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  1. Titre de l'album : Le secret de Présentine Ramondore Scenariste de l'album : Harold Charre Dessinateur de l'album : Florent Desanthèmes Coloriste : Editeur de l'album : Oxymore Note : Résumé de l'album : Présentine Ramondore est une femme à l'âme solitaire, qui a depuis longtemps mis ses sentiments de coté. En abîmant légèrement un immense barrage de bois à l'équilibre à la fois parfait et précaire, elle pense que celui-ci va inexorablement s'écrouler, tôt ou tard, et détruire le village dans lequel elle vit. Ainsi, lorsqu'elle entend parler d'un morceau d'étoile bleue qui serait tombé dans les montagnes et qui permettrait d'exaucer le voeu de celui qui le toucherait, Présentine se lance, entre culpabilité et tristesse, dans cette quête... Mais la réparation, de toute nature, est-elle encore possible ?... Critique : Oh que voilà une jolie histoire de transmission et d'aventure aux côtés de la très expérimentée Présentine Ramondore ! Un prénom évocateur au sein d'une société qui en a oublié la saveur, bien à l'abri de ce barrage à la confection presque magique tant il semble impensable qu'il tienne encore debout ! Le village de Présentine semble outre temps et dans une région reculée de type scandinave, mais sa particularité est d'être au pied d'un barrage de bois assemblés selon un ordre précis et presque magique. La moindre brindille a son utilité et son simple retrait serait aussi préjudiciable qu'un autre morceau bien plus gros. De cette symbiose dépend la solidité du barrage ! Présentine entretient cette légende et le respect immuable que les habitants doivent observer à l'édifice. Mais comme toute légende, le temps balaye tout sur son passage et les croyances d'hier ne sont plus aussi tenaces aujourd'hui, surtout quand elles sont incarnées par une vieille dame reclus dans sa cabane à l'écart des autres. Quand on ne croit plus en rien, ce mur de branches peut-il encore tenir ? Très belle histoire que nous conte Harold Charre, au sein d'un univers splendide fait d'étendues vertes et de montagnes ! Le dessin se met au diapason d'un scénario bien plus riche qu'il n'y paraît ! De planches à l'économie de détails selon le contexte, on peut passer à d'autres extrêmement précises et dotées d'une belle profondeur de champ. Cela tombe bien avec ces paysages divers tels que les forêts, les lacs prisonniers des reliefs de ces montagnes vertigineuses aux sommets enneigés. Une très belle leçon de vie qui se relira avec plaisir ! Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/le-secret-de-presentine-ramondore/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  2. The_PoP

    La valse des montagnes

    Et voici un joli conte très poétique, doux et parfois lyrique. C'est en plus un album original puisqu'une musique a été créée spécialement pour lire cet album. Les dessins de Anna Aparicio Catala se pretent très bien à cette poésie légèrement fantastique, à ce bizarre teinté de mélancolie que l'on accepte finalement comme une évidence et qui ne nous empêche jamais d'accrocher aux pas de notre héroïne. Attention l'histoire est assez facile et on en devinera vite les contours. On ne sera pas non plus stimulé par des rebondissements. Mais l'intérêt de ce conte n'est pas là, il est dans la mélancolie, la rêverie et les réflexions qu'il suscite. On contemple parfois plus qu'on ne lit, et on tourne la dernière page sans avoir vu le temps passé de cette histoire qui plaira aussi bien aux petits qu'aux plus grands. Je crois que c'est là bien l'essentiel 🙂
  3. Titre de l'album : La valse des montagnes Scenariste de l'album : Anna Aparicio Catala Dessinateur de l'album : Anna Aparicio Catala Coloriste : Anna Aparicio Catala Editeur de l'album : Les aventuriers d’ailleurs Note : Résumé de l'album : Se rappeler pourquoi on fait les choses et pourquoi on les aime. Amandine est une accordéoniste trentenaire qui a tout sacrifié pour la passion de son instrument. Le succès est au rendez-vous, elle enchaîne concert sur concert dans des salles prestigieuses. Pourtant elle est seule. Terriblement seule. Quand une lettre l'invite à jouer le soir de la Toussaint, dans un village reculé des Pyrénées, la jeune femme monte dans le premier train. Mais une fois sur place, le village lui semble étrange, plein de non-dits. En répétant la seule partition qu'elle devra jouer à la perfection, elle prend peu à peu conscience que la moindre erreur pourrait s'avérer fatale. Critique : Et voici un joli conte très poétique, doux et parfois lyrique. C'est en plus un album original puisqu'une musique a été créée spécialement pour lire cet album. Les dessins de Anna Aparicio Catala se pretent très bien à cette poésie légèrement fantastique, à ce bizarre teinté de mélancolie que l'on accepte finalement comme une évidence et qui ne nous empêche jamais d'accrocher aux pas de notre héroïne. Attention l'histoire est assez facile et on en devinera vite les contours. On ne sera pas non plus stimulé par des rebondissements. Mais l'intérêt de ce conte n'est pas là, il est dans la mélancolie, la rêverie et les réflexions qu'il suscite. On contemple parfois plus qu'on ne lit, et on tourne la dernière page sans avoir vu le temps passé de cette histoire qui plaira aussi bien aux petits qu'aux plus grands. Je crois que c'est là bien l'essentiel 🙂 Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/la-valse-des-montagnes/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  4. poseidon2

    Flous artistiques

    Fiouuuuu désolé du retard de critique sur celle ci mais... que c'est long à lire ! Déjà parce qu'il y a beaucoup de pages et pas mal de textes. Ensuite parce qu'il est nécessaire de bien tout lire pour s'immerger dans les détails de ses différentes vies qui se percutent. Et c'est la que cette histoire prend tout son sel et tout son intérêt : Dans des interactions réalistes et très humaines entre des personnages qui pourraient très bien être vous et moi. Porté par un dessin très sobre, avec un noir et blanc dans la lignée de ce qu'il se faisait aux États-Unis dans les années, ce "Flous Artistiques" est une lecture exigeante par sa longueur, mais intéressante par le propos. À vous de voir si vous vous sentez de consacrer plusieurs jours à la même lecture.
  5. Titre de l'album : Flous artistiques Scenariste de l'album : Dash Shaw Dessinateur de l'album : Dash Shaw Coloriste : Editeur de l'album : Dargaud Note : Résumé de l'album : Dans un magasin, un homme n'arrive pas à choisir entre deux chemises. La vendeuse, elle, s'interroge sur ses nouvelles lunettes. Un professeur de dessin se demande s'il ne ferait pas mieux de démissionner. Son modèle hésite à changer de métier et se pose des questions sur son sa vie sentimentale. Une autrice à succès ne sait plus quoi écrire... Autant de destins différents qui se croisent et se recroisent au carrefour de leurs indécisions et de ces petits flous qui surgissent chez chacun d'entre nous, à un moment de nos vies... Un récit original qui réussit à nous emporter jusque la dernière page ! Critique : Fiouuuuu désolé du retard de critique sur celle ci mais... que c'est long à lire ! Déjà parce qu'il y a beaucoup de pages et pas mal de textes. Ensuite parce qu'il est nécessaire de bien tout lire pour s'immerger dans les détails de ses différentes vies qui se percutent. Et c'est la que cette histoire prend tout son sel et tout son intérêt : Dans des interactions réalistes et très humaines entre des personnages qui pourraient très bien être vous et moi. Porté par un dessin très sobre, avec un noir et blanc dans la lignée de ce qu'il se faisait aux États-Unis dans les années, ce "Flous Artistiques" est une lecture exigeante par sa longueur, mais intéressante par le propos. À vous de voir si vous vous sentez de consacrer plusieurs jours à la même lecture. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/flous-artistiques?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  6. J’ai vraiment été touché par ce livre. Touchée par ces questions que j’ai pu me poser ou celles que je n’ai pas pu, vu qu’à mon époque certaines choses n’existaient pas. Touchée par ce destin que l'on nous impose et dans lequel on est conditionné dès notre plus jeune âge, que l’on nous force à porter comme s’il n’y avait pas d’autre alternative : une femme doit être mère ! Tu dois faire des enfants sinon tu n’es pas une vraie femme ! C’est ce rapport à la parentalité mais aussi à la place et au rôle de la femme dans la société qu’Anaïs Schenké aborde dans ce roman graphique. Tout est là : des idées préconçues aux nouvelles techniques de conservation des ovocytes en passant par l’horloge biologique, la contraception et la discrimination vis-à-vis de potentiels congés maternité. Anaïs se questionne, analyse, demande conseil. Veut-elle des enfants ? Quel est le meilleur moment pour concevoir ? Peut-elle être une femme accomplie sans être mère ? Et si oui, serait-ce une famille avec un co-parent ou une parentalité seule ? On apprend beaucoup dans ce livre, il y a un peu d’histoire, un peu de technique et beaucoup de témoignages et de parcours. Mais ce qui ressort aussi très bien c’est le regard de la société sur la position de la femme ; même si ce regard n’est pas volontairement négatif, il érige une barrière entre ceux qui ont des enfants et ceux qui n’en n’ont pas. Je trouve également très bien l’utilisation de l’écriture non binaire qui permet à chacun.e de s’y retrouver. L’autrice envisage toutes les possibilités elle met des mots sur des sentiments qui sont parfois un peu flous. J’apprécie particulièrement cette fin où tout le monde à sa place et où toute décision est légitime. En dépit de sa richesse, ce livre peut sembler dense : il mérite d’être exploré à son rythme. Prenez le temps, c’est ainsi que se révéleront les nuances, et que vous trouverez ce que ce texte a de plus juste à vous offrir.
  7. Titre de l'album : Après ce sera trop tard - Et si je n'étais jamais mère ? Scenariste de l'album : Anaïs Schenké Dessinateur de l'album : Anaïs Schenké Coloriste : Editeur de l'album : Autres Editeurs/Auto editions Note : Résumé de l'album : "Tu verras quand t'en auras","tu le regretteras si t'en as pas", "tu vas passer à côté de l'essentiel" ...Autant d'injonctions que doivent affronter les femmes en âge de procéer aujourd'hui. Dans ce roman graphique intime, l'autrice nous embarque dans un voyage introspectif et politique en interrogeant son propre désir d'enfant et ses ambivalences. Est-ce que je veux des enfants ? Comment se projeter dans la maternité quand on est célibataire ? Est-ce que je veux élever un enfant solo dans un monde qui part à vau l'eau ? Vais-je regretter mes choix ? Et si ne pas savoir pouvait aussi être une réponse ? Cet ouvrage engage une réflexion collective sorore autour de ce sujet intime souvent tabou et chargé émotionnellement. Critique : J’ai vraiment été touché par ce livre. Touchée par ces questions que j’ai pu me poser ou celles que je n’ai pas pu, vu qu’à mon époque certaines choses n’existaient pas. Touchée par ce destin que l'on nous impose et dans lequel on est conditionné dès notre plus jeune âge, que l’on nous force à porter comme s’il n’y avait pas d’autre alternative : une femme doit être mère ! Tu dois faire des enfants sinon tu n’es pas une vraie femme ! C’est ce rapport à la parentalité mais aussi à la place et au rôle de la femme dans la société qu’Anaïs Schenké aborde dans ce roman graphique. Tout est là : des idées préconçues aux nouvelles techniques de conservation des ovocytes en passant par l’horloge biologique, la contraception et la discrimination vis-à-vis de potentiels congés maternité. Anaïs se questionne, analyse, demande conseil. Veut-elle des enfants ? Quel est le meilleur moment pour concevoir ? Peut-elle être une femme accomplie sans être mère ? Et si oui, serait-ce une famille avec un co-parent ou une parentalité seule ? On apprend beaucoup dans ce livre, il y a un peu d’histoire, un peu de technique et beaucoup de témoignages et de parcours. Mais ce qui ressort aussi très bien c’est le regard de la société sur la position de la femme ; même si ce regard n’est pas volontairement négatif, il érige une barrière entre ceux qui ont des enfants et ceux qui n’en n’ont pas. Je trouve également très bien l’utilisation de l’écriture non binaire qui permet à chacun.e de s’y retrouver. L’autrice envisage toutes les possibilités elle met des mots sur des sentiments qui sont parfois un peu flous. J’apprécie particulièrement cette fin où tout le monde à sa place et où toute décision est légitime. En dépit de sa richesse, ce livre peut sembler dense : il mérite d’être exploré à son rythme. Prenez le temps, c’est ainsi que se révéleront les nuances, et que vous trouverez ce que ce texte a de plus juste à vous offrir. Autres infos : Edition Les Insolent.e.s Type de l'album : Roman graphique Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/apres-ce-sera-trop-tard-explorer-la-maternite-questionner-les-injonctions-repenser-nos-desirs?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  8. Kevin Nivek

    Malanotte

    Titre de l'album : Malanotte Scenariste de l'album : Marco Taddei Dessinateur de l'album : La Came Coloriste : La Came Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : Quelques années, presque vingt, qu’Ernesto n’était pas revenu à Malanotte, son village natal. La faute en revient, en gros, aux études à la ville, à une copine enceinte, aux aléas de la vie, mais aussi à de mauvais souvenirs refoulés. Résultat, il s’est toujours arrangé, consciemment ou inconsciemment, pour rester à l’écart de ce coin de pays perdu. En parlant d’étude, c’est sa thèse de doctorat en littérature qui le force à se replonger dans le monde de son enfance. Armé de son Nagra©, il chasse la légende et les berceuses d’autrefois auprès des vieillards. Il collecte les vieux racontars et les chants oubliés. Évidemment, les mémoires étant ce qu’elles sont, d’autres vieilles histoires ressurgissent parfois sur ses enregistrements. Est-ce que la réalité d’aujourd’hui est prête à affronter les secrets d’hier ? Critique : La jeune collection "aux confins" de Steinkis s'enrichit d'un nouveau venu avec ce très étrange Malanotte, une histoire mêlant épouvante, critique sociale et légende populaire italienne. On découvre la ville de Malanotte sous le prisme de Ernesto revenant sur ses terres natales afin de réaliser une étude sur les croyances locales. Commune typique avec son clocher et entourée de montagnes et forêts, elle semble isolée au milieu de la nature, uniquement reliée au monde par un pont, sorte de passage unique et obligatoire pour y accéder. Tout d'abord il y a le plaisir des habitants de retrouver le "petit" Ernesto venant de la ville et dont le père avait brusquement quitté la ville avec pertes et fracas. Pourquoi ce départ précipité et que cache cette jeune femme ayant racheté la maison de famille ? Tout comme les sessions d'enregistrement sur les chansons et autres légendes locales auprès des "anciens" , parfois heureux de raconter le passé, mais d'autres fois plutôt réservés voire distants, Ernesto entre dans un monde caché où les secrets pèsent lourd. L'atmosphère joyeuse et accueillante de son arrivée se détériore subitement. Tout comme la série éponyme, on est "aux frontières du réel" dans cette lecture ! Les langues se délient et la progression d'Ernesto devient mystérieuse, il n'est pas rare de voir apparaître une main aux os déformés, presque squelettique, se rapprochant de sa tête lorsqu'il dort, ou au hasard d'un détour dans une des venelles étroites et pentues du village. Le noir et blanc sied parfaitement à ce genre de récit, mais le dessin de La Came se montre frustrant ! Certaines planches dévoilent une grande finesse du trait avec de superbes jeux d'ombres, alors que le traitement des personnages n'est absolument pas au diapason ! Rondeurs grossières à la limite du manga, peu de détails, c'est assez surprenant, on a l'impression que deux dessinateurs différents sont à l'oeuvre ! La fin est assez libre d'interprétation, le livre mérite aisément une seconde lecture. A découvrir. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/malanotte-la-malediction-de-la-pantafa/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  9. Kevin Nivek

    Malanotte

    La jeune collection "aux confins" de Steinkis s'enrichit d'un nouveau venu avec ce très étrange Malanotte, une histoire mêlant épouvante, critique sociale et légende populaire italienne. On découvre la ville de Malanotte sous le prisme de Ernesto revenant sur ses terres natales afin de réaliser une étude sur les croyances locales. Commune typique avec son clocher et entourée de montagnes et forêts, elle semble isolée au milieu de la nature, uniquement reliée au monde par un pont, sorte de passage unique et obligatoire pour y accéder. Tout d'abord il y a le plaisir des habitants de retrouver le "petit" Ernesto venant de la ville et dont le père avait brusquement quitté la ville avec pertes et fracas. Pourquoi ce départ précipité et que cache cette jeune femme ayant racheté la maison de famille ? Tout comme les sessions d'enregistrement sur les chansons et autres légendes locales auprès des "anciens" , parfois heureux de raconter le passé, mais d'autres fois plutôt réservés voire distants, Ernesto entre dans un monde caché où les secrets pèsent lourd. L'atmosphère joyeuse et accueillante de son arrivée se détériore subitement. Tout comme la série éponyme, on est "aux frontières du réel" dans cette lecture ! Les langues se délient et la progression d'Ernesto devient mystérieuse, il n'est pas rare de voir apparaître une main aux os déformés, presque squelettique, se rapprochant de sa tête lorsqu'il dort, ou au hasard d'un détour dans une des venelles étroites et pentues du village. Le noir et blanc sied parfaitement à ce genre de récit, mais le dessin de La Came se montre frustrant ! Certaines planches dévoilent une grande finesse du trait avec de superbes jeux d'ombres, alors que le traitement des personnages n'est absolument pas au diapason ! Rondeurs grossières à la limite du manga, peu de détails, c'est assez surprenant, on a l'impression que deux dessinateurs différents sont à l'oeuvre ! La fin est assez libre d'interprétation, le livre mérite aisément une seconde lecture. A découvrir.
  10. Titre de l'album : Nos pères, nos frères, nos amis Scenariste de l'album : Mathieu Palain Dessinateur de l'album : Valentin Maréchal Coloriste : Carmen Peinado Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : Adapté de l'essai de Mathieu Palain. Si les monstres ça n'existe pas, qui sont les auteurs de violence ? C'est la question que se pose Mathieu, journaliste, lorsqu'il rencontre Cécile. Cette jeune femme, victime de violence conjugale, essaie de comprendre ce qui lui est arrivé. Entre Mathieu et elle, un lien se noue. Mathieu débute son enquête au sein de groupes de parole d'hommes condamnés pour violence conjugale. Mais pour questionner les hommes et leur violence, il faut aller plus loin, auprès des chercheurs, d'associatifs, de psychiatres. Avec Cécile, Mathieu regarde aussi sa propre histoire et tente de comprendre cette violence qui traverse la société. Car pour s'attaquer à la violence des hommes, il faut accepter de la regarder en face. Critique : Une adaptation prenante et poignante du livre du même nom parue aux Arènes il y a deux ans pour le journaliste Mathieu Palain ! On plonge littéralement avec lui dans cette enquête passionnante qui nous interroge et nous bouscule. De ses échanges avec les victimes et ses observations prises lors de groupes de paroles, il commence par élaborer un portrait type de l'agresseur. Mais il se rend compte qu'il a négligé la sphère sociale, composante essentielle dans cette recherche. Commence alors une nouvelle investigation sur les origines et le passé des hommes violents, mais aussi des femmes victimes de ces sévices. Tout s'éclaire d'avantage et les entretiens réalisés en début d'album nous apportent un nouvel angle, on comprend mieux les discours et les convictions des acteurs de ces drames. Tout au long, il se questionne sur ses propres valeurs, est-il un homme bien, l'a t'il toujours été ? Cela se répercute sur le lecteur mais peu aussi aider une lectrice ayant été victime ou témoin de tels actes. On pense évidemment aux coups physiques portés, mais d'autres formes d'agressions sont hélas constatées et fortement préjudiciables aussi. Dans cet univers sombre, le fil conducteur illustré par les échanges avec Cécile, se pose en motif d'espoir. La partie graphique repose essentiellement sur les visages, le port des corps, les regards, Valentin Maréchal centre vraiment le récit sur les personnages avec un trait assez rond. Il rend vivant les échanges avec un découpage type caméra à l'épaule. On passe d'un interlocuteur à l'autre dans un ballet de questions-réponses très immersif. Une vraie mine d'informations à lire et à faire lire au plus grand nombre ! Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/nos-peres-nos-freres-nos-amis/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  11. Une adaptation prenante et poignante du livre du même nom parue aux Arènes il y a deux ans pour le journaliste Mathieu Palain ! On plonge littéralement avec lui dans cette enquête passionnante qui nous interroge et nous bouscule. De ses échanges avec les victimes et ses observations prises lors de groupes de paroles, il commence par élaborer un portrait type de l'agresseur. Mais il se rend compte qu'il a négligé la sphère sociale, composante essentielle dans cette recherche. Commence alors une nouvelle investigation sur les origines et le passé des hommes violents, mais aussi des femmes victimes de ces sévices. Tout s'éclaire d'avantage et les entretiens réalisés en début d'album nous apportent un nouvel angle, on comprend mieux les discours et les convictions des acteurs de ces drames. Tout au long, il se questionne sur ses propres valeurs, est-il un homme bien, l'a t'il toujours été ? Cela se répercute sur le lecteur mais peu aussi aider une lectrice ayant été victime ou témoin de tels actes. On pense évidemment aux coups physiques portés, mais d'autres formes d'agressions sont hélas constatées et fortement préjudiciables aussi. Dans cet univers sombre, le fil conducteur illustré par les échanges avec Cécile, se pose en motif d'espoir. La partie graphique repose essentiellement sur les visages, le port des corps, les regards, Valentin Maréchal centre vraiment le récit sur les personnages avec un trait assez rond. Il rend vivant les échanges avec un découpage type caméra à l'épaule. On passe d'un interlocuteur à l'autre dans un ballet de questions-réponses très immersif. Une vraie mine d'informations à lire et à faire lire au plus grand nombre !
  12. Kevin Nivek

    Tisseuse

    Les voyages temporels sont toujours aussi complexes à utiliser dans les histoires même joliment contées, Léna Canaud parvient à simplifier légèrement le concept. Imaginez deux univers parallèles, un situé dans le présent pendant que l'autre accuse sept ans de retard. Une voie de communication entre les deux, un puits pour le "présent" et une cheminée pour le "passé". Ethel est tisseuse, en charge des lettres à expédier de l'autre côté. Imaginez ce que vous pourriez écrire à votre autre moi ou une connaissance de sept ans de moins ! Sept années durant lesquelles de multiples événements peuvent se dérouler, positifs ou dramatiques. Garante de ce secret, Ethel répertorie les lettres sous formes de voeux, et les expédie dans le puits. Mais que faire quand la dramaturgie intervient dans sa vie ? Elle va jouer les Cassandre et intervenir dans le "passé", le hic étant que les destins tels des fils sur une tapisserie se croisent et sont multiples ! Un événements passé peut engendrer des variables bien différentes ensuite et le monde que Ethel va découvrir en changeant d'univers va s'avérer bien différent du sien ! Sous ses airs de BD jeunesse avec un graphisme rond et simple, cette histoire va vous surprendre. On s'égare parfois dans cette grande galerie de personnages, certains sont les mêmes mais ont évolué différemment dans l'autre univers. Elle nous aide en donnant des ambiances spécifiques dans chacun. Ainsi le sépia prédomine dans le présent ou monde des tisseuses, alors que le bleu caractérise le passé, le monde des gardiennes. A travers cette histoire qui prend des allures de romance, l'auteure pose des questions sur le libre arbitre, les regrets et l'infini des possibles ! Une lecture intéressante qui mérite que l'on s'y attarde voire que l'on s'y remette car complexe au demeurant 😉
  13. Kevin Nivek

    Tisseuse

    Titre de l'album : Tisseuse Scenariste de l'album : Léna Canaud Dessinateur de l'album : Léna Canaud Coloriste : Léna Canaud Editeur de l'album : Ankama Note : Résumé de l'album : Imaginez deux mondes parallèles, l'un ayant sept ans d'avance sur l'autre. De ce Côté, au fond d'un jardin à la campagne, se cache un puits à souhaits. Chaque personne peut venir y déposer une lettre afin d'exprimer ses regrets ou ses espoirs et ainsi aspirer à une nouvelle vie pour son alter ego. De l'Autre Côté, ces voeux sont réceptionnés par les Tisseurs : des professionnels qui influenceront discrètement leurs choix, pour les mener sur la bonne voie. Ethel, Gardienne du puits à souhaits, a toujours rêvé d'être Tisseuse, mais a fini par s'accommoder à la monotonie de son quotidien. Jusqu'au jour où Saule, son compagnon, décède brusquement. Désespérée, elle envoie pendant six ans des lettres aux Tisseurs pour changer son destin de l'Autre Côté. Mais, ne sachant pas si son voeu a été réalisé, elle décide de braver l'interdit en traversant avant que l'accident de Saule n'y survienne. Son but ? Le sauver, et enfin réaliser son souhait : devenir Tisseuse. Critique : Les voyages temporels sont toujours aussi complexes à utiliser dans les histoires même joliment contées, Léna Canaud parvient à simplifier légèrement le concept. Imaginez deux univers parallèles, un situé dans le présent pendant que l'autre accuse sept ans de retard. Une voie de communication entre les deux, un puits pour le "présent" et une cheminée pour le "passé". Ethel est tisseuse, en charge des lettres à expédier de l'autre côté. Imaginez ce que vous pourriez écrire à votre autre moi ou une connaissance de sept ans de moins ! Sept années durant lesquelles de multiples événements peuvent se dérouler, positifs ou dramatiques. Garante de ce secret, Ethel répertorie les lettres sous formes de voeux, et les expédie dans le puits. Mais que faire quand la dramaturgie intervient dans sa vie ? Elle va jouer les Cassandre et intervenir dans le "passé", le hic étant que les destins tels des fils sur une tapisserie se croisent et sont multiples ! Un événements passé peut engendrer des variables bien différentes ensuite et le monde que Ethel va découvrir en changeant d'univers va s'avérer bien différent du sien ! Sous ses airs de BD jeunesse avec un graphisme rond et simple, cette histoire va vous surprendre. On s'égare parfois dans cette grande galerie de personnages, certains sont les mêmes mais ont évolué différemment dans l'autre univers. Elle nous aide en donnant des ambiances spécifiques dans chacun. Ainsi le sépia prédomine dans le présent ou monde des tisseuses, alors que le bleu caractérise le passé, le monde des gardiennes. A travers cette histoire qui prend des allures de romance, l'auteure pose des questions sur le libre arbitre, les regrets et l'infini des possibles ! Une lecture intéressante qui mérite que l'on s'y attarde voire que l'on s'y remette car complexe au demeurant 😉 Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/tisseuse/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  14. Titre de l'album : Une année chez les français Scenariste de l'album : Carbone, Fouad Laroui Dessinateur de l'album : BeneDi Coloriste : Alessandra Alexakis Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : D'après le roman de Fouad Laroui 1970, un an après les premiers pas de l'homme sur la Lune, Mehdi fait sa rentrée au lycée Lyautey. C'est flanqué d'une petite valise et de deux dindons qu'il arrive désemparé au prestigieux lycée français de Casablanca. Pour le jeune garçon avide de savoir, le décalage est rude entre son village au pied des montagnes de l'Atlas et cet établissement où se croisent la bourgeoisie française et marocaine. Alors que s'amorce l'année scolaire, Mehdi va devoir trouver sa voie et s'adapter à cet univers étrange où les cultures se mêlent et se confrontent. Critique : Une année en immersion profonde dans le système éducatif français au sein d'un lycée dans la magnifique ville de Casablanca ! Une année sous le prisme du jeune Mehdi (ou du romancier Fouad Laroui) un peu perdu entre deux cultures. Et pourtant il est brillant ce petit, sa répartie surprend les membres de l'établissement, autant que sa culture générale déjà importante pour un enfant de son âge voire de ses origines ! Car les français en charge de la scolarité respectent dans l'ensemble le programme dicté par l'académie française sans imaginer les profondes dissonances avec la culture marocaine. Mehdi vient d'une famille riche lui ayant donné accès à une bonne éducation "occidentale", sans pour autant renier leur propre culture. Il navigue donc de l'une à l'autre en se liant d'amitié avec des camarades et en s'adaptant aux comportements du personnel du lycée. Du pion faisant l'éloge de Karl Marx, au cuistot conciliant et traducteur, en passant par la ménagère/lingère rarement souriante, c'est toute une galerie de personnages hétéroclites pour un récit qui s'apparente parfois à un vaudeville. Le passé d'institutrice de Carbone la scénariste ressurgit au sein des pages, en démontrant combien l'enfance et l'éducation sont des composantes essentielles à la construction de chacun. La ligne claire de BeneDi rend la lecture facile et agréable. Elle n'hésite pas à grossir le trait sur certaines expressions faciales et fait preuve d'une belle qualité graphique sur des planches détaillées. La devise de l'éditeur Steinkis "Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts" de Isaac Newton, convient parfaitement à cette histoire maniant avec élégance le colonialisme et l'intégration. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/une-annee-chez-les-francais/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  15. Kevin Nivek

    Une année chez les français

    Une année en immersion profonde dans le système éducatif français au sein d'un lycée dans la magnifique ville de Casablanca ! Une année sous le prisme du jeune Mehdi (ou du romancier Fouad Laroui) un peu perdu entre deux cultures. Et pourtant il est brillant ce petit, sa répartie surprend les membres de l'établissement, autant que sa culture générale déjà importante pour un enfant de son âge voire de ses origines ! Car les français en charge de la scolarité respectent dans l'ensemble le programme dicté par l'académie française sans imaginer les profondes dissonances avec la culture marocaine. Mehdi vient d'une famille riche lui ayant donné accès à une bonne éducation "occidentale", sans pour autant renier leur propre culture. Il navigue donc de l'une à l'autre en se liant d'amitié avec des camarades et en s'adaptant aux comportements du personnel du lycée. Du pion faisant l'éloge de Karl Marx, au cuistot conciliant et traducteur, en passant par la ménagère/lingère rarement souriante, c'est toute une galerie de personnages hétéroclites pour un récit qui s'apparente parfois à un vaudeville. Le passé d'institutrice de Carbone la scénariste ressurgit au sein des pages, en démontrant combien l'enfance et l'éducation sont des composantes essentielles à la construction de chacun. La ligne claire de BeneDi rend la lecture facile et agréable. Elle n'hésite pas à grossir le trait sur certaines expressions faciales et fait preuve d'une belle qualité graphique sur des planches détaillées. La devise de l'éditeur Steinkis "Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts" de Isaac Newton, convient parfaitement à cette histoire maniant avec élégance le colonialisme et l'intégration.
  16. Premier grand coup de coeur pour cette rentrée littéraire avec ce roman graphique somptueux de la néophyte dans le monde du 9ème art : Mansoureh Kamari. Traitant de la condition des femmes dans son pays d'origine l'Iran, sujet ô combien difficile, elle nous déroute complétement par la finesse de son trait et l'élégance qu'elle donne au récit. Intégrer de la grâce dans une histoire aussi sombre et triste que la sienne, c'est digne d'un grand talent ! Aussi, ce coup de coeur n'est pas lié au propos, car vous me direz qu'il est facile de mettre 5 étoiles en hommage au combat de ces femmes opprimées, non ou plutôt pas que, Mansoureh Kamari m'a littéralement impressionné par son dessin, l'art du découpage et l'émotion ressentie au moment de contempler la hauteur de son art graphique. Mêlant présent et flashbacks, elle joue sur les noirs et blancs, tout en mettant un peu de couleurs dans un présent en reconstruction et en symbiose avec son nouvel univers sans barrières ; elle est libre de se recréer pleinement et s'exposer à nu comme elle le fait dès les premières pages. Mais pour en arriver là, elle vous racontera les sévices subis, la peur constante de mal faire dans une société patriarcale au possible où le père règne en maître absolu. Offrant les délicates courbes de son corps aux étudiants en art, elle se remémore les étapes importantes de sa jeune vie marquée par la frustration et l'incapacité de faire changer les lignes. On sent que ce roman graphique était déjà mûr dans son esprit depuis un certain temps, aujourd'hui elle peut crier son message en paix, libre et dévouée à son art ! il me tarde déjà de revoir ce dessin et sa mise en scène sur de la fiction, quel talent, non mais quel talent !
  17. Titre de l'album : Les enfants du Pays - Un thriller familial au coeur de la guerre de décolonisation du Cameroun Scenariste de l'album : Annick Kamgang, Adelphe Touck Ntep Dessinateur de l'album : Annick kamgang Coloriste : Annick Kamgang Editeur de l'album : La boite à bulles Note : Résumé de l'album : Miriam apprend que son père Hubert, qui l'a abandonnée vingt-cinq ans auparavant, est gravement malade. Déterminée à obtenir des réponses de sa part, elle se rend à son chevet au Cameroun. Son père mourant n'aura cependant ni le temps ni la force de lui raconter sa vie et ce qui l'a conduit à couper les ponts avec sa famille. Alors Miriam commence son enquête, interrogeant ceux qui ont côtoyé son père. Elle plonge, au fil de ses recherches, dans l'histoire tourmentée du Cameroun, de sa la lutte pour l'indépendance et contre la mainmise française sur le pays, une fois la colonie théoriquement « libérée ». Et ses découvertes pourraient bien la mettre en danger... Une autofiction captivante qui tient tout à la fois du thriller, du drame familial et du récit historique... Critique : Très impliquée au sein des OMG et sur des revues traitant des aspects politiques et sociaux de l'Afrique, Annick Kamgang réalise un roman graphique nerveux sur l'histoire de la décolonisation du Cameroun. Sans énumérer les grandes dates et hauts faits politiques généraux de l'époque, elle préfère centrer le récit sur la vie d'une famille directement impactée par ces événements. Nous découvrons donc Miriam à notre époque et en France, découvrant la grave maladie de son père l'ayant abandonnée 25 ans plus tôt et toujours installé au Cameroun. En quête de vérité sur son passé elle s'envole avec son fils pour le pays des "Lions indomptables" et remonte le temps au fil de ses rencontres. Peu à peu elle va déterrer le passé de son père mais aussi et indirectement la vision qu'elle a/avait de lui même. Révélations chocs sur un destin hors du commun intimement lié au pays et son processus de décolonisation, pour une Miriam totalement désemparée ! Dans cette bichromie en ligne claire, vous allez voyager dans le temps et découvrir les conditions de décolonisation avec les forces en présence toutes fidèles à des objectifs bien différents. Les anciens colons français désireux de garder une influence locale, les jeunes politiciens locaux avides de pouvoir et enfin les "maquisards" ou résistants souhaitant un pays absolument libre. L'indépendance date du 1er janvier 1960, mais vous verrez que les vieux démons sont encore présents ! Un polar "historico-famillial" tendu et bien documenté ! Il est enrichi d'annexes en fin d'album complétant cette période trouble. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/les-enfants-du-pays-un-thriller-familial-au-coeur-de-la-guerre-de-decolonisation-du-cameroun/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  18. Très impliquée au sein des OMG et sur des revues traitant des aspects politiques et sociaux de l'Afrique, Annick Kamgang réalise un roman graphique nerveux sur l'histoire de la décolonisation du Cameroun. Sans énumérer les grandes dates et hauts faits politiques généraux de l'époque, elle préfère centrer le récit sur la vie d'une famille directement impactée par ces événements. Nous découvrons donc Miriam à notre époque et en France, découvrant la grave maladie de son père l'ayant abandonnée 25 ans plus tôt et toujours installé au Cameroun. En quête de vérité sur son passé elle s'envole avec son fils pour le pays des "Lions indomptables" et remonte le temps au fil de ses rencontres. Peu à peu elle va déterrer le passé de son père mais aussi et indirectement la vision qu'elle a/avait de lui même. Révélations chocs sur un destin hors du commun intimement lié au pays et son processus de décolonisation, pour une Miriam totalement désemparée ! Dans cette bichromie en ligne claire, vous allez voyager dans le temps et découvrir les conditions de décolonisation avec les forces en présence toutes fidèles à des objectifs bien différents. Les anciens colons français désireux de garder une influence locale, les jeunes politiciens locaux avides de pouvoir et enfin les "maquisards" ou résistants souhaitant un pays absolument libre. L'indépendance date du 1er janvier 1960, mais vous verrez que les vieux démons sont encore présents ! Un polar "historico-famillial" tendu et bien documenté ! Il est enrichi d'annexes en fin d'album complétant cette période trouble.
  19. Fraîchement récompensée du prix des écoles au FIBD d'Angoulême pour Léonarde ( Drakoo), la scénariste Isabelle Bauthian délaisse la fiction jeunesse pour le portrait intimiste d'un médecin oublié, j'ai nommé Ignace Semmelweis. Et pourtant, si le lavage des mains et le change des draps entre chaque patient à l'hôpital est aujourd'hui banal et logique, ce n'était pas le cas durant la moitié du 19ème siècle ! Face aux infections répétées ou plutôt ces fièvres puerpérales contractées par les femmes ayant accouché dans les maternités, allant bien souvent jusqu'au décès, vous découvrirez comment ce médecin a voulu changer les habitudes de travail en profondeur ! Dans une Autriche en pleine instabilité politique, tout comme la moitié de l'Europe d'ailleurs, il va mener ce combat quitte à s'attirer les foudres de bon nombre de ses confrères peu enclins à bousculer leurs méthodes. Chaque pas en avant se fait au prix d'efforts considérables, d'autant que Semmelweis n'aime pas rédiger, il doit donc faire appel à des aides extérieures ce qui représente encore des contraintes ! Il est parfois complexe de suivre tous les personnages présents, certains visages se ressemblent ce qui n'aide pas; à noter une chronologie alternant présent et passé rendant d'avantage la lecture complexe. De légers défauts qui n'entachent pas ce bain historique dans les méandres des cliniques obstétriques autrichiennes en présence de ce médecin visionnaire. Une comparaison est faite avec le mythe de Cassandre la prophétesse douée de visions d'avenir. Semmelweis avait/a raison sur toute la ligne, ses recommandations sont encore appliquées voire approfondies plus de 150 ans après ! Merci aux auteures de cet album de le sortir de l'ombre de Pasteur, il le mérite !
  20. Titre de l'album : Semmelweis - Le Médecin Des Femmes Scenariste de l'album : Isabelle Bauthian Dessinateur de l'album : Eva Rossetti Coloriste : Eva Rossetti Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : XIXe siècle. Dans la plus grande clinique de Vienne, Semmelweis constate que les femmes sont de plus en plus nombreuses à mourir des suites de leur accouchement. Alors qu'il se heurte à l'entêtement et au conservatisme de ses supérieurs, le jeune médecin, déterminé, se lance dans une enquête afin de découvrir les causes d'un mal considéré par ses pairs comme une fatalité. Face à l'hostilité grandissante, Semmelweis se dressera, seul, afin d'établir ce qui deviendra les premiers principes de l'asepsie. Critique : Fraîchement récompensée du prix des écoles au FIBD d'Angoulême pour Léonarde ( Drakoo), la scénariste Isabelle Bauthian délaisse la fiction jeunesse pour le portrait intimiste d'un médecin oublié, j'ai nommé Ignace Semmelweis. Et pourtant, si le lavage des mains et le change des draps entre chaque patient à l'hôpital est aujourd'hui banal et logique, ce n'était pas le cas durant la moitié du 19ème siècle ! Face aux infections répétées ou plutôt ces fièvres puerpérales contractées par les femmes ayant accouché dans les maternités, allant bien souvent jusqu'au décès, vous découvrirez comment ce médecin a voulu changer les habitudes de travail en profondeur ! Dans une Autriche en pleine instabilité politique, tout comme la moitié de l'Europe d'ailleurs, il va mener ce combat quitte à s'attirer les foudres de bon nombre de ses confrères peu enclins à bousculer leurs méthodes. Chaque pas en avant se fait au prix d'efforts considérables, d'autant que Semmelweis n'aime pas rédiger, il doit donc faire appel à des aides extérieures ce qui représente encore des contraintes ! Il est parfois complexe de suivre tous les personnages présents, certains visages se ressemblent ce qui n'aide pas; à noter une chronologie alternant présent et passé rendant d'avantage la lecture complexe. De légers défauts qui n'entachent pas ce bain historique dans les méandres des cliniques obstétriques autrichiennes en présence de ce médecin visionnaire. Une comparaison est faite avec le mythe de Cassandre la prophétesse douée de visions d'avenir. Semmelweis avait/a raison sur toute la ligne, ses recommandations sont encore appliquées voire approfondies plus de 150 ans après ! Merci aux auteures de cet album de le sortir de l'ombre de Pasteur, il le mérite ! Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/semmelweis-le-medecin-des-femmes/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  21. Ouvrir un ouvrage de l'artiste multi-tâches Fanny Michaëlis, c'est l'assurance de faire un voyage métaphysique bercé par les rondeurs de son trait au crayon à nul autre pareil ! Peu de mots, un dessin épuré alternant des représentations parfaitement reconnaissables et logiques avec des images que le test de Rorschach n'aurait pas renié. Elle invente le concept de métaphore visuelle dessinée dans des pages où haut et bas peuvent s'inverser et où l'on peut deviner d'autres symboles ou représentations insérés selon le blanc ou le noir. Ainsi ce qui peut s'apparenter à un visage peut laisser deviner une toute autre représentation, voire même laisser le lecteur imaginer ce qu'il le souhaite. Déstabilisant par moment, je dois bien avouer avoir perdu le fil dans cette narration particulière suivant l'évolution d'une jeune fille dans sa famille puis la société au sens large du terme. Comment va t'elle redresser cette tête et trouver sa place dans ce monde ? Notre héroïne des temps modernes va vivre ses expériences, certaines fondatrices, d'autres complexes et laissant des traces immuables. Le monde est une jungle, il appartient à chacun d'y évoluer avec son vécu et sa vision ! Un roman graphique exigeant qui nécessitera probablement une seconde lecture pour en apprécier et comprendre le contenu et ses nombreux messages cachés.
  22. Titre de l'album : Et c'est ainsi que je suis née Scenariste de l'album : Fanny Michaëlis Dessinateur de l'album : Fanny Michaëlis Coloriste : Editeur de l'album : Casterman Note : Résumé de l'album : À la fois récit initiatique et conte philosophique, Et c'est ainsi que je suis née poursuit l'élan introspectif d'une jeune fille née la tête à l'envers, « retroussée », pour mieux y faire résonner, au fil des pages, le grondement d'une insurrection qui s'embrase de l'individu au collectif. Dans la lignée du Lait noir (Cornélius, 2016), parabole de l'exil, ce livre propose, par le regard et la voix de son personnage principal, une traversée d'expériences coercitives et métaphoriques aux résonances très actuelles, poussant les extrémités jusqu'au point de rupture. Face à la violence du monde, la fiction pourrait bien se faire la prophétie du réel, et la bande dessinée la langue de ce soulèvement qui vient. Critique : Ouvrir un ouvrage de l'artiste multi-tâches Fanny Michaëlis, c'est l'assurance de faire un voyage métaphysique bercé par les rondeurs de son trait au crayon à nul autre pareil ! Peu de mots, un dessin épuré alternant des représentations parfaitement reconnaissables et logiques avec des images que le test de Rorschach n'aurait pas renié. Elle invente le concept de métaphore visuelle dessinée dans des pages où haut et bas peuvent s'inverser et où l'on peut deviner d'autres symboles ou représentations insérés selon le blanc ou le noir. Ainsi ce qui peut s'apparenter à un visage peut laisser deviner une toute autre représentation, voire même laisser le lecteur imaginer ce qu'il le souhaite. Déstabilisant par moment, je dois bien avouer avoir perdu le fil dans cette narration particulière suivant l'évolution d'une jeune fille dans sa famille puis la société au sens large du terme. Comment va t'elle redresser cette tête et trouver sa place dans ce monde ? Notre héroïne des temps modernes va vivre ses expériences, certaines fondatrices, d'autres complexes et laissant des traces immuables. Le monde est une jungle, il appartient à chacun d'y évoluer avec son vécu et sa vision ! Un roman graphique exigeant qui nécessitera probablement une seconde lecture pour en apprécier et comprendre le contenu et ses nombreux messages cachés. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/et-c-est-ainsi-que-je-suis-nee/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  23. VladNirky

    Le sorcier de Terremer

    Ursula K. Le Guin a écrit Le Sorcier de Terremer en 1968, il a été suivi depuis par d'autres romans. Je l'ai lu, pour ma part, durant mon adolescence (il y a un donc un bon moment). Bien avant les lectures fleuves qui constitueront les aventures d'autres grands sorciers que seront Gandalf (paru en 1954) et Dumbledore (1997) pour ne citer qu'eux. Si les détails de l'aventure se sont perdus dans ma mémoire désormais lointaine, les bons souvenirs de cette expérience y sont restés. Cette oeuvre est devenue un classique de la fantasy. Le sorcier de Terremer est l'histoire d'un enfant, archimage en devenir, qui va devoir trouver, petit à petit, sa place dans le monde et son véritable moi intérieur. A la manière d'une quête initiatique, nous allons suivre, depuis ses jeunes années, en passant par sa formation dans une école de magie, ses premières aventures et péripéties. Cela peut sembler commun ces dernières années, mais c'était très novateur à l'époque. La magie et le monde décris restent uniques à ce jour. Le monde est éparpillé en îles, ce qui permet une grande variété de situations et de peuples rencontrés. Le pouvoir magique repose intimement sur la connaissance du nom des choses et des êtres. Son exercice implique des effets parfois néfastes. Et il faut conserver un équilibre en tout. L'adaptation BD proposée ici, par Fred Forham, est très fidèle et c'est avec une véritable part de nostalgie que j'ai littéralement dévoré cette adaptation. La lecture est fluide, et les planches sont de véritables œuvres d'art de peinture. Je regrette cependant quelques planches qui paraissent assez sombres, mais elles font du coup contraste avec les planches lumineuses, comme si les ombres et la lumière s’affrontaient au fil des planches et de l'aventure. La BD comportent également un bon nombre de passages contemplatifs du plus bel effet. Sans parole, sans bulle. Parfois juste avec les signes de magie qui retranscrivent les sorts utilisés. Dans ces conditions difficiles de ne pas recommander la lecture de l'ouvrage. Certains passages sont réellement magnifiques et magiques (la rencontre avec le Dragon par exemple). Bien amenés, fort en émotion, superbes.
  24. Titre de l'album : Le sorcier de Terremer Scenariste de l'album : Ursula K. Le Guin / Fred Frodham Dessinateur de l'album : Fred Frodham Coloriste : Fred Frodham Editeur de l'album : Autres Editeurs/Auto editions Note : Résumé de l'album : Sur Gont, l’une des nombreuses îles de Terremer, Duny, le fils du forgeron, mène une vie paisible de gardien de chèvres. Jusqu’au jour où il découvre qu’il maîtrise de manière innée le pouvoir des mots. Et que le mage Ogion lui propose d’intégrer l’école de magie sur l’île de Roke. Là, son ambition dévorante lui fait bientôt libérer une créature des ténèbres… qui pourrait mettre en péril le monde entier. Critique : Ursula K. Le Guin a écrit Le Sorcier de Terremer en 1968, il a été suivi depuis par d'autres romans. Je l'ai lu, pour ma part, durant mon adolescence (il y a un donc un bon moment). Bien avant les lectures fleuves qui constitueront les aventures d'autres grands sorciers que seront Gandalf (paru en 1954) et Dumbledore (1997) pour ne citer qu'eux. Si les détails de l'aventure se sont perdus dans ma mémoire désormais lointaine, les bons souvenirs de cette expérience y sont restés. Cette oeuvre est devenue un classique de la fantasy. Le sorcier de Terremer est l'histoire d'un enfant, archimage en devenir, qui va devoir trouver, petit à petit, sa place dans le monde et son véritable moi intérieur. A la manière d'une quête initiatique, nous allons suivre, depuis ses jeunes années, en passant par sa formation dans une école de magie, ses premières aventures et péripéties. Cela peut sembler commun ces dernières années, mais c'était très novateur à l'époque. La magie et le monde décris restent uniques à ce jour. Le monde est éparpillé en îles, ce qui permet une grande variété de situations et de peuples rencontrés. Le pouvoir magique repose intimement sur la connaissance du nom des choses et des êtres. Son exercice implique des effets parfois néfastes. Et il faut conserver un équilibre en tout. L'adaptation BD proposée ici, par Fred Forham, est très fidèle et c'est avec une véritable part de nostalgie que j'ai littéralement dévoré cette adaptation. La lecture est fluide, et les planches sont de véritables œuvres d'art de peinture. Je regrette cependant quelques planches qui paraissent assez sombres, mais elles font du coup contraste avec les planches lumineuses, comme si les ombres et la lumière s’affrontaient au fil des planches et de l'aventure. La BD comportent également un bon nombre de passages contemplatifs du plus bel effet. Sans parole, sans bulle. Parfois juste avec les signes de magie qui retranscrivent les sorts utilisés. Dans ces conditions difficiles de ne pas recommander la lecture de l'ouvrage. Certains passages sont réellement magnifiques et magiques (la rencontre avec le Dragon par exemple). Bien amenés, fort en émotion, superbes. Autres infos : Sortie le 20 août mais non référencé chez notre partenaire, je reviendrais éditer les données manquantes. Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/catalogsearch/result/?q=le%2Bsorcier%2Bde%2Bterremer&ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  25. Titre de l'album : Sibylline, chroniques d'une escort girl Scenariste de l'album : Sixtine Dano Dessinateur de l'album : Sixtine Dano Coloriste : Editeur de l'album : Glenat Note : Résumé de l'album : À tout juste 19 ans, Raphaëlle ressemble à toutes les jeunes filles de son âge. Fraîchement débarquée à Paris pour ses études d'archi, elle enchaîne à un rythme effréné les cours, les nuits blanches à travailler sur ses maquettes, les soirées à servir des bières en tant que serveuse ou à refaire le monde en dansant avec sa nouvelle meilleure amie. Mais ce que ses camarades d'amphi ne savent pas c'est que certains soirs Raphaëlle se glisse dans les draps d'hôtels parisiens et récolte quelques billets verts. Au début c'est « juste une fois, pour l'expérience » mais sans crier gare, Raph tombe dans la prostitution de luxe. Critique : Dans cette BD, l'auteure aborde un sujet assez peu prisé en BD, la prostitution estudiantine. Sujets abordés de temps en temps dans les médias en période de rentrée et dans quelques films (je pense notamment à Jeune et Jolie de François Ozon de 2013). On va ici parcourir l'histoire du point de vue de l'héroïne, Raphaëlle, et une de ses nouvelles amies, qui va s'engager dans cette voie également. Le sujet est traité comme une tranche de vie, une sorte de docu fiction. De son installation à la capitale fraichement débarquée de province pour sa 1ère année d'étude, à ses fins de mois difficiles, car ses parents ne roulent pas sur l'or, au petit boulot, en passant par ses nouveaux amis, ses amours, sa famille... Raphaëlle ne va pas manquer de sujets à traiter. En raison de ses difficultés d'argent pour boucler ses fins de mois, Raphaëlle va accepter de prendre tout d'abord un verre rémunéré avec un homme plus âgé et bien installé dans sa vie, via un site de rencontre, puis plus par la suite. Tout ce cheminement est décrit petit à petit, au fur et à mesure des très belles planches réalisées en fusain (il doit y avoir une vidéo plus bas afin que vous vous rendiez compte du rendu que je trouve exceptionnel). Tout est en niveau de gris avec des touches de blanc très blanc par moment qui apparaissent alors en contraste de la planche ou de la case. Et le petit miracle de la lecture se produit au fil des pages. Petit à petit on se prend d'empathie pour Raphaëlle et on rentre dans son histoire. C'est bien écrit. Le ton est juste. On s'attache aux personnages et à leur vie. A leur quotidien. Le dessin en fusain colle bien à l'histoire, les planches on un rendu magnifique. Le sujet est traité de manière intelligente et ne juge pas. Ni Raphaëlle, ni son amie, ni les clients. Ce n'est jamais pesant. Sincèrement j'étais passé à côté à sa sortie vu le sujet compliqué, lourd, pour ne pas dire casse gueule qu'il pouvait en résulter. Et pourtant.... Tous les points ci dessus font de cette BD une réussite complète et je ne peux que la recommander. L'auteure indique en fin de volume le travail documentaire et les interviews d'étudiant(e)s et d'un client qui a accepté d'en parler avec elle. Je reprends quelques éléments de la postface: Depuis 2016, le coût de la vie étudiante a augmenté de 28%. Un(e) étudiant(e) sur 2 saute des repas à cause de l'inflation. 28% des étudiant(e)s envisageraient la prostitution, 23% connaissent personnellement des personnes concernées (selon une étude de 2019 de l'université de Grenoble). Une réalisation d'un dessin au fusain La bande annonce Autres infos : Docu fiction Type de l'album : BD Europeene Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/sibylline-chroniques-d-une-escort-girl?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
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