Voilà un titre qui nous sort de nos habitudes avec son début potentiellement classique d’un jeune lycéen aux allures de voyou qui ne suit pas en cours et qui ne garde pas de petit boulot plus d’un mois, on découvre un véritable sujet de société : le handicap invisible !
Kobayashi a tout du mauvais élève : son allure avec ses cheveux décolorés, ses mauvaises notes et même son attitude en cours où il passe son temps à dormir sans jamais prendre de note. Mais quand Uno, un nouvel élève avec sa façon de parler très fort et son comportement en marge, Kobayashi va apprendre, un peu malgré lui au départ, que ce garçon un peu étrange a des difficultés. Il s’effraye facilement et note tout ce qu’il doit faire dans un carnet même les choses les banales comme se préparer le matin ou comment prendre le bus.
Il découvre qu’Uno a beaucoup de volonté et que même s’il a des difficultés, il a trouvé une solution pour les surmonter et avancer. Il se rend compte également que ce que ressent Uno correspond à ce qu’il éprouve lui-même régulièrement notamment dans son travail. Il décide alors d’utiliser lui-même un cahier pour l’aider à se rappeler des méthodes de travail.
Quand on lit se premier tome, on se dit que ce serait plus facile si Uno avait annoncé à la classe son handicap dès le début mais je comprends aussi pourquoi il ne l’a pas fait. Un ami de ma fille souffre de troubles cognitifs, et quand il rencontre quelqu’un pour la première fois, ce n’est pas la première chose qu’il va dire car ce qu’il souhaite c’est être comme tout le monde. Certes annoncer son handicap, c’est expliquer que l’on est différent mais c’est aussi se soumettre aux regards, pas toujours bienveillants, de son entourage et c’est aussi se mettre une étiquette sur le front.
Le récit est particulièrement bien fait car on voit tous les efforts que fait Uno pour être comme tout le monde, en essayant d’avancer par ses propres moyens sans forcément chercher de l’aide. On voit aussi que le handicap invisible n’est pas facile à détecter que ce soit par la personne concernée, comme Kobayashi, ou par son entourage. Dans son cas, soit il passe pour un imbécile soit pour quelqu’un qui ne veut pas travailler et qui sabote le travail exprès.
Ce qui est très intéressant aussi, c’est la façon dont Uno explique les sensations qu’il a quand il se trouve face à une difficulté, il dit qu’il est « comme perdu dans l’espace » (d’où le titre du livre).
Loin de vouloir nous apitoyer sur la vie de nos personnages, on ressent une volonté de vouloir faire comprendre et découvrir ce type de handicap. C’est un titre intéressant qu’il faut aller lire.



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