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  1. Deuxième album de La vie de château, "Noël en famille" continue de suivre les petits pas de Violette vers ce qui est maintenant sa nouvelle vie, après la mort de ses parents et une période pas si facile où il a fallu qu'elle et un oncle farouche s'apprivoisent mutuellement. Ceci étant fait, et bien fait, ce dernier s'apprête maintenant à devenir son tuteur, ce "petit morceau de bois qu'on met près d'une plante pour l'aider à pousser". Et pour le premier Noël après le drame, c'est chez les grands-parents de Violette que la petite fille et son oncle Régis se rendent tous les deux pour passer les fêtes en famille. Il s'agit donc cette fois de reprendre ses marques dans cette cellule familiale qui n'est plus ce qu'elle était et qui doit maintenant se réinventer. Chacun navigue comme il peut, avec ce qui le tourmente, le déçoit ou l'anime et chacun tente à un moment de comprendre l'autre. Cela prend parfois un peu de temps, mais tout est bien qui finit bien. Les illustrations de Nathaniel H'Limi donnent joliment vie aux personnages et la narration à plusieurs voix, celle de chaque personnage du récit qui devient narrateur à chaque nouveau chapitre, est plutôt bien menée et permet au lecteur d'aimer tour à tour chacune des figures singulières de l'histoire. On les comprend tous parce que tous ont leur mot à dire. C'est donc intelligent, juste et simple. Et tout finit très bien parce que tous les personnages, malgré leur maladresse, sont aimants et bienveillants, que Violette aime à se mêler des histoires des grands et qu'elle le fait avec amour et tendresse. Avant d'être un livre, La Vie de Château est un film, mais il y a un vrai intérêt narratif à l'adaptation en "album" jeunesse. Nous pouvons donc attendre le tome 3 avec un brin d'impatience !
  2. Titre de l'album : La Vie de Château / 2. Noël en famille Scenariste de l'album : Clémence Madeleine-Perdrillat Dessinateur de l'album : Nathaniel H'Limi Coloriste : Editeur de l'album : L'école des loisirs Note : Résumé de l'album : Depuis que Violette a perdu ses parents, elle vit avec son oncle Régis. Ils s'entendent bien maintenant, ils forment une famille de deux. Et puis, habiter à Versailles, dans les jardins du château, c'est fabuleux. pour Noël, ils vont retrouver les grands-parents, au bord de la mer. Mais avec Régis, ils ne se parlent plus depuis des années et c'est la première fois que Violette y va sans ses parents. La fête pourrait mal tourner... Critique : Deuxième album de La vie de château, "Noël en famille" continue de suivre les petits pas de Violette vers ce qui est maintenant sa nouvelle vie, après la mort de ses parents et une période pas si facile où il a fallu qu'elle et un oncle farouche s'apprivoisent mutuellement. Ceci étant fait, et bien fait, ce dernier s'apprête maintenant à devenir son tuteur, ce "petit morceau de bois qu'on met près d'une plante pour l'aider à pousser". Et pour le premier Noël après le drame, c'est chez les grands-parents de Violette que la petite fille et son oncle Régis se rendent tous les deux pour passer les fêtes en famille. Il s'agit donc cette fois de reprendre ses marques dans cette cellule familiale qui n'est plus ce qu'elle était et qui doit maintenant se réinventer. Chacun navigue comme il peut, avec ce qui le tourmente, le déçoit ou l'anime et chacun tente à un moment de comprendre l'autre. Cela prend parfois un peu de temps, mais tout est bien qui finit bien. Les illustrations de Nathaniel H'Limi donnent joliment vie aux personnages et la narration à plusieurs voix, celle de chaque personnage du récit qui devient narrateur à chaque nouveau chapitre, est plutôt bien menée et permet au lecteur d'aimer tour à tour chacune des figures singulières de l'histoire. On les comprend tous parce que tous ont leur mot à dire. C'est donc intelligent, juste et simple. Et tout finit très bien parce que tous les personnages, malgré leur maladresse, sont aimants et bienveillants, que Violette aime à se mêler des histoires des grands et qu'elle le fait avec amour et tendresse. Avant d'être un livre, La Vie de Château est un film, mais il y a un vrai intérêt narratif à l'adaptation en "album" jeunesse. Nous pouvons donc attendre le tome 3 avec un brin d'impatience ! Autres infos : Type de l'album : Livre pour enfants Lien BDfugue : http://www.bdfugue.com/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  3. LaVieDansLesPlis

    Lilly sous la mer

    En 2018, Thomas Lavachery - que nous connaissons d’abord pour l’addictive saga romanesque qu’il a consacrée à Bjorn, jeune guerrier viking dont les aventures ont tenu ses lecteurs en haleine tout au long de ses huit tomes- a obtenu, pour l’ensemble de son œuvre (où l’on rencontre des trolls sympathiques, des singes farfelus, des dragons rachitiques, des guerriers enhardis et une famille toute verte), le Grand Prix triennal de Littérature de jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Auteur de plusieurs albums qu’il a lui-même illustrés, Thomas Lavachery nous offre, avec Lilly sous la mer, un objet livre très réussi avec des pages qui se déplient dans un sens puis dans l’autre découvrant de très belles illustrations et une histoire singulière mêlant aventure, découvertes scientifiques et poésie. Il y en a pour tout le monde dans ce petit livre : les aventuriers seront fascinés par l’invention et la conception de la fameuse « Boule Bullitt » illustrée comme dans un carnet d’explorateur par notre auteur, les rêveurs scruteront sans rien dire -à l’instar de Lilly- les profondeurs de l'océan, et les curieux ouvriront grand les yeux en découvrant quelques impressionnantes créatures marines que nous dévoilent enfin, si l’on sait observer, les fonds noirs. La capitaine Lee Bullitt, son époux Bill Bullitt Junior et leurs deux enfants, Théo et Lilly, sont de vrais personnages -chacun a son caractère, ses compétences, ses rêves- que le lecteur découvre avec tendresse au fil du récit. Entre réalisme et fantaisie, connaissances et rêveries, Thomas Lavachery nous embarque aisément avec la famille Bullitt pour ce voyage dans les profondeurs. Une chouette lecture ! A lire dès 4 ans.
  4. Titre de l'album : Lilly sous la mer Scenariste de l'album : Thomas Lavachery Dessinateur de l'album : Thomas Lavachery Coloriste : Editeur de l'album : L'école des loisirs Note : Résumé de l'album : Le 12 septembre 1920, le premier appareil d’exploration capable de descendre à 2000 mètres de profondeur plonge dans la mer des Bermudes. A son bord, les époux Bullitt, savants réputés, espèrent prouver l’existence de la vie animale dans les abysses. Leurs enfants, Theo et Lilly, font partie de l’expédition. Lilly Bullitt ne quitte pas le hublot et sonde les ténèbres sous-marines. Que voit-elle que les autres ne voient pas ? Critique : En 2018, Thomas Lavachery - que nous connaissons d’abord pour l’addictive saga romanesque qu’il a consacrée à Bjorn, jeune guerrier viking dont les aventures ont tenu ses lecteurs en haleine tout au long de ses huit tomes- a obtenu, pour l’ensemble de son œuvre (où l’on rencontre des trolls sympathiques, des singes farfelus, des dragons rachitiques, des guerriers enhardis et une famille toute verte), le Grand Prix triennal de Littérature de jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Auteur de plusieurs albums qu’il a lui-même illustrés, Thomas Lavachery nous offre, avec Lilly sous la mer, un objet livre très réussi avec des pages qui se déplient dans un sens puis dans l’autre découvrant de très belles illustrations et une histoire singulière mêlant aventure, découvertes scientifiques et poésie. Il y en a pour tout le monde dans ce petit livre : les aventuriers seront fascinés par l’invention et la conception de la fameuse « Boule Bullitt » illustrée comme dans un carnet d’explorateur par notre auteur, les rêveurs scruteront sans rien dire -à l’instar de Lilly- les profondeurs de l'océan, et les curieux ouvriront grand les yeux en découvrant quelques impressionnantes créatures marines que nous dévoilent enfin, si l’on sait observer, les fonds noirs. La capitaine Lee Bullitt, son époux Bill Bullitt Junior et leurs deux enfants, Théo et Lilly, sont de vrais personnages -chacun a son caractère, ses compétences, ses rêves- que le lecteur découvre avec tendresse au fil du récit. Entre réalisme et fantaisie, connaissances et rêveries, Thomas Lavachery nous embarque aisément avec la famille Bullitt pour ce voyage dans les profondeurs. Une chouette lecture ! A lire dès 4 ans. Autres infos : Type de l'album : Livre pour enfants Lien BDfugue : http://www.bdfugue.com/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  5. Titre de l'album : Trois (ou quatre) histoires de Mousquetaires Scenariste de l'album : Thomas Bretonneau Dessinateur de l'album : Perceval Barrier Coloriste : Editeur de l'album : L'école des loisirs Note : Résumé de l'album : Trois (ou quatre) aventures pour apprendre tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Mousquetaires. Sans rire. Ou presque... Critique : Comme les Mousquetaires, elles sont d'abord trois puis quatre, ces histoires joliment cocasses que signe Thomas Bretonneau et qu'illustre Perceval Barrier tantôt comme un album, tantôt comme une petite bande dessinée. Ces illustrations ne m'ont pas particulièrement séduites, mais elles fonctionnent néanmoins très bien avec la volonté gentiment parodique de l'auteur, et les personnages dessinés par notre illustrateur sont réellement expressifs, parfois drôles. Ainsi, La mauvaise épée ou ce qui arrive à un petit mousquetaire qui se pointe en retard à l'école de la fameuse troupe du Roi. La Lettre ou les errements épistolaires d'un roi amoureux qui demande à son mousquetaire d'être sa plume. Le Complot d'un cardinal pas très rusé et pris à son propre piège. Et comme un petit bonus de l'album, une quatrième histoire de moustache, ou comment faire quand on est une fille et qu'on veut être mousquetaire ? C'est une lecture sympathique et légère que nous offre l'auteur de ces quatre petits récits bien différents les uns des autres, tant dans l'intrigue que dans l'illustration proposée, où les mousquetaires ressemblent à des enfants et où les sujets abordés sont évidemment ceux de l'enfance : l'estime et la confiance en soi, l'acceptation de l'autre dans sa différence, le mensonge et les petites manigances, jusqu'à l'histoire finale qui nous conduit, épée brandie sous parapluie et fier postiche ajusté, jusqu'à la formule joyeusement célèbre de nos 3 Mousquetaires : "Tous pour un et un pour tous!". Autres infos : Type de l'album : Livre pour enfants Lien BDfugue : http://www.bdfugue.com/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  6. Comme les Mousquetaires, elles sont d'abord trois puis quatre, ces histoires joliment cocasses que signe Thomas Bretonneau et qu'illustre Perceval Barrier tantôt comme un album, tantôt comme une petite bande dessinée. Ces illustrations ne m'ont pas particulièrement séduites, mais elles fonctionnent néanmoins très bien avec la volonté gentiment parodique de l'auteur, et les personnages dessinés par notre illustrateur sont réellement expressifs, parfois drôles. Ainsi, La mauvaise épée ou ce qui arrive à un petit mousquetaire qui se pointe en retard à l'école de la fameuse troupe du Roi. La Lettre ou les errements épistolaires d'un roi amoureux qui demande à son mousquetaire d'être sa plume. Le Complot d'un cardinal pas très rusé et pris à son propre piège. Et comme un petit bonus de l'album, une quatrième histoire de moustache, ou comment faire quand on est une fille et qu'on veut être mousquetaire ? C'est une lecture sympathique et légère que nous offre l'auteur de ces quatre petits récits bien différents les uns des autres, tant dans l'intrigue que dans l'illustration proposée, où les mousquetaires ressemblent à des enfants et où les sujets abordés sont évidemment ceux de l'enfance : l'estime et la confiance en soi, l'acceptation de l'autre dans sa différence, le mensonge et les petites manigances, jusqu'à l'histoire finale qui nous conduit, épée brandie sous parapluie et fier postiche ajusté, jusqu'à la formule joyeusement célèbre de nos 3 Mousquetaires : "Tous pour un et un pour tous!".
  7. L’auteur du très beau « Perdu ?, Retrouvé ! » nous livre une fois encore avec « Toi et moi », un album tendre et fort. Une petite fresque initiatique sur la vie. Et il y a tout. C’est succinct et juste. Quelques mots seulement par page, une phrase souvent, qui commence sur l’une et finit sur l’autre, et une illustration subtile aux magnifiques couleurs et aux traits délicats d’Oliver Jeffers qui embrasse chaque couple de pages de l’album. C’est vraiment beau. Ce « Toi et Moi » qui est donné à lire résonne en nous comme un écho universel, c’est un père et sa fille qui avancent ensemble sur le chemin de l’existence. Ils n’ont pas de nom, l’auteur ne nous donne pas à les connaitre, ils ne sont que les nobles messagers de la vie. L’on est touché simplement parce que, main dans la main, ils construisent ensemble l’essentiel de la vie humaine : l’amour, l’amitié, le pardon, la curiosité, la volonté et le courage, la mémoire… Parce qu’ils construisent ensemble leur bonheur. Ce « Toi « et ce « Moi » nous laisse ainsi tout le loisir de leur incarnation et nous n’avons ensuite, lorsque le livre se referme, plus qu’à être « Toi » et « Moi ». C’est une très belle lecture à faire à son enfant, pleine de promesses et de lumière, une vraie respiration ! Et l’on reconnait avec plaisir complice, vers la fin de l’album, réunis autour d’un feu, le petit garçon et le pingouin de « Perdu ?, Retrouvé ! », un hommage encore à « l’ensemble » où naissent et se nourrissent amour et amitié.
  8. Titre de l'album : Toi et Moi (ce que nous construirons ensemble) Scenariste de l'album : Oliver Jeffers Dessinateur de l'album : Oliver Jeffers Coloriste : Editeur de l'album : L'école des loisirs Note : Résumé de l'album : Qu’allons-nous construire, toi et moi ? D’abord regroupons tous nos outils pour assembler petit à petit. Fabriquons une montre car le temps est précieux, notre avenir ensemble nous le créons à deux. Critique : L’auteur du très beau « Perdu ?, Retrouvé ! » nous livre une fois encore avec « Toi et moi », un album tendre et fort. Une petite fresque initiatique sur la vie. Et il y a tout. C’est succinct et juste. Quelques mots seulement par page, une phrase souvent, qui commence sur l’une et finit sur l’autre, et une illustration subtile aux magnifiques couleurs et aux traits délicats d’Oliver Jeffers qui embrasse chaque couple de pages de l’album. C’est vraiment beau. Ce « Toi et Moi » qui est donné à lire résonne en nous comme un écho universel, c’est un père et sa fille qui avancent ensemble sur le chemin de l’existence. Ils n’ont pas de nom, l’auteur ne nous donne pas à les connaitre, ils ne sont que les nobles messagers de la vie. L’on est touché simplement parce que, main dans la main, ils construisent ensemble l’essentiel de la vie humaine : l’amour, l’amitié, le pardon, la curiosité, la volonté et le courage, la mémoire… Parce qu’ils construisent ensemble leur bonheur. Ce « Toi « et ce « Moi » nous laisse ainsi tout le loisir de leur incarnation et nous n’avons ensuite, lorsque le livre se referme, plus qu’à être « Toi » et « Moi ». C’est une très belle lecture à faire à son enfant, pleine de promesses et de lumière, une vraie respiration ! Et l’on reconnait avec plaisir complice, vers la fin de l’album, réunis autour d’un feu, le petit garçon et le pingouin de « Perdu ?, Retrouvé ! », un hommage encore à « l’ensemble » où naissent et se nourrissent amour et amitié. Autres infos : Type de l'album : Livre pour enfants Lien BDfugue : http://www.bdfugue.com/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  9. LaVieDansLesPlis

    Sullivan

    Titre de l'album : Sullivan Scenariste de l'album : Clément Roussier Dessinateur de l'album : Allegra Pedretti Coloriste : Editeur de l'album : L'école des loisirs Note : Résumé de l'album : Sullivan a beau être né dans le Grand Nord, il ne rêve qu’à l’Afrique. Tout ça à cause des histoires que le vieux George lui a racontées et d’une phrase qu’il entend résonner en lui depuis sa naissance : Il existe quelque part. Qu’est-ce qui existe ? Où cela existe-t-il ? Il l’ignore. Pour le découvrir, il va quitter les siens et s’en aller sur les routes du monde, là où la vie n’est qu’Aventure et rencontres… Critique : « Il existe quelque part… » un livre donc qui raconte l’histoire d’un renard polaire épris de liberté et d’aventures, un renard qui veut découvrir le monde et réaliser son rêve d’aller jusqu’en Afrique. Il quittera courageusement pour cela sa famille et sa terre natale et en chemin, il surmontera des épreuves, s’émerveillera devant la beauté du monde, rencontrera l’amitié, la liberté, l’amour, et finira par découvrir qui il est vraiment. Cette quête initiatique, racontée avec tendresse et poésie parlera autant aux petits qu’au grands : l’auteur évoque avec justesse les sentiments qui nous traversent, nous construisent et nous mènent sur le chemin d’une vie. Le jeune lecteur s’identifie vite au petit renard intrépide et ce joli conte philosophique, aux allures et à l’envergure de celui de Saint Exupéry, résonne encore longtemps dans nos mémoires alors même que nous en avons terminé la lecture. Et dans un parfait enchâssement, c’est aux vies comme premiers récits, à ces premiers récits « sans feuilles ni mots », mais aussi aux histoires de ces vies comme source de rêves et d’autres vies, que Sullivan rend hommage dans ce « livre de feuilles et de mots ». La présence du trait au fusain et la douceur de la colorisation à l’aquarelle des quelques illustrations d’Allegra Pedretti accompagnent plutôt bien le texte. Il existe quelque part un livre émouvant et beau, un livre essentiel. Ce livre, c’est Sullivan. A partir de 9 ans. Autres infos : Type de l'album : Livre pour enfants Lien BDfugue : http://www.bdfugue.com/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  10. LaVieDansLesPlis

    Sullivan

    « Il existe quelque part… » un livre donc qui raconte l’histoire d’un renard polaire épris de liberté et d’aventures, un renard qui veut découvrir le monde et réaliser son rêve d’aller jusqu’en Afrique. Il quittera courageusement pour cela sa famille et sa terre natale et en chemin, il surmontera des épreuves, s’émerveillera devant la beauté du monde, rencontrera l’amitié, la liberté, l’amour, et finira par découvrir qui il est vraiment. Cette quête initiatique, racontée avec tendresse et poésie parlera autant aux petits qu’au grands : l’auteur évoque avec justesse les sentiments qui nous traversent, nous construisent et nous mènent sur le chemin d’une vie. Le jeune lecteur s’identifie vite au petit renard intrépide et ce joli conte philosophique, aux allures et à l’envergure de celui de Saint Exupéry, résonne encore longtemps dans nos mémoires alors même que nous en avons terminé la lecture. Et dans un parfait enchâssement, c’est aux vies comme premiers récits, à ces premiers récits « sans feuilles ni mots », mais aussi aux histoires de ces vies comme source de rêves et d’autres vies, que Sullivan rend hommage dans ce « livre de feuilles et de mots ». La présence du trait au fusain et la douceur de la colorisation à l’aquarelle des quelques illustrations d’Allegra Pedretti accompagnent plutôt bien le texte. Il existe quelque part un livre émouvant et beau, un livre essentiel. Ce livre, c’est Sullivan. A partir de 9 ans.
  11. Titre de l'album : Milo l'ours polaire Scenariste de l'album : Laurent Souillé Dessinateur de l'album : Juliette Lagrange Coloriste : Editeur de l'album : L'école des loisirs Note : Résumé de l'album : Les ours polaires n’aiment qu’une seule chose dans la vie : se battre. Milo est différent. Il aime compter les étoiles filantes et prendre soin de ses protégés, les blanchons. Mais voilà qu’à la suite d’un malheureux quiproquo, il est choisi pour combattre sur un ring. Le paisible Milo doit quitter sa banquise, direction New York, pour le combat de boxe du siècle… Critique : C’est l’illustration de Juliette Lagrange, sur la première de couverture, qui m’a tapée dans l’œil et invitée à découvrir le récit que nous livre Laurent Souillé. Un pont rouge à New York, sur lequel, au milieu des voitures bleue, verte, jaune ou rouge, déambule un gros ours blanc qui semblerait s’être perdu ? Une très belle colorisation aquarellée qui souligne l’opposition entre le monde blanc et bleu froid de la banquise, immobile, -malgré quelques combats d’ours- et celui des hommes où les vertiges de la ville de New York font lever les têtes, écarquiller les yeux, et peut-être bien devenir un peu fou… Sur certaines pages, le texte prend très peu de place, l’image nous absorbe complètement et révèle autant, voire plus que les mots mêmes. Et quand notre illustratrice se penche sur les têtes et les visages des hommes et des bêtes qui habitent le récit, elle nous donne à voir ce qu’ils sont, véritablement et absolument. C’est ainsi à l’instinct de grégarité que répondent les autres ours blancs, au début du récit, lorsqu’ils ne cessent de se battre. Et lorsque Milo doit monter sur le ring, c’est avec considération qu’il regardera son « adversaire » qui, dès lors, ne peut en être un. Le récit traite donc discrètement du monde des arènes où les hommes, avides du spectacle de la violence, ont longtemps fait combattre de ceux qui ne voulaient pas, hommes et bêtes. Il traite ainsi aussi, évidemment, du libre arbitre et de l’intégrité face à ce que peut attendre de l’individu, le groupe social. Pas de violence pour la violence elle-même, Milo prend soin de ceux qu’il aime et s’il faut, pour cela, mettre quelques coups de poings, et bien « Paf ! », mais c’est tout. Et malgré un détour par la grande ville, Milo, intègre à lui-même, restera ce qu’il est, un ours polaire bienveillant, généreux, tranquille et contemplatif, heureux de vivre sur la banquise. L’alternance des points de vue adoptés par le narrateur -celui de Milo, du promoteur, des spectateurs du ring…- est intéressante et rend riche la lecture des différentes scènes. Un petit regret peut-être quand il me semble que le récit va parfois un peu vite ou qu’il use un peu trop de l’ellipse. Parce que, comme la conversation de Milo et de Yuma le morse, j’aurais aimé que le récit prenne encore plus le temps de développer tout doucement certains passages. Une belle collaboration que celle de Laurent Souillé et de Juliette Lagrange dans cet album absolument plaisant. De 3 à 6 ans. Autres infos : Type de l'album : Livre pour enfants Lien BDfugue : http://www.bdfugue.com/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  12. LaVieDansLesPlis

    Milo l'ours polaire

    C’est l’illustration de Juliette Lagrange, sur la première de couverture, qui m’a tapée dans l’œil et invitée à découvrir le récit que nous livre Laurent Souillé. Un pont rouge à New York, sur lequel, au milieu des voitures bleue, verte, jaune ou rouge, déambule un gros ours blanc qui semblerait s’être perdu ? Une très belle colorisation aquarellée qui souligne l’opposition entre le monde blanc et bleu froid de la banquise, immobile, -malgré quelques combats d’ours- et celui des hommes où les vertiges de la ville de New York font lever les têtes, écarquiller les yeux, et peut-être bien devenir un peu fou… Sur certaines pages, le texte prend très peu de place, l’image nous absorbe complètement et révèle autant, voire plus que les mots mêmes. Et quand notre illustratrice se penche sur les têtes et les visages des hommes et des bêtes qui habitent le récit, elle nous donne à voir ce qu’ils sont, véritablement et absolument. C’est ainsi à l’instinct de grégarité que répondent les autres ours blancs, au début du récit, lorsqu’ils ne cessent de se battre. Et lorsque Milo doit monter sur le ring, c’est avec considération qu’il regardera son « adversaire » qui, dès lors, ne peut en être un. Le récit traite donc discrètement du monde des arènes où les hommes, avides du spectacle de la violence, ont longtemps fait combattre de ceux qui ne voulaient pas, hommes et bêtes. Il traite ainsi aussi, évidemment, du libre arbitre et de l’intégrité face à ce que peut attendre de l’individu, le groupe social. Pas de violence pour la violence elle-même, Milo prend soin de ceux qu’il aime et s’il faut, pour cela, mettre quelques coups de poings, et bien « Paf ! », mais c’est tout. Et malgré un détour par la grande ville, Milo, intègre à lui-même, restera ce qu’il est, un ours polaire bienveillant, généreux, tranquille et contemplatif, heureux de vivre sur la banquise. L’alternance des points de vue adoptés par le narrateur -celui de Milo, du promoteur, des spectateurs du ring…- est intéressante et rend riche la lecture des différentes scènes. Un petit regret peut-être quand il me semble que le récit va parfois un peu vite ou qu’il use un peu trop de l’ellipse. Parce que, comme la conversation de Milo et de Yuma le morse, j’aurais aimé que le récit prenne encore plus le temps de développer tout doucement certains passages. Une belle collaboration que celle de Laurent Souillé et de Juliette Lagrange dans cet album absolument plaisant. De 3 à 6 ans.
  13. LaVieDansLesPlis

    SILEX

    Titre de l'album : SILEX Scenariste de l'album : Stéphane Sénégas Dessinateur de l'album : Stéphane Sénégas Coloriste : Editeur de l'album : L'école des loisirs Note : Résumé de l'album : Sur la planète Homo-Dino, Les petits sont mangés Par les gros. Alors comment devenir chasseur Quand on est haut Comme trois pommes ? Pour faire taire les moqueries, Silex lance un dangereux pari : Dans moins de sept lunes, Il viendra à bout… Du terrible Mange-Tout. Critique : Il était une fois où les hommes et les dinosaures auraient vécu ensemble ; la vocation de l’album n’est pas d’être un documentaire sur l’ère préhistorique, malgré quelques informations absolument vraies sur ces vieux animaux préhistoriques. Et Stéphane Sénégas, déjà connu et reconnu -notamment- pour ses Pirateries, choisit de nous plonger ici dans un tout autre univers. L’auteur détourne donc les noms des dinosaures dans un récit plaisant, plein d’humour et de tendresse, où Silex, un jeune petit homme habillé en peau de bête, prend son courage à deux mains et part chasser les plus gros des dinosaures pour prouver à sa famille sa valeur et gagner ainsi quelques centimètres dans l’estime des siens… Et comme toutes ces graines d’homme en devenir, Silex passera trois épreuves, affrontera trois méga dino et fera montre, trois fois, de sagesse. Un « Little Big Man » avant l’heure. Le récit est efficace, usant pertinemment de la répétition, et souvent drôle. Un petit regret peut être simplement sur l’articulation entre les trois péripéties de Silex et les trois citations d’Horace, de Plutarque et d’Esope, qui, me semble-t-il, aurait pu être plus cohérente ou plus resserrée. L’idée de ponctuer « la quête » de Silex par des proverbes d’un poète, d’un philosophe et d’un fabuliste de l’antiquité et de mettre ces sages mots dans la bouche des oncles bienveillants et expérimentés de notre petit « Trois pommes », reste très intéressante parce qu’elle apporte au récit sa caution d’autorité morale dont Silex -et nos jeunes lecteurs- peuvent ensuite s’emparer à leur façon. C’est à travers les yeux d’un enfant que nous entrons dans cette « quête », que nous suivons cette aventure initiatique et ce court récit fonctionne ainsi très bien et tout simplement pour nos petits lecteurs. L’album est aussi remarquable par ses belles illustrations parfaitement équilibrées, dont le trait est fin et précis, dans une alternance de dessins pleinement et justement colorisés et d’autres, plus simplement crayonnés. L’expressivité des personnages leur donne presque la vie. Alors quand il s’agit de gros dino pleine page qui sont représentés par notre illustrateur, les yeux de nos jeunes lecteurs s’écarquillent indubitablement très grand, dans un mélange de surprise, de fascination et de frisson. Certaines pages sont des planches de bande dessinée sans paroles, dont le style, différent du reste qui illustre le récit, fleurte avec le trait de Masashi Tanaka dans son fameux manga, Gon. Et là encore dans ce récit d’images, l’on peut être fasciné par la façon dont Stéphane Sénégas rend les mouvements et les émotions pourtant sans réalisme aucun. Un très beau travail d’illustrations ! Un album pour les 3-6 ans. Autres infos : Type de l'album : Livre pour enfants Lien BDfugue : http://www.bdfugue.com/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  14. LaVieDansLesPlis

    SILEX

    Il était une fois où les hommes et les dinosaures auraient vécu ensemble ; la vocation de l’album n’est pas d’être un documentaire sur l’ère préhistorique, malgré quelques informations absolument vraies sur ces vieux animaux préhistoriques. Et Stéphane Sénégas, déjà connu et reconnu -notamment- pour ses Pirateries, choisit de nous plonger ici dans un tout autre univers. L’auteur détourne donc les noms des dinosaures dans un récit plaisant, plein d’humour et de tendresse, où Silex, un jeune petit homme habillé en peau de bête, prend son courage à deux mains et part chasser les plus gros des dinosaures pour prouver à sa famille sa valeur et gagner ainsi quelques centimètres dans l’estime des siens… Et comme toutes ces graines d’homme en devenir, Silex passera trois épreuves, affrontera trois méga dino et fera montre, trois fois, de sagesse. Un « Little Big Man » avant l’heure. Le récit est efficace, usant pertinemment de la répétition, et souvent drôle. Un petit regret peut être simplement sur l’articulation entre les trois péripéties de Silex et les trois citations d’Horace, de Plutarque et d’Esope, qui, me semble-t-il, aurait pu être plus cohérente ou plus resserrée. L’idée de ponctuer « la quête » de Silex par des proverbes d’un poète, d’un philosophe et d’un fabuliste de l’antiquité et de mettre ces sages mots dans la bouche des oncles bienveillants et expérimentés de notre petit « Trois pommes », reste très intéressante parce qu’elle apporte au récit sa caution d’autorité morale dont Silex -et nos jeunes lecteurs- peuvent ensuite s’emparer à leur façon. C’est à travers les yeux d’un enfant que nous entrons dans cette « quête », que nous suivons cette aventure initiatique et ce court récit fonctionne ainsi très bien et tout simplement pour nos petits lecteurs. L’album est aussi remarquable par ses belles illustrations parfaitement équilibrées, dont le trait est fin et précis, dans une alternance de dessins pleinement et justement colorisés et d’autres, plus simplement crayonnés. L’expressivité des personnages leur donne presque la vie. Alors quand il s’agit de gros dino pleine page qui sont représentés par notre illustrateur, les yeux de nos jeunes lecteurs s’écarquillent indubitablement très grand, dans un mélange de surprise, de fascination et de frisson. Certaines pages sont des planches de bande dessinée sans paroles, dont le style, différent du reste qui illustre le récit, fleurte avec le trait de Masashi Tanaka dans son fameux manga, Gon. Et là encore dans ce récit d’images, l’on peut être fasciné par la façon dont Stéphane Sénégas rend les mouvements et les émotions pourtant sans réalisme aucun. Un très beau travail d’illustrations ! Un album pour les 3-6 ans.
  15. Titre de l'album : Lancelot Dulac Scenariste de l'album : Victor Pouchet Dessinateur de l'album : Killoffer Coloriste : Editeur de l'album : L'école des loisirs Note : Résumé de l'album : Comme son nom l’indique, Lancelot Dulac est chevalier. Mais il n’en est pas encore sûr. Pour le moment, il fait 1,35 mètre, rentre en 6e et tout change. Dans la Cour de récréation, un certain Arthur a le pouvoir. Quand la plus belle fille du collège dont il est amoureux disparaît, il lui faut se lancer dans une quête semée d’épreuves. Tournoi, traversée de la jungle du métro, fées et Palais des Glaces seront autant d’occasions d’éprouver sa peur et son amour, d’exercer son courage, et de devenir pour de bon, le preux chevalier qu’il espère être. Critique : Avec Lancelot Dulac, Victor Pouchet nous livre une réécriture du mythe arthurien et de l’initiation chevaleresque. Ainsi, Lancelot Dulac, un jeune adolescent de notre monde bien contemporain se retrouve-t-il entrainé dans l’aventure intime mais non singulière du sentiment amoureux dans ses premiers élans et qui ouvre les voies profondes de la construction de l’individu face aux regards de l’être aimé et à ceux du groupe, face à soi-même. Et parce qu’il se nomme Lancelot et qu’il est un jeune garçon qui éprouve, aime et imagine, son aventure prendra la forme de ce récit de chevalerie que nous connaissons bien parce qu’il en existe de si nombreuses versions. L’album s’ouvre ainsi sur une citation du Quichotte de Cervantès : « Tout ce qu’il pensait, voyait ou s’imaginait, lui semblait être fait et se passer de la même façon que ce qu’il avait lu. » Voila pour le matériau du livre. L’écriture est claire et efficace, le narrateur est extérieur à l’histoire mais la focalisation est bien celle de Lancelot et nous naviguons ainsi avec lui assez facilement d’une épreuve à une autre, d’une émotion à une autre. Quelle plus grande première aventure que celle de la cour du collège ? Quel jeune adolescent ne pourrait-il pas se reconnaitre dans ces premières tentatives difficiles de décrypter les autres, l’autre, et puis soi-même, de se faire sa « juste » place, de saisir ce que peut être la vraie « valeur » ? L’identification est facile et le sens guidé par la métaphore imaginaire de Lancelot. D’un accès facile donc pour de jeunes lecteurs. Les planches Arty de Killoffer illustrent à merveille le récit et l’on oscille là encore entre l’imaginaire arthurien et la cour de l’école, le tout récupéré par un bédéiste pop rock qui donne une image très singulière de cette quête intime dans un monde où les autres prennent la forme ou plutôt « l’aforme » des anonymes d’un Keith Haring. C’est une belle réussite visuelle et elle fonctionne parfaitement avec le récit, et inversement. Que nos petits lecteurs découvrent ou redécouvrent le mythe arthurien dans ce récit n’a pas d’importance ; la force du texte réside ailleurs et justement en ce que les grands mythes parlent simplement et justement de l’homme et de ses tourments. Et Victor Pouchet a su donner un riche écho au mythe original et c’est une autre histoire -et toujours la même- que nous lisons alors, celle de Lancelot Dulac qui ira jusqu’au bout de cette quête de lui-même. Et l’on peut finir ici par cette chansonnette que pousse Lancelot dans cette première ultime épreuve de son aventure, parce que c’est en partie là ce que nous devons retenir de cette si jolie histoire. « Le trampoline va de la terre jusqu’au ciel Entre la chance et le puits, tu reviens et c’est fini. Moyen, petit ou grand, tu es là pour t’envoler, Lance toi en avant, prends garde où tu mets les pieds. » Autres infos : Type de l'album : Livre pour enfants Lien BDfugue : http://www.bdfugue.com/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  16. LaVieDansLesPlis

    Lancelot Dulac

    Avec Lancelot Dulac, Victor Pouchet nous livre une réécriture du mythe arthurien et de l’initiation chevaleresque. Ainsi, Lancelot Dulac, un jeune adolescent de notre monde bien contemporain se retrouve-t-il entrainé dans l’aventure intime mais non singulière du sentiment amoureux dans ses premiers élans et qui ouvre les voies profondes de la construction de l’individu face aux regards de l’être aimé et à ceux du groupe, face à soi-même. Et parce qu’il se nomme Lancelot et qu’il est un jeune garçon qui éprouve, aime et imagine, son aventure prendra la forme de ce récit de chevalerie que nous connaissons bien parce qu’il en existe de si nombreuses versions. L’album s’ouvre ainsi sur une citation du Quichotte de Cervantès : « Tout ce qu’il pensait, voyait ou s’imaginait, lui semblait être fait et se passer de la même façon que ce qu’il avait lu. » Voila pour le matériau du livre. L’écriture est claire et efficace, le narrateur est extérieur à l’histoire mais la focalisation est bien celle de Lancelot et nous naviguons ainsi avec lui assez facilement d’une épreuve à une autre, d’une émotion à une autre. Quelle plus grande première aventure que celle de la cour du collège ? Quel jeune adolescent ne pourrait-il pas se reconnaitre dans ces premières tentatives difficiles de décrypter les autres, l’autre, et puis soi-même, de se faire sa « juste » place, de saisir ce que peut être la vraie « valeur » ? L’identification est facile et le sens guidé par la métaphore imaginaire de Lancelot. D’un accès facile donc pour de jeunes lecteurs. Les planches Arty de Killoffer illustrent à merveille le récit et l’on oscille là encore entre l’imaginaire arthurien et la cour de l’école, le tout récupéré par un bédéiste pop rock qui donne une image très singulière de cette quête intime dans un monde où les autres prennent la forme ou plutôt « l’aforme » des anonymes d’un Keith Haring. C’est une belle réussite visuelle et elle fonctionne parfaitement avec le récit, et inversement. Que nos petits lecteurs découvrent ou redécouvrent le mythe arthurien dans ce récit n’a pas d’importance ; la force du texte réside ailleurs et justement en ce que les grands mythes parlent simplement et justement de l’homme et de ses tourments. Et Victor Pouchet a su donner un riche écho au mythe original et c’est une autre histoire -et toujours la même- que nous lisons alors, celle de Lancelot Dulac qui ira jusqu’au bout de cette quête de lui-même. Et l’on peut finir ici par cette chansonnette que pousse Lancelot dans cette première ultime épreuve de son aventure, parce que c’est en partie là ce que nous devons retenir de cette si jolie histoire. « Le trampoline va de la terre jusqu’au ciel Entre la chance et le puits, tu reviens et c’est fini. Moyen, petit ou grand, tu es là pour t’envoler, Lance toi en avant, prends garde où tu mets les pieds. »
  17. [u][b] Voyage au pays des monstres [/b][/u] [center][url=" https://www.ecoledesloisirs.fr/livre/voyage-au-pays-monstres "]<img src="https://www.ecoledesloisirs.fr/sites/default/files/styles/couverture_livre/public/couverture/ponti_voyage-au-pays-des-monstres_couv_provisoire_cr.png?itok=7R9GgrOk" HEIGHT=320 WIDTH=320/>[/url][/center] [b]Scénario :[/b] Claude Ponti [b]Dessin :[/b] Claude Ponti [b]Genre :[/b] Livre illustré pour enfants : de 7 à 10 ans [b]Edition : [/b] L’École de Loisirs en coédition avec le Musée d’Orsay [url=" https://www.ecoledesloisirs.fr/livre/voyage-au-pays-monstres "]L'acheter sur le site de l'éditeur [/url] Résumé :[i] Embarquez dans une aventure magique, à bord du bus 84, glissez dans une coquille et entrez dans l’histoire, visitez un Paris transformé, voyagez sur une fourmi de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête, partez à la découverte de monstres – dont ceux de Léopold Chauveau exposés au Musée d’Orsay – et surtout, ne vous fiez pas aux apparences… C’est tout cela, et bien plus encore, qui vous attend dans ce nouvel album plein d’étrangitude ! [/i] Mon avis : L'univers de l'album est sans aucun doute celui de Claude Ponti, et le lecteur averti ne sera pas surpris, ni par le texte ni par l'illustration qui nous plongent tous deux dans un surréalisme furieusement étrange et possiblement inconfortable. Comme souvent, le lieu initial du récit se métamorphose petit à petit jusqu'à n'être plus qu'un monde insolite et onirique où se rencontrent de très curieuses créatures et, facétie supplémentaire de l'auteur, quelques illustres personnages d'autres illustres albums de jeunesse de Sendack, de Lewis Caroll, de Winsor McCay précurseur en matière de surréalisme dans l'univers de la bande dessinée, ainsi que pléthore de références artistiques et culturelles. Ainsi, Paris s'efface-t-il complètement au bout de trois pages, pour laisser place, comme dans Max et les Maxi monstres, à cette mystérieuse forêt qui peuple les rêves des enfants et donc celui de ce « je » narrateur auquel nous emboitons le pas. D'ailleurs, ce jeune narrateur intradiégétique s'adresse parfois à nous, lecteur jusqu'à nous faire devenir l'un des personnages du livre. Ce livre dont il parle souvent et que nous sommes en train lire…ou d'en vivre les aventures ? Drôle de va et vient. Fiction et réalité se trouvent ainsi embarqués ensemble dans le même bus 84, et finiront ensemble, dans le même bus 84. Le texte tarabiscoté mais finement ciselé pour former les néologismes, souvent mots-valises, qui seuls peuvent rendre compte du monde des rêves, du monde de l'inconscient et de celui de l'imaginaire de l'enfant, viendra, comme toujours dans les œuvres de Ponti, malmener le lecteur, mais donne au langage la possibilité de nommer ce qu'habituellement on ne nomme pas. Et ce que l'on peut nommer se met alors à exister, est illustré, et l'on a alors la sensation de le maitriser pour commencer peut-être à ne plus en avoir peur… Ce monde fantasmagorique, qui n'est pas sans rappeler le pays des merveilles dans lequel plonge Alice -on retrouve d'ailleurs le lapin blanc du conte de Lewis Caroll dans l'album de Ponti- est une succession de portes derrière lesquelles le narrateur et le lecteur font toujours d'étonnantes rencontres. Ponti interroge ainsi dans son œuvre le rapport au temps et à l'espace, à leur épaisseur, le thème mythologique de la métamorphose, celui de la matière de nos rêves et celle de notre réalité, il questionne les grands mouvements et les petites perceptions humaines. .Ce n'est pas une lecture que l'enfant, quel que soit son âge, fera tout seul : l'album est déroutant parce que le texte n'est pas facile et que les illustrations, loin d'être rassurantes, inquiètent. Pas de confort de lecture et nos habitudes esthétiques sont dérangées. Quand on connait Claude Ponti, pas de surprise, donc, dans cet album : une aventure visuelle et langagière qui ne cesse d'être prolongée. [b]Ma note :[/b][img]http://www.1001bd.com/tmp/pic/note/3.5.png[/img]
  18. Bonjour, Et merci pour l'accueil, l'opportunité et le login ! ;-) Je ne peux simplement pas, pour l'instant, publier moi même... [img]http://www.1001bd.com/forums_BD/public/style_emoticons/default/smile.gif[/img]
  19. [u][b] Le Destin de Fausto/Une fable en images [/b][/u] [center][url="https://www.ecoledesloisirs.fr/livre/destin-fausto-fable-images"]<img src="https://www.ecoledesloisirs.fr/sites/default/files/styles/couverture_livre/public/couverture/fausto_couvok.png?itok=mZMOBl8Y" HEIGHT=320 WIDTH=240/>[/center][/url] [b]Scénario :[/b] Olivier Jeffers [b]Dessin :[/b] Olivier Jeffers [b]Genre :[/b] Livre illustré pour enfants : de 7 à 10 ans [b]Edition : [/b] Kaléidoscope de l’Ecole des Loisirs [url="https://www.ecoledesloisirs.fr/livre/destin-fausto-fable-images"]L'acheter sur le site de l'éditeur[/url] [b] Résumé [/b]:[i]Il était une fois un homme qui croyait que tout lui appartenait. Un jour, il décida d’aller faire l’inventaire de ce qui était à lui. Une fleur, un mouton, un lac, une montagne… Fausto ira toujours plus loin, verra toujours plus grand, croyant ainsi posséder toujours plus. Se fourvoyant ainsi sur le sens des choses et sur celui de la vie, jusqu’à perdre la sienne. Bêtement car par orgueil et vanité.[/i] [b]Mon avis :[/b] Le Destin de Fausto est une fable minimaliste qui nous apprend que la possession n’est rien ou, plus radicalement, qu’elle n’existe pas et que celui qui croit posséder se trompe lourdement. Que la vie n’est pas là et que pour se sentir vivant, il faut peut-être trouver une autre voie. C’est un beau clin d’œil à l’œuvre de Saint Exupéry, car, au contraire de notre Petit Prince, Fausto, homme d’âge mur, décrètera posséder une fleur simplement en la coupant pour la mettre dans son veston, et un mouton en peignant son initial sur la toison de celui-ci, une montagne en se mettant en colère… Et, comme le roi de l’astéroïde 325 du Petit Prince qui règne sur tout et donc sur rien, Fausto se méprend. « C’est qui le patron ? » dit-il souvent, montrant là la vanité de l’orgueil. Et c’est l’orgueil qui noiera Fausto, resté seul et oublié de tous/tout. Certaines pages laissent respirer le texte, toujours très bref, deux mots seulement remplissent parfois la page. D’autres sont blanches. D’autres fois, ce sont les illustrations qui prennent la place. De très belles illustrations où l’on admire la qualité, l’originalité et la fraîcheur du coloriage. La couverture veloutée de l’album donne d’ailleurs le juste ton et indique parfaitement ce que le lecteur trouve à l’intérieur. Le texte est simple, la « morale », implicite, ne l’est pas et nos jeunes lecteurs poseront probablement quelques questions. Mais ils liront facilement sur le visage de Fausto, l’arrogance et la colère du personnage. Fausto agace et c’est très bien. « – […] Vouloir, c’est prendre possession de quelque chose, de quelqu’un. C’est chercher chez les autres ce qui peut remplir nos besoins personnels d’affection, de compagnie… Vouloir, c’est chercher à faire nôtre ce qui ne nous appartient pas, c’est s’approprier ou désirer quelque chose pour nous combler, parce qu’à un moment donné, quelque chose nous manque. », dit très justement le Petit Prince. Et ça, Fausto ne l’a pas compris. Et si la fable D’Olivier Jeffers pousse moins loin la réflexion, que l’œuvre de St Exupéry, elle reste néanmoins une jolie entrée en matière philosophique… [b]Ma note :[/b][img]http://www.1001bd.com/tmp/pic/note/3.0.png[/img]
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