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Phileas

Greedfall : retour à Teer Fradee

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Je pensais avoir déjà ouvert un topic sur ce jeu que je suis en train de refaire et que, perso, j'adore.
Hé bien... non. Ou plutôt si mais pas sur ce forum.
J'ai donc récupéré la critique que j'en avais faite à l'époque de ma première partie car...ben... il compte parmi mes jeux préférés sur PS4 et que j'avais envie d'en (re)parler, voilà.
Cette fois, j'ai opté pour un perso féminin (au joli minois, je dois dire) et la partie a pris des directions différentes, ce qui m'a montré une assez bonne rejouabilité du soft. 
Alors je sais que certains ne lui ont pas pardonné ses défauts techniques, surtout à notre époque des RDR2, Death Stranding et The Last of Us2 mais vous savez déjà ce que je pense de tout ça : la technique, c'est relatif pour moi si j'accroche à un jeu et que sa DA - comme ici - pallie ce manquement.
Et à l'inverse, je me fiche qu'un jeu en mette techniquement plein les mirettes si je n'adhère pas.
Donc...

 

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Il existe un adage bien connu en France qui dit, en substance, "on a pas l'argent mais on a les idées". En ce qui concerne les moyens financiers, je n'ai aucune peine à le croire. Comme pour le cinéma, les studios français ne peuvent pas rivaliser avec les dizaines de millions de dollars investis dans des gros triple A comme Red Dead Redemption 2, GTA 5, God Of War ou Spider-Man PS4.
Maintenant de là à dire que la France a davantage d'idées... c'est très relatif.
Les développeurs de Greedfall ne se démarquent pas sur cet aspect : dans les limites de leurs moyens, ils se sont largement inspirés de ce qui s'est fait de mieux dans le monde anglo-saxon en matière de RPG... avec des moyens plus modestes.
Non... je crois que si un aspect devait singulariser un peu les (bonnes) productions vidéoludiques hexagonales, ce serait le soin tout particulier apporté à la direction artistique.
A l'instar de A Plague Tale : Innocence mais aussi d'un Remember Me, Greedfall marque surtout par son visuel soigné et immédiatement séduisant, léché et raffiné, qui puise son inspiration dans les toiles de maître du XVIIiè siècle - époque à laquelle se situe justement Greedfall. Avouons que cela change agréablement des sempiternelles environnements post-apo qui poussent comme des champignons (nucléaires ?) depuis ces dernières années dans l'industrie ou encore les champs de batailles techno-biduloïde encombrés de mécas et de bidasses en armures surboostées. Ou pire : les jeux militaires de type "For Honor" et leur idéologie si typiquement made in USA.
Et une direction artistique soignée va souvent de pair avec une ambiance particulièrement immersive. Greedfall , malgré ses (nombreuses) limites, donne bien la sensation au joueur d'être transporté dans un univers envoûtant et original par le mix qu'il crée entre un contexte en apparence réaliste et historique d'un côté (inspiré donc de notre propre XVIIiè siècle) et un fantastique proche de la fantasy avec son bestiaire pittoresque, ses tribus indigènes (fortement inspirées des indiens d'Amérique) et l'omniprésence de la magie.
Et j'ajouterai que, quand votre personnage se met à manier la rapière face à des dragonneaux rouges virevoltant, j'ai eu une pensée pour Les Larmes du Cardinal de Pierre Pevel.
Voilà : le contexte est planté. Et le plaisir est bien là.

 

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Au niveau du gameplay, il se partage entre les combats (évidemment) qui permettent, à l'instar d'un Fable 2 par exemple, de combiner armes de mêlée, armes à feu et pouvoirs magiques. C'est efficace, plutôt bien pensé, même si ça demande un temps pour bien maîtriser - du moins si vous voulez combiner les trois - les nombreuses possibilités sur pas moins de 16 capacités (4 avec les touches classiques carré, triangle, rond et croix + 4 avec les mêmes quatre touches mais en maintenant R2 + les 4 raccourcis de la croix directionnelles + les 4 autres pouvoirs déclenchés avec R1 = total 16 ^^). Toutes ses capacités/compétences et attributs devant être bien entendu choisies dans les différents arbres de skills.
Bref, niveau combat, il y a de quoi faire et varier les approches et tactiques.
Ensuite, le second aspect - plus intéressant - du gameplay vient de la composante diplomatique, assez mise en avant puisque, après tout, votre personnage est un légat, donc un diplomate. Il est donc souvent possible de régler certains problèmes par la discussion et surtout la persuasion... pour peu que vous ayez débloqué l'attribut Charisme dans l'arbre idoine et les différents niveaux.
Car, dans Greedfall, la manière d'aborder une situation - diplomatique ou conflictuelle mais aussi d'exploration - dépend beaucoup de votre pourcentage - et donc vos chances de réussite - dans des attributs divers comme Charisme, Vigueur, Habileté, Crochetage, Force, etc...
Et c'est là que ça se complique car, évidemment, les points donnés sont rares (il faut les mériter) et on ne sait pas toujours quoi choisir. Ainsi, vous pouvez très bien (je parle d'expérience) ne pas pouvoir faire une quête annexe tout de suite dans une mine ou simplement gravir une pente (!)... parce que votre taux de Vigueur n'est pas assez importante (ben oui : j'ai dépensé mes points pour Charisme et Habileté, ne pouvant pas tout avoir).
A l'inverse, si vous avez surtout dépensé vos points dans Force et Vigueur (et Honneuuuuur !) parce que vous êtes un gros bourrin, vos chances de persuader votre interlocuteur récalcitrant lors d'une mission demandant du doigté ne risquent pas de dépasser 50 %, voir 25%.
Il ne vous reste plus alors qu'à allonger la monnaie (si c'est possible), lui fendre le crâne (même si ça ne sert à rien sinon à vous défouler) ou partir penaud.
C'est le parti-pris de Greedfall que j'ai trouvé à la fois le plus intéressant et... le plus frustrant, surtout à la première partie (car j'imagine que, ensuite, on peut anticiper les missions et savoir à l'avance quelle compétence ou attribut est néccesaire pour la mener du mieux possible).

 

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Arrivé à ce stade de mon compte-rendu, on peut donc affirmer deux choses sur Greedfall : le jeu est une réussite sur le plan artistique et son gameplay tant au niveau des combats (malgré une certaine exigence) qu'au niveau des interactions et séquences dialoguées (mais aussi des enquêtes car il y a des enquêtes à mener) est plutôt bien pensé.
Alors pourquoi se rapprochement - infamant ? - avec un certain Dragon Age 2 ?
A cause de deux mots : copier-coller.
Car où le jeu pèche vraiment, c'est au niveau des décors, surtout intérieurs.
A l'instar des donjons de Dragon Age 2, de nombreux décors sont reproduits tels quels d'une ville à l'autre, d'un village indigène à l'autre, parfois même d'un extérieur à l'autre.
C'est assez étrange de voir ainsi le palais du gouverneur de Nouvelle-Sérène (ville commerçante principale), l'ambassade de Thélème (chef-lieu des cathos intégristes) et l'ambassade d'Hekmet (chef-lieu des savants progressistes) avoir exactement la même topographie, les mêmes éléments de décor (avec parfois quelques différences comme des autels de prière à Thélème) et le même mobilier. Idem pour la maison qui sera attribuée à votre personnage dans chacune des cités ("Home Sweet and Similar Home") mais aussi les villages des natifs de l'île avec la même grande hutte du chef qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la hutte d'un autre chef (au moins, il n'y a pas de jaloux !)
L'architecte des colons devait sans doute être un lointain descendant de Amonbonphis (Gerard Darmon) dans Astérix et Obélix : Mission Cléôpatre qui avait l'habitude de toujours "faire comme on a toujours fait".
Plus sérieusement, c'est là où Greedfall montre clairement ses limites (financières) et cet aspect un peu artificiel que les références aux peintures que je citais plus haut renvoient. 

 

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Alors, est-ce vraiment rédhibitoire pour l'expérience de jeu ?
Pas tout à fait car les quêtes, elles, sont biens variées, toutes soigneusement écrites, en majorité intéressantes et permettent toujours d'en savoir un peu plus sur le monde et la société (et les rouages de sa politique) de Teer Fradee, tout comme les quêtes de compagnons (à l'instar des jeux Bioware) permettent de mieux connaître leur passé et leur présent.
Ce qui permet donc aux personnages faisant partie des diverses intrigues d'être suffisamment vivants... contrairement aux figurants des cités qui, eux, ne brillent ni par leur nombre ni par leur conversation (ils vous lâcheront le plus souvent une phrase, souvent répétées comme les décors). En ce qui concerne la faune de l'île (animaux plus ou moins hostiles ou monstruosités carrément mortifères), on notera aussi une étrange particularité : les créatures demeurent parfaitement immobiles - comme prisonniers d'une sorte de stase - jusqu'à ce que vous arriviez à une certaine distance où, à partir de là, elles s'animent soudain (et deviennent particulièrement agressives).
Ces écueils gêneront sans doute certains joueurs qui pourraient avoir l'impression d'avoir affaire à des décors montés sur rails de théâtre que l'on réutilise d'une scène à l'autre et des créatures en animatroniques qui s'animent suite à je ne sais quelle impulsion.
Tout dépend peut-être de savoir si - comme au théâtre justement - l'effet d'illusion et la suspension temporaire de l'incrédulité (comme disait Tzetan Todorov) sera suffisant pour vous immerger dans le jeu.
Personnellement, j'y arrive assez bien - comme dans DA 2 - mais il ne faut pas s'attendre à un Dragon Age Inquisition ou un The Witcher 3, et encore moins à ces jeux hyper-réaliste à la The Last of Us2. Les influences sont bien là, les qualités aussi et Greedfall possède une "patte" qui lui est propre, une identité (ce que j'apprécie toujours dans un jeu) mais il en est une version nettement plus modeste.
Et...

Mince, je viens d'avoir une subite révélation 😲
Et si Teer Fradee (et donc Greedfall), avec cette étrange sensation d'artificialité rendue par ses décors redondants et ses créatures "animatroniques", n'était autre qu'une nouvelle déclinaison du Westworld imaginé par le Dr Robert Ford, alias Anthony Hopkins ? 🤔


Quoiqu'il en soit, je réalise que mes 8 jeux préférés découverts sur PS4 ne sont pas tous des cadors triple A :

- Marvel's Spider-Man
- Greedfall
- Dragon Age Inquisition
- Dreamfall Chapters
- Strange Brigade
- Jedi Fallen Order
- Detroit Become Human
- Assassin's Creed Origins

et je crois que c'est à peu près tout (pas encore fait Horizon Zero Dawn ceci-dit)
 

 

Modifié par Phileas

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Tu avais fait un beau post sur greedfall dans mon souvenir pourtant. 

 

je n’ai jamais tenté de faire un top de mes jeux préférés sur PS4. Il va falloir que j’y pense mais il y aura dedans :

  • The last of us (ou alors il est compté comme un jeu PS3 ?)
  • the division 
  • killzone pour l’ensemble de son œuvre 
  • uncharted 4
  • un des cod en armure
  • detroit oui... incontestablement 
  • AC odyssey 
  • Aliens’ isolation
  • un BF
  • ...

en fait j’ai pas de killer game sur PS4 je crois

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il y a 18 minutes, VladNirky a dit :

Tu avais fait un beau post sur greedfall dans mon souvenir pourtant. 

Ah bon ? Sur le fil des Meilleurs jeux PS4 sans doute. Je m'y perds. Bon, ben il aura aussi son propre topic maintenant 😉

il y a 11 minutes, Kevin Nivek a dit :

Les 4 Uncharted 

C'est vrai que les trois premiers ont été réédités pour la PS4. Moi qui - depuis le crash de ma PS3 - désespérait de ne plus pouvoir y jouer...
 

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Ah oui. Mais là, je ne présentais pas le jeu : je faisais une crise de dépréciation personnelle 🙂 

Je viens d'abandonner GREEDFALL après 18 h de jeu.
Non pas que le jeu soit mauvais ou inintéressant, loin de là.
Mais parce que je suis nul.
Nul.
Nul de chez les Nullos de la planète Nullisima

Ensuite, je l'ai repris, j'ai passé 60h dessus. Et là, je le refais 🙂

Modifié par Phileas

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Exact mais je m’étais penché sur son cas... et ne l’avais’pas sélectionné car ça m’avait paru steam punk (et que j’ai pas le temps surtout) 

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il y a 9 minutes, VladNirky a dit :

car ça m’avait paru steam punk

Non, rien de steampunk. Il s'agit plutôt d'un 17iè siècle alternatif où existe la magie. Par contre, la technologie est rudimentaire.

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