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  1. Kevin Nivek

    Tisseuse

    Les voyages temporels sont toujours aussi complexes à utiliser dans les histoires même joliment contées, Léna Canaud parvient à simplifier légèrement le concept. Imaginez deux univers parallèles, un situé dans le présent pendant que l'autre accuse sept ans de retard. Une voie de communication entre les deux, un puits pour le "présent" et une cheminée pour le "passé". Ethel est tisseuse, en charge des lettres à expédier de l'autre côté. Imaginez ce que vous pourriez écrire à votre autre moi ou une connaissance de sept ans de moins ! Sept années durant lesquelles de multiples événements peuvent se dérouler, positifs ou dramatiques. Garante de ce secret, Ethel répertorie les lettres sous formes de voeux, et les expédie dans le puits. Mais que faire quand la dramaturgie intervient dans sa vie ? Elle va jouer les Cassandre et intervenir dans le "passé", le hic étant que les destins tels des fils sur une tapisserie se croisent et sont multiples ! Un événements passé peut engendrer des variables bien différentes ensuite et le monde que Ethel va découvrir en changeant d'univers va s'avérer bien différent du sien ! Sous ses airs de BD jeunesse avec un graphisme rond et simple, cette histoire va vous surprendre. On s'égare parfois dans cette grande galerie de personnages, certains sont les mêmes mais ont évolué différemment dans l'autre univers. Elle nous aide en donnant des ambiances spécifiques dans chacun. Ainsi le sépia prédomine dans le présent ou monde des tisseuses, alors que le bleu caractérise le passé, le monde des gardiennes. A travers cette histoire qui prend des allures de romance, l'auteure pose des questions sur le libre arbitre, les regrets et l'infini des possibles ! Une lecture intéressante qui mérite que l'on s'y attarde voire que l'on s'y remette car complexe au demeurant 😉
  2. Kevin Nivek

    Une année chez les français

    Une année en immersion profonde dans le système éducatif français au sein d'un lycée dans la magnifique ville de Casablanca ! Une année sous le prisme du jeune Mehdi (ou du romancier Fouad Laroui) un peu perdu entre deux cultures. Et pourtant il est brillant ce petit, sa répartie surprend les membres de l'établissement, autant que sa culture générale déjà importante pour un enfant de son âge voire de ses origines ! Car les français en charge de la scolarité respectent dans l'ensemble le programme dicté par l'académie française sans imaginer les profondes dissonances avec la culture marocaine. Mehdi vient d'une famille riche lui ayant donné accès à une bonne éducation "occidentale", sans pour autant renier leur propre culture. Il navigue donc de l'une à l'autre en se liant d'amitié avec des camarades et en s'adaptant aux comportements du personnel du lycée. Du pion faisant l'éloge de Karl Marx, au cuistot conciliant et traducteur, en passant par la ménagère/lingère rarement souriante, c'est toute une galerie de personnages hétéroclites pour un récit qui s'apparente parfois à un vaudeville. Le passé d'institutrice de Carbone la scénariste ressurgit au sein des pages, en démontrant combien l'enfance et l'éducation sont des composantes essentielles à la construction de chacun. La ligne claire de BeneDi rend la lecture facile et agréable. Elle n'hésite pas à grossir le trait sur certaines expressions faciales et fait preuve d'une belle qualité graphique sur des planches détaillées. La devise de l'éditeur Steinkis "Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts" de Isaac Newton, convient parfaitement à cette histoire maniant avec élégance le colonialisme et l'intégration.
  3. Titre de l'album : Une année chez les français Scenariste de l'album : Carbone, Fouad Laroui Dessinateur de l'album : BeneDi Coloriste : Alessandra Alexakis Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : D'après le roman de Fouad Laroui 1970, un an après les premiers pas de l'homme sur la Lune, Mehdi fait sa rentrée au lycée Lyautey. C'est flanqué d'une petite valise et de deux dindons qu'il arrive désemparé au prestigieux lycée français de Casablanca. Pour le jeune garçon avide de savoir, le décalage est rude entre son village au pied des montagnes de l'Atlas et cet établissement où se croisent la bourgeoisie française et marocaine. Alors que s'amorce l'année scolaire, Mehdi va devoir trouver sa voie et s'adapter à cet univers étrange où les cultures se mêlent et se confrontent. Critique : Une année en immersion profonde dans le système éducatif français au sein d'un lycée dans la magnifique ville de Casablanca ! Une année sous le prisme du jeune Mehdi (ou du romancier Fouad Laroui) un peu perdu entre deux cultures. Et pourtant il est brillant ce petit, sa répartie surprend les membres de l'établissement, autant que sa culture générale déjà importante pour un enfant de son âge voire de ses origines ! Car les français en charge de la scolarité respectent dans l'ensemble le programme dicté par l'académie française sans imaginer les profondes dissonances avec la culture marocaine. Mehdi vient d'une famille riche lui ayant donné accès à une bonne éducation "occidentale", sans pour autant renier leur propre culture. Il navigue donc de l'une à l'autre en se liant d'amitié avec des camarades et en s'adaptant aux comportements du personnel du lycée. Du pion faisant l'éloge de Karl Marx, au cuistot conciliant et traducteur, en passant par la ménagère/lingère rarement souriante, c'est toute une galerie de personnages hétéroclites pour un récit qui s'apparente parfois à un vaudeville. Le passé d'institutrice de Carbone la scénariste ressurgit au sein des pages, en démontrant combien l'enfance et l'éducation sont des composantes essentielles à la construction de chacun. La ligne claire de BeneDi rend la lecture facile et agréable. Elle n'hésite pas à grossir le trait sur certaines expressions faciales et fait preuve d'une belle qualité graphique sur des planches détaillées. La devise de l'éditeur Steinkis "Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts" de Isaac Newton, convient parfaitement à cette histoire maniant avec élégance le colonialisme et l'intégration. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/une-annee-chez-les-francais/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  4. Premier grand coup de coeur pour cette rentrée littéraire avec ce roman graphique somptueux de la néophyte dans le monde du 9ème art : Mansoureh Kamari. Traitant de la condition des femmes dans son pays d'origine l'Iran, sujet ô combien difficile, elle nous déroute complétement par la finesse de son trait et l'élégance qu'elle donne au récit. Intégrer de la grâce dans une histoire aussi sombre et triste que la sienne, c'est digne d'un grand talent ! Aussi, ce coup de coeur n'est pas lié au propos, car vous me direz qu'il est facile de mettre 5 étoiles en hommage au combat de ces femmes opprimées, non ou plutôt pas que, Mansoureh Kamari m'a littéralement impressionné par son dessin, l'art du découpage et l'émotion ressentie au moment de contempler la hauteur de son art graphique. Mêlant présent et flashbacks, elle joue sur les noirs et blancs, tout en mettant un peu de couleurs dans un présent en reconstruction et en symbiose avec son nouvel univers sans barrières ; elle est libre de se recréer pleinement et s'exposer à nu comme elle le fait dès les premières pages. Mais pour en arriver là, elle vous racontera les sévices subis, la peur constante de mal faire dans une société patriarcale au possible où le père règne en maître absolu. Offrant les délicates courbes de son corps aux étudiants en art, elle se remémore les étapes importantes de sa jeune vie marquée par la frustration et l'incapacité de faire changer les lignes. On sent que ce roman graphique était déjà mûr dans son esprit depuis un certain temps, aujourd'hui elle peut crier son message en paix, libre et dévouée à son art ! il me tarde déjà de revoir ce dessin et sa mise en scène sur de la fiction, quel talent, non mais quel talent !
  5. Très impliquée au sein des OMG et sur des revues traitant des aspects politiques et sociaux de l'Afrique, Annick Kamgang réalise un roman graphique nerveux sur l'histoire de la décolonisation du Cameroun. Sans énumérer les grandes dates et hauts faits politiques généraux de l'époque, elle préfère centrer le récit sur la vie d'une famille directement impactée par ces événements. Nous découvrons donc Miriam à notre époque et en France, découvrant la grave maladie de son père l'ayant abandonnée 25 ans plus tôt et toujours installé au Cameroun. En quête de vérité sur son passé elle s'envole avec son fils pour le pays des "Lions indomptables" et remonte le temps au fil de ses rencontres. Peu à peu elle va déterrer le passé de son père mais aussi et indirectement la vision qu'elle a/avait de lui même. Révélations chocs sur un destin hors du commun intimement lié au pays et son processus de décolonisation, pour une Miriam totalement désemparée ! Dans cette bichromie en ligne claire, vous allez voyager dans le temps et découvrir les conditions de décolonisation avec les forces en présence toutes fidèles à des objectifs bien différents. Les anciens colons français désireux de garder une influence locale, les jeunes politiciens locaux avides de pouvoir et enfin les "maquisards" ou résistants souhaitant un pays absolument libre. L'indépendance date du 1er janvier 1960, mais vous verrez que les vieux démons sont encore présents ! Un polar "historico-famillial" tendu et bien documenté ! Il est enrichi d'annexes en fin d'album complétant cette période trouble.
  6. Titre de l'album : Les enfants du Pays - Un thriller familial au coeur de la guerre de décolonisation du Cameroun Scenariste de l'album : Annick Kamgang, Adelphe Touck Ntep Dessinateur de l'album : Annick kamgang Coloriste : Annick Kamgang Editeur de l'album : La boite à bulles Note : Résumé de l'album : Miriam apprend que son père Hubert, qui l'a abandonnée vingt-cinq ans auparavant, est gravement malade. Déterminée à obtenir des réponses de sa part, elle se rend à son chevet au Cameroun. Son père mourant n'aura cependant ni le temps ni la force de lui raconter sa vie et ce qui l'a conduit à couper les ponts avec sa famille. Alors Miriam commence son enquête, interrogeant ceux qui ont côtoyé son père. Elle plonge, au fil de ses recherches, dans l'histoire tourmentée du Cameroun, de sa la lutte pour l'indépendance et contre la mainmise française sur le pays, une fois la colonie théoriquement « libérée ». Et ses découvertes pourraient bien la mettre en danger... Une autofiction captivante qui tient tout à la fois du thriller, du drame familial et du récit historique... Critique : Très impliquée au sein des OMG et sur des revues traitant des aspects politiques et sociaux de l'Afrique, Annick Kamgang réalise un roman graphique nerveux sur l'histoire de la décolonisation du Cameroun. Sans énumérer les grandes dates et hauts faits politiques généraux de l'époque, elle préfère centrer le récit sur la vie d'une famille directement impactée par ces événements. Nous découvrons donc Miriam à notre époque et en France, découvrant la grave maladie de son père l'ayant abandonnée 25 ans plus tôt et toujours installé au Cameroun. En quête de vérité sur son passé elle s'envole avec son fils pour le pays des "Lions indomptables" et remonte le temps au fil de ses rencontres. Peu à peu elle va déterrer le passé de son père mais aussi et indirectement la vision qu'elle a/avait de lui même. Révélations chocs sur un destin hors du commun intimement lié au pays et son processus de décolonisation, pour une Miriam totalement désemparée ! Dans cette bichromie en ligne claire, vous allez voyager dans le temps et découvrir les conditions de décolonisation avec les forces en présence toutes fidèles à des objectifs bien différents. Les anciens colons français désireux de garder une influence locale, les jeunes politiciens locaux avides de pouvoir et enfin les "maquisards" ou résistants souhaitant un pays absolument libre. L'indépendance date du 1er janvier 1960, mais vous verrez que les vieux démons sont encore présents ! Un polar "historico-famillial" tendu et bien documenté ! Il est enrichi d'annexes en fin d'album complétant cette période trouble. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/les-enfants-du-pays-un-thriller-familial-au-coeur-de-la-guerre-de-decolonisation-du-cameroun/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  7. Titre de l'album : Semmelweis - Le Médecin Des Femmes Scenariste de l'album : Isabelle Bauthian Dessinateur de l'album : Eva Rossetti Coloriste : Eva Rossetti Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : XIXe siècle. Dans la plus grande clinique de Vienne, Semmelweis constate que les femmes sont de plus en plus nombreuses à mourir des suites de leur accouchement. Alors qu'il se heurte à l'entêtement et au conservatisme de ses supérieurs, le jeune médecin, déterminé, se lance dans une enquête afin de découvrir les causes d'un mal considéré par ses pairs comme une fatalité. Face à l'hostilité grandissante, Semmelweis se dressera, seul, afin d'établir ce qui deviendra les premiers principes de l'asepsie. Critique : Fraîchement récompensée du prix des écoles au FIBD d'Angoulême pour Léonarde ( Drakoo), la scénariste Isabelle Bauthian délaisse la fiction jeunesse pour le portrait intimiste d'un médecin oublié, j'ai nommé Ignace Semmelweis. Et pourtant, si le lavage des mains et le change des draps entre chaque patient à l'hôpital est aujourd'hui banal et logique, ce n'était pas le cas durant la moitié du 19ème siècle ! Face aux infections répétées ou plutôt ces fièvres puerpérales contractées par les femmes ayant accouché dans les maternités, allant bien souvent jusqu'au décès, vous découvrirez comment ce médecin a voulu changer les habitudes de travail en profondeur ! Dans une Autriche en pleine instabilité politique, tout comme la moitié de l'Europe d'ailleurs, il va mener ce combat quitte à s'attirer les foudres de bon nombre de ses confrères peu enclins à bousculer leurs méthodes. Chaque pas en avant se fait au prix d'efforts considérables, d'autant que Semmelweis n'aime pas rédiger, il doit donc faire appel à des aides extérieures ce qui représente encore des contraintes ! Il est parfois complexe de suivre tous les personnages présents, certains visages se ressemblent ce qui n'aide pas; à noter une chronologie alternant présent et passé rendant d'avantage la lecture complexe. De légers défauts qui n'entachent pas ce bain historique dans les méandres des cliniques obstétriques autrichiennes en présence de ce médecin visionnaire. Une comparaison est faite avec le mythe de Cassandre la prophétesse douée de visions d'avenir. Semmelweis avait/a raison sur toute la ligne, ses recommandations sont encore appliquées voire approfondies plus de 150 ans après ! Merci aux auteures de cet album de le sortir de l'ombre de Pasteur, il le mérite ! Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/semmelweis-le-medecin-des-femmes/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  8. Fraîchement récompensée du prix des écoles au FIBD d'Angoulême pour Léonarde ( Drakoo), la scénariste Isabelle Bauthian délaisse la fiction jeunesse pour le portrait intimiste d'un médecin oublié, j'ai nommé Ignace Semmelweis. Et pourtant, si le lavage des mains et le change des draps entre chaque patient à l'hôpital est aujourd'hui banal et logique, ce n'était pas le cas durant la moitié du 19ème siècle ! Face aux infections répétées ou plutôt ces fièvres puerpérales contractées par les femmes ayant accouché dans les maternités, allant bien souvent jusqu'au décès, vous découvrirez comment ce médecin a voulu changer les habitudes de travail en profondeur ! Dans une Autriche en pleine instabilité politique, tout comme la moitié de l'Europe d'ailleurs, il va mener ce combat quitte à s'attirer les foudres de bon nombre de ses confrères peu enclins à bousculer leurs méthodes. Chaque pas en avant se fait au prix d'efforts considérables, d'autant que Semmelweis n'aime pas rédiger, il doit donc faire appel à des aides extérieures ce qui représente encore des contraintes ! Il est parfois complexe de suivre tous les personnages présents, certains visages se ressemblent ce qui n'aide pas; à noter une chronologie alternant présent et passé rendant d'avantage la lecture complexe. De légers défauts qui n'entachent pas ce bain historique dans les méandres des cliniques obstétriques autrichiennes en présence de ce médecin visionnaire. Une comparaison est faite avec le mythe de Cassandre la prophétesse douée de visions d'avenir. Semmelweis avait/a raison sur toute la ligne, ses recommandations sont encore appliquées voire approfondies plus de 150 ans après ! Merci aux auteures de cet album de le sortir de l'ombre de Pasteur, il le mérite !
  9. Ouvrir un ouvrage de l'artiste multi-tâches Fanny Michaëlis, c'est l'assurance de faire un voyage métaphysique bercé par les rondeurs de son trait au crayon à nul autre pareil ! Peu de mots, un dessin épuré alternant des représentations parfaitement reconnaissables et logiques avec des images que le test de Rorschach n'aurait pas renié. Elle invente le concept de métaphore visuelle dessinée dans des pages où haut et bas peuvent s'inverser et où l'on peut deviner d'autres symboles ou représentations insérés selon le blanc ou le noir. Ainsi ce qui peut s'apparenter à un visage peut laisser deviner une toute autre représentation, voire même laisser le lecteur imaginer ce qu'il le souhaite. Déstabilisant par moment, je dois bien avouer avoir perdu le fil dans cette narration particulière suivant l'évolution d'une jeune fille dans sa famille puis la société au sens large du terme. Comment va t'elle redresser cette tête et trouver sa place dans ce monde ? Notre héroïne des temps modernes va vivre ses expériences, certaines fondatrices, d'autres complexes et laissant des traces immuables. Le monde est une jungle, il appartient à chacun d'y évoluer avec son vécu et sa vision ! Un roman graphique exigeant qui nécessitera probablement une seconde lecture pour en apprécier et comprendre le contenu et ses nombreux messages cachés.
  10. Titre de l'album : Et c'est ainsi que je suis née Scenariste de l'album : Fanny Michaëlis Dessinateur de l'album : Fanny Michaëlis Coloriste : Editeur de l'album : Casterman Note : Résumé de l'album : À la fois récit initiatique et conte philosophique, Et c'est ainsi que je suis née poursuit l'élan introspectif d'une jeune fille née la tête à l'envers, « retroussée », pour mieux y faire résonner, au fil des pages, le grondement d'une insurrection qui s'embrase de l'individu au collectif. Dans la lignée du Lait noir (Cornélius, 2016), parabole de l'exil, ce livre propose, par le regard et la voix de son personnage principal, une traversée d'expériences coercitives et métaphoriques aux résonances très actuelles, poussant les extrémités jusqu'au point de rupture. Face à la violence du monde, la fiction pourrait bien se faire la prophétie du réel, et la bande dessinée la langue de ce soulèvement qui vient. Critique : Ouvrir un ouvrage de l'artiste multi-tâches Fanny Michaëlis, c'est l'assurance de faire un voyage métaphysique bercé par les rondeurs de son trait au crayon à nul autre pareil ! Peu de mots, un dessin épuré alternant des représentations parfaitement reconnaissables et logiques avec des images que le test de Rorschach n'aurait pas renié. Elle invente le concept de métaphore visuelle dessinée dans des pages où haut et bas peuvent s'inverser et où l'on peut deviner d'autres symboles ou représentations insérés selon le blanc ou le noir. Ainsi ce qui peut s'apparenter à un visage peut laisser deviner une toute autre représentation, voire même laisser le lecteur imaginer ce qu'il le souhaite. Déstabilisant par moment, je dois bien avouer avoir perdu le fil dans cette narration particulière suivant l'évolution d'une jeune fille dans sa famille puis la société au sens large du terme. Comment va t'elle redresser cette tête et trouver sa place dans ce monde ? Notre héroïne des temps modernes va vivre ses expériences, certaines fondatrices, d'autres complexes et laissant des traces immuables. Le monde est une jungle, il appartient à chacun d'y évoluer avec son vécu et sa vision ! Un roman graphique exigeant qui nécessitera probablement une seconde lecture pour en apprécier et comprendre le contenu et ses nombreux messages cachés. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/et-c-est-ainsi-que-je-suis-nee/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  11. Titre de l'album : Le sorcier de Terremer Scenariste de l'album : Ursula K. Le Guin / Fred Frodham Dessinateur de l'album : Fred Frodham Coloriste : Fred Frodham Editeur de l'album : Autres Editeurs/Auto editions Note : Résumé de l'album : Sur Gont, l’une des nombreuses îles de Terremer, Duny, le fils du forgeron, mène une vie paisible de gardien de chèvres. Jusqu’au jour où il découvre qu’il maîtrise de manière innée le pouvoir des mots. Et que le mage Ogion lui propose d’intégrer l’école de magie sur l’île de Roke. Là, son ambition dévorante lui fait bientôt libérer une créature des ténèbres… qui pourrait mettre en péril le monde entier. Critique : Ursula K. Le Guin a écrit Le Sorcier de Terremer en 1968, il a été suivi depuis par d'autres romans. Je l'ai lu, pour ma part, durant mon adolescence (il y a un donc un bon moment). Bien avant les lectures fleuves qui constitueront les aventures d'autres grands sorciers que seront Gandalf (paru en 1954) et Dumbledore (1997) pour ne citer qu'eux. Si les détails de l'aventure se sont perdus dans ma mémoire désormais lointaine, les bons souvenirs de cette expérience y sont restés. Cette oeuvre est devenue un classique de la fantasy. Le sorcier de Terremer est l'histoire d'un enfant, archimage en devenir, qui va devoir trouver, petit à petit, sa place dans le monde et son véritable moi intérieur. A la manière d'une quête initiatique, nous allons suivre, depuis ses jeunes années, en passant par sa formation dans une école de magie, ses premières aventures et péripéties. Cela peut sembler commun ces dernières années, mais c'était très novateur à l'époque. La magie et le monde décris restent uniques à ce jour. Le monde est éparpillé en îles, ce qui permet une grande variété de situations et de peuples rencontrés. Le pouvoir magique repose intimement sur la connaissance du nom des choses et des êtres. Son exercice implique des effets parfois néfastes. Et il faut conserver un équilibre en tout. L'adaptation BD proposée ici, par Fred Forham, est très fidèle et c'est avec une véritable part de nostalgie que j'ai littéralement dévoré cette adaptation. La lecture est fluide, et les planches sont de véritables œuvres d'art de peinture. Je regrette cependant quelques planches qui paraissent assez sombres, mais elles font du coup contraste avec les planches lumineuses, comme si les ombres et la lumière s’affrontaient au fil des planches et de l'aventure. La BD comportent également un bon nombre de passages contemplatifs du plus bel effet. Sans parole, sans bulle. Parfois juste avec les signes de magie qui retranscrivent les sorts utilisés. Dans ces conditions difficiles de ne pas recommander la lecture de l'ouvrage. Certains passages sont réellement magnifiques et magiques (la rencontre avec le Dragon par exemple). Bien amenés, fort en émotion, superbes. Autres infos : Sortie le 20 août mais non référencé chez notre partenaire, je reviendrais éditer les données manquantes. Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/catalogsearch/result/?q=le%2Bsorcier%2Bde%2Bterremer&ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  12. VladNirky

    Le sorcier de Terremer

    Ursula K. Le Guin a écrit Le Sorcier de Terremer en 1968, il a été suivi depuis par d'autres romans. Je l'ai lu, pour ma part, durant mon adolescence (il y a un donc un bon moment). Bien avant les lectures fleuves qui constitueront les aventures d'autres grands sorciers que seront Gandalf (paru en 1954) et Dumbledore (1997) pour ne citer qu'eux. Si les détails de l'aventure se sont perdus dans ma mémoire désormais lointaine, les bons souvenirs de cette expérience y sont restés. Cette oeuvre est devenue un classique de la fantasy. Le sorcier de Terremer est l'histoire d'un enfant, archimage en devenir, qui va devoir trouver, petit à petit, sa place dans le monde et son véritable moi intérieur. A la manière d'une quête initiatique, nous allons suivre, depuis ses jeunes années, en passant par sa formation dans une école de magie, ses premières aventures et péripéties. Cela peut sembler commun ces dernières années, mais c'était très novateur à l'époque. La magie et le monde décris restent uniques à ce jour. Le monde est éparpillé en îles, ce qui permet une grande variété de situations et de peuples rencontrés. Le pouvoir magique repose intimement sur la connaissance du nom des choses et des êtres. Son exercice implique des effets parfois néfastes. Et il faut conserver un équilibre en tout. L'adaptation BD proposée ici, par Fred Forham, est très fidèle et c'est avec une véritable part de nostalgie que j'ai littéralement dévoré cette adaptation. La lecture est fluide, et les planches sont de véritables œuvres d'art de peinture. Je regrette cependant quelques planches qui paraissent assez sombres, mais elles font du coup contraste avec les planches lumineuses, comme si les ombres et la lumière s’affrontaient au fil des planches et de l'aventure. La BD comportent également un bon nombre de passages contemplatifs du plus bel effet. Sans parole, sans bulle. Parfois juste avec les signes de magie qui retranscrivent les sorts utilisés. Dans ces conditions difficiles de ne pas recommander la lecture de l'ouvrage. Certains passages sont réellement magnifiques et magiques (la rencontre avec le Dragon par exemple). Bien amenés, fort en émotion, superbes.
  13. Titre de l'album : Sibylline, chroniques d'une escort girl Scenariste de l'album : Sixtine Dano Dessinateur de l'album : Sixtine Dano Coloriste : Editeur de l'album : Glenat Note : Résumé de l'album : À tout juste 19 ans, Raphaëlle ressemble à toutes les jeunes filles de son âge. Fraîchement débarquée à Paris pour ses études d'archi, elle enchaîne à un rythme effréné les cours, les nuits blanches à travailler sur ses maquettes, les soirées à servir des bières en tant que serveuse ou à refaire le monde en dansant avec sa nouvelle meilleure amie. Mais ce que ses camarades d'amphi ne savent pas c'est que certains soirs Raphaëlle se glisse dans les draps d'hôtels parisiens et récolte quelques billets verts. Au début c'est « juste une fois, pour l'expérience » mais sans crier gare, Raph tombe dans la prostitution de luxe. Critique : Dans cette BD, l'auteure aborde un sujet assez peu prisé en BD, la prostitution estudiantine. Sujets abordés de temps en temps dans les médias en période de rentrée et dans quelques films (je pense notamment à Jeune et Jolie de François Ozon de 2013). On va ici parcourir l'histoire du point de vue de l'héroïne, Raphaëlle, et une de ses nouvelles amies, qui va s'engager dans cette voie également. Le sujet est traité comme une tranche de vie, une sorte de docu fiction. De son installation à la capitale fraichement débarquée de province pour sa 1ère année d'étude, à ses fins de mois difficiles, car ses parents ne roulent pas sur l'or, au petit boulot, en passant par ses nouveaux amis, ses amours, sa famille... Raphaëlle ne va pas manquer de sujets à traiter. En raison de ses difficultés d'argent pour boucler ses fins de mois, Raphaëlle va accepter de prendre tout d'abord un verre rémunéré avec un homme plus âgé et bien installé dans sa vie, via un site de rencontre, puis plus par la suite. Tout ce cheminement est décrit petit à petit, au fur et à mesure des très belles planches réalisées en fusain (il doit y avoir une vidéo plus bas afin que vous vous rendiez compte du rendu que je trouve exceptionnel). Tout est en niveau de gris avec des touches de blanc très blanc par moment qui apparaissent alors en contraste de la planche ou de la case. Et le petit miracle de la lecture se produit au fil des pages. Petit à petit on se prend d'empathie pour Raphaëlle et on rentre dans son histoire. C'est bien écrit. Le ton est juste. On s'attache aux personnages et à leur vie. A leur quotidien. Le dessin en fusain colle bien à l'histoire, les planches on un rendu magnifique. Le sujet est traité de manière intelligente et ne juge pas. Ni Raphaëlle, ni son amie, ni les clients. Ce n'est jamais pesant. Sincèrement j'étais passé à côté à sa sortie vu le sujet compliqué, lourd, pour ne pas dire casse gueule qu'il pouvait en résulter. Et pourtant.... Tous les points ci dessus font de cette BD une réussite complète et je ne peux que la recommander. L'auteure indique en fin de volume le travail documentaire et les interviews d'étudiant(e)s et d'un client qui a accepté d'en parler avec elle. Je reprends quelques éléments de la postface: Depuis 2016, le coût de la vie étudiante a augmenté de 28%. Un(e) étudiant(e) sur 2 saute des repas à cause de l'inflation. 28% des étudiant(e)s envisageraient la prostitution, 23% connaissent personnellement des personnes concernées (selon une étude de 2019 de l'université de Grenoble). Une réalisation d'un dessin au fusain La bande annonce Autres infos : Docu fiction Type de l'album : BD Europeene Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/sibylline-chroniques-d-une-escort-girl?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  14. Dans cette BD, l'auteure aborde un sujet assez peu prisé en BD, la prostitution estudiantine. Sujets abordés de temps en temps dans les médias en période de rentrée et dans quelques films (je pense notamment à Jeune et Jolie de François Ozon de 2013). On va ici parcourir l'histoire du point de vue de l'héroïne, Raphaëlle, et une de ses nouvelles amies, qui va s'engager dans cette voie également. Le sujet est traité comme une tranche de vie, une sorte de docu fiction. De son installation à la capitale fraichement débarquée de province pour sa 1ère année d'étude, à ses fins de mois difficiles, car ses parents ne roulent pas sur l'or, au petit boulot, en passant par ses nouveaux amis, ses amours, sa famille... Raphaëlle ne va pas manquer de sujets à traiter. En raison de ses difficultés d'argent pour boucler ses fins de mois, Raphaëlle va accepter de prendre tout d'abord un verre rémunéré avec un homme plus âgé et bien installé dans sa vie, via un site de rencontre, puis plus par la suite. Tout ce cheminement est décrit petit à petit, au fur et à mesure des très belles planches réalisées en fusain (il doit y avoir une vidéo plus bas afin que vous vous rendiez compte du rendu que je trouve exceptionnel). Tout est en niveau de gris avec des touches de blanc très blanc par moment qui apparaissent alors en contraste de la planche ou de la case. Et le petit miracle de la lecture se produit au fil des pages. Petit à petit on se prend d'empathie pour Raphaëlle et on rentre dans son histoire. C'est bien écrit. Le ton est juste. On s'attache aux personnages et à leur vie. A leur quotidien. Le dessin en fusain colle bien à l'histoire, les planches on un rendu magnifique. Le sujet est traité de manière intelligente et ne juge pas. Ni Raphaëlle, ni son amie, ni les clients. Ce n'est jamais pesant. Sincèrement j'étais passé à côté à sa sortie vu le sujet compliqué, lourd, pour ne pas dire casse gueule qu'il pouvait en résulter. Et pourtant.... Tous les points ci dessus font de cette BD une réussite complète et je ne peux que la recommander. L'auteure indique en fin de volume le travail documentaire et les interviews d'étudiant(e)s et d'un client qui a accepté d'en parler avec elle. Je reprends quelques éléments de la postface: Depuis 2016, le coût de la vie étudiante a augmenté de 28%. Un(e) étudiant(e) sur 2 saute des repas à cause de l'inflation. 28% des étudiant(e)s envisageraient la prostitution, 23% connaissent personnellement des personnes concernées (selon une étude de 2019 de l'université de Grenoble). Une réalisation d'un dessin au fusain La bande annonce
  15. Titre de l'album : Plus loin qu'ailleurs Scenariste de l'album : Chabouté Dessinateur de l'album : Chabouté Coloriste : Editeur de l'album : Glenat - Vent d'ouest Note : Résumé de l'album : Partir en restant L'Alaska, la dernière frontière... Cette contrée sauvage et hostile, le rêve de chaque aventurier voyageur... J'ai rêvé de partir au bout du monde, arpenter ses grands espaces. Mais j'ai été contraint de rester Alors je suis parti en restant... J'ai vu tout ce qu'ils ne regardent plus, écouté et voyagé avec la musique d'un joli mot. Observé une chaise, prêté l'oreille à la couleur du son. J'ai valsé avec le futile et l'insignifiant, reconsidéré le négligeable... J'ai exploré et consigné les us et coutumes de cette contrée qui m'était si inconnue : le coin de ma rue... Critique : « Plus loin qu’ailleurs » m’a bien attiré vu que je l’ai lu en 24h, ce qui pour moi est une sorte de record de vitesse tant j'en suis à lire encore des nouveautés sorties partois en 2019. ^^ Chronique de la société moderne. Les personnages de Chabouté ne sont pas pris au hasard bien au contraire, et le personnage de l'histoire m'a même rappelé une légende urbaine qui circulait encore il y a quelques années dans ma société (sur le côté décalé des travailleurs de nuit depuis des décades). Et c’est par petite touche que l’auteur décoche ses flèches sur quelques uns des maux de notre société actuelle: déshumanisation, solitude, peur de l’étrange et de l’étranger, modernité à outrance, tête dans le guidon, habitudes … Le tout en noir et blanc ou presque vu que certaines planches auront la chance au fil des pages d’une touche de couleur pour revoir la vie… ce manque de couleur ne masque pas de très belles cases et/ou planches qui en disent plus long que de grands discours. J’aime beaucoup. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/plus-loin-qu-ailleurs?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  16. VladNirky

    Plus loin qu'ailleurs

    « Plus loin qu’ailleurs » m’a bien attiré vu que je l’ai lu en 24h, ce qui pour moi est une sorte de record de vitesse tant j'en suis à lire encore des nouveautés sorties partois en 2019. ^^ Chronique de la société moderne. Les personnages de Chabouté ne sont pas pris au hasard bien au contraire, et le personnage de l'histoire m'a même rappelé une légende urbaine qui circulait encore il y a quelques années dans ma société (sur le côté décalé des travailleurs de nuit depuis des décades). Et c’est par petite touche que l’auteur décoche ses flèches sur quelques uns des maux de notre société actuelle: déshumanisation, solitude, peur de l’étrange et de l’étranger, modernité à outrance, tête dans le guidon, habitudes … Le tout en noir et blanc ou presque vu que certaines planches auront la chance au fil des pages d’une touche de couleur pour revoir la vie… ce manque de couleur ne masque pas de très belles cases et/ou planches qui en disent plus long que de grands discours. J’aime beaucoup.
  17. Kevin Nivek

    Kabuki

    Le duo de bienfaiteurs qui nous avaient enchantés avec Shamisen (Ankama) remet ça avec une quête identitaire sur fond de folklore japonais. On connait cette forme théâtrale du Kabuki, qui allie danse, musique, dramaturgie et de nombreux costumes. Les auteurs attribuent au personnage principal le nom de Kabuki, en digne représentant de cet art né au début du XVII ème siècle sous l'ère Edo. D'emblée on est frappé par la virtuosité graphique et le sens de la mise en scène, chaque case se contemple car la suivante lui ressemble mais avec une lueur un peu plus prononcée et cela va en s'accentuant jusqu'à la découverte de Kabuki en scène, c'est un enfant déguisé en femme. Dans une société patriarcale comme l'est le Japon, cela passe plutôt mal et Yokai ainsi qu'humains ne cessent de l'humilier et le décourager dans cette voie ! Kabuki persévère et multiplie les expériences pour trouver son véritable "moi" et vivre en paix avec lui/elle. De nombreux passages oniriques sont dessinés avec grand talent, on saisit parfaitement la métaphore de la chrysalide et du papillon. J'insiste vraiment sur les nombreuses qualités graphiques qui m'avaient enthousiasmées lors de la lecture de Shamisen. le traitement des jeux de lumières, la finesse du trait, Guilherme Petreca est un grand talent. Le scénariste Tiago Minamisawa a voulu rendre hommage aux personnes transgenres tuées au Brésil, le pays détient d'ailleurs le plus haut taux de meurtre envers cette communauté dans le monde. Cela donne une lecture spirituelle et contemplative, peut-être un peu moins accessible que Shamisen. A découvrir !
  18. Kevin Nivek

    Kabuki

    Titre de l'album : Kabuki Scenariste de l'album : Tiago Minamisawa Dessinateur de l'album : Guilherme Petreca Coloriste : Guilherme Petreca Editeur de l'album : Ankama Note : Résumé de l'album : À la suite d'une expérience traumatisante, Kabuki décide de porter un masque et de renoncer à jamais à son identité. Et si se fondre parmi les Hommes lui permettait de trouver sa place ? Errant sans but et sans âme, Kabuki se perd dans les opiacés et le désespoir jusqu'à sa rencontre avec Alma, sorte d'alter ego bienveillant. Celle-ci lui apportera son soutien et lui apprendra à se nourrir du monde afin de répondre aux questions l'habitant depuis toujours. S'inspirant d'une histoire vraie et prenant place dans le décor du théâtre traditionnel japonais, Kabuki raconte, avec poésie, les obstacles et les combats que rencontre une femme née dans le mauvais corps. Critique : Le duo de bienfaiteurs qui nous avaient enchantés avec Shamisen (Ankama) remet ça avec une quête identitaire sur fond de folklore japonais. On connait cette forme théâtrale du Kabuki, qui allie danse, musique, dramaturgie et de nombreux costumes. Les auteurs attribuent au personnage principal le nom de Kabuki, en digne représentant de cet art né au début du XVII ème siècle sous l'ère Edo. D'emblée on est frappé par la virtuosité graphique et le sens de la mise en scène, chaque case se contemple car la suivante lui ressemble mais avec une lueur un peu plus prononcée et cela va en s'accentuant jusqu'à la découverte de Kabuki en scène, c'est un enfant déguisé en femme. Dans une société patriarcale comme l'est le Japon, cela passe plutôt mal et Yokai ainsi qu'humains ne cessent de l'humilier et le décourager dans cette voie ! Kabuki persévère et multiplie les expériences pour trouver son véritable "moi" et vivre en paix avec lui/elle. De nombreux passages oniriques sont dessinés avec grand talent, on saisit parfaitement la métaphore de la chrysalide et du papillon. J'insiste vraiment sur les nombreuses qualités graphiques qui m'avaient enthousiasmées lors de la lecture de Shamisen. le traitement des jeux de lumières, la finesse du trait, Guilherme Petreca est un grand talent. Le scénariste Tiago Minamisawa a voulu rendre hommage aux personnes transgenres tuées au Brésil, le pays détient d'ailleurs le plus haut taux de meurtre envers cette communauté dans le monde. Cela donne une lecture spirituelle et contemplative, peut-être un peu moins accessible que Shamisen. A découvrir ! Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/kabuki/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  19. Titre de l'album : Lointains mes mots Scenariste de l'album : Anaële Hermans Dessinateur de l'album : Sandrine Revel Coloriste : Sandrine Revel Editeur de l'album : Dargaud Note : Résumé de l'album : Depuis aussi longtemps qu'elle s'en souvient, Claire est amoureuse des mots. Ils habitent son quotidien d'enseignante et de traductrice spécialisée en poésie. Mais un AVC vient altérer sa mémoire et ses capacités intellectuelles : les mots qu'elle aime tant lui échappent. En perte de repères, la jeune femme quitte alors sa vie à Madrid pour rejoindre un petit village de Galice où elle a oeuvré comme bénévole pour nettoyer les plages après le naufrage du "Prestige". Terre sauvage, d'autant plus depuis que les touristes ont déserté les côtes, elle y rencontre Beatriz, une biologiste et plongeuse qui va lui faire découvrir la mer, immense, profonde, silencieuse en apparence, et l'initier à son langage secret... Critique : En voila une belle surprise. Anaële Hermans nous livre une histoire qui s'avère etre surprenante car tout d'abord bien construit. Le "peu" de surprise de notre roman graphique est disséminé avec justesse et intelligence tout au long de ce roman graphique. Que ce soit la problématique de locution de Claire, son origine ou l'impact sur sa vie, nos auteurs prennent le temps de nous faire découvrir chaque évolution. Cela nous permet de bien nous identifier à Claire et de bien comprendre ses questionnements et ses réflexions. On a envie de l'aider, de la soutenir et la voir surpasser et accepter son handicape. Une lecture émouvante et intéressante pour laquelle on regrettera juste une fin un peu trop précoce qui ne nous montre pas la fin du processus de reconstruction de Claire. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/lointains-mes-mots?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  20. poseidon2

    Lointains mes mots

    En voila une belle surprise. Anaële Hermans nous livre une histoire qui s'avère etre surprenante car tout d'abord bien construit. Le "peu" de surprise de notre roman graphique est disséminé avec justesse et intelligence tout au long de ce roman graphique. Que ce soit la problématique de locution de Claire, son origine ou l'impact sur sa vie, nos auteurs prennent le temps de nous faire découvrir chaque évolution. Cela nous permet de bien nous identifier à Claire et de bien comprendre ses questionnements et ses réflexions. On a envie de l'aider, de la soutenir et la voir surpasser et accepter son handicape. Une lecture émouvante et intéressante pour laquelle on regrettera juste une fin un peu trop précoce qui ne nous montre pas la fin du processus de reconstruction de Claire.
  21. Kevin Nivek

    L'éveil de Tirésias

    Plusieurs versions du mythe de Tirésias existent dans la mythologie grecque, Camille Bordes s'empare ici de la version du poète latin Ovide dans ses "métamorphoses". Ainsi, le jeune Tirésias est coupable d'avoir vu Athéna prenant son bain et condamné à évoluer pendant 7 ans dans un corps de femme. L'auteure expose les différentes étapes d'acceptation conduisant Tirésias à évoluer pleinement dans ce nouveau corps aux mécanismes et fonctions tellement différentes de ceux d'un homme. Dans ce monde où dieux et humains se côtoient, il va vivre une belle histoire d'amour avec Hermès donnant lieue à l'expérience de vivre une grossesse et un accouchement ! Une formation accélérée de la féminité en 7 ans ! Le hic étant qu'au bout de ces sept années, il redevient un homme ! Aux yeux de sa fille, de ses amies, tout change et il faut réapprendre à vivre dans ce nouveau corps. Les regrets s'installent et bientôt les dieux vont intervenir derechef, le soumettant à une question existentielle mêlant Zeus et Héra son épouse. Aucune bonne réponse n'est possible tant le courroux des dieux est terrible, vous découvrirez ainsi son destin à la fois tragique mais aussi éternel 😉 Que de thématiques abordées dans ce roman graphique au dessin pastel de Camille Bordes ! Les notions de genre, d'exploration de la sexualité, le lien humain indéfectible entre mère/père et enfant, les croyances divines, tout ceci au service d'un dessin rond d'une grande finesse. Quelques éléments de décors situent les lieux où évoluent les personnages, dans une économie de détails permettant de mieux centrer l'histoire sur les protagonistes. Peu de dialogues, une grande quantité de pages sont muettes et porteuses de contemplation. Cette campagne reculée semble calme et si propice à l'apaisement et la réflexion sur soi. Une histoire à déguster avec une bonne boisson chaude 🙂 .
  22. Titre de l'album : L'éveil de Tirésias Scenariste de l'album : Camille Bordes Dessinateur de l'album : Camille Bordes Coloriste : Camille Bordes Editeur de l'album : La boite à bulles Note : Résumé de l'album : Avant de devenir le plus grand devin de la Grèce Antique, Tirésias a connu diverses expériences et notamment celle de la féminité. Camille B revisite le mythe à la lumière de notre époque. Sur les flancs du mont Cyllène vit un berger du nom de Tirésias. Alors qu'il fait paître son troupeau, le jeune homme découvre une déesse qui se baigne nue dans une rivière. Tirésias ne le sait pas mais son destin est en passe d'être bouleversé. En effet, il n'est pas permis aux mortels de voir les dieux, et ces derniers, pour le "punir", le transforment en femme. Ainsi, durant sept années, Tirésias fera l'expérience de la féminité : ses joies, ses peines ; mais aussi l'amour et la maternité avant d'être à nouveau changé en homme. De cette expérience, le jeune berger tirera connaissance et sagesse... À un tel point que les Olympiens ont désormais un nouveau projet pour Tirésias : en faire le plus célèbre devin de la Grèce Antique... Pour son premier album, Camille Bordes s'empare du mythe de Tirésias. Elle le revisite avec douceur et poésie et y porte un regard résolument contemporain. Critique : Plusieurs versions du mythe de Tirésias existent dans la mythologie grecque, Camille Bordes s'empare ici de la version du poète latin Ovide dans ses "métamorphoses". Ainsi, le jeune Tirésias est coupable d'avoir vu Athéna prenant son bain et condamné à évoluer pendant 7 ans dans un corps de femme. L'auteure expose les différentes étapes d'acceptation conduisant Tirésias à évoluer pleinement dans ce nouveau corps aux mécanismes et fonctions tellement différentes de ceux d'un homme. Dans ce monde où dieux et humains se côtoient, il va vivre une belle histoire d'amour avec Hermès donnant lieue à l'expérience de vivre une grossesse et un accouchement ! Une formation accélérée de la féminité en 7 ans ! Le hic étant qu'au bout de ces sept années, il redevient un homme ! Aux yeux de sa fille, de ses amies, tout change et il faut réapprendre à vivre dans ce nouveau corps. Les regrets s'installent et bientôt les dieux vont intervenir derechef, le soumettant à une question existentielle mêlant Zeus et Héra son épouse. Aucune bonne réponse n'est possible tant le courroux des dieux est terrible, vous découvrirez ainsi son destin à la fois tragique mais aussi éternel 😉 Que de thématiques abordées dans ce roman graphique au dessin pastel de Camille Bordes ! Les notions de genre, d'exploration de la sexualité, le lien humain indéfectible entre mère/père et enfant, les croyances divines, tout ceci au service d'un dessin rond d'une grande finesse. Quelques éléments de décors situent les lieux où évoluent les personnages, dans une économie de détails permettant de mieux centrer l'histoire sur les protagonistes. Peu de dialogues, une grande quantité de pages sont muettes et porteuses de contemplation. Cette campagne reculée semble calme et si propice à l'apaisement et la réflexion sur soi. Une histoire à déguster avec une bonne boisson chaude 🙂 . Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/l-eveil-de-tiresias/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  23. Titre de l'album : Tu ne marcheras jamais seule Scenariste de l'album : L'homme étoilé Dessinateur de l'album : L'homme étoilé Coloriste : L'homme étoilé Editeur de l'album : Le Lombard Note : Résumé de l'album : Alors qu'elle attend un enfant, Clémentine sent son compagnon Simon s'éloigner… Dans sa quête pour le ramener, elle se heurte à un vide qu'elle peine à comprendre. Par une intrigue bouleversante, L'homme étoilé parvient à nous faire explorer les méandres de la solitude avec délicatesse et sensibilité. Critique : C'est peu dire que j'ai beaucoup aimé les dernières parutions de l'homme étoilé. Sa façon d'évoquer la mort, la maladie et la fin de vie, pleine d'humanité, de tendresse, et qui semble tellement ancré dans le réel m'avait touché. Ici il nous revient en sortant un petit peu de son univers de prédilection à travers cette tranche de vie et ce drame assez intelligent. Seul bémol, le twist utilisé est un peu grossier et visible, cela a déjà été fait au cinéma ou en bd récemment alors forcément, si l'on a vu l'un de ces films ou lu l'une de ces bd, on le verra venir ce qui affaiblit un peu le plaisir de lire. Mais je vais essayer de ne rien vous divulger/gâcher. Mais c'est un léger bémol, car pour le reste on retrouve toute la justesse et la sensibilité qui le caractérise en tant qu'auteur. Les personnages sont bien réels, les dialogues font mouches, les atmosphères sont belles et on ressent tout de suite de l'empathie pour ces personnages. Bon ils manquent peut être un chouïa d'originalité graphiquement parlant. Mais je pinaille, c'est bien, c'est beau, et ça reste humain et positif malgré les drames. Une belle lecture, et définitivement un auteur à suivre, que j'aimerais voir s'essayer sur une thématique un peu plus éloignée la prochaine fois. Allez chiche ! Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/tu-ne-marcheras-jamais-seule/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  24. The_PoP

    Tu ne marcheras jamais seule

    C'est peu dire que j'ai beaucoup aimé les dernières parutions de l'homme étoilé. Sa façon d'évoquer la mort, la maladie et la fin de vie, pleine d'humanité, de tendresse, et qui semble tellement ancré dans le réel m'avait touché. Ici il nous revient en sortant un petit peu de son univers de prédilection à travers cette tranche de vie et ce drame assez intelligent. Seul bémol, le twist utilisé est un peu grossier et visible, cela a déjà été fait au cinéma ou en bd récemment alors forcément, si l'on a vu l'un de ces films ou lu l'une de ces bd, on le verra venir ce qui affaiblit un peu le plaisir de lire. Mais je vais essayer de ne rien vous divulger/gâcher. Mais c'est un léger bémol, car pour le reste on retrouve toute la justesse et la sensibilité qui le caractérise en tant qu'auteur. Les personnages sont bien réels, les dialogues font mouches, les atmosphères sont belles et on ressent tout de suite de l'empathie pour ces personnages. Bon ils manquent peut être un chouïa d'originalité graphiquement parlant. Mais je pinaille, c'est bien, c'est beau, et ça reste humain et positif malgré les drames. Une belle lecture, et définitivement un auteur à suivre, que j'aimerais voir s'essayer sur une thématique un peu plus éloignée la prochaine fois. Allez chiche !
  25. Titre de l'album : Les nageuses de Minuit Scenariste de l'album : Valentina Grande Dessinateur de l'album : Francesco Dibattista Coloriste : Francesco Dibattista Editeur de l'album : Le Lombard Note : Résumé de l'album : Il y a des événements qui changent la vie. C'est ce qui arrive à Vik, une enseignante qui vit seule dans son appartement new-yorkais. Elle a le sentiment de ne pas être arrivée là où elle le voulait. Est-ce qu'elle a fait les mauvais choix ? Lorsqu'un jour elle entre par hasard dans une piscine publique, elle est attirée par une équipe de natation synchronisée, en plein ballet aquatique. Quelle est l'histoire de ces femmes plus âgées, qui semblent se mouvoir dans l'eau avec une telle aisance ? Vik, elle, ne sait pas nager. Mais elle n'est pas la seule à cacher un secret et ces nouvelles amitiés la mèneront plus loin qu'elle ne l'imagine... car c'est peut-être le moment d'affronter ses peurs et de faire le grand saut ? Critique : Voilà un joli roman graphique comme je les aime. Des sujets lourds mais pas improbables, des destins mêlés sans être trop pleins de dramaturgies, avec surtout beaucoup des petits rien qui constituent la vie. Des incompréhensions, des injustices, tout ce avec quoi on se construit et sur lequel on doit vivre. Et surtout cette belle amitié naissante entre femmes, entre battantes qui présentent le féminisme comme une lutte presque contre soi, contre son regard avant même d'être une lutte contre une société ou les hommes. Il se dégage de cette bd une belle force et une belle atmosphère. J'ai bien aimé le fait que les personnages semblent réels, sans fausses pudeurs, sans être tous beaux, regardant leurs propres défauts, y compris corporels en face. Bref, une BD sur de vrais gens, avant même d'être une bd sur l'émancipation ou les combats raciaux. C'est fin et intelligent. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/les-nageuses-de-minuit/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
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