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  1. Titre de l'album : This place kills me Scenariste de l'album : Mariko Tamaki Dessinateur de l'album : Nicole Goux Coloriste : Nicole Goux Editeur de l'album : Hi-Graphics Note : Résumé de l'album : Au lycée Wilberton, le rideau tombe... et les masques aussi ! Elizabeth Woodward avait tout pour elle : la beauté, le talent, l'admiration de tous. Star incontestée du club théâtre, elle incarnait Juliette sur scène. Le lendemain de la première, on la retrouve morte. La police conclut au suicide. Abby, elle, n'y croit pas. Nouvelle venue à Wilberton, elle est l'une des dernières à avoir vu Elizabeth vivante. Mais elle ignore encore que certains secrets, à Wilberton, ne se laissent pas déterrer sans conséquences. Un roman graphique haletant signé Mariko Tamaki, autrice primée de Cet Été-là et Mes Ruptures avec Laura Dean, et Nicole Goux, illustratrice nominée aux Eisner Awards. Un thriller adolescent élégant, troublant et impossible à lâcher. Critique : Oh que je me suis régalé sur celui-ci. un plaisir pour le moins inattendu tant les succès de Mariko Tamaki ne m'avaient pas plus transportés que cela jusqu'ici. Ajoutez à cela un thème de pensionnat de jeune fille qui ne me parle habituellement pas beaucoup, le tout sur 272 pages, et vous obtenez une sortie qui ne me faisait pas vibrer. Et pourtant, je l'ai dévoré. Difficile effectivement de le lâcher même si le dénouement se voit venir d'un petit peu loin. Les personnages sont trop réussis et les dialogues vivants pour ne pas nous happer dans cette chronique de pensionnat américain bien sous tout rapport. Les dessins de Nicole Goux sont parfaits pour nous embarquer dans ce récit et dans le sillage de notre héroïne un peu étrange certes mais très vite attachante par sa force de caractère. Je ne peux donc que vous recommander ce Comics/roman graphique qui est l'une des découvertes surprenantes de cette rentrée littéraire. Autres infos : Type de l'album : Comic Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/this-place-kills-me/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  2. The_PoP

    This place kills me

    Oh que je me suis régalé sur celui-ci. un plaisir pour le moins inattendu tant les succès de Mariko Tamaki ne m'avaient pas plus transportés que cela jusqu'ici. Ajoutez à cela un thème de pensionnat de jeune fille qui ne me parle habituellement pas beaucoup, le tout sur 272 pages, et vous obtenez une sortie qui ne me faisait pas vibrer. Et pourtant, je l'ai dévoré. Difficile effectivement de le lâcher même si le dénouement se voit venir d'un petit peu loin. Les personnages sont trop réussis et les dialogues vivants pour ne pas nous happer dans cette chronique de pensionnat américain bien sous tout rapport. Les dessins de Nicole Goux sont parfaits pour nous embarquer dans ce récit et dans le sillage de notre héroïne un peu étrange certes mais très vite attachante par sa force de caractère. Je ne peux donc que vous recommander ce Comics/roman graphique qui est l'une des découvertes surprenantes de cette rentrée littéraire.
  3. Titre de l'album : On était des anges tome 2 (fin) Scenariste de l'album : Anne-Caroline Pandolfo Dessinateur de l'album : Terkel Risbjerg Coloriste : Terkel Risbjerg Editeur de l'album : Dargaud Note : Résumé de l'album : Remarque préliminaire : si vous n'avez pas encore lu le premier tome d'On était des anges, attention spoiler ! Nous sommes désormais en 2023, les temps ont changé, le contexte politique est chaotique, les changements climatiques sont anxiogènes, la montée des extrémismes inquiète, la révolution numérique a transformé nos vies...mais les réseaux sociaux ont aussi permis Me Too et l'espoir d'une vie plus juste. Que sont devenus Tralala, Vivi, Chris, Magou, Sissy et toute la bande, trente ans après ? Où en sont leurs rêves de liberté ? Et comment vivent leurs enfants, qui ont l'âge qu'ils avaient dans les années 1990 ? Qu'est-ce qui les différencie et qu'est-ce qui les rapproche ? Dans ce deuxième tome, les nouveaux jeunes s'engagent. Mis à part les frères Claude et François, collés à leurs écrans, Blue, Carmi, Eden, Arlo et Alice agissent pour une société meilleure, pour une famille qui leur ressemble. Et, comme leurs parents, ils font des rencontres qui pourraient bien les marquer pour la vie... Le contexte est très différent mais les rêves sont toujours là, et les nouveaux idéaux ont peut-être le pouvoir de rapprocher les générations. On était des anges ? On est toujours des anges ! Quel plaisir de retrouver ces ados - et leurs ados ! Dans ce diptyque qui s'apparente autant à la comédie sociétale et sentimentale que familiale, Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg ont su créer des personnages très attachants et plus vrais que nature. Rien de tel que la fiction pour rendre compte d'une époque et ici, de deux époques mises en miroir. Critique : J'étais très intrigué de la suite de ce "On était des anges". Je me demandais le lien qu'il y aurait entre les deux albums. Et bien il se trouve que le lien est le plus simple possible : on suit ici les enfants des nos jeunes rebelles. Jeunes devenus quarantenaires qui ont des enfants qui ont le même ages que eux dans le premier tome. Un peu facile me direz vous ? Et bien pas tant que cela. Surtout assez habile. Cela permet une comparaison sans redites, alors même que l'un des propos de ce tome deux est de montrer que le spleen de l'adolescent est plus inhérent à l'age qu'à l'époque. En effet on remarque assez rapidement que nos adolescent reprennent les même lieux de rencontre que leurs parents, avec un parallèle voulu par nos auteurs, mais aussi que les discussions sur l'envie de partir/ tout casser/ tout changer/ ne pas être bien dans sa peau, sont identiques. Pour ne pas tomber dans un album trop ressemblant, nos auteurs ont intelligemment gardé les parents devenus adultes au centre de l'histoire. ils réussissent bien à nous montrer que l’adolescence a eu des traces que ce soit dans leurs vies de tout les jours que dans le caractère de leur enfants. Quitte à en faire un peu trop dans la caricature et "les échanges" de caractère (La gothique a une fille rayonnante et celle qui bougeait dans tous les sens un fils gothique qui cherche du calme). Mais cet album ne parle pas uniquement du passé de ces parents. Ils parlent aussi de leur présent , en parallèle de celui de enfants. cela permet de ne pas avoir une copie du premier tome mais bien une suite et une fin, avec une réelle acceptation de ses sentiments et de son soi profond.... au alentour de 35/40 ans. Une très belle "ode" à l'adolescence et une belle analyse de la vie, avec ses hauts et ses bas, peut importe l'age. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/on-etait-des-anges-tome-2?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  4. J'étais très intrigué de la suite de ce "On était des anges". Je me demandais le lien qu'il y aurait entre les deux albums. Et bien il se trouve que le lien est le plus simple possible : on suit ici les enfants des nos jeunes rebelles. Jeunes devenus quarantenaires qui ont des enfants qui ont le même ages que eux dans le premier tome. Un peu facile me direz vous ? Et bien pas tant que cela. Surtout assez habile. Cela permet une comparaison sans redites, alors même que l'un des propos de ce tome deux est de montrer que le spleen de l'adolescent est plus inhérent à l'age qu'à l'époque. En effet on remarque assez rapidement que nos adolescent reprennent les même lieux de rencontre que leurs parents, avec un parallèle voulu par nos auteurs, mais aussi que les discussions sur l'envie de partir/ tout casser/ tout changer/ ne pas être bien dans sa peau, sont identiques. Pour ne pas tomber dans un album trop ressemblant, nos auteurs ont intelligemment gardé les parents devenus adultes au centre de l'histoire. ils réussissent bien à nous montrer que l’adolescence a eu des traces que ce soit dans leurs vies de tout les jours que dans le caractère de leur enfants. Quitte à en faire un peu trop dans la caricature et "les échanges" de caractère (La gothique a une fille rayonnante et celle qui bougeait dans tous les sens un fils gothique qui cherche du calme). Mais cet album ne parle pas uniquement du passé de ces parents. Ils parlent aussi de leur présent , en parallèle de celui de enfants. cela permet de ne pas avoir une copie du premier tome mais bien une suite et une fin, avec une réelle acceptation de ses sentiments et de son soi profond.... au alentour de 35/40 ans. Une très belle "ode" à l'adolescence et une belle analyse de la vie, avec ses hauts et ses bas, peut importe l'age.
  5. Titre de l'album : Dali, c'est moi ! Scenariste de l'album : Ian Gibson Dessinateur de l'album : Quique Palomo Coloriste : Quique Palomo Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : Salvador Dali, peintre espagnol de renommée mondiale, a toujours su qu'il serait un grand génie. Dès son plus jeune âge, il ne s'est pas contenté de façonner une oeuvre plastique éblouissante : il a aussi compris, avant tout le monde, qu'il pouvait faire de sa propre personne une oeuvre vivante. Mais derrière l'icône et la moustache se cache une figure complexe, traversée de scandales : sa relation étrange avec Gala, ses excentricités orchestrées, sa proximité avec Lorca, sa complaisance avec le franquisme... Autant de fragments d'une vie hors norme qui continuent, aujourd'hui encore, de fasciner et de diviser. Ian Gibson, biographe et spécialiste de Lorca, a eu la chance de rencontrer Dali en personne. Il nous livre ici, avec la virtuosité de Quique Palomo, un récit sans concession mais qui retranscrit la démesure de cet artiste inclassable. Critique : Découvrir la vie du grand Salvador Dali, c'est pénétrer de plein fouet dans la création et l'Art à l'état pur ! La frontière avec la folie est mince, mais il est important de comprendre comment ces grands artistes ont pu arriver à cet état de création incroyable ! De sa naissance à Cadaques, puis Barcelone, Madrid, Paris, New-York, Londres, tant de villes dans lesquelles il a promu le surréalisme avec passion tout en s'affranchissant des principes chrétiens ! A travers son enfance vous découvrirez pourquoi et comment il deviendra l'un des plus grands artistes de son temps ! De ses rencontres avec d'illustres noms, Lorca le poète, Eluard, Picasso, Magritte, Ernst et bien-sûr, Gala la femme de Paul Eluard qui deviendra sa muse et son épouse, que de personnalités symbolisant l'art et la création ! L'artiste catalan rencontrera même Freud, son idole au cours d'une visite londonienne, pour un échange passionnant et tellement symbolique de l'inconscient source du surréalisme ! Une boucle bouclée en quelques sortes 😉 . Très bien documentée, passionnante et riche en anecdotes, cette biographie vous régalera de bout en bout ! Certes il faut aimer l'art et le style Dali, ce qui n'est pas donné à tout le monde, mais comment ne pas s'extasier devant ses "montres molles" ou "la métamorphose de Narcisse" !! Tant de chef d'oeuvres marquant l'histoire de l'art de son empreinte indélébile. Les auteurs n'épargnent pas les zones d'ombre du peintre, son va et vient entre communisme et franquisme, ses positions douteuses sur le prosélytisme d'Hitler et son rapport à l'argent grandissant ! Je conseille vivement de garder près de soi au cours de la lecture, un ordinateur ou une tablette pour visionner les oeuvres citées dans le récit afin d'en apprécier le contenu et le contexte de création 😉 Vous en verrez certaines différemment, l'art étant hautement subjectif ! Un livre hautement recommandable ! Je ne résiste pas à vous citer une de ses déclarations : "La seule différence entre moi et un fou, c'est que je ne suis pas fou !" Délicieux. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/dali-c-est-moi/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  6. Kevin Nivek

    Dali, c'est moi !

    Découvrir la vie du grand Salvador Dali, c'est pénétrer de plein fouet dans la création et l'Art à l'état pur ! La frontière avec la folie est mince, mais il est important de comprendre comment ces grands artistes ont pu arriver à cet état de création incroyable ! De sa naissance à Cadaques, puis Barcelone, Madrid, Paris, New-York, Londres, tant de villes dans lesquelles il a promu le surréalisme avec passion tout en s'affranchissant des principes chrétiens ! A travers son enfance vous découvrirez pourquoi et comment il deviendra l'un des plus grands artistes de son temps ! De ses rencontres avec d'illustres noms, Lorca le poète, Eluard, Picasso, Magritte, Ernst et bien-sûr, Gala la femme de Paul Eluard qui deviendra sa muse et son épouse, que de personnalités symbolisant l'art et la création ! L'artiste catalan rencontrera même Freud, son idole au cours d'une visite londonienne, pour un échange passionnant et tellement symbolique de l'inconscient source du surréalisme ! Une boucle bouclée en quelques sortes 😉 . Très bien documentée, passionnante et riche en anecdotes, cette biographie vous régalera de bout en bout ! Certes il faut aimer l'art et le style Dali, ce qui n'est pas donné à tout le monde, mais comment ne pas s'extasier devant ses "montres molles" ou "la métamorphose de Narcisse" !! Tant de chef d'oeuvres marquant l'histoire de l'art de son empreinte indélébile. Les auteurs n'épargnent pas les zones d'ombre du peintre, son va et vient entre communisme et franquisme, ses positions douteuses sur le prosélytisme d'Hitler et son rapport à l'argent grandissant ! Je conseille vivement de garder près de soi au cours de la lecture, un ordinateur ou une tablette pour visionner les oeuvres citées dans le récit afin d'en apprécier le contenu et le contexte de création 😉 Vous en verrez certaines différemment, l'art étant hautement subjectif ! Un livre hautement recommandable ! Je ne résiste pas à vous citer une de ses déclarations : "La seule différence entre moi et un fou, c'est que je ne suis pas fou !" Délicieux.
  7. Titre de l'album : La symphonie de Kaboul Scenariste de l'album : Sarah El Younsi Dessinateur de l'album : Léa Taillefert Coloriste : Léa Taillefert Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : L'incroyable aventure du seul orchestre féminin d'Afghanistan. Fondé au sein de l'Institut national de musique d'Afghanistan, Zohra est le premier orchestre féminin du pays. Sous la direction du Docteur Sarmast, ces jeunes femmes parcourent le monde et portent en elles une promesse fragile : celle de l'émancipation. Elles incarnent aussi un pays qui, malgré ses blessures, laisse encore la musique résonner. Mais entre le poids d'une société patriarcale et le retour des talibans au pouvoir, en août 2021, les espoirs des musiciennes volent en éclats. L'orchestre est contraint de fuir. Sahar, Zarifa et Fazila se retrouvent dispersées aux quatre coins du monde mais tentent malgré tout de poursuivre leur vie et leur rêve musical. Sarah El Younsi nous entraîne dans le sillage de ces femmes. À travers son récit, elle interroge le prix de la liberté, et la capacité de la musique à survivre, même en exil. Critique : Réalisatrice de documentaires, Sarah El Younsi réalise Keeping the music alive diffusé sur Arte en 2022 racontant la genèse de l'orchestre afghan féminin et sa tournée dans le monde. Opiniâtre, elle poursuit ce combat avec Michel Welterlin des éditions Steinkis en écrivant ce roman graphique centré sur le combat de ces femmes afghanes. Du début des années 2000 à aujourd'hui, vous suivrez la création de cet orchestre sous l'impulsion du Dr Sarmast, puis les tournées mondiales et toutes les difficultés que vont rencontrer cette troupe face aux rebonds de l'histoire. La scénariste ponctue le récit de frises chronologiques nous aidant à mieux cerner les forces en place dans ce pays en conflits permanents. Face aux événements jalonnant le territoire afghan, l'orchestre sera en adaptation permanente allant jusqu'à l'exil forcé lors de la reprise du pouvoir par les talibans suite au retrait des troupes américaines. Sahar, Zarifa et Fazila sont mises en avant pour personnifier cette lutte, leur combat illustrant celui des femmes afghanes dans leur ensemble pour la liberté des droits entre autres ! La musique comme un tremplin d'optimisme, car tout au long du récit elles ne perdent pas espoir et gardent profondément en elles ce souhait d'émancipation. Cela explique le choix des couleurs vives de l'illustratrice Léa Taillefert, elles sautent aux yeux dès les premières pages dans les rues de Kaboul ou en arrière-plan sur les contreforts de l'Himalaya. Son trait correspond au style rencontré dans la revue XXI, où elle a déjà réalisé des planches, un mélange de roman graphique et de documentaire. Pour la liberté au sens large du terme, humains et art ! Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/la-symphonie-de-kaboul/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  8. Kevin Nivek

    La symphonie de Kaboul

    Réalisatrice de documentaires, Sarah El Younsi réalise Keeping the music alive diffusé sur Arte en 2022 racontant la genèse de l'orchestre afghan féminin et sa tournée dans le monde. Opiniâtre, elle poursuit ce combat avec Michel Welterlin des éditions Steinkis en écrivant ce roman graphique centré sur le combat de ces femmes afghanes. Du début des années 2000 à aujourd'hui, vous suivrez la création de cet orchestre sous l'impulsion du Dr Sarmast, puis les tournées mondiales et toutes les difficultés que vont rencontrer cette troupe face aux rebonds de l'histoire. La scénariste ponctue le récit de frises chronologiques nous aidant à mieux cerner les forces en place dans ce pays en conflits permanents. Face aux événements jalonnant le territoire afghan, l'orchestre sera en adaptation permanente allant jusqu'à l'exil forcé lors de la reprise du pouvoir par les talibans suite au retrait des troupes américaines. Sahar, Zarifa et Fazila sont mises en avant pour personnifier cette lutte, leur combat illustrant celui des femmes afghanes dans leur ensemble pour la liberté des droits entre autres ! La musique comme un tremplin d'optimisme, car tout au long du récit elles ne perdent pas espoir et gardent profondément en elles ce souhait d'émancipation. Cela explique le choix des couleurs vives de l'illustratrice Léa Taillefert, elles sautent aux yeux dès les premières pages dans les rues de Kaboul ou en arrière-plan sur les contreforts de l'Himalaya. Son trait correspond au style rencontré dans la revue XXI, où elle a déjà réalisé des planches, un mélange de roman graphique et de documentaire. Pour la liberté au sens large du terme, humains et art !
  9. Kevin Nivek

    Sikkim stories

    Lorsqu'ils ont imaginé cette histoire de destins croisés dans le Sikkim, petit état indien situé au nord dans la chaîne de l'Himalaya, les auteurs ne s'imaginaient pas jouer les Cassandre ! A l'heure où l'on cherche toujours des survivants dans la crue dévastatrice au Népal, la catastrophe finale de l'album résonne en écho avec cette tragédie, mais prouve qu'ils sont bien conscients des réalités du terrain. On est donc dans un état limitrophe avec le Népal, la Chine (région autonome du Tibet), le Bhoutan et le Bengale-Occidental ! Une région multiculturelle aux langues et dialectes bien nombreux et variés ! Dans ce melting pot, on va suivre Sangay un éleveur nomade de yaks, Peema une botaniste de la ville venant régler la succession de son défunt père, puis Jaspreet le jeune militaire engagé sur les postes frontaliers. Autant de différences culturelles, religieuses et géographiques qui vont malgré tout réunir ces trois personnes au cours d'une nuit ! Mais avant ce dénouement, vous suivrez chacun des protagonistes dans son quotidien qui va le mener inexorablement vers cette finalité. Sous le prisme de leur parcours, on découvre les coutumes locales, le contexte géo-politique de cette région aux multiples frontières, le mille-feuilles administratif indien aux faux airs de 12 travaux d'Astérix, mais aussi les difficultés d'exister dans ces régions reculées que l'immense Inde semble négliger. On apprend et on se régale des planches à l'encre de Chine du talentueux Simon Lamouret au fil des 216 pages de ce remarquable roman graphique. Paysages et architectures des lieux vous transporteront aussi bien que les personnages avec ce trait typique semi-réaliste donnant à certaines pages des airs de photo-reportage. Un immersion au sens large des lieux sans aucun jugement, juste la vie de trois personnes bien différentes, connectées par les fils du destin !
  10. Titre de l'album : Sikkim stories Scenariste de l'album : Simon Lamouret, Pema Wangchuk Dorjee Dessinateur de l'album : Simon Lamouret Coloriste : Simon Lamouret Editeur de l'album : Sarbacane Note : Résumé de l'album : Un récit choral himalayen au sommet du Monde Niché au creux de l'Himalaya, le Sikkim est une terre convoitée. Longtemps gardiens de la mémoire des peuples, ses glaciers disparaissent. Pendant ce temps, les troupes s'amassent aux frontières. À la veille d'une catastrophe qui va changer le visage de la montagne, trois destins se croisent le temps d'une nuit... Critique : Lorsqu'ils ont imaginé cette histoire de destins croisés dans le Sikkim, petit état indien situé au nord dans la chaîne de l'Himalaya, les auteurs ne s'imaginaient pas jouer les Cassandre ! A l'heure où l'on cherche toujours des survivants dans la crue dévastatrice au Népal, la catastrophe finale de l'album résonne en écho avec cette tragédie, mais prouve qu'ils sont bien conscients des réalités du terrain. On est donc dans un état limitrophe avec le Népal, la Chine (région autonome du Tibet), le Bhoutan et le Bengale-Occidental ! Une région multiculturelle aux langues et dialectes bien nombreux et variés ! Dans ce melting pot, on va suivre Sangay un éleveur nomade de yaks, Peema une botaniste de la ville venant régler la succession de son défunt père, puis Jaspreet le jeune militaire engagé sur les postes frontaliers. Autant de différences culturelles, religieuses et géographiques qui vont malgré tout réunir ces trois personnes au cours d'une nuit ! Mais avant ce dénouement, vous suivrez chacun des protagonistes dans son quotidien qui va le mener inexorablement vers cette finalité. Sous le prisme de leur parcours, on découvre les coutumes locales, le contexte géo-politique de cette région aux multiples frontières, le mille-feuilles administratif indien aux faux airs de 12 travaux d'Astérix, mais aussi les difficultés d'exister dans ces régions reculées que l'immense Inde semble négliger. On apprend et on se régale des planches à l'encre de Chine du talentueux Simon Lamouret au fil des 216 pages de ce remarquable roman graphique. Paysages et architectures des lieux vous transporteront aussi bien que les personnages avec ce trait typique semi-réaliste donnant à certaines pages des airs de photo-reportage. Un immersion au sens large des lieux sans aucun jugement, juste la vie de trois personnes bien différentes, connectées par les fils du destin ! Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/sikkim-stories/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  11. Nickad

    Mal Aimer

    Titre de l'album : Mal Aimer Scenariste de l'album : Laurence Audras Dessinateur de l'album : Laurence Audras Coloriste : Editeur de l'album : Autres Editeurs/Auto editions Note : Résumé de l'album : Elle a quitté un homme violent. Qu'elle a aimé pourtant. Mal aimer raconte cette contradiction difficile à admettre : avoir été victime et avoir aimé. Laurence Audras refuse les simplifications. Elle dit la violence subie, mais aussi le manque, le désir, le chagrin - ce qui dérange, ce qui fait honte, ce que l'on intime souvent de taire. En revenant sur son passé, elle interroge ce qui rend possible la domination. Comment aimer quand on n'a pas appris à être aimée ? Car partir ne suffit pas. Il faut aussi survivre à l'injonction de se reconstruire vite et, de préférence, sans bruit. Mal aimer ne cherche ni à excuser ni à réparer : il tente de sauver quelque chose de plus fragile et vital - la capacité d'aimer encore, sans se perdre. Tous les droits d'auteure seront reversés à une association engagée contre les violences faites aux femmes. Critique : J'ai beaucoup aimé l'approche de l'autrice pour raconter son histoire. Le récit d'une relation amoureuse où la violence s'est invitée, l'histoire d'une femme qui, tout en étant parfaitement consciente qu'elle est une victime, ne se pose pas en martyre. Elle reconstruit le cheminement qui l'a amené à ces instants dramatiques tout en mettant en avant l'importance de ses sentiments. Elle ne devient pas non plus accusatrice. Oui, les faits de violence sont énoncés et le coupable est clairement désigné mais le sentiment qui ressort est différent. S'il est évident que cette violence n'aurait jamais due avoir lieue, les causes semblent plus tenir de la malchance que d'une volonté de vouloir faire le mal. La fin du livre est étonnamment touchante car elle souhaite le bonheur à son ex-compagnon. C'est une introspection très intéressante, j'ai souvent entendu des gens se demander comment une femme peut rester avec un conjoint violent ; ici, on comprend. C'est l'amour qui porte la relation, qui fait croire que l'on peut surmonter tous les problèmes, qui est assez puissant pour changer l'autre, qui nous submerge tellement qu'il nous donne un espoir, parfois aveugle, de se dire que tout s'arrangera. Et puis surtout un amour qui nous fait nous sentir vivant. J'ai été touchée par la partie où l'autrice parle de ce qu'elle a laissé dans cette relation, un constat qui n'est pas uniquement valable dans son cas mais dans n'importe quelle relation qui se finit sans que l'amour soit tari, sans pour autant qu'il y ait forcément de la violence. Je m'y suis retrouvée et je me suis dit que moi aussi, j'ai laissé une partie de mon cœur auprès de celui que j'ai aimé. Mais le livre de Laurence Audras va plus loin. Aurait-elle pu changer quelque chose ? Était-ce évitable ? Et surtout comment se reconstruire ? Comment vivre avec ce que cette histoire lui a apporté de bien comme de mal ? Il faut aussi parler du graphisme, parfois très clair, parfois symbolique et utilisant des métaphores visuelles, ce sont des moments de vie et des sentiments. La mise en page entre le texte et les dessins est intelligemment réfléchie et met en avant les points importants. Ce fut une lecture prenante, marquante et profondément humaine. Merci Mme Audras pour ce partage ! A noter que tous les droits d'auteur seront reversés à une association engagée contre les violences faites aux femmes !! Autres infos : Editions Hachette Type de l'album : Roman graphique Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/mal-aimer?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  12. Nickad

    Mal Aimer

    J'ai beaucoup aimé l'approche de l'autrice pour raconter son histoire. Le récit d'une relation amoureuse où la violence s'est invitée, l'histoire d'une femme qui, tout en étant parfaitement consciente qu'elle est une victime, ne se pose pas en martyre. Elle reconstruit le cheminement qui l'a amené à ces instants dramatiques tout en mettant en avant l'importance de ses sentiments. Elle ne devient pas non plus accusatrice. Oui, les faits de violence sont énoncés et le coupable est clairement désigné mais le sentiment qui ressort est différent. S'il est évident que cette violence n'aurait jamais due avoir lieue, les causes semblent plus tenir de la malchance que d'une volonté de vouloir faire le mal. La fin du livre est étonnamment touchante car elle souhaite le bonheur à son ex-compagnon. C'est une introspection très intéressante, j'ai souvent entendu des gens se demander comment une femme peut rester avec un conjoint violent ; ici, on comprend. C'est l'amour qui porte la relation, qui fait croire que l'on peut surmonter tous les problèmes, qui est assez puissant pour changer l'autre, qui nous submerge tellement qu'il nous donne un espoir, parfois aveugle, de se dire que tout s'arrangera. Et puis surtout un amour qui nous fait nous sentir vivant. J'ai été touchée par la partie où l'autrice parle de ce qu'elle a laissé dans cette relation, un constat qui n'est pas uniquement valable dans son cas mais dans n'importe quelle relation qui se finit sans que l'amour soit tari, sans pour autant qu'il y ait forcément de la violence. Je m'y suis retrouvée et je me suis dit que moi aussi, j'ai laissé une partie de mon cœur auprès de celui que j'ai aimé. Mais le livre de Laurence Audras va plus loin. Aurait-elle pu changer quelque chose ? Était-ce évitable ? Et surtout comment se reconstruire ? Comment vivre avec ce que cette histoire lui a apporté de bien comme de mal ? Il faut aussi parler du graphisme, parfois très clair, parfois symbolique et utilisant des métaphores visuelles, ce sont des moments de vie et des sentiments. La mise en page entre le texte et les dessins est intelligemment réfléchie et met en avant les points importants. Ce fut une lecture prenante, marquante et profondément humaine. Merci Mme Audras pour ce partage ! A noter que tous les droits d'auteur seront reversés à une association engagée contre les violences faites aux femmes !!
  13. Titre de l'album : Une histoire des Résistances Noires Américaines Scenariste de l'album : Ben Passmore Dessinateur de l'album : Ben Passmore Coloriste : Ben Passmore Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : États-Unis : Philando Castile est assassiné par un policier dans sa voiture, sous les yeux de sa famille. Ce meurtre est l'étincelle qui lance un grand mouvement de rébellion dans tout le pays. Mais Ben, bien que choqué par la situation, ne se sent pas concerné par cet élan de révolte. Alors, son père Ronnie décide de lui transmettre ce qu'il ne peut pas ignorer : une histoire longue, faite de sang, de rage et de résistance. Car nul ne peut avancer sans connaître son histoire. Des Black Panthers à #BlackLivesMatter, de Robert Charles à George Floyd, Ben traverse plus d'un siècle de résistance, à la rencontre de ceux qui se sont opposés à la domination d'un État raciste. Critique : Très engagé dans la lutte contre l'oppression raciale aux Etats-Unis, Ben Passmore pourrait bien marquer les esprits avec sa nouvelle oeuvre sélectionnée pour les Eisner awards : Une histoire des résistances noires américaines. Tout commence en 2016 avec le décès de Philando Castile, abattu au volant de sa voiture sous les yeux de sa compagne et d'une fillette suite à un contrôle de police. Ce "fait divers" laisse Ben dubitatif, c'est donc essentiellement l'intervention de son père qui va le transporter dans l'histoire américaine pour plus d'un siècle de voyages dans le passé ! Si l'on connait Malcom X et Martin Luther King, vous découvrirez dans ce passionnant ouvrage bien d'autres acteurs d'une révolte jalonnée de sang et d'actes héroïques. A l'été 1900, Robert Charles s'est révolté en tuant deux policiers suite à des énièmes actes de violences gratuites perpétrées à l'encontre des populations noires. Une ballade sanglante passée sous silence si ce n'est un appel à commémoration du pianiste Jelly Roll bien plus tard. La Nouvelle-Orléans théâtre de cette fusillade, mais aussi de l'ascension de Marcus Garvey ayant le rêve d'une nation noire capitaliste pouvant rivaliser avec les blancs états-uniens. En véritable précurseur du "panafricanisme" il créera des mouvements de 1918 à 1922 pour émanciper les afro-américains. Il inspirera fortement le père de Malcom X, influant à son tour le destin tragique du prédicateur assassiné à Harlem en 1965. Vous avancerez ainsi au fil des pages dans une trichromie noire et blanche aux notes de rose, pour l'histoire de ces personnalités marqués à vif et restées parfois sans lendemains. Une passionnante plongée dans l'histoire américaine ! Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/une-histoire-des-resistances-noires-americaines/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  14. Très engagé dans la lutte contre l'oppression raciale aux Etats-Unis, Ben Passmore pourrait bien marquer les esprits avec sa nouvelle oeuvre sélectionnée pour les Eisner awards : Une histoire des résistances noires américaines. Tout commence en 2016 avec le décès de Philando Castile, abattu au volant de sa voiture sous les yeux de sa compagne et d'une fillette suite à un contrôle de police. Ce "fait divers" laisse Ben dubitatif, c'est donc essentiellement l'intervention de son père qui va le transporter dans l'histoire américaine pour plus d'un siècle de voyages dans le passé ! Si l'on connait Malcom X et Martin Luther King, vous découvrirez dans ce passionnant ouvrage bien d'autres acteurs d'une révolte jalonnée de sang et d'actes héroïques. A l'été 1900, Robert Charles s'est révolté en tuant deux policiers suite à des énièmes actes de violences gratuites perpétrées à l'encontre des populations noires. Une ballade sanglante passée sous silence si ce n'est un appel à commémoration du pianiste Jelly Roll bien plus tard. La Nouvelle-Orléans théâtre de cette fusillade, mais aussi de l'ascension de Marcus Garvey ayant le rêve d'une nation noire capitaliste pouvant rivaliser avec les blancs états-uniens. En véritable précurseur du "panafricanisme" il créera des mouvements de 1918 à 1922 pour émanciper les afro-américains. Il inspirera fortement le père de Malcom X, influant à son tour le destin tragique du prédicateur assassiné à Harlem en 1965. Vous avancerez ainsi au fil des pages dans une trichromie noire et blanche aux notes de rose, pour l'histoire de ces personnalités marqués à vif et restées parfois sans lendemains. Une passionnante plongée dans l'histoire américaine !
  15. Titre de l'album : Le Royaume d'après - Tome 3 - L'éther Scenariste de l'album : Marc Dubuisson Dessinateur de l'album : Margaux Saltel Coloriste : Margaux Saltel Editeur de l'album : Le Lombard Note : Résumé de l'album : Enfin arrivée dans l'Éther, la petite troupe se rapproche de Mary, la soeur de Christopher. Mais encore faut-il pouvoir la sauver. Comment faire alors que Morrigan a été enlevée par le terrible Eliagorh ? Christopher arrivera-t-il à utiliser la magie ? Dans un monde où celle-ci est complètement interdite, le danger sera difficile à écarter. Heureusement que l'Éther est aussi peuplé d'alliés... et qu'on y trouve de délicieux beignets aux myrtilles ! Critique : Ce tome 3 vient clôturer cette jolie série jeunesse qui aborde le deuil sous l'angle du fantastique pour nous délivrer un joli message d'espoir. Si elle est plutôt destinée à un public jeune, elle garde une réelle profondeur et une grande tendresse. Le dénouement est classique et convenu mais assez bien amené et tout en logique, cette histoire n'effraiera pas nos plus jeunes tout en leur délivrant une bien jolie réflexion. Si les dessins de Margaux Saltel ne sont pas dans le style que j'affectionne le plus, ils se rapprochent néanmoins des animations des dessins animés actuels de bonne facture. Les personnages et les scènes sont facilement lisibles et même quand il y a usage de magie cela reste assez limpide avec de bien jolies couleurs. Cette petite série de bd fera probablement du bien à des jeunes confrontés à des difficultés qu'on aurait souhaité qu'il n'aient jamais à affronter comme la perte d'un être cher. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/le-royaume-d-apres-tome-3-l-ether/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  16. Ce tome 3 vient clôturer cette jolie série jeunesse qui aborde le deuil sous l'angle du fantastique pour nous délivrer un joli message d'espoir. Si elle est plutôt destinée à un public jeune, elle garde une réelle profondeur et une grande tendresse. Le dénouement est classique et convenu mais assez bien amené et tout en logique, cette histoire n'effraiera pas nos plus jeunes tout en leur délivrant une bien jolie réflexion. Si les dessins de Margaux Saltel ne sont pas dans le style que j'affectionne le plus, ils se rapprochent néanmoins des animations des dessins animés actuels de bonne facture. Les personnages et les scènes sont facilement lisibles et même quand il y a usage de magie cela reste assez limpide avec de bien jolies couleurs. Cette petite série de bd fera probablement du bien à des jeunes confrontés à des difficultés qu'on aurait souhaité qu'il n'aient jamais à affronter comme la perte d'un être cher.
  17. Titre de l'album : Nanterre avant l'orage Scenariste de l'album : Feurat Alani Dessinateur de l'album : Ulysse Gry Coloriste : Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : Nanterre, quartier Pablo Picasso. À l'été 2023, le meurtre de Nahel, 17 ans, frappe une cité déjà marquée par l'injustice et l'oubli. Les flammes, les émeutes et la sidération médiatique font soudain exister un lieu et ses habitants, mais seulement à travers la violence. Cette bande dessinée propose de raconter autrement : de l'intérieur. C'est un voyage dans la mémoire d'un quartier trop souvent réduit à des clichés, où la vie ne se résume pas aux affrontements avec la police. On y suit des habitants dans leur quotidien - rires, rêves, colères, solidarités - comme autant de fragments de dignité. Nanterre, avant l'orage interroge : pourquoi faut-il la mort pour que la société regarde enfin ? Qu'est-ce qu'on choisit de voir, et qu'est-ce qu'on efface ? En donnant voix et visage à ceux qu'on n'écoute jamais, la bande dessinée trace le portrait sensible d'un territoire en clair-obscur, à deux pas de La Défense mais relégué dans l'ombre. Critique : Habitué des BD sociétales, Ulysse Gry s'associe avec Feurat Alani grand reporter, pour illustrer et raconter la vie au sein de la cité Pablo Picasso au nord-ouest de Paris. Feurat Alani revient dans les tours de son enfance, immeubles créés par l'architecte Aillaud au milieu des années 70, aux formes "art nouveau" leur donnant le nom de "tours nuages" avec ces fenêtres en goutte d'eau. On le suit "caméra à l'épaule" , déambulant dans les rues du quartier au contact des habitants et de ce serpent cyclopéen sinuant au pied des tours. La population est sous le choc des événements ayant conduit au décès de Nahel lors d'une course-poursuite avec les forces de l'ordre. On sent la pression monter mais pas de la même façon selon les personnes interrogées. Chaque ressenti est ainsi exposé par le duo d'auteurs qui cherche vraiment à mettre en avant l'entraide sociale et une certaine forme de fatalité face à la perte d'un des leurs. Le dessin coloré, marqué par le rouge et le rose avec des notes grisâtres sur les architectures, englobe les protagonistes dans cet entourage organique bétonné, le tout sous un ciel nuageux et annonciateur de "grain" à venir. Sans être trop à charge envers la police, le récit reste manichéen dans son approche de la cité et son microcosme, c'est du moins l'impression que j'ai vu de l'extérieur n'ayant jamais vécu dans un tel contexte. Comment ce climat général d'entraide peut-il accoucher de violences sociales ? Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/nanterre-avant-l-orage/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  18. Kevin Nivek

    Nanterre avant l'orage

    Habitué des BD sociétales, Ulysse Gry s'associe avec Feurat Alani grand reporter, pour illustrer et raconter la vie au sein de la cité Pablo Picasso au nord-ouest de Paris. Feurat Alani revient dans les tours de son enfance, immeubles créés par l'architecte Aillaud au milieu des années 70, aux formes "art nouveau" leur donnant le nom de "tours nuages" avec ces fenêtres en goutte d'eau. On le suit "caméra à l'épaule" , déambulant dans les rues du quartier au contact des habitants et de ce serpent cyclopéen sinuant au pied des tours. La population est sous le choc des événements ayant conduit au décès de Nahel lors d'une course-poursuite avec les forces de l'ordre. On sent la pression monter mais pas de la même façon selon les personnes interrogées. Chaque ressenti est ainsi exposé par le duo d'auteurs qui cherche vraiment à mettre en avant l'entraide sociale et une certaine forme de fatalité face à la perte d'un des leurs. Le dessin coloré, marqué par le rouge et le rose avec des notes grisâtres sur les architectures, englobe les protagonistes dans cet entourage organique bétonné, le tout sous un ciel nuageux et annonciateur de "grain" à venir. Sans être trop à charge envers la police, le récit reste manichéen dans son approche de la cité et son microcosme, c'est du moins l'impression que j'ai vu de l'extérieur n'ayant jamais vécu dans un tel contexte. Comment ce climat général d'entraide peut-il accoucher de violences sociales ?
  19. Kevin Nivek

    Belle de soie

    C'est une véritable coup de maître que réalise Pavel Bart avec cette première oeuvre marquée du sceau du talent ! Ayant découvert le monde médiéval durant ses études aux arts-décos, il est saisit pat la gigantesque tapisserie de l'Apocalypse au cours d'une visite à Angers ! C'est peut-être à ce moment qu'est né ce projet d'un roman graphique tenant place à cet âge de notre évolution, tout en y ajoutant un zeste de fantastique. Dès les premières pages, son trait semi-réaliste nous immerge totalement dans cet univers moyenâgeux à travers ces maisons à colombages, ces venelles étroites pavées ainsi que les costumes. Un grand soucis du détail est à l'oeuvre pour notre plus grand plaisir et il se paye le luxe de nous balader au fil des chapitres avec un scénario parfaitement maîtrisé, laissant planer le doute et les mystères à de nombreuses reprises, tout en renforçant l'empathie pour les personnages. Comment en effet ne pas être touché par le destin de cette jeune femme aux yeux vairons, qui va subir plutôt qu'être actrice de son futur ! Je ne peux vous en révéler plus sous peine de spoiler le récit, mais sachez que vous ne pourrez plus lâcher le livre avant de l'avoir fini ! Cerise sur le gâteau, la fin est des plus réussie, exercice pourtant difficile avec telle une ambition scénaristique ! La pagination conséquente défile sous vos yeux émerveillés devant tant de grâce et de magie, c'est un véritable conte pour adultes qu'il nous livre avec un talent rare ! Maintenant il va falloir confirmer avec un nouveau projet Monsieur Pavel Bart 😉
  20. Kevin Nivek

    Belle de soie

    Titre de l'album : Belle de soie Scenariste de l'album : Pavel Bart Dessinateur de l'album : Pavel Bart Coloriste : Pavel Bart Editeur de l'album : Delcourt Note : Résumé de l'album : Dans ce conte médiéval où le merveilleux côtoie le mystère, une mère s'élève contre le destin pour sauver sa fille alors même que le monde se fige peu à peu, en prise avec une pestilence surnaturelle. Il était une fois une tisseuse de soie, qui accepta de laisser sa fille partir avec la duchesse et son fils à la cour du roi. Ce voyage promettait un étincelant avenir pour la fille de la tisserande, mais hélas, jamais le destin ne suit le fil qu'on croit... Et c'est alors au tour de la mère de partir sauver sa fille à travers le monde, où l'épouvantable peste de pierre répand l'effroi... Critique : C'est une véritable coup de maître que réalise Pavel Bart avec cette première oeuvre marquée du sceau du talent ! Ayant découvert le monde médiéval durant ses études aux arts-décos, il est saisit pat la gigantesque tapisserie de l'Apocalypse au cours d'une visite à Angers ! C'est peut-être à ce moment qu'est né ce projet d'un roman graphique tenant place à cet âge de notre évolution, tout en y ajoutant un zeste de fantastique. Dès les premières pages, son trait semi-réaliste nous immerge totalement dans cet univers moyenâgeux à travers ces maisons à colombages, ces venelles étroites pavées ainsi que les costumes. Un grand soucis du détail est à l'oeuvre pour notre plus grand plaisir et il se paye le luxe de nous balader au fil des chapitres avec un scénario parfaitement maîtrisé, laissant planer le doute et les mystères à de nombreuses reprises, tout en renforçant l'empathie pour les personnages. Comment en effet ne pas être touché par le destin de cette jeune femme aux yeux vairons, qui va subir plutôt qu'être actrice de son futur ! Je ne peux vous en révéler plus sous peine de spoiler le récit, mais sachez que vous ne pourrez plus lâcher le livre avant de l'avoir fini ! Cerise sur le gâteau, la fin est des plus réussie, exercice pourtant difficile avec telle une ambition scénaristique ! La pagination conséquente défile sous vos yeux émerveillés devant tant de grâce et de magie, c'est un véritable conte pour adultes qu'il nous livre avec un talent rare ! Maintenant il va falloir confirmer avec un nouveau projet Monsieur Pavel Bart 😉 Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/belle-de-soie/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  21. The_PoP

    Ce qu'il reste de toi et moi

    Après l'adaptation réussie de "ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une", le duo d'auteur constitué par le scénariste Lylian et la dessinatrice Sophie Ruffieux continue sur sa lancée et nous livre un nouveau roman graphique illustrant une tranche de vie d'un couple, de ses débuts à ses troubles. On reste toujours dans une ambiance feel good ou bisounours qui n'est pas pour me déplaire. Si certains passages semblent un peu caricaturaux, d'autres sont bien sentis, et une vraie finesse se dégage au fil des pages. Sophie Ruffieux livre une nouvelle prestation très propre, aux dessins chaleureux et adaptés aux thèmes abordés. Rien de révolutionnaire certes pour un genre qui a déjà posé ces bases depuis longtemps mais c'est bien exécuté et les mises en scènes sont réussies. Ce qu'il reste de toi et moi est un roman graphique à conseiller aux amateurs de romans graphiques sur des tranches de vie et amenant quelques réflexions intéressantes sur nos vies.
  22. Titre de l'album : Ce qu'il reste de toi et moi Scenariste de l'album : Lylian Dessinateur de l'album : Sophie Ruffieux Coloriste : Sophie Ruffieux Editeur de l'album : Soleil Note : Résumé de l'album : Armelle et Entso sont en couple depuis 15 ans. Un travail, des enfants, une petite maison dans la banlieue parisienne. Les jours passent et se ressemblent pour ce gentil couple qui a tout et rien pour être heureux. Lors d'un moment intime, une conversation s'engage, les reproches pleuvent, la crise éclate. Fin de partie. Armelle et Entso, l'histoire d'un couple qui a tout et rien pour être heureux. De leur rencontre passionnée à la lassitude d'un quotidien rythmé par les enfants, le travail, la routine... leur couple s'effondre lentement, et la séparation devient la seule issue pour Armelle. Éloignés mais ensemble, Armelle et Entso vont explorer ce qu'il reste d'eux et peut-être se donner la chance de se rencontrer à nouveau. Une histoire singulière mais universelle. Critique : Après l'adaptation réussie de "ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une", le duo d'auteur constitué par le scénariste Lylian et la dessinatrice Sophie Ruffieux continue sur sa lancée et nous livre un nouveau roman graphique illustrant une tranche de vie d'un couple, de ses débuts à ses troubles. On reste toujours dans une ambiance feel good ou bisounours qui n'est pas pour me déplaire. Si certains passages semblent un peu caricaturaux, d'autres sont bien sentis, et une vraie finesse se dégage au fil des pages. Sophie Ruffieux livre une nouvelle prestation très propre, aux dessins chaleureux et adaptés aux thèmes abordés. Rien de révolutionnaire certes pour un genre qui a déjà posé ces bases depuis longtemps mais c'est bien exécuté et les mises en scènes sont réussies. Ce qu'il reste de toi et moi est un roman graphique à conseiller aux amateurs de romans graphiques sur des tranches de vie et amenant quelques réflexions intéressantes sur nos vies. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien Partenaire : https://www.editions-soleil.fr/bd/series/serie-ce-qu-il-reste-de-toi-et-moi/album-ce-qu-il-reste-de-toi-et-moi/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  23. Kevin Nivek

    Le mage du Kremlin

    En lisant cette extraordinaire plongée dans les arcanes du pouvoir russe, je n'ai pu m'empêcher de penser au roman Limonov d'Emmanuel Carrère (édition POL), jusqu'à ce que je l'aperçoive dans ces pages, il ne pouvait en être autrement tant il incarne les contradictions de ce pays ! Enfin, contradictions sous le prisme "européano-américain", car pour une partie du peuple russe, l'émergence de Poutine n'est qu'une suite logique jalonnant la longue histoire de cet immense pays où Staline incarne encore et toujours l'idole du peuple. L'originalité de ce récit vient essentiellement de la montée en puissance de Vadim Baranov, descendant des rares "russes blancs" encore en vie, qui va orchestrer l'avènement de Poutine et sa continuité du pouvoir, envers et contre tous ! En effet, vous croiserez le président russe, mais toujours sous le prisme de Baranov qui est la "tsar" de cette histoire (sans faute de frappe 😉 ) . La première rencontre avec Poutine, ses impressions sur l'homme, puis le contrôle de l'information, l'élimination des gêneurs sous toutes les formes, ce duo va imaginer tous les stratagèmes possibles pour ne souffrir d'aucune contestation possible ! En situant le contexte historique post Gorbatchev et Eltsine, la Russie sort en effet d'une période de liberté totale du peuple et (selon Poutine) d'une peut-être trop grande influence occidentale sur les idées politiques. Un terreau peu fertile pour Vladimir Poutine, qu'il va s'empresser de labourer pour y semer ses graines bien plus "contrôlées". Pour illustrer cette formidable "biographie", l'auteur de la série Le tueur (Casterman) Luc Jacamon réalise des planches fantastiques ! Que ce soit les paysages enneigés et leurs couchers de soleil aux couleurs stupéfiantes, ou des environnements plus citadins avec les salons feutrés ou encore la Place rouge, tout est superbe et d'une précision incroyable ! Il semble au sommet de son art avec ce roman graphique tant le résultat est beau ! Une formidable lecture dans laquelle vous apprendrez tout en vous émerveillant du dessin de Monsieur Luc Jacamon !
  24. Titre de l'album : Le mage du Kremlin Scenariste de l'album : Luc Jacamon Dessinateur de l'album : Luc Jacamon Coloriste : Luc Jacamon Editeur de l'album : Casterman Note : Résumé de l'album : Le best-seller de Giuliano Da Empoli servi par le dessin de Luc Jacamon On l'appelait le « mage du Kremlin ». Vadim Baranov, ancien metteur en scène devenu éminence grise de Poutine, fascine autant qu'il intrigue. Un soir, il livre enfin son histoire au narrateur : des coulisses du pouvoir russe surgit un monde de manipulations et d'illusions, où la politique devient théâtre. De la Tchétchénie à l'Ukraine, Le Mage du Kremlin dévoile les ressorts du régime et médite sur la nature du pouvoir. Dans cette adaptation, Luc Jacamon donne corps à la Russie post-soviétique grâce à son réalisme stylisé, parfaitement adapté à cet univers implacable. Critique : En lisant cette extraordinaire plongée dans les arcanes du pouvoir russe, je n'ai pu m'empêcher de penser au roman Limonov d'Emmanuel Carrère (édition POL), jusqu'à ce que je l'aperçoive dans ces pages, il ne pouvait en être autrement tant il incarne les contradictions de ce pays ! Enfin, contradictions sous le prisme "européano-américain", car pour une partie du peuple russe, l'émergence de Poutine n'est qu'une suite logique jalonnant la longue histoire de cet immense pays où Staline incarne encore et toujours l'idole du peuple. L'originalité de ce récit vient essentiellement de la montée en puissance de Vadim Baranov, descendant des rares "russes blancs" encore en vie, qui va orchestrer l'avènement de Poutine et sa continuité du pouvoir, envers et contre tous ! En effet, vous croiserez le président russe, mais toujours sous le prisme de Baranov qui est la "tsar" de cette histoire (sans faute de frappe 😉 ) . La première rencontre avec Poutine, ses impressions sur l'homme, puis le contrôle de l'information, l'élimination des gêneurs sous toutes les formes, ce duo va imaginer tous les stratagèmes possibles pour ne souffrir d'aucune contestation possible ! En situant le contexte historique post Gorbatchev et Eltsine, la Russie sort en effet d'une période de liberté totale du peuple et (selon Poutine) d'une peut-être trop grande influence occidentale sur les idées politiques. Un terreau peu fertile pour Vladimir Poutine, qu'il va s'empresser de labourer pour y semer ses graines bien plus "contrôlées". Pour illustrer cette formidable "biographie", l'auteur de la série Le tueur (Casterman) Luc Jacamon réalise des planches fantastiques ! Que ce soit les paysages enneigés et leurs couchers de soleil aux couleurs stupéfiantes, ou des environnements plus citadins avec les salons feutrés ou encore la Place rouge, tout est superbe et d'une précision incroyable ! Il semble au sommet de son art avec ce roman graphique tant le résultat est beau ! Une formidable lecture dans laquelle vous apprendrez tout en vous émerveillant du dessin de Monsieur Luc Jacamon ! Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/le-mage-du-kremlin/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  25. Kevin Nivek

    L'oiseau chanteur

    Auteurs de la trilogie chilienne parue chez Steinkis, le couple Frappier se lance dans un nouvel exercice de style avec un récit plus personnel et intime : L'oiseau chanteur. Cet oiseau servira de fil conducteur en traversant les époques racontées par la scénariste et mis en images par Alain Frappier délaissant sa ligne claire momentanément. En effet, vous constaterez dès les premières pages que son trait a changé au cours des funérailles de la maman. Le ton est plus charbonneux, crayonné, avec des gris sombres et un noir omniprésent comme sur de vieilles photos usées par le temps et retrouvées dans la malle au fond du grenier. Cela commence par un enterrement qui servira d'élément déclencheur à un retour vers le passé pour Désirée Frappier ! Le duo brise les codes de la narration classique avec une page de droite consacrée au dessin illustrant les écrits de la page de gauche. Désirée raconte au moyen de phrases courtes et retourne à la ligne constamment pour des dialogues ou des souvenirs épars disséminés dans des descriptions courtes que le dessinateur met en image sur la page d'à côté. L'oeil fait l'essuie-glace de gauche à droite et vice et versa dans un exercice de lecture surprenant de prime abord mais auquel on s'habitue vite, tant le propos est prenant et formidablement bien écrit. Lorsqu'elle nous livre ses blessures infantiles, ce sont les nôtres qui ressurgissent, à différents degrés et s'il y en a bien évidemment, mais l'auteure est sans concessions dans cette "autobiographie" de son enfance. On est plongé dans le quotidien de cette famille de quatre enfants et happé par les écrits et le dessin qui alterne des gros plans sur des parties anatomiques, ou la fameuse maison de pierres isolée dans la campagne et véritable protagoniste de l'histoire à travers ses bruits et autres sensations perçues par Désirée. Très difficile de noter une telle oeuvre, mais je gage qu'elle trouvera un écho en chacun de vous et si ce n'est pas le cas, vous pourrez toujours contempler le très élégant style littéraire de Désirée Frappier.
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