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Phileas

10 épisodes exceptionnels de Twilight Zone

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Sélectionner 10 épisodes d'une série télé mythique qui compte 138 épisodes de 25 minutes et 18 épisodes de 50 minutes tient de l'impossible, même si la célèbre série de Rod Serling demeure forcément inégale, oscillant entre le banal/classique et l'exceptionnel. De plus, lorsqu'on pense à cette série, on a toujours tendance à citer les mêmes épisodes, ce que je me suis refusé à faire ici, même si certains s'y trouvent forcément (Cauchemar à 20 000 pieds, Servir l'homme et Question de temps) mais d'autres non (L'Oeil de l'admirateur). J'ai tenté, par ce choix très subjectif, de proposer aussi des épisodes (injustement) bien moins célèbres mais qui m'ont marqué personnellement pour des raisons diverses. On remarquera d'ailleurs que le trio de tête fait partie de ces épisodes "inconnus au bataillon" à qui j'ai voulu donner leur chance.

Pour chacun, j'ai mis un résumé complet (AVEC la révélation finale car sinon ça n'aurait pas de sens et je pars du principe que soit la série est suffisamment connue, soit la série n'est plus trop regardée de nos jours ^^) et quelques photos illustrant le mieux possible chacun d'entre eux. Ensuite, j'y vais de mon petit commentaire/analyse, tout en expliquant pourquoi je l'ai choisi et sa position dans le classement.

J'en proposerai deux chaque jour, en ordre décroissant.
Voici les deux épisodes choisis en 10iè et 9iè position.

 

10
Saison 1, Épisode 34 : Neuvième Étage (The After Hours)

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Résumé : Marsha White fait ses courses dans un grand magasin mais lorsqu'elle s'arrête au neuvième étage, elle s'aperçoit qu'il est entièrement désert. Elle est accueillie par une vendeuse glaciale qui lui propose le seul article présent dans l'étage : un simple dé à coudre qui était pourtant justement ce que Marsha cherchait ! La vendeuse se montrant inquiétante, Marsha se plaint au directeur qui lui dit que son magasin ne comporte que huit étages. Elle découvre ensuite que la vendeuse est elle aussi virtuelle : tous ne sont en fait que des mannequins de plastique qui ont droit à des temps de permission où ils endossent une vie humaine, puis doivent reprendre leur condition première.

Un épisode assez représentatif de la série : on commence dans un décor des plus banals et quotidiens (un magasin), puis l'élément surnaturel surgit (cet étage surnuméraire avec son ambiance étrange et sa vendeuse qui ne l'est pas moins) et puis... sa révélation finale surprenante mais doublement surprenante car ce que le petit résumé ci-dessus ne dit pas, c'est que Marsha finit par réaliser... qu'elle n'est elle-même qu'un des mannequins du magasin !  Scénario parfaitement construit, mise en scène qui crée une ambiance inquiétante et déconcertante qui va en crescendo, acteurs convaincants et le (double) twist final qui porte l'estocade. Neuvième étage est un épisode peu cité mais qui pour moi mérite bien sa place en dixième position. 
 

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Une simple séance d'emplettes dans un magasin...

 

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Un 9iè étage aussi angoissant... qu'inexistant

 

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Une étrange vendeuse...

 

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"Marsha" rencontre enfin ses semblables

 

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"Marsha" a retrouvé sa place

 

 

9
Saison 3, Épisode 24 : Comment servir l'homme (To Serve Man)

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Résumé : Des extraterrestres arrivent soudainement sur Terre et persuadent les représentants rassemblés de l'ONU de leurs bonnes intentions : faire cesser la famine et les guerres sur la planète. Ils apportent toute leur technologie supérieure et pacifient la Terre. Tout le monde est satisfait de leur venue, et les voyages de Terriens vers la planète des aliens s'organisent. Mais le premier émissaire avait oublié à l'ONU un livre-programme intitulé « Comment servir l'homme » dont le titre avait suscité la confiance des Terriens. Une scientifique parvient à déchiffrer le contenu du livre qui s'avère être un manuel de cuisine : elle comprend trop tard que le but des extraterrestres est de bien nourrir les Humains pour pouvoir ensuite les déguster comme des mets de qualité.

Un des épisodes les plus célèbres de la série, adapté d'une nouvelle également renommée. Toute l'ironie de cette histoire vient évidemment du double sens de la phrase "servir l'homme". Fidèle à sa réputation de série "à chute", le twist final donnera tout son sens (effrayant) à sa véritable signification.
On notera que l'extra-terrestre - au look devenu assez kitch avec le temps, forcément - est incarné par Richard Kiel, qui deviendra plus tard le célèbre "Jaws" dans plusieurs James Bond avec Roger Moore.
Chef-d'oeuvre du genre, le thème archi-classique de l'invasion extra-terrestre a rarement été traité avec autant de finesse, de malignité et... de gourmandise.

 



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Une arrivée pleine de bonnes intentions...

 

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Le petit rituel de la pesée avant d'embarquer

 

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Le titre du manuel décrypté

 

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La découverte de la vérité... un peu tard

 

A suivre... 👻

 

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De lointaine mémoire (c’est gentil de me faire bien comprendre que je suis vieux ces derniers temps .... 🥺 ) j’ai vu les 2. Et si le 10 ne m’a pas plus marqué que cela, l’épisode sur la gourmandise par contre, je m’en souviens bien !!!!

Pendant tout l’épisode le gars cherche à traduire le livre et refuse de jouer les touristes vers la planète des Aliens ^^ et puis finalement il cède... trop tard.

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Le 28/07/2020 à 06:00, VladNirky a dit :

De lointaine mémoire (c’est gentil de me faire bien comprendre que je suis vieux ces derniers temps .... 🥺 ) j’ai vu les 2

Moi, je me dis plutôt que c'est une chance d'avoir pu découvrir tout ça à l'époque : Twilight Zone, Le Prisonnier, Chapeau Melon et Bottes de Cuir, Amicalement Vôtre, L'Age de Cristal, etc... 
Même si... oui, ça fait un peu "je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître" comme chantait l'autre ^^
Mais ça me réjouirait plutôt. 

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Deux épisodes sur un thème assez similaire mais au ton radicalement différents.
 

8
Saison 3, Épisode 14 : Cinq personnages en quête d'une sortie

Résumé : Un militaire se réveille dans un puits sans le souvenir d'y être entré et sans ressentir la moindre sensation. Il se retrouve avec une ballerine, un clown, un joueur de cornemuse et un vagabond. Aucun d'eux ne se rappelle la manière dont ils sont arrivés ici. Ils tentent de trouver une issue tout en se demandant pourquoi ils ne se souviennent de rien. Périodiquement, le son d'une cloche leur brise les oreilles et les jette à terre. Ils se font la courte échelle, mais ne parviennent pas à envoyer la ballerine sur le bord du puits. Renouvelant leur tentative, le militaire parvient, avec son épée et une corde, à confectionner une sorte de grappin qui lui permet de se jucher sur le bord du puits, mais il tombe malencontreusement de l'autre côté, dans la neige. Le téléspectateur apprend alors que les cinq personnages étaient des poupées pour enfants, entreposées dans un tonneau métallique. Une vendeuse agite une cloche manuelle pour attirer les clients, en cette période de Noël.

Un des épisodes qui m'avait le plus marqué quand j'étais gosse, probablement en raison du look des personnages et du thème des jouets. Car, effectivement, ces quatre homme et cette femme curieusement accoutrés comme pour se rendre à un bal masqué ne sont rien d'autre et l'épisode a donc une parenté avec celui de "Neuvième étage" placé en dixième position. Mais avant cette révélation, la situation est d'une étrangeté et d'une incompréhension totale : qu'est-ce que ce "puits" ? Que font là ces personnes dénuées de souvenirs ? D'où vient ce son de cloche assourdissant ? Bien sûr s'y ajoute un sentiment de claustrophobie qui rappelle un peu le film Cube de Vincenzo Natali.

 

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Où sont-ils ? Qui sont-ils ?
 

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Accoutrés comme pour un bal masqué
 

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Un son assourdissant venu des cieux
 

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La "prison"...
 

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et ses "prisonniers".

 

 

7
Saison 4, Épisode 8 : Miniature

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Résumé : Charley Parkes est un comptable célibataire trentenaire, asociable et renfermé sur lui-même, vivant encore chez sa mère. Un jour, son chef le renvoie pour manque d'intégration à l'équipe. Le même jour, Charley va visiter le musée de la ville, et y découvre une maison de poupée, reproduction d'un intérieur bostonien du xixe siècle. S'y trouve la poupée d'une jeune femme que Charley voit bouger et entend jouer du clavecin. Lui seul voit cette poupée animée. Charley revient contempler la maison de poupée et est fasciné chaque jour davantage par la poupée animée. Il dissimule à tous son emploi du temps et ne cherche plus de travail. Son beau-frère Buddy tente de l'aider en lui proposant un nouveau travail, et sa sœur Myra lui présente une de ses amies, Harriet. Mais Charley décline l'offre d'emploi et le rendez-vous avec Harriet se révèle catastrophique. Au musée, Charley voit la poupée être agressée par un soupirant ivre éconduit. Pour venir à son secours, Charley casse la vitrine, ce qui entraîne son placement en centre hospitalier psychiatrique. Le docteur persuade progressivement Charley qu'il n'y a jamais eu de poupées animées ailleurs que dans sa tête. Après une thérapie, Charley sort apparemment guéri de la clinique. Mais le jour-même, il s'échappe de la maison familiale pour retourner au musée. Sa famille et le docteur se mettent à sa recherche et se rendent au musée, où ils pensent le trouver. Mais dans la salle où se trouve la maison de poupée, il n'y a personne. En passant devant la vitrine, le gardien voit Charley à l'intérieur de la maison de poupée, devenu lui-même poupée animée, et échangeant plaisamment avec la jeune fille de ses rêves, à laquelle il a avoué son amour.

Cet épisode de 50 minutes (au lieu des 25 habituelles) fait partie de ces épisodes (il y en a plusieurs dans la série, dont deux autres dans ma sélection) qui mettent en scène de doux rêveurs chahutés/incompris par la société qui les entourent et dont ils se sentent un peu étrangers. Et dotés aussi d'un solide sens de l'imagination (généralement l'un ne va pas sans l'autre !). Contrairement à un grand nombre d'épisodes de Twilight Zone, cette histoire n'est pas effrayante mais poétique et délicate comme une tasse de porcelaine. Toutes les scènes avec la maison de poupées et sa charmante locataire sont fort réussies et traitées à la manière d'une pantomime de film muet (les personnages miniatures ne parlant pas). Le fait qu'il s'agisse d'une reconstitution du XIXiè siècle renvoie aussi à une idée récurrente de la série selon laquelle les époques antérieures sont plus viables que la société moderne et fortement urbanisée (et le stress qui va avec) de la seconde moitié du 20iè siècle. Charley Parkes est joué par le grand Robert Duvall, ici formidable en homme doux, lunaire, peu loquace, sans ambition, forcément rêveur, qui ne s'entend guère avec ses contemporains (et au premier chef sa mère bavarde et son beau-frère à l'esprit terre-à-terre) et qui tombe amoureux d'une lady...miniature, qui représente cette grâce et cette pondération qu'il ne trouve pas dans le monde réel. On pourrait un peu rapprocher cet épisode - et surtout son thème - d'un film comme Quelque part dans le temps (avec Christopher Reeves et Jane Seymour) ou encore la BD Sasmira dans leur approche romantique d'un XIXiè siècle fantasmé et leur poésie.


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Découverte de la maison de poupées

 

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Une "poupée" pourtant bien vivante

 

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Une mère chagrinée par son fils trop rêveur

 

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Charley ne sait vraiment pas s'y prendre avec les femmes de son temps...

 

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Dans la maison de poupée, des scènes aux allures de pantomime.

 

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Charley et sa "lady", enfin réunis

 

A suivre...

 

 

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Ça ne me dit rien ces deux là. On peut les voir quelque part encore ?

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Il y a 23 heures, VladNirky a dit :

Ça ne me dit rien ces deux là. On peut les voir quelque part encore ?

Sur le Net, je ne sais pas. Perso, j'ai la série en DVD.

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Je n'ai rien trouvé en farfouillant en fait. Et je ne sais pas si sur la longueur ça nécessite un investissement DVD. Je crois que non en ce qui me concerne ^^

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il y a 42 minutes, VladNirky a dit :

Et je ne sais pas si sur la longueur ça nécessite un investissement DVD. Je crois que non en ce qui me concerne ^^

Ben... tout dépend de l'intérêt qu'on peut avoir pour ce genre de vieille série. C'est mon cas.

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Je comprends bien, je les reverrais avec plaisir.... Mais je n'ai pas envie de mettre un budget dedans... Parce que mes souvenirs sont bons sur cette série globalement. Et parce que la technique de l'époque me fait un peu peur aussi

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6
Saison 5, Épisode 8 : Question de temps

Résumé : Henry Bemis est un modeste guichetier de banque. Il n'aspire qu'à une chose : lire des livres. Mais son irascible épouse et son rigoureux employeur l'en empêchent. Un jour, à la suite d'une guerre atomique, la ville est rasée et tous les habitants tués, sauf Bemis, qui était protégé parce qu'il lisait en cachette dans la salle des coffres. Dans un premier temps ravi d'être débarrassé de ses semblables qui ont « empoisonné » sa vie, il constate ensuite que sa vie de solitaire est un cauchemar et décide de se suicider. Puis, il change d'avis lorsqu'il aperçoit des livres de la bibliothèque municipale qu'il pourra lire sans être dérangé. Hélas, pendant qu'il trie les livres, il fait accidentellement tomber ses lunettes qui se cassent, ce qui signifie qu'il ne pourra jamais plus exercer sa passion.

Probablement l'épisode le plus célèbre. En effet, il suffit généralement de mentionner La Quatrième Dimension pour que quelqu'un parle automatiquement de l'épisode où "le type casse ses lunettes à la fin" ! Il faut dire que ce twist final est particulièrement cruel et ironique, et a donc marqué les esprits. Pourtant, même s'il reste un bon épisode, je ne le classerais pas parmi les 5 plus grands car, au-delà de son twist justement, l'épisode dans son entier reste relativement classique, voir banal. 
Tout repose véritablement sur sa chute et l'épisode ne possède pas ces petits "à côtés" (notamment au niveau de l'ambiance et de la mise en scène) qui sont remarquables dans d'autres épisodes pourtant moins connus et supportent davantage les revisionnages. D'où le fait de se retrouver seulement en sixième position.
Néanmoins, il a marqué l'histoire de la série et même l'histoire de la SF à la télé tout court.


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La passion pour la lecture de Bemis est loin d'être partagée...

 

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Une endroit tranquille pour lire en paix...

 

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Après la Bombe... un lecteur heureux...

 

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... jusqu'à la "conclusion qui tue"

 

 

5
Saison 1, Épisode 9 : La Poursuite du rêve

Résumé : Edward Hall, un ingénieur, malade du cœur, se rend chez un psychiatre. Il lui confie qu'il craint de s'endormir car il refuse d'être tué par la femme prénommée Maya qui lui apparaît en rêve. Il a la conviction que s'il rêve encore une fois, il mourra « réellement ». Après une longue discussion avec le médecin, il s'aperçoit que la secrétaire médicale ressemble à cette femme trait pour trait. Que faire ? Il pense immédiatement au suicide et se jette par la fenêtre. Où est la réalité ? Où est le rêve ? Hall est endormi sur le canapé, le psychiatre s'approche de lui et s'aperçoit qu'il est mort. Il se suicide dans son rêve et meurt dans la réalité.

Un des épisodes les plus anxiogènes de toute la série, véritable cauchemar éveillé (ou pas ?) que la mise en scène - inspirée de l’expressionnisme allemand durant les séquences de rêves/cauchemars avec la mortifère Maya, la "femme-chatte" de la fête foraine - souligne encore. C'est aussi un épisode très déconcertant dans sa manière de jouer sur l’ambiguïté entre rêve et réalité, les deux ayant tendance à être interchangeables, au point que l'on ne sait plus très bien où s'arrête l'un et où commence l'autre. Un vrai tour de force scénaristique que n'aurait pas renié Philip K. Dick ! Bien que l'ayant revu plusieurs fois, je n'ai d'ailleurs toujours pas saisi certaine détails, surtout concernant la secrétaire qui se révèle être le sosie parfait de la Maya onirique. Comment l'expliquer ? Il faut voir l'épisode pour comprendre (si j'ose dire) le problème. Edward Hall aurait-il déjà vu la femme (réelle) auparavant et l'aurait-il inclue dans son rêve ? Pourtant, c'est la première fois qu'il se rend chez ce psychiatre ! Autre subtilité : la première fois qu'il entre dans le bureau, la secrétaire est là, Edward la regarde mais... ne la reconnais pas sur le moment (par ailleurs, le spectateur ne voit pas son visage car elle est filmée de dos !). Pourquoi ?
Un vrai casse-tête que cet épisode néanmoins formidable dans sa réalisation (les superbes séquences de la fête foraine) et l'acteur jouant Edward, à fond dans son rôle d'homme traqué et désespéré. Et puis... la troublante Maya (jouée par la non moins troublante , une des plus belles actrices de la série) ajoute à l'angoisse une dose de sensualité et d'érotisme bienvenu. L'éternel duo Eros/Thanatos quoi ! 

 

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Visite chez un psychiatre...

 

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Une menace aux allures aguicheuses...

 

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Maya, la "femme-chatte" mortifère

 

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Séductrice et vénéneuse

 

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Un rêve expressionniste qui mène...

 

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... à une mort réelle

 

 

A suivre... 👻

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J’ai vu le 1er à nouveau et en effet il m’avait marqué. Très fortement. Vu que je m’en souviens encore. Je ne sais pas s’il y a une morale finale dans cet épisode à part le destin quelque part... 


Le 2e ne me dit rien du tout à nouveau.

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Il y a 23 heures, VladNirky a dit :

J’ai vu le 1er à nouveau et en effet il m’avait marqué. Très fortement. Vu que je m’en souviens encore

Comme je l'ai dit, c'est celui que tout le monde cite toujours. Probablement à cause de son twist très cruel, sadique même.

Il y a 23 heures, VladNirky a dit :

Je ne sais pas s’il y a une morale finale dans cet épisode

Toujours avoir une paire de lunettes de rechange ? 😉

Il y a 23 heures, VladNirky a dit :

Le 2e ne me dit rien du tout à nouveau.

Et pourtant, je le trouve meilleur avec le recul et bien plus intéressant (et troublant)
En fait, quand on les revoit, on réalise que les épisodes qui ont le plus durablement marqué les esprit sont pourtant ceux qui ne tiennent vraiment qu'à leur twist.
Du coup, ils sont moins intéressants à revoir. Enfin... c'est en tout cas ce que j'ai constaté.
C'est comme pour un autre célèbre épisode (que je n'ai pas mis) où l'on nous fait croire pendant tout l'épisode qu'une femme est rejetée à cause de sa laideur.
Elle subit une opération... qui rate, elle est désespérée mais (twist !), on réalise à la fin qu'elle est tout à fait normale et que ce sont tous les autres qui sont monstrueux (ils ont des visages un peu porcins). Là encore, l'épisode marque la première fois. Mais au revisionnage (quand on connaît le truc, comme pour la magie), c'est plus ennuyeux à regarder.

En revanche, beaucoup d'épisodes (peu connus) qui ne reposent pas uniquement sur un twist mais aussi une ambiance, un propos, une réalisation, une idée originale, etc... sont plus intéressants. Et c'est surtout ceux-là que j'ai voulu privilégier dans ma sélection. Histoire de réparer une certaine injustice.
 

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J’aimerais bien les revoir pour maintenant avoir ce recul effectivement.

et là aussi, je me souviens de l’épisode sur la chirurgie esthétique ^^

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4
Saison 5, Épisode 3 : Cauchemar à 20 000 pieds

Résumé : Bob Wilson et sa femme prennent l'avion. Pour Bob, il s'agit d'une expérience éprouvante, parce qu'il a passé les six mois précédents dans un sanatorium, et il est nerveusement fatigué. Tandis que l'avion est en l'air, il aperçoit par son hublot un diablotin (« gremlin » en anglais), ressemblant à un Yeti du Tibet, qui se déplace sur l'aile gauche de l'appareil, puis entreprend de détruire l'appareillage électrique des moteurs. Mais seul Bob semble capable de le voir. Il tente de convaincre sa femme, l'hôtesse de l'air et le pilote du danger que court l'avion, mais on le croit en proie à des hallucinations. Persuadé qu'il a raison et que lui seul peut sauver l'appareil, Bob subtilise le pistolet de l'agent de sécurité de l'avion, ouvre un hublot et tire sur l'intrus qui, touché, tombe enfin de l'aile de l'avion. Bob est presque projeté hors de l'avion par l'appel d'air, mais rattrapé par l'équipage. Une fois posé, Bob est arrêté et ligoté, prêt à être emmené dans un hôpital psychiatrique. On pense qu'il a cherché à se suicider. Mais avant d'être emmené, Bob aperçoit l'aile de l'avion en partie arrachée : il sait alors qu'il avait raison au sujet du saboteur juché sur l'aile.

Avec l'épisode "Question de temps", Cauchemar à 20 000 pieds est l'autre grand classique de la série. Tiré d'une nouvelle du grand Richard Matheson - qui est aussi l'auteur du scénario ainsi que de nombreux autres - il figure aussi dans l'adaptation cinéma réalisé en 1983 (et comprenant quatre courts-métrages réalisés par Spielberg, Landis, Donner et Miller).
Bien que la créature de l'épisode original, avec son look de gros nounours un peu zarbi, fasse aujourd'hui sourire (celle de 1983, en revanche, était nettement plus effrayante), le scénario est tellement brillant et disons même carrément génial qu'il fait presque oublier l'apparence de la créature. Car le plus angoissant dans cette histoire ne vient pas de la créature mais de la situation elle-même : celle de cet homme témoin d'un danger que personne ne perçoit à part lui.
De plus, le contexte - un avion en plein ciel et en plein orage - empêche tout échappatoire, rendant la situation encore plus paniquante. On ajoutera aussi le fait que Bob Wilson - joué ici par un certain William Shatner ! - est décrit dès le départ comme un homme sortant d'une dépression et d'une clinique psychiatrique, son déséquilibre mental créant la suspicion chez les autres passagers, voir le spectateur.
Même si l'on peut conseiller la version cinématographique pour le look plus crédible de la créature, l'épisode de 1963 demeure un petit chef-d'oeuvre d'angoisse.


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Bob Wilson, un homme "nerveusement fatigué"

 

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Une apparition aussi incongrue que... fuyante

 

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.... et en train de saboter une aile de l'avion

 

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Bob en est le seul témoin

 

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La créature dans le remake de 1983

 

 

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Saison 1, Épisode 30 : Arrêt à Willoughby

Résumé : New York, au mois de novembre. Gart Williams est un homme d'affaires très perturbé par son travail stressant et son épouse intransigeante qui veut le voir "réussir" à tout prix, alors que lui a des ambitions très modestes. Un soir, en prenant le train pour rentrer chez lui, il s'endort et se réveille à Willoughby (prononcé dans la version française comme dans la version anglaise « Willbi »), une ville où il fait bon vivre en ce mois de juillet 1888. Après plusieurs réveils en sursaut, Williams, qui ne rêve que d'une vie calme et paisible, décide de s'arrêter définitivement à Willoughby, oubliant que cette ville n'existe que dans son imagination. Pensant descendre dans cette ville, il descend en fait du train en marche et est tué sur le coup. On voit alors l'entreprise de pompes funèbres qui enlève le cadavre de Gart Williams : l'entreprise Willoughby.

Comme dans l'épisode Miniature (que j'ai sélectionné aussi), Arrêt à Willoughby pose comme postulat l'idée - assez fréquente dans la série - d'un l'homme en décalage par rapport à une société moderne vécue comme aliénante, vouée au rendement, à la performance et à la vitesse. Et comme dans l'épisode déjà cité, c'est à nouveau un XIXiè siècle idéalisé qui est convoqué comme contre-point salvateur et ligne de fuite. Mais Willoubghy est un plus réussi encore, ne serait-ce que grâce à sa durée canonique dans la série (25 minutes au lieu des 50 de Miniature) plus efficace mais aussi à un twist bien moins romantique que celui de la maison de poupées. C'est d'ailleurs à mes yeux l'un des meilleurs de toute La Quatrième Dimension mais surtout l'un de ceux qui est le plus chargé de signification profonde.
Car, en fin de compte, cet épisode à la philosophie fataliste nous apprend que la seule échappatoire possible et effective ne peut être que dans la mort. A moins d'imaginer Willoughby comme un au-delà, un paradis, interprétation plus optimiste qui se tient aussi. Tout dépend de savoir si l'on considère cette histoire comme vraiment fantastique ou simplement allégorique.
Dans tous les cas, c'est un épisode formidable, subtil et émouvant, qui s'adresse particulièrement à ceux qui - comme son anti-héros - se sentent prisonnier d'une société normative dont les valeurs ne conviennent pas à leur sensibilité.
Je le place donc dans mon top 3. 




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Le patron de Gart, l'exemple du capitalisme frondeur

 

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Un homme à bout de nerfs

 

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Un arrêt imprévu dans un havre de paix

 

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Une vie meilleure... reflétée sur la vitre d'un corbillard

 

Modifié par Phileas

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