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Phileas

20 ans de cinéma : 2005

Messages recommandés

Depuis les échanges assez nombreux que l'on a pu avoir sur le fil de 2002 dernièrement, j'ai réfléchi à un moyen de rendre ces sujet moins laborieux aussi bien pour moi (à l'écriture) que vous (à la lecture éventuelle) et surtout plus interactive, dynamique et conviviale (merde, voilà que je me mets à parler comme un publiciste :classic_rolleyes:).
Bref : exit le post kilométrique et les images (inutiles en fait).
Nouvelle manière de procédé si ça vous convient : je propose à chaque fois quelques films, je dis ce que j'en pense (en essayant d'éviter d'être trop verbeux... selon mes critères ^^) et je vous laisse rebondir là-dessus. 
Ensuite, nouvelle fournée, etc...
J'espère que ça vous convient (mieux). Et vos avis m"intéressent, naturellement.

Aujourd'hui, focus sur :

 

Un business comme un autre...

 

Lord of War de Andrew Nicoll (le réalisateur de Gattaca), avec Nicolas Cage.
Dés que je l'ai vu, ce film a été une des grosses claques de 2005 pour moi. 
Pamphlet génial et cynique sur le marché des armes à feu avec l'un de ses trafiquants sans scrupules (Nicolas Cage, dans un de ses meilleurs rôles) qui vend des AK-47 et autres lance-grenades à des pays éternellement en guerre comme Tyler Durden des savonnettes (sans napalm). L'ouverture du film elle-même, du "point de vue" d'une balle, de sa fabrication en usine jusqu'à son impact sur un corps humain, est déjà une tuerie (si j'ose dire), de même que Nicolas Cage lui-même qui monologue face au spectateur en disant : "On estime à environ 550 millions le nombre d’armes à feu actuellement en circulation, autrement dit, il y a 1 homme sur 12 qui est armé sur cette planète. La seule question c’est : « Comment armer les 11 autres ? »  
Mais tout le film est brillant sur tous ses aspects (réalisation, écriture, acting,...). Lord of War arrive en plus à éviter la leçon de morale facile et démagogique grâce justement à son recul (dsl, pas fait exprès) sur son sujet et le cynisme affiché de son perso. A noter aussi un excellent Ethan Hawke en flic impuissant qui tente de s'opposer au trafic (son face à face avec Cage est d'ailleurs génial). 
Nicoll avait déjà marqué les esprits dans le domaine de la SF avec Gattaca mais il va encore plus loin, à mon sens, avec Lord of War
Note : 5/5


Le hasard veut que cette année-là soit aussi sorti un film dans le même esprit et un traitement (cynique) similaire mais cette fois sur l'industrie du tabac : Thank you for Smoking, avec Aaron Ekcart. Même si je l'ai trouvé plutôt bon, il m'a tout de même moins marqué que Lord of War et j'en ai peu de souvenirs.
Note : 3/5

 


Les mythes se portent bien

 

Batman Begins de Christopher Nolan.
Voilà le film auquel je pensais (avec King Kong) quand j'ai mis pour titre "les mythes se portent bien". Après le gothisme de Tim Burton en deux films (pas mal, pas mal) et le massacre coloré "sapin de Noël" de Joel Schumacher, maître Nolan propose enfin un Batman digne des comics d'un Frank Miller et autres auteurs de cette bat-génération publiée par Urban. Plus moderne, plus dynamique, plus violent et moins "arty" et fantaisiste que celui de Burton (et ses pingouins explosifs), Batman Begins propose aussi une genèse intéressante, notamment liée à la peur (des chauves-souris en l'occurence) à double tranchant : celle de Bruce mais dont il se servira plus tard contre les criminels. Liam Neeson campe, avec sa classe habituelle, un excellent Ras'Al Ghul et bien sûr Christian Bale sans doute le meilleur Bruce/Batman. Et la craquante Maggie Gillenhall est un choix diamétralement opposé à la potiche jouée par Kim Basinger dans le Batman burtonnien de 1989. 
Oui : le Batman cinématographique a décidément mûri et gagné en profondeur.
Je suis un peu réservé sur une dernière partie de film à l'action vraiment effrénée et longuette, préférant tout ce qui a précédé. Mais là, Nolan tient quelque chose et il le confirmera de manière encore plus éclatante avec The Dark Knight... avant de s’essouffler dans la dernière ligne droite avec le poussif et mal nommé The Dark Knight Rises 
Note : 4/5

 

Star Wars : La revanche des Sith de George Lucas. Bon, je ne vais pas m'étendre sur un film que tout le monde connaît et qui, après deux précédents opus qui en ont déçus beaucoup, redresse tout de même la barre pour clore en "beauté" la prélogie et le destin d'Anakin Skywalker. Moins de politique et de combats "géonosiens" numérisés et sans âme, plus d’intensité dramatique et de priorité donnée aux personnages, nombreux duels au sabre (un peu trop d'ailleurs), un Hayden Christiansen pas forcément plus charismatique mais un peu plus proche physiquement de l'idée que je me faisais personnellement d'un Anakin depuis la trilo originale, de bonnes scènes avec un Palpatine (AVANT transformation) qui montre (enfin !) non seulement son vrai visage mais aussi à quel point il peut être retors et machiavélique, un Obi-Wan excellent à la fois dans l'humour/la légèreté et le tragique (son long duel avec Anakin), la scène d'Anakin-Vador dans le temple Jedi (et liquidant les enfants, je ne m'y attendais pas) et, bien sûr, le final avec Vador (un peu gâché ceci dit par le "noooon").
Le film est loin d'être parfait pour autant et au rayon des ratages, je cite en vrac la scène ridicule de Palpatine zigouillant des maîtres Jedi en 5 sec alors qu'il tient son sabre comme un Baton de Berger Cochonou, nos deux droïdes préférés qui font tapisserie, Padmé qui n'est pas gâtée par le côté unidimensionnel de son perso (un défaut parcourant toute la prélo), un Grievous présenté comme hyper-badass mais au final ridicule et pathétique (et incompréhensiblement lâche), l’affrontement entre Yoda et Palpy... euh... un peu too much aussi et les œillades méchantes de Hayden pour bien montrer à quel point il a basculé dans le "dark side".
Pas un chef-d'oeuvre mais au-dessus des deux films précédents, et encore considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs SW avec Empire Strike Back et Rogue One.
Note : 3,5/5

 

La légende de Zorro de Martin Campbell.
Qui aurait misé un centime sur le retour au cinéma du cavalier qui surgit hors de la nuit en 1998 ? Quasiment personne - sans doute parce que jugé trop ringard ? - sauf un certain Martin Campbell qui sorti le vengeur masqué de la naphtaline, en lui donnant une bonne dose d'humour, voir d'autodérision mais sans le démythifier pour autant et surtout de fraîcheur, en jouant notamment sur la surprise d'une relève du vrai Zorro qui n'est plus Don Diego de la Vega (incarné par Anthony Hopkins) mais un petit nouveau en la personne du bondissant Antonio Banderas, sans parler de l'atout charme apporté par la plantureuse Catherine Zeta-Jones. Succès surprise au box-office cette année-là, Le Masque de Zorro le méritait amplement tant il avait réussi à redonner tout son lustre - tout en le modernisant en y ajoutant l'impertinence et le second degré - à cette légende oubliée.
Il fallu pourtant attendre sept ans (!) pour que le blockbuster eut une suite, La légende de Zorro, toujours avec le même duo de charme Banderas-Jones. 
Le Masque de Zorro était un vrai film d'aventure, de cape et d'épées.
S'il compte aussi son lot de scènes d'action, La Légende de Zorro a plus des allures vaudevillesques bien moins enthousiasmantes. Le film souffre un peu du même défaut qui avait été celui de la suite de A la poursuite du diamant vert dans les années 80, l'insipide Le Diamant du Nil. Ou même les suites de La Momie de Stephen Sommers.
C'est curieux mais... le mariage ne semble pas réussir aux héros de films d'aventures.
Serait-ce révélateur de quelque chose ? ^^ 
Note : 2,5/5 (Le Masque de Zorro, sorti en 1998, vaut bien 4/5)



King Kong de Peter Jackson.
Pour Peter Jackson, il n'a heureusement jamais été dans ses intentions de marier King Kong et Anne Darrow et de les installer dans un pavillon de banlieue. 
Il s'agit au contraire pour le réalisateur de la trilogie des Anneaux de présenter un véritable remake du classique de 1933 mais avec les moyens (énormes) mis à sa disposition et d'en tripler carrément la durée. Manifestement passionné par son sujet, Jackson réalise un blockbuster visuellement impressionnant, colossal, à l'image du gorille géant.
L'île de Skull Island, véritable monde enfermé sur lui-même, se taille la grosse part du métrage et sa longue exploration permet d'y rencontrer toutes les grosses bêbêtes préhistoriques imaginables et des décors de jungle somptueux. L'intention est à la démesure, à l'aventure avec un grand A, où le danger est omniprésent pour le petit groupe d'explorateurs mené par un cinéaste en mal de gloire (Jack Black) et sa starlette (Naomi Watts).
Il se dégage du film - par son époque (on conserve les années 30), son ambiance, un côté pulpesque sympathique.Mais - comme pour le SDA - on y retrouve aussi une noirceur palpable qui donne au film des allures de cinéma d'horreur en plus de l'aventure, certaines scènes étant d'ailleurs peu ragoûtantes. Cette approche permet au moins de donner de la crédibilité aux scènes plus poétiques entre Kong et Anne Darrow.
Car Peter Jackson n'oublie pas que King Kong est, au-delà du récit d'aventure avec des dinosaures et des insectes géants qui vous sucent la cervelle - une romance singulière et comme une nouvelle version de la Belle et la Bête. Ce qui nous vaut de très belles scènes entre la Belle tentant d'apprivoiser la Bête (cela dit, on pourrait aussi penser qu'elle lui "suce la cervelle" d'une certaine manière mais bon... ^^)
Même si je ne partage pas l'enthousiasme de certains (beaucoup ?) pour le film qui a trop de longueurs pour moi sur Skull Island et que j'aurais préféré un meilleur équilibrage aventure/romance, ce King Kong reste quand même une réussite indéniable.
Note : 3,5/5

 

Harry Potter et la coupe de feu de Mike Newell
Même si Harry Potter et le Pot-au-Feu m'a toujours semblé plus appétissant (avec Katsumi dans son dernier rôle, celui de la sœur aînée nymphomane de Cho Chang), le quatrième film de la série des Harry Potter - qui est aussi le dernier que j'ai vu - est un sympathique divertissement et je ne saurais le qualifier autrement car je n'ai jamais été fan de cette saga et que je suis totalement néophyte de son univers.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je me permet des remarques grivoises et hors de propos et que, s'il existe ici (ou ailleurs) des fans de la saga, ils auront probablement envie de me changer en crapaud. Mais même s'ils y parvenaient - ce dont je doute - ils y seraient pour leur frais car, selon mes nombreux détracteurs, je suis déjà un crapaud. Pustuleux, méchant et jamais content en plus. 
Rappelons enfin que Mike Newell fut le réalisateur du mémorable Quatre mariages et un enterrement.
Et pourquoi j'en parle, me direz-vous ?
Parce que je vous prépare pour la suite une transition qui tue, voilà pourquoi.
Note : 3/5



Trois enterrements de Tommy Lee Jones.
Et voilà pour la transition.
Alors j'ignore si vous connaissez ce film réalisé par l'acteur le plus buriné de la planète juste après Sim mais, bien que ne l'ayant vu qu'une fois il y a moult années, il fait partie de ces films-chocs et mémorables (comme Paris, Texas de Wim Wenders par exemple) dont la fugacité n'empêche en rien la pérennité. Petit rappel du synopsis en quelques mots de ce "western contemporain" brut de décoffrage, à l'image de son acteur-réalisateur : Texas, près de la frontière mexicaine, de nos jours. Un jeune garde-frontière (Barry Pepper ) tue par erreur Melquiades Estrada, un "vaquero". Après une rapide enquête, son ami, Pete Perkins (Tommy Lee Jones), décide de rapporter son corps dans son village, au Mexique, en obligeant son meurtrier à l'accompagner.
Oui, l'histoire n'est pas plus compliquée que ça et serait à la fois inspirée d'un fait divers réel à propos d'un émigré clandestin mexicain tué en 1997 par un militaire américain dans des conditions très similaires sur la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Mais aussi du roman du grand écrivain William Faulkner Tandis que j'agonise dont il reprend les thèmes principaux (l'accompagnement d'un mort vers sa destination finale, le péché, la culpabilité, la rédemption) et l'on pourrait aussi le rapprocher un peu du récent western Hostiles avec Christian Bale.
Il est très difficile de parler de ce film à ceux qui ne l'ont pas vu car on se doute bien que son essence même, sa puissante dramatique, son extrême âpreté, se situe évidemment au-delà du pitch. Et que, si en apparence, il décrit le calvaire vécu par un homme (l'assassin) que son "tortionnaire-vengeur" (Tommy Lee Jones) lui fait subir en l'obligeant à parcourir des kilomètres d'un désert sans fin à pieds, le propos du film et sa signification profonde sont éminemment philosophique autant qu'une "leçon de vie" (et de mort) qu'un homme fait subir à un autre. Je mentirais en affirmant que je me souviens de chaque scène (à nouveau, je précise que je ne l'ai vu qu'une fois) mais j'en ai gardé en substance un souvenir suffisamment fort pour pouvoir au moins en évoquer son intérêt.
A voir et, en ce qui me concerne... à revoir. 
Note : 4/5
 

A suivre... 

Modifié par Phileas

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Lord of war ET Thank you for smoking , sont , pour moi des "must see" , deux films génialissimes en tout point , avec de très bons acteurs 

Batman begins , comme tu le  dis , les prémices de deux suites excellentes (surtout la 2 ) , et oui , la 3 est très très bien pour moi : cette intro digne du plus grand James Bond , et ce combat avec Bane sans musique , que les coups que se prend le chetif batou face à l'ogre Tom Hardy une fois de plus très bon .

SW , oui tout ok avec toi

Zorro : un film que ma femme adore (sûrement à cause d'Antonio) , sympathique mais sans plus

King kong : je l'avais vu au cinoche et , quel spectacle (avec cette actrice je ne suis pas objectif , elle est superbe) , à part les vers degueulasses dans la fosse , tout le film est parfait

Harry Potter : nous , on est fan, et cet opus est un des meilleurs de la saga

3 enterrements , il ne m'a pas laissé un souvenir impérissable , loin de là

Modifié par Kevin Nivek

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il y a 19 minutes, Kevin Nivek a dit :

Lord of war ET Thank you for smoking , sont , pour moi des "must see" , deux films génialissimes en tout point , avec de très bons acteurs 

Thank you for Smoking, il faudrait que je le revoie car il m'a moins marqué, peut-être parce que l'essentiel du film me semble se passer dans des bureaux avec beaucoup de dialogues (un peu comme la série Mad Men) alors que Lord of War a parfois des allures de "film d'aventure engagé" à la Blood Diamonds, donc ça m'a davantage marqué visuellement et sur le plan émotionnel.

il y a 23 minutes, Kevin Nivek a dit :

à part les vers degueulasses dans la fosse , tout le film est parfait

Oui je dois dire que... C'est d'ailleurs la scène qui me décourage toujours à revoir le film 😉

il y a 25 minutes, Kevin Nivek a dit :

3 enterrements , il ne m'a pas laissé un souvenir impérissable , loin de là

Moi oui mais... il faudrait que je le revoie aussi celui-là pour voir s'il me fait le même effet et... s'il supporte un revisionnage.

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Lord of war est un très bon film, cynique, que j'ai découvert des années plus tard, mais il m'a marqué. Nicolas Cage dans un de ses meilleurs rôle je crois. ^^

Pour Harry, je suis plus fan du Prisonnier d'Azkaban comme meilleur Harry de la saga (c'est le scénario le plus malin de mon point de vue).

King kong, c'est très long dans mon souvenir, du coup je suis parti avant la fin (syndrome du Hobbit: oui c'est beau, oui c'est fidèle (peut-être) mais qu'est ce qu'on s'ennuie....)

Batman Begins était très sympa sur le coup, mais au final je ne l'ai pas beaucoup revu. Je pense que c'est parce que c'était le 1er après une longue disette de Batman au cinéma surtout.

Le SW Sith, j'avais la carte illimité à l'époque, j'ai donc été le voir.... 3 fois, vous allez me dire, pour quelqu'un qui n'aime pas plus que ça ce film... Certes mais je me suis endormi les 2 premières fois, le 1er coup pendant les 20 minutes de bataille spatiale du début (bon j'étais crevé... et les SW était un évènement à l'époque)... et pareil au 2ème tour, même si j'ai dormi moins longtemps. 😅 Cela dit, à part la fin qui fait un raccord parfait et du coup arrive à arracher quelques larmes aux plus anciens.... La trilogie est globalement pleine de défauts... qui cassent tout. Surtout au niveau de la mise en scène je crois, et du scénario gnagnangnagnangnagnangnagnangnagnangnagnan.

Pas vu les autres de ta sélection. Je retiens surtout Match Point de cette année, de même que Final Cut, passé aux oubliettes, Garden State, que j'ai beaucoup aimé, Kingdom of Heaven, qui est agréable (et rare sont les films de cette époque), En bonne compagnie (qui était chouette, et là vous commencez à comprendre logiquement...), de même que l’interprète (oula je vais me faire griller), La Guerre des Mondes, que je trouve toujours très bon, malgré ses défauts, The Island (là c'est mort ça va se voir), que j'adore pour sa 1ère partie, puis ensuite le réal fait tout sauter et tout l'intérêt du film avec, Broken Flowers était bon aussi dans mon souvenir, Rencontre à Elisabeth Town (là c'est encore plus clair), très chouette également, The constant Gardener (oualala là aussi), qui est un film que j'adore, car les films de jardiniers sont tellement rares.

Globalement, j'en ai vu pas mal de cette année là, carte illimité oblige (carte que j'avais gardé quelques années de 2003 à au moins 2005 du coup). Je bossais du côté de Montparnasse, c'était rdv à la sortie des bureaux et go ciné. ^^

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@Phileas pour le format celui ci ou l’ancien, tout me va bien du moment que c’est facile et pas trop chiant pour toi. C’est déjà beaucoup de taf’ !

 

raccord avec toi sur l’ensemble des films. Mon âge oblige je suis moins dur que vous sur le SW 3, car de mon âge et raccord de fin bien foutu qu’on attendait. 

je suis plus dur avec le premier Batman par contre que j’avais trouvé fadasse et sans grand intérêt. La faute pour moi a un méchant pas assez marquant. définitivement il y a les Batman avec Joker et les Batman sans lui. 
le second zorro est assez nul, la faute à son scénario et son escalade dans les scènes d’action de mémoire... et pourtant j’adore Zorro, j’adore Catherine zêta jones et j’aime beaucoup Antonio Banderas.

Lord of war est effectivement le film le plus marquant que j’ai vu cette année la. 
 

@VladNirkyc’est rigolo il y a pas mal des films que tu as cité qui m’ont aussi beaucoup... marqué 

 


 

 

 

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Ah oui ! La guerre des mondes , Constantine (excellent) , A history of violence (quand même !) Match point , et Munich que j’ai revu récemment et qui est vraiment très bon . C’était la bonne époque de Spielberg , où chaque sortie de film était un événement .... 

Que d’oublis de l’ami Fogg

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Il y a 12 heures, Kevin Nivek a dit :

Que d’oublis de l’ami Fogg

Raaaaah ! Mais j'avais pas fini ! 😡 😡 😡 J'ai dit que je faisais ça par à coups, pour que vous n'ayez pas trop à lire en une seule fois ! 🙄

Il y a 21 heures, VladNirky a dit :

Pas vu les autres de ta sélection. Je retiens surtout Match Point de cette année, de même que Final Cut, passé aux oubliettes, Garden State, que j'ai beaucoup aimé, Kingdom of Heaven, qui est agréable (et rare sont les films de cette époque), En bonne compagnie (qui était chouette, et là vous commencez à comprendre logiquement...), de même que l’interprète (oula je vais me faire griller), La Guerre des Mondes, que je trouve toujours très bon, malgré ses défauts, The Island (là c'est mort ça va se voir), que j'adore pour sa 1ère partie, puis ensuite le réal fait tout sauter et tout l'intérêt du film avec, Broken Flowers était bon aussi dans mon souvenir, Rencontre à Elisabeth Town (là c'est encore plus clair), très chouette également, The constant Gardener (oualala là aussi), qui est un film que j'adore, car les films de jardiniers sont tellement rares.

😔 

 

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Non, c'est pas ça. Je...

...

c'était pas l'idée.

 

 

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il y a 47 minutes, Phileas a dit :

Non, c'est pas ça. Je...

...

c'était pas l'idée.

 

 

Rha désolé, je le ferais plus. Mais ça t'empêche pas poster la suite, on sera pas forcément du même avis sur tout à coup sûr. 🙂

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Oui je m'excuse , je veux pas froisser quiconque !! On attend la suite et encore désolé . C'était bien de ne pas tout faire d'un coup , nous n'avons (surtout moi) pas tenu compte de ton introduction précisant la conduite à suivre 🙂

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C'est rien. En fait, ce n'est pas que je tiens absolument à être le premier à parler de tel ou tel film mais... c'est juste que vous n'êtes pas censé savoir qu'ils sont sortis en 2005 (ça fait quand même 15 ans !) à moins d'avoir fait des recherches avant d'en parler ou... d'avoir une sacrée bonne mémoire 😉
C'est pour ça que quand Vlad à citer tous ces films (Kingdom of Heaven, Broken Fowers, etc...), je me suis dit qu'il avait dû sûrement faire une recherche avant.
Evidemment, rien ne vous en empêche, hein ! 
C'est juste que dans mon idée, c'était plutôt : je parle de tel et tel film et vous rebondissez dessus. Ca me semblait simplement plus aisé et moins...euh... chaotique.
Mais je ne peux pas parler de tous les films d'une année non plus. Donc, s'il en manque que vous avez vu, n'hésitez pas.
Rien n'est vraiment formel c'est un forum après tout 🙂
Et je me casse encore la tête pour trouver un moyen de rendre ces sujets aisés à lire et à répondre...

Le 14/06/2020 à 12:54, VladNirky a dit :

Pas vu les autres de ta sélection. Je retiens surtout Match Point de cette année, de même que Final Cut, passé aux oubliettes, Garden State, que j'ai beaucoup aimé, Kingdom of Heaven, qui est agréable (et rare sont les films de cette époque), En bonne compagnie (qui était chouette, et là vous commencez à comprendre logiquement...), de même que l’interprète (oula je vais me faire griller), La Guerre des Mondes, que je trouve toujours très bon, malgré ses défauts, The Island (là c'est mort ça va se voir), que j'adore pour sa 1ère partie, puis ensuite le réal fait tout sauter et tout l'intérêt du film avec, Broken Flowers était bon aussi dans mon souvenir, Rencontre à Elisabeth Town (là c'est encore plus clair), très chouette également, The constant Gardener (oualala là aussi), qui est un film que j'adore, car les films de jardiniers sont tellement rares.

En fait, dans cette liste, il y a des films dont j'allais parler et d'autres non (soit que je ne les ai pas vus, soit que je ne m'en souviens plus assez).
Je trouve intéressant Vlad que tu cite aussi des films peu connus et que bcp ont oublié : Final Cut (le film de SF "intimiste" intéressant avec Robin Williams), En bonne compagnie (m'en souviens vaguement : avec Dennis Quaid et Scarlett je crois), L’interprête (avec Kidman), pas du tout aimé et qui n'était pas dans ma liste. The Island, j'en avais parlé pour 2004 (il y a parfois des erreurs dans les datations de sortie). Rencontre à Elisabeth Town et The Constant Gardener n'étaient pas sur ma liste (pas vu) donc tu as bien fait d'en parler. 

La Guerre des Mondes, je suis en train d'écrire dessus, tout comme l'autre film de Spileberg sorti la même année : Munich. Kingdom Heaven aussi.

 

 

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Bon, je reprends...

La Guerre des Mondes/Munich : la belle paire de Steven (mais ça marche mieux avec Robert)

Sortir la même année deux films d'aussi bonne qualité est plutôt rare pour un réalisateur et peut-être même inédit (et ce ne sont pas les frères Wachowski qui me contrediront ^^). Il est aussi intéressant de constater qu'on assiste ici à une sorte de condensé des deux "grandes tendances" du réalisateur surtout depuis les années 90 : d'un côté le cinéma de divertissement (et de SF) qui a fait sa renommée dans les 80's et, de l'autre, un cinéma plus "mature" ou encore "engagé" illustré par des films comme La Liste de Schindler, Saving Private Ryan ou encore Amistad.
Deux facettes pour un réalisateur qui nous sort en 2005 une belle paire, il me fallait la faire.
Mais on peut aussi constater que cette nouvelle version de La Guerre des Mondes d'H.G. Wells que nous propose Spielberg, loin d'être dans l'optique d'une SF merveilleuse et optimiste comme Rencontres du Troisième Type ou E.T., ressemble plutôt en fait à un... vrai film de guerre, se voulant plutôt réaliste, très pessimiste et, sur la forme, manifestant une esthétique froide et presque documentaire. Comme si l'influence du Soldat Ryan pesait sur une science-fiction fort éloignée de celle à laquelle nous avait habitué Steven dans ces jeunes années. C'est d'ailleurs ce qui, personnellement, m'a le plus marqué dans cette invasion extraterrestre filmée à hauteur d'homme (à contario d'un Independance Day par exemple) et qui se focalise davantage sur les personnages humains que sur les aliens et leur engins mortels, bien que ceux-ci demeurent présents et impressionnants.
Mais le principal, c'est plutôt cet homme ordinaire habitant la banlieue de New York, Ray Ferrier (Tom Cruise), père divorcé maladroit avec ses deux enfants, que son ex-femme lui confie quelques jours. Un véritable anti-héros complètement dépassé par les événements et c'est assez remarquable que ce soit Tom Cruise - généralement abonné aux rôles de héros battants, aux "winners" - qui le joue, cassant ainsi son image. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, une fois n'est pas coutume, je l'ai apprécié dans ce film (comme je l'apprécierai aussi dans Edge of Tomorrow).
L'authenticité et la justesse du jeu des acteurs - dont les enfants et un Tim Robbins inquiétant dans l'excellente scène de la cave - contribue d'ailleurs beaucoup à la dramaturgie, autant que la qualité des effets spéciaux ou les scènes de foules prises de panique. Dommage que le film soit aussi entâchés par des défauts, des petits détails et invraisemblances qui nuisent à l'immersion. Pourquoi des tripodes enfouis sous terre depuis des millénaires par exemple ? Pourquoi (et comment) sont-il réactivés par des éclairs ? Et quid de ses occupants ? Ces éléments incongrus du scénario ne sont pas à la hauteur de la réalisation et de l'interpération sans faille d'un blockbuster qui aurait pu être un chef-d'oeuvre mais n'est, au final, qu'un bon film sur le thème archi-usé de l'invasion venue d'ailleurs et qui frappe surtout par son approche réaliste fort éloignée de la version de 1954 par exemple.
Note : 4/5

Munich, comme chacun sait, s'inspire des événements en marge des Jeux olympiques d'été de 1972 à Munich, où des Palestiniens membres du groupe Septembre noir prirent en otages et tuèrent onze athlètes de la délégation israélienne. Il décrit l'« opération Colère de Dieu », à travers l'histoire d'un agent issu du Mossad chargé de traquer les responsables et de les éliminer.
Ayant connu un succès relatif, je le classe pourtant parmi mes Spileberg préférés des années 2000. Non seulement Munich peut être vu, au premier degré, comme un excellent film à suspense (et bien documenté) mais il s'affirme aussi comme une démonstration impressionnante et pertinente du cercle vicieux de la vengeance (surtout quand elle émane en plus d'autorités supérieures donnant carte blanche à leurs sicaires) et de son escalade, dont la conclusion ne peut qu'être amer pour toutes les parties. Le casting est parfait (Eric Bana ,acteur que je ne connaissais pas, incarne très bien cet agent rongé par le doute envers ses actions de représailles).
Le scénario est complexe, pas toujours facile à suivre (d'autant qu'il s’étale sur plusieurs années), sinueux mais passionnant si on prend la peine de s'y 
Enfin, la réalisation de Spielberg est comme toujours une perfection et un détail m'interpelle toujours chez ce cher Steven quand il réalise des films comme celui-ci : c'est étonnant de constater qu'un réalisateur surtout connu pour des films puisant dans l'imaginaire enfantin... peut montrer la violence avec une brutalité et une crudité dont peu de cinéastes sont capables. Il l'avait déjà amplement démontré dans Schindler et le Soldat Ryan. Dans Munich, certaines scènes à la violence réaliste marquent aussi l'esprit et je pense surtout à cette séquence où la tueuse à gages se fait tuer sur sa péniche par nos "vengeurs", scène étrange qui n'a absolument rien à voir avec les excès irréalistes d'un Tarantino et pourtant plus dérangeante.
Note : 4/5

 


Un peu plus de légèreté...

 

H2G2, le Guide du Voyageur Galactique, tiré de la série de romans de Douglas Adams.
Dans leur filmo, les Monty Python se sont illustrés dans tous les genres sauf la SF et H2G2 aurait pu être un de leurs films car on y retrouve le même esprit loufoque, satirique et pour tout dire carrément délirant. Mais l'auteur des romans étant lui-même anglais (et H2G2 se moque beaucoup de la société anglaise), on est en terrain familier (comme peut-l'être aussi un film comme Le Dernier Bistrot avant la Fin du Monde avec Simon Pegg). Comme personnellement, je raffole de cet humour so british qui peut aller très loin dans le n'importe quoi, j'ai beaucoup apprécié H2G2 (même sa poésie vogon !). Et puis... un mec qui fait une longue virée dans l'espace vêtu d'une robe de chambre et portant une serviette de bain alors que la Terre a été désintégrée, c'est le genre de folie qui ne peut que me plaire. 
On peut imaginer que des suites aient pu être envisagée (puisque l'oeuvre d'Adams compte plusieurs volumes) mais le film ayant bidé au box-office (quelle surprise ^^), il faudra se contenter de cette dinguerie intersidérale qui, heureusement, propose bien une conclusion.
Note : 3,5/5

 

La Vie Aquatique de Wes Anderson. Comment arriver à parler du cinéma WTF de Wes Anderson ? Et surtout de celui-ci ? Je n'y suis jamais vraiment parvenu, si ce n'est pour dire que regarder la Vie Aquatique, c'est faire un grand plouf dans la bizarrerie la plus totale, le décalage le plus périphérique au sens commun.
Et savourez un Bill Murray en simili-Commandant Cousteau aussi inexpressif (et pourtant drôle) qu'un mérou.
Pas un film que je regarderais toutes les semaines, c'est clair, mais que cette folie en eau douce est rafraîchissante.
Note : 3,5/5  

Tiré d'un roman trempé dans le vitriol du grand Donald Westlake, Le Couperet de Costa-Gravas est une satire vacharde du monde impitoyable du travail qui prend ici carrément des allures d'arène de gladiateurs où un candidat à un poste - incarné par un excellent José Garcia dont le jeu difficile se situe sur deux registres, le sérieux dramatique et la bouffonnerie - se met en tête de tuer tous les autres candidats, prenant au pied de la lettre l'expression éliminer la concurrence.
J'aime bien ce film car généralement, Costa-Gavras est plutôt du genre à proposer des films engagés assez lourdement démonstratifs dans leur volonté de dénoncer la société (Z, L 'Aveau, Amen, etc...) et aux scénarios alambiqués pas toujours évident à suivre alors qu'avec Le Couperet, il opte plutôt l'humour noir, un scénario simple et efficace et la satire à la fois drôle et pathétique. Peut-être mon film préféré de ce réalisateur.
Note : 3,5/5

 

History of Violence de David Cronenberg souffre d'un malentendu que j'ai l’impression de passer ma vie à dissiper auprès de gens qui lui reproche sa violence gratinée, sa soi-disant ambiguïté ou encore le minimalisme de son histoire (traduction : "ce film ne raconte rien"). Non pas que je sois spécialement fan de ce film mais ça m'énerve quand le public - toujours prompt à tout voir au premier degré - ne sait pas lire entre les lignes... ou voir entre les images. 
History of Violence parle bien de la violence (sans blague ^^) mais il le fait à sa manière très particulière : neutrale, clinique, sans parti-pris. Il ne dénonce pas plus ouvertement la violence qu'il n'en fait l'apologie (d'où cette fameuse ambiguïté) : il se contente de montrer, de constater, point. Montrer comment la violence (l'hyper-violence même) peut se dissimuler au sein de la banalité. En l’occurrence ici une petite ville tranquille des Etats-Unis où tout le monde connaît tout le monde (ou plutôt semble connaître tout le monde !). En l’occurrence un homme tranquille mari et père de famille aimant, pacifique, exemplaire. 
Jusqu'à l'arrivée en ville de deux malfrats que le "gentil" Joey (Viggo Mortensen) va un soir zigouiller avec la dextérité et la facilité que peut mettre un militaire surentraîné. Puis c'est l'arrivée d'un caïd d'un tout autre calibre (Ed Harris, excellent) dont la présence va faire tomber les masques et entraîner Joey et les siens dans une spirale de violence. Car Joey va se révéler être une vraie machine à tuer... au passé trouble qui resurgit. Pourtant, le film de Cronenberg n'a rien d'un thriller d'action façon John Wick à la violence plus "récréative" et c'est ce qui fait son intelligence.
Il s'agit plutôt d'un drame social qui montre que la violence (et plus précisément encore la fascination de la violence) est une composante indissociable de la société américaine, au même titre que le libéralisme ou le patriotisme. A ce sujet, plus que les démonstrations de force de Joey qui écrase le larynx d'un assaillant avec un coup de talon ou leur décroche la mâchoire d'un mouvement du poignet (le genre de scènes qui a fait davantage parler à l'époque que le film lui-même ^^), on pourrait prendre l'exemple plus significatif de l'épouse - a priori douce et pleine de moralité, horrifiée par principe de la brutalité dont est capable son mari - mais qui pourtant s'envoie sauvagement en l'air sur un escalier avec lui, comme excitée malgré elle. Je me souviens encore d'une tête pleine d'eau qui avait crier au viol lors de cette scène (?), preuve flagrante du malentendu dont je parlais plus haut et du fait qu'il n'avait manifestement rien compris. History of Violence, c'est un peu l'anti-Orange Mécanique en somme : il ne démontre rien, ne dénonce rien, ne livre aucun message à la moralité trop évidente.
Encore une fois, il montre, point. La violence. La méconnaissance des autres. L' Amérique et sa mentalité de "pionnier".
Et c'est cette absence de préchi-précha qui me plaît.
Note : 3,5/5

 

Adam's apples, film danois inclassable avec Mads Mikkelsen, est à mes yeux un pur chef-d'oeuvre, un joyaux scandaleusement méconnu sur l'absurdité du monde et des hommes auquel j'ai déjà consacré un topic sur le forum, et l'un de mes films préférés tout simplement.
Je fais un copier-coller de mon texte de l'époque

Adam's apples nous raconte une histoire toute simple en apparence, qui tient autant de la comédie (noire et absurde) que du drame.
Adam est un ancien détenu néo-nazi en liberté conditionnelle qui est recueilli dans une petite communauté tenue par un étrange pasteur : Ivan.
Ivan (Mads Mikkelsen, qui jouait "Le Chiffre" dans Casino Royale) est un homme d'un optimisme à tout crin, jusqu'à l'absurdité la plus extrême. Se refusant à voir le Mal pouvant exister chez les individus autant qu'intimement convaincu d'être éprouvé par Satan, il s'est définitivement fixé une ligne de conduite où le courage face aux épreuves qu'on lui tend s'allie à une absolution constante envers les autres.
En réalité, Ivan en a bavé dans sa vie comme rarement un homme a pu l'être : sa mère est morte en le mettant au monde, son père le violait quand il était enfant, son épouse a été tuée dans un accident et son jeune fils n'est plus qu'un légume en fauteuil roulant. Sans compter le fait qu'il est atteint d'un cancer en phase terminal ^^
Ivan, c'est une version contemporaine de Job et la (les) référence(s) biblique(s) dans le film sont explicite(s) et nombreuses. Face à un tel déferlement de misères, un tel désespoir, le pasteur s'est donc créé une logique bien à lui censée tout expliquer et un refus de la réalité salvateur prenant l'aspect souriant d'une foi débordante de bonté et de bonne volonté .
De l'autre côté, il y a donc Adam. L'archétype du néo-nazi au crâne d'oeuf : haineux, misanthrope, violent, taiseux... un bloc de pierre fait homme. Evidemment, la rencontre et les rapports entretenus par les deux hommes est aussi brutale que drôle et nous vaut des moments cocasses inoubliables. Dès lors, agacé par l'attitude du pasteur, Adam n'a plus qu'un objectif : briser cet homme en sapant toutes les certitudes qu'il s'est forgée pour ne pas sombrer.

Un film avec un tel sujet pourrait être terriblement pesant, déprimant et cruel si le réalisateur n'avait choisi de raconter son histoire sous un angle proche du théâtre de l'absurde d'un Beckett ou d'un Ionesco. Néanmoins, il réussit pourtant le tour de force de rendre le film crédible et réaliste, dur et émouvant (mais sans pathos), sans tomber dans la farce intello "avant-gardiste" et un brin pompeuse et, en ce sens, Adam's apples vaut souvent mieux que pas mal d'oeuvres littéraires existentialistes de l'immédiat après-guerre, avec leur côté trop démonstratif.
Même quand les scènes atteignent des sommets dans un registre franchement décalé ou les efforts grotesques d'Ivan de s’accrocher à sa vision tronquée du monde, on n'éprouve jamais la sensation que le réalisateur va trop loin au point de décrédibiliser son film et donc amoindrir son propos. Juste la constatation qu'il ne fait que grossir le trait pour mieux faire réfléchir.

Il serait difficile de faire le compte des scènes à la fois comiques et pathétiques qui émaillent tout le film. Et impossible d'en rendre compte. Elles frappent également par leur surgissement inopiné, le film étant constamment surprenant et imprévisible, quitte même à décevoir les attentes.Et contrairement à ce que pourrait laisser croire les paragraphes précédents (et, en passant, le texte maladroit et trop superficiel de présentation sur la jaquette du DVD ^^), Adam's apples ne suit pas non plus une logique binaire monotone du type gentil pasteur/méchant nazi, Bien/Mal, Bonheur/Malheur, Résignation/Courage, pas plus qu'il ne prend la forme d'un pugilat répétitif. D'autant qu'en dehors de l'espèce de "duel" que se livrent Ivan et Adam, on trouve aussi quelques autres personnages paumés et croquignolets faisant partie des "brebis égarées" du pasteur.
Le film a l'intelligence de nuancer son propos et la psychologie de ses protagonistes : ainsi, Ivan peut étrangement adopter une attitude en contradiction avec sa sacro sainte ligne de conduite fondée sur la compréhension et le pardon, de même que Adam le néo-nazi intraitable peut aussi faire preuve d'une non moins déconcertante sensibilité et humanité.
Par ailleurs, le jeu impeccable des acteurs contribue grandement à sa réussite. Il faut voir, par exemple, l'expression médusée d'Ulrich Thomsen (Adam) devant l'aveuglement et la mauvaise foi du pasteur qui vient comiquement fissurer le visage de marbre qu'il tente de garder pour rester fidèle à son rôle de bad boy.
Et celle, imperturbable, de Mads Mikkelsen (Ivan) après s'être pourtant fait copieusement massacré la trombine par le premier.

Au final, ce choc entre deux conceptions de la vie sert un propos plus vaste, plus important et qui nous concerne tous en réalité : notre positionnement face à un monde dont la nature fondamentalement arbitraire, injuste, cruelle, décrite déjà par Nieztsche comme un "maëlstrom de forces aveugles", peut pourtant effectivement donner la sensation d'être poursuivi par le malheur, maudit en quelque sorte (ou abandonné de Dieu si on est croyant...).
Et la manière de s'en accommoder malgré tout.
Par la folie, le suicide, le stoïcisme ou, de manière moins expéditive (ou philosophique) et plus courante, de petits arrangements avec la réalité/la vérité, une aimable fiction, qui tentent d'en atténuer la charge trop lourde, parfois jusqu'à une absurdité à peine moins exagérée que celle montrée dans ce film.
A voir (si ce n'est déjà fait) et à méditer...

Note : 5/5

A suivre... 
(je l'ai mis en gros pour qu'il n'y ai plus de malentendus 😉 )

Modifié par Phileas
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Il y a 15 heures, Phileas a dit :

Mais le principal, c'est plutôt cet homme ordinaire habitant la banlieue de New York, Ray Ferrier (Tom Cruise), père divorcé maladroit avec ses deux enfants, que son ex-femme lui confie quelques jours. Un véritable anti-héros complètement dépassé par les événements et c'est assez remarquable que ce soit Tom Cruise - généralement abonné aux rôles de héros battants, aux "winners" - qui le joue, cassant ainsi son image. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, une fois n'est pas coutume, je l'ai apprécié dans ce film (comme je l'apprécierai aussi dans Edge of Tomorrow).

Je trouve que son plus grand rôle , c'est dans Né un 4 juillet , un des meilleurs Stone d'ailleurs , avec JFK .

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Il y a 1 heure, Kevin Nivek a dit :

Je trouve que son plus grand rôle , c'est dans Né un 4 juillet , un des meilleurs Stone d'ailleurs , avec JFK .

Et puis l'avantage dans ce film, c'est qu'il est en fauteuil roulant. Ca évite de voir à quel point il est tout petit 🙂

Moi, je l'aime bien dans La Guerre des Mondes parce qu'il ne joue ni un action-man badass, ni un frimeur, ni un "rôle de performance oscarisable".
Juste un type ordinaire dépassé par des événements extraordinaires. Du coup, je l'ai trouvé plus humain que dans ses autres rôles.

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Oui je suis assez d’accord , je l’ai revu récemment et j’avais été frappé justement par son rôle de père dont il se bat les c....... au début . Et l’aventure folle qu’il va vivre avec ses enfants va lui accélérer son engagement paternel vitesse grand V lol . 
Pour en revenir au film de Oliver Stone , je connais bien le milieu justement hospitalier et les personnes en chaise roulante , et les différentes étapes du deuil , indispensables ! On les retrouve admirablement dans ce film , un peu comme Je vais bien ne t’en fais pas . Un très bon film français . Tiens , pas beaucoup de films français dans tes rubriques 😬

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il y a 15 minutes, Kevin Nivek a dit :

Oui je suis assez d’accord , je l’ai revu récemment et j’avais été frappé justement par son rôle de père dont il se bat les c....... au début . Et l’aventure folle qu’il va vivre avec ses enfants va lui accélérer son engagement paternel vitesse grand V lol . 

Oui, c'est ça. Il est même autant dépassé par son rôle de père que par l'invasion. Voir Cruise aussi maladroit et vulnérable, c'est rare.

il y a 16 minutes, Kevin Nivek a dit :

Pour en revenir au film de Oliver Stone , je connais bien le milieu justement hospitalier et les personnes en chaise roulante , et les différentes étapes du deuil , indispensables !

Mince... Du coup, ma première remarque (supposée humoristique) fait un peu remarque de mauvais goût :classic_rolleyes: Pouvais pas savoir... 

il y a 19 minutes, Kevin Nivek a dit :

Tiens , pas beaucoup de films français dans tes rubriques 😬

Oui, je m'en rends compte. J'aimerais mettre ceux que j'ai trouvé intéressants mais faut dire que j'en vois peu (le cinéma français contemporain me décourage souvent) et que je ne peux pas tout mettre. Il y a quand même Le Couperet cette fois 😏
Sinon oui, Je vais bien ne t'en fais pas était excellent et mémorable. Et je garde toujours en tête la chanson de Aaron : Lily.

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Ah non ne t’inquiète pas lol , c’est juste mon métier (infirmier libéral) et je prends beaucoup de recul d’ailleurs sur tout ça 😄. Vraiment aucun problème , je voulais juste souligner la justesse du film vis à vis de ces situations dramatiques .

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Munich est un grand film effectivement que je revois de temps en temps avec plaisir. Ya un déroulement dans le film intriguant. Tout comme avec le film Les Patriotes pour ceux qui connaissent. Les 2 films se passent dans le monde de l'espionnage. Ils ont un peu le même tempo.

Et je ne sais pas pourquoi j'ai pu oublier je vais bien ne t'en fait pas qui est un film absolument génial également.

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Ben oui , j'ai amené un peu de french touch 🙂 Mais par contre je ne sais pas s'il est de 2005 ce cru Mélanie Laurent !

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Il y a 3 heures, Kevin Nivek a dit :

Ben oui , j'ai amené un peu de french touch 🙂 Mais par contre je ne sais pas s'il est de 2005 ce cru Mélanie Laurent !

Non, tu as un an d'avance : c'est un Château Mélanie Laurent 2006.
Long en bouche, avec de la cuisse, fruité mais avec une légère amertume et des senteurs de vanille.
Peut être bu dans l'année mais prendra vraiment toute son ampleur dans quelques années (2020 par exemple) 

Il y a 4 heures, VladNirky a dit :

Les Patriotes pour ceux qui connaissent

De réputation mais je ne l'ai jamais vu.

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