tant leurs liens sont compliqués ! Je ne vous ferai pas l'injure de vous raconter le cheminement de l'histoire, tout le monde la connait, ici il est plus question d'expérience de lecture ! En effet, David Sala prend son temps pour véhiculer les émotions perçues par les protagonistes, une main en frôlant une autre dans un découpage saccadé ou encore un visage puis un nez sentant les effluves environnantes, vous serez plongés à leurs côtés voire à leur place parfois ! Une bien belle édition pour un très beau livre à la pagination conséquente, qui risque fort de bousculer votre vision du mythe Frankenstein !-
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Gotham Gazette ed 1
poseidon2 a posté un enregistrement dans Critiques,
Note :
Là, on ne pourra pas dire que les éditions Urban ne font pas les choses bien. Pour introduire le nouveau reboot à venir de Batman (dénommé Prime), scénarisé par Matt Frachion et sublimement dessiné par Jorge Jimenez, les éditions Urban nous livrent rien de moins qu'un journal nommé "Gotham Gazette".
D'une véritable taille de journal, il contient de vrais articles dont un résumé long et complet de la mythologie courante de Batman et présentant l'univers du chevalier noir au moment de ce reboot.
Mais plus qu'un journal "goodies" à prix correct (3.95), c'est surtout l'occasion de lire les premières pages de ce nouveau Batman et d'apprécier la magie des dessins de Jorge Jimenez au format A3.
Sincèrement juste pour cela il faut vous jeter sur ce Gotham gazette. Quitte à le découper pour en extraire les sublimes double-page, les encadrer et les afficher !!
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Ketsudan
poseidon2 a posté un enregistrement dans Critiques,
Note :
Attention, tenez-vous bien, résumé express : Kestudan c'est... le Cid de Corneille.
Si si souvenez-vous : Nous partîmes cinq cents et par un prompt renfort, nous nous vîmes trois mille en arrivant au port. Et bien Kestudan, c'est exactement ca. Mais exactement. Enfin en tout cas cette phrase. Car Kestudan c'est l'adaptation fidèle du texte de Corneille, changeant juste les nom et les ennemis pour le rendre crédible dans un univers japonais.
Et ça marche vraiment pas mal. Si le phrasé fait un peu bizarre au début, mais ca aurait été le cas même en relisant Corneille, l'histoire elle-même s'adapte parfaitement à un contexte féodal-fantastique du Japon du XVIIIieme siècle.
Porté par un dessin superbe à la croisée du manga et de la BD européenne, ce Kestudan nous offre une lecture rafraichissante d'une des œuvres mythiques de la littérature.
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poseidon2, -
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Lyndon
The_PoP a posté un enregistrement dans Critiques,
Note :
Bon, c'est peu dire que j'avais beaucoup aimé Rebis. Alors forcément retrouver ces deux autrices talentueuses me faisait très envie... Le thème de ce Lyndon n'était par contre pas vraiment pour moi à la base, n'étant pas plus féru que cela de ce genre d'histoire et en ayant lu pas mal depuis quelques années.
Mais j'ai beau parfois être un vieux râleur mal embouché, entre la tendresse que l'on éprouve vite pour les personnages, les situations, les dessins toujours aussi somptueux et doux, il est difficile de ne pas se laisser happer et séduire par ce très joli roman graphique. Les passages oniriques m'ont parfois un peu perdus, mais l'ensemble acquiert au fil des pages une belle consistance.
Bravo donc à ce super duo d'autrice qui arrive toujours à nous émouvoir et à nous faire réfléchir sur de belles histoires.-
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The_PoP, -
Mangas
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Shiba Inu Rooms tome 1
poseidon2 a posté un enregistrement dans Critiques,
Note :
En voila une excellente surprise.
Excellente surtout parce que j'ai tendance à avoir une légère allergie aux mangas sur les chiens et chats. Les mangas trop "kawai" sur des animaux trop "miignnnooooonnnnnn"... ca a tendance à me gonfler et je ne dépasse souvent pas 10 pages.
Alors que l'a, au bout de 10 pages, j'avais envie d'en savoir plus. Pourquoi cette différence ? Et bien tout simplement par ce que nos personnages sont réellement différents des autres parutions du genre. Kori pourrait entrer dans les canevas du manga animalier, étant mignonne et gentille, elle dénote quand même un peu par sa placidité et son flegme à toute épreuve, compléter par une repartie pas piquée des vers.
Mais Muu lui est particulièrement savoureux comme personnage. C'est une véritable teigne et c'est un vrai "chiot". Les mangas faisant parler les animaux sont généralement trop caricaturaux en mettant trop en avant les caractéristiques propres à l'animal ou en les humanisant beaucoup. Ici Muu est vraiment casse bonbon comme un animal qui vent manger/avoir des caresses/jouer (et uniquement ça).
c'est trop très drôle. Surtout mixer avec les réparties cinglantes de Kori.
Cela fait un premier tome super savoureux dont j'attends à suite avec une impatience que je n'imaginais pas à la vue de la couverture.
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poseidon2, -
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