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  1. Kevin Nivek

    Providence

    Titre de l'album : Providence Scenariste de l'album : Nicolas Dehghani Dessinateur de l'album : Nicolas Dehghani Coloriste : Nicolas Dehghani Editeur de l'album : Sarbacane Note : Résumé de l'album : Une dystopie somptueuse aux échos contemporains. Rien ne prédestinait Keren Kepler, le jeune terrien, à toucher un jour les étoiles. Admis parmi les Providencins, l'élite née sur la planète rouge, Keren franchit brillamment les portes d'un monde inaccessible pour le commun des mortels. Mais avec Providence, qui choisit vraiment son chemin... ? Critique : Après une première incursion dans le monde du 9ème art avec l'intrigant polar Ceux qui brûlent (Sarbacane), le talentueux Nicolas Dehghani revient avec une oeuvre bien plus aboutie dans un univers dystopique futuriste ! On y découvre un monde où la terre s'est épuisée à fournir les ressources indispensables à la terraformation de Mars, planète rouge devenue Providence et peuplée d'humains bien en avance technologiquement sur les terriens. A travers le quotidien de Keren, on est immergé dans une société où datas, IA et questionnaires poussés règnent en maître. Les providencins cherchent à aider les terriens à combler leur retard à l'aide de ses datas et une myriade d'analystes lancés tels des VRP à l'encontre de la population pour y recueillir de nombreuses données et les synthétiser avec la perspective de meilleurs lendemains. Un jour, Keren est victime d'un accident de circulation, sa voiture automatisée se retrouve face à un choix "Asimovien" ! En effet, soit elle percute une jeune fille sur la route en la tuant sur le coup, soit elle l'évite en condamnant son occupant ! Le récit prend une tournure on ne peut plus intéressante suite à ce drame ! Car il faut le dire, dès les premières pages, on avance péniblement dans ce monde scindé en deux classes de population avec ses codes et ce vocabulaire qu'il faut intégrer. Un choix pertinent de l'auteur qui nous balade et nous fait entrer ainsi dans cette histoire complexe nous interrogeant sur des tas de domaines. Limite de l'IA, envahissement des datas, colonisation, mais aussi deuil et sa façon de le traverser, l'auteur use brillamment de ces sujets pour en faire une histoire aboutie et bien menée qui mérite amplement que l'on persévère dans cette pagination conséquente 😉 Ceux qui brûlent était son galop d'essai, il parvient à améliorer encore son dessin avec des architectures incroyables et un sens du détail affiné qui risque fort de percuter votre rétine dans le bon sens 😉 Usant toujours de quadrichromie, où nuances de gris et orange prédominent, il adapte ses choix de couleurs aux contextes géographiques pour un rendu immersif réussi, au diapason d'une histoire tout aussi accomplie. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/providence/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  2. Kevin Nivek

    Providence

    Après une première incursion dans le monde du 9ème art avec l'intrigant polar Ceux qui brûlent (Sarbacane), le talentueux Nicolas Dehghani revient avec une oeuvre bien plus aboutie dans un univers dystopique futuriste ! On y découvre un monde où la terre s'est épuisée à fournir les ressources indispensables à la terraformation de Mars, planète rouge devenue Providence et peuplée d'humains bien en avance technologiquement sur les terriens. A travers le quotidien de Keren, on est immergé dans une société où datas, IA et questionnaires poussés règnent en maître. Les providencins cherchent à aider les terriens à combler leur retard à l'aide de ses datas et une myriade d'analystes lancés tels des VRP à l'encontre de la population pour y recueillir de nombreuses données et les synthétiser avec la perspective de meilleurs lendemains. Un jour, Keren est victime d'un accident de circulation, sa voiture automatisée se retrouve face à un choix "Asimovien" ! En effet, soit elle percute une jeune fille sur la route en la tuant sur le coup, soit elle l'évite en condamnant son occupant ! Le récit prend une tournure on ne peut plus intéressante suite à ce drame ! Car il faut le dire, dès les premières pages, on avance péniblement dans ce monde scindé en deux classes de population avec ses codes et ce vocabulaire qu'il faut intégrer. Un choix pertinent de l'auteur qui nous balade et nous fait entrer ainsi dans cette histoire complexe nous interrogeant sur des tas de domaines. Limite de l'IA, envahissement des datas, colonisation, mais aussi deuil et sa façon de le traverser, l'auteur use brillamment de ces sujets pour en faire une histoire aboutie et bien menée qui mérite amplement que l'on persévère dans cette pagination conséquente 😉 Ceux qui brûlent était son galop d'essai, il parvient à améliorer encore son dessin avec des architectures incroyables et un sens du détail affiné qui risque fort de percuter votre rétine dans le bon sens 😉 Usant toujours de quadrichromie, où nuances de gris et orange prédominent, il adapte ses choix de couleurs aux contextes géographiques pour un rendu immersif réussi, au diapason d'une histoire tout aussi accomplie.
  3. Après les excellents "Vertiges" et "Ils nous ruinent la santé", l'association La revue dessinée/Casterman poursuit son chemin avec huit enquêtes sur la "France-Afrique" et ses colonies. La France et son "Empire" étendu au milieu du 19ème siècle avec toutes les répercussions de sa présence auprès des natifs. Ainsi vous irez de la lointaine Polynésie à la Guyane en passant par La Réunion et l'Afrique. L'Asie est oubliée, suite au passage dévastateur des américains après nous ? Ce tour du monde commence par le traitement infligé aux tirailleurs sénégalais enrôlés de force durant la seconde guerre mondiale et n'ayant jamais perçu leur solde pourtant amplement méritée. Certains ont même "disparus" , la grande muette se montrant une nouvelle fois peu loquace sur le sujet ! On reste en Afrique avec les viols perpétrés par l'armée française durant la guerre d'Algérie, sous l'oeil bienveillant de la hiérarchie ! Des emprisonnements ou séances de tortures basculant dans l'horreur, sans aucunes répercussions pour les auteurs... Direction ensuite la Polynésie et les nombreux essais nucléaires post-guerre du général De Gaulle, avec des répercussions écologiques et humaines dramatiques, une fois encore passées sous silence ! La Réunion et la Guyane nous racontent leurs enfants "perdus", idem pour la Nouvelle-Calédonie sombrant toujours un peu plus dans la violence et à l'avenir incertain. Vous finirez par le pillage des oeuvres primaires africaines, exposées entre autres au musée Jacques Chirac à Paris. La France "en pire" donc, bataillant avec son passé malgré la décolonisation de certaines "possessions" et mettant en avant toutes les difficultés qu'ont les hommes politiques (de tous bords) à reconnaître les actes commis. Un véritable déni national malgré des preuves accablantes du collectif d'auteurs jalonnant ces enquêtes. Je pense à l'empire britannique et son Commonwealth et me demande après cette lecture, s'il fait face aux mêmes problèmes aujourd'hui ! Une nouvelle lecture passionnante et formidablement illustrée !
  4. Titre de l'album : La France Empire - Enquêtes sur les blessures des territoires colonisés Scenariste de l'album : collectif Dessinateur de l'album : collectif Coloriste : collectif Editeur de l'album : Casterman Note : Résumé de l'album : Huit enquêtes choc pour regarder notre histoire coloniale en face et en finir avec un déni national. En Guyane, de jeunes autochtones enlevés, francisés et christianisés de force. En Algérie, le viol comme arme de guerre pour terroriser la population. En Polynésie, des essais nucléaires «sans risque» qui irradient les locaux. Partout où la colonisation française est passée, elle a laissé des blessures encore grandes ouvertes aujourd'hui. La Revue Dessinée documente depuis de nombreuses années ce sinistre héritage en Afrique, en Amérique, en Océanie ou dans les territoires d'Outre-Mer. Elle rassemble pour la première fois dans cet album huit enquêtes choc qui mettent en évidence un déni national. Critique : Après les excellents "Vertiges" et "Ils nous ruinent la santé", l'association La revue dessinée/Casterman poursuit son chemin avec huit enquêtes sur la "France-Afrique" et ses colonies. La France et son "Empire" étendu au milieu du 19ème siècle avec toutes les répercussions de sa présence auprès des natifs. Ainsi vous irez de la lointaine Polynésie à la Guyane en passant par La Réunion et l'Afrique. L'Asie est oubliée, suite au passage dévastateur des américains après nous ? Ce tour du monde commence par le traitement infligé aux tirailleurs sénégalais enrôlés de force durant la seconde guerre mondiale et n'ayant jamais perçu leur solde pourtant amplement méritée. Certains ont même "disparus" , la grande muette se montrant une nouvelle fois peu loquace sur le sujet ! On reste en Afrique avec les viols perpétrés par l'armée française durant la guerre d'Algérie, sous l'oeil bienveillant de la hiérarchie ! Des emprisonnements ou séances de tortures basculant dans l'horreur, sans aucunes répercussions pour les auteurs... Direction ensuite la Polynésie et les nombreux essais nucléaires post-guerre du général De Gaulle, avec des répercussions écologiques et humaines dramatiques, une fois encore passées sous silence ! La Réunion et la Guyane nous racontent leurs enfants "perdus", idem pour la Nouvelle-Calédonie sombrant toujours un peu plus dans la violence et à l'avenir incertain. Vous finirez par le pillage des oeuvres primaires africaines, exposées entre autres au musée Jacques Chirac à Paris. La France "en pire" donc, bataillant avec son passé malgré la décolonisation de certaines "possessions" et mettant en avant toutes les difficultés qu'ont les hommes politiques (de tous bords) à reconnaître les actes commis. Un véritable déni national malgré des preuves accablantes du collectif d'auteurs jalonnant ces enquêtes. Je pense à l'empire britannique et son Commonwealth et me demande après cette lecture, s'il fait face aux mêmes problèmes aujourd'hui ! Une nouvelle lecture passionnante et formidablement illustrée ! Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/la-france-empire-enquetes-sur-les-blessures-des-territoires-colonises/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  5. Kevin Nivek

    Nanterre avant l'orage

    Habitué des BD sociétales, Ulysse Gry s'associe avec Feurat Alani grand reporter, pour illustrer et raconter la vie au sein de la cité Pablo Picasso au nord-ouest de Paris. Feurat Alani revient dans les tours de son enfance, immeubles créés par l'architecte Aillaud au milieu des années 70, aux formes "art nouveau" leur donnant le nom de "tours nuages" avec ces fenêtres en goutte d'eau. On le suit "caméra à l'épaule" , déambulant dans les rues du quartier au contact des habitants et de ce serpent cyclopéen sinuant au pied des tours. La population est sous le choc des événements ayant conduit au décès de Nahel lors d'une course-poursuite avec les forces de l'ordre. On sent la pression monter mais pas de la même façon selon les personnes interrogées. Chaque ressenti est ainsi exposé par le duo d'auteurs qui cherche vraiment à mettre en avant l'entraide sociale et une certaine forme de fatalité face à la perte d'un des leurs. Le dessin coloré, marqué par le rouge et le rose avec des notes grisâtres sur les architectures, englobe les protagonistes dans cet entourage organique bétonné, le tout sous un ciel nuageux et annonciateur de "grain" à venir. Sans être trop à charge envers la police, le récit reste manichéen dans son approche de la cité et son microcosme, c'est du moins l'impression que j'ai vu de l'extérieur n'ayant jamais vécu dans un tel contexte. Comment ce climat général d'entraide peut-il accoucher de violences sociales ?
  6. Titre de l'album : Nanterre avant l'orage Scenariste de l'album : Feurat Alani Dessinateur de l'album : Ulysse Gry Coloriste : Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : Nanterre, quartier Pablo Picasso. À l'été 2023, le meurtre de Nahel, 17 ans, frappe une cité déjà marquée par l'injustice et l'oubli. Les flammes, les émeutes et la sidération médiatique font soudain exister un lieu et ses habitants, mais seulement à travers la violence. Cette bande dessinée propose de raconter autrement : de l'intérieur. C'est un voyage dans la mémoire d'un quartier trop souvent réduit à des clichés, où la vie ne se résume pas aux affrontements avec la police. On y suit des habitants dans leur quotidien - rires, rêves, colères, solidarités - comme autant de fragments de dignité. Nanterre, avant l'orage interroge : pourquoi faut-il la mort pour que la société regarde enfin ? Qu'est-ce qu'on choisit de voir, et qu'est-ce qu'on efface ? En donnant voix et visage à ceux qu'on n'écoute jamais, la bande dessinée trace le portrait sensible d'un territoire en clair-obscur, à deux pas de La Défense mais relégué dans l'ombre. Critique : Habitué des BD sociétales, Ulysse Gry s'associe avec Feurat Alani grand reporter, pour illustrer et raconter la vie au sein de la cité Pablo Picasso au nord-ouest de Paris. Feurat Alani revient dans les tours de son enfance, immeubles créés par l'architecte Aillaud au milieu des années 70, aux formes "art nouveau" leur donnant le nom de "tours nuages" avec ces fenêtres en goutte d'eau. On le suit "caméra à l'épaule" , déambulant dans les rues du quartier au contact des habitants et de ce serpent cyclopéen sinuant au pied des tours. La population est sous le choc des événements ayant conduit au décès de Nahel lors d'une course-poursuite avec les forces de l'ordre. On sent la pression monter mais pas de la même façon selon les personnes interrogées. Chaque ressenti est ainsi exposé par le duo d'auteurs qui cherche vraiment à mettre en avant l'entraide sociale et une certaine forme de fatalité face à la perte d'un des leurs. Le dessin coloré, marqué par le rouge et le rose avec des notes grisâtres sur les architectures, englobe les protagonistes dans cet entourage organique bétonné, le tout sous un ciel nuageux et annonciateur de "grain" à venir. Sans être trop à charge envers la police, le récit reste manichéen dans son approche de la cité et son microcosme, c'est du moins l'impression que j'ai vu de l'extérieur n'ayant jamais vécu dans un tel contexte. Comment ce climat général d'entraide peut-il accoucher de violences sociales ? Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/nanterre-avant-l-orage/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  7. Pour sa première parution chez Delcourt, l'auteure complète Alicia Jade nous expose sa vision philosophique et sociale de l'idée du couple hétéro aujourd'hui. Ce rapport humain repose en effet sur un frêle équilibre qu'il appartient aux deux membres du couple de respecter et surtout, favoriser. Mais des siècles de domination patriarcale ne s'effacent pas d'un coup de baguette magique et avec l'aide d'exemples précis et de cas concrets sur un couple, elle nous expose les difficultés rencontrées par la femme dans ce type de relation. Vous découvrirez que les notions de capitalisme et individualisme sont étroitement liées et entretiennent cette "domination" masculine. Elle définit ces nouveaux concepts tels que "male gaze" et sa métaphore brillante avec le panoptique, mais aussi ce mécanisme d'emprise nommé "gaslighting". C'est effectivement une lecture empreinte de féminisme mais je pense sincèrement qu'elle peut et doit s'adresser aux hommes estimant encore de nos jours au XXIème siècle que les tâches ménagères incombent aux femmes. L'humour reste très présent comme vecteur à travers les péripéties que rencontre Molly et les répercussions sur son entourage. J'ai découvert ce terme de "contre-soirée" qui une fois expliqué par l'auteure, s'avère on ne peut plus vrai, idem pour les discussions dans ces espaces éloignés du tumulte festif. Un roman graphique à partager pour croire à l'amour autrement 😉
  8. Titre de l'album : L'amour c'est nul ! (Je ne recommande pas ce produit) Scenariste de l'album : Alicia Jacte Dessinateur de l'album : Alicia Jacte Coloriste : Alicia Jacte Editeur de l'album : Delcourt Note : Résumé de l'album : À travers le parcours d'une jeune femme confrontée aux injonctions de l'amour hétéronormé, Alicia Jacte signe une exploration sociologique brillante d'une société où patriarcat, individualisme et capitalisme pèsent lourd sur les rapports humains. Comment Molly, moineau insipide, s'est-elle métamorphosée en rockstar après sa rupture avec Gustave ? Et pourquoi c'est dans les contre-soirées de salle de bains qu'on fait les meilleures révolutions ?! Sous la forme d'une fable tragi-comique et sociologique soigneusement documentée, Alicia Jacte questionne l'amour hétéronormé. Critique : Pour sa première parution chez Delcourt, l'auteure complète Alicia Jade nous expose sa vision philosophique et sociale de l'idée du couple hétéro aujourd'hui. Ce rapport humain repose en effet sur un frêle équilibre qu'il appartient aux deux membres du couple de respecter et surtout, favoriser. Mais des siècles de domination patriarcale ne s'effacent pas d'un coup de baguette magique et avec l'aide d'exemples précis et de cas concrets sur un couple, elle nous expose les difficultés rencontrées par la femme dans ce type de relation. Vous découvrirez que les notions de capitalisme et individualisme sont étroitement liées et entretiennent cette "domination" masculine. Elle définit ces nouveaux concepts tels que "male gaze" et sa métaphore brillante avec le panoptique, mais aussi ce mécanisme d'emprise nommé "gaslighting". C'est effectivement une lecture empreinte de féminisme mais je pense sincèrement qu'elle peut et doit s'adresser aux hommes estimant encore de nos jours au XXIème siècle que les tâches ménagères incombent aux femmes. L'humour reste très présent comme vecteur à travers les péripéties que rencontre Molly et les répercussions sur son entourage. J'ai découvert ce terme de "contre-soirée" qui une fois expliqué par l'auteure, s'avère on ne peut plus vrai, idem pour les discussions dans ces espaces éloignés du tumulte festif. Un roman graphique à partager pour croire à l'amour autrement 😉 Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/l-amour-c-est-nul-je-ne-recommande-pas-ce-produit/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  9. Kevin Nivek

    That distant fire

    Amateurs de la série tv Black mirror, voici un roman graphique fait pour vous 😉 Un futur dystopique proche et crédible avec une omniprésence de la technologie envahissante et contrôlant toutes les données afin de "mieux nous servir". Au beau milieu de cet univers, un couple d'ingénieurs ayant imaginé et créé un outil médical pouvant aider un grand nombre de personnes démunies, allant à l'encontre de Queeny la grosse entreprise détenant l'ensemble des monopoles ! Dans une société où le secret n'a pas sa place, les deux tourtereaux fuient la ville pour la campagne et la famille de Paul. Ils vont y découvrir les germes d'une insurrection prochaine, bousculant leurs idéaux et vision du monde. La galerie de personnages secondaires est un plus indéniable, permettant de mieux comprendre le fonctionnement politique et économique en place. Le titre va ainsi prendre tout son sens, "that distant fire", ce feu lointain sommeillant en chacun de nous n'attendant qu'un léger souffle pour s'embraser ! L'éternelle révolte face à l'oppression ! Le trait épais et rugueux de Curt Merlo renforce le côté organique et humain des personnages, il effectue une mise en couleurs bichromique selon les chapitres. Il suit en effet les mois de l'année et entame par un vert et noir illustrant mai et le printemps, puis vous verrez au fil des pages ces couleurs changer en allant vers le jaune et une prédominance de rouge pour le mois d'août et sa chaleur suffocante associée à la révolte ! Une très belle immersion avec ces couleurs associées à un découpage cinématographique percutant au possible. A découvrir !
  10. Titre de l'album : That distant fire Scenariste de l'album : J.R. Hughto Dessinateur de l'album : Curt Merlo Coloriste : Curt Merlo Editeur de l'album : Les humanoides associés Note : Résumé de l'album : L'invention de Véra et Paul pourrait sauver des vies, sauf si Queeny, la méga-corporation hégémonique, parvient à se l'accaparer... Dans un futur proche où Queeny, une multinationale hégémonique, contrôle villes et campagnes, Véra et Paul, un couple d'ingénieurs, dissimulent un prototype d'IRM portable aux capacités révolutionnaires. Tandis que Diana et Hazel, proches du couple, défient le système par la révolte et le sabotage, Queeny riposte avec brutalité : arrestations, manipulations, suicides mis en scène... Devenus malgré eux un espoir pour leur communauté, Véra et Paul sont acculés à négocier avec l'entreprise pour protéger leurs proches. Mais la colère qui gronde annonce qu'un simple compromis ne suffira plus... Critique : Amateurs de la série tv Black mirror, voici un roman graphique fait pour vous 😉 Un futur dystopique proche et crédible avec une omniprésence de la technologie envahissante et contrôlant toutes les données afin de "mieux nous servir". Au beau milieu de cet univers, un couple d'ingénieurs ayant imaginé et créé un outil médical pouvant aider un grand nombre de personnes démunies, allant à l'encontre de Queeny la grosse entreprise détenant l'ensemble des monopoles ! Dans une société où le secret n'a pas sa place, les deux tourtereaux fuient la ville pour la campagne et la famille de Paul. Ils vont y découvrir les germes d'une insurrection prochaine, bousculant leurs idéaux et vision du monde. La galerie de personnages secondaires est un plus indéniable, permettant de mieux comprendre le fonctionnement politique et économique en place. Le titre va ainsi prendre tout son sens, "that distant fire", ce feu lointain sommeillant en chacun de nous n'attendant qu'un léger souffle pour s'embraser ! L'éternelle révolte face à l'oppression ! Le trait épais et rugueux de Curt Merlo renforce le côté organique et humain des personnages, il effectue une mise en couleurs bichromique selon les chapitres. Il suit en effet les mois de l'année et entame par un vert et noir illustrant mai et le printemps, puis vous verrez au fil des pages ces couleurs changer en allant vers le jaune et une prédominance de rouge pour le mois d'août et sa chaleur suffocante associée à la révolte ! Une très belle immersion avec ces couleurs associées à un découpage cinématographique percutant au possible. A découvrir ! Autres infos : Type de l'album : Comic Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/that-distant-fire/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  11. Ouvrir un ouvrage de l'artiste multi-tâches Fanny Michaëlis, c'est l'assurance de faire un voyage métaphysique bercé par les rondeurs de son trait au crayon à nul autre pareil ! Peu de mots, un dessin épuré alternant des représentations parfaitement reconnaissables et logiques avec des images que le test de Rorschach n'aurait pas renié. Elle invente le concept de métaphore visuelle dessinée dans des pages où haut et bas peuvent s'inverser et où l'on peut deviner d'autres symboles ou représentations insérés selon le blanc ou le noir. Ainsi ce qui peut s'apparenter à un visage peut laisser deviner une toute autre représentation, voire même laisser le lecteur imaginer ce qu'il le souhaite. Déstabilisant par moment, je dois bien avouer avoir perdu le fil dans cette narration particulière suivant l'évolution d'une jeune fille dans sa famille puis la société au sens large du terme. Comment va t'elle redresser cette tête et trouver sa place dans ce monde ? Notre héroïne des temps modernes va vivre ses expériences, certaines fondatrices, d'autres complexes et laissant des traces immuables. Le monde est une jungle, il appartient à chacun d'y évoluer avec son vécu et sa vision ! Un roman graphique exigeant qui nécessitera probablement une seconde lecture pour en apprécier et comprendre le contenu et ses nombreux messages cachés.
  12. Titre de l'album : Et c'est ainsi que je suis née Scenariste de l'album : Fanny Michaëlis Dessinateur de l'album : Fanny Michaëlis Coloriste : Editeur de l'album : Casterman Note : Résumé de l'album : À la fois récit initiatique et conte philosophique, Et c'est ainsi que je suis née poursuit l'élan introspectif d'une jeune fille née la tête à l'envers, « retroussée », pour mieux y faire résonner, au fil des pages, le grondement d'une insurrection qui s'embrase de l'individu au collectif. Dans la lignée du Lait noir (Cornélius, 2016), parabole de l'exil, ce livre propose, par le regard et la voix de son personnage principal, une traversée d'expériences coercitives et métaphoriques aux résonances très actuelles, poussant les extrémités jusqu'au point de rupture. Face à la violence du monde, la fiction pourrait bien se faire la prophétie du réel, et la bande dessinée la langue de ce soulèvement qui vient. Critique : Ouvrir un ouvrage de l'artiste multi-tâches Fanny Michaëlis, c'est l'assurance de faire un voyage métaphysique bercé par les rondeurs de son trait au crayon à nul autre pareil ! Peu de mots, un dessin épuré alternant des représentations parfaitement reconnaissables et logiques avec des images que le test de Rorschach n'aurait pas renié. Elle invente le concept de métaphore visuelle dessinée dans des pages où haut et bas peuvent s'inverser et où l'on peut deviner d'autres symboles ou représentations insérés selon le blanc ou le noir. Ainsi ce qui peut s'apparenter à un visage peut laisser deviner une toute autre représentation, voire même laisser le lecteur imaginer ce qu'il le souhaite. Déstabilisant par moment, je dois bien avouer avoir perdu le fil dans cette narration particulière suivant l'évolution d'une jeune fille dans sa famille puis la société au sens large du terme. Comment va t'elle redresser cette tête et trouver sa place dans ce monde ? Notre héroïne des temps modernes va vivre ses expériences, certaines fondatrices, d'autres complexes et laissant des traces immuables. Le monde est une jungle, il appartient à chacun d'y évoluer avec son vécu et sa vision ! Un roman graphique exigeant qui nécessitera probablement une seconde lecture pour en apprécier et comprendre le contenu et ses nombreux messages cachés. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/et-c-est-ainsi-que-je-suis-nee/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  13. Kevin Nivek

    Sushi ichi tome 1

    L'éditeur Petitàpetit se lance aussi dans le manga avec la saga Sushi ichi ! prévue en 8 tomes. C'est une très belle idée de concilier plaisir de lecture, gastronomie et même histoire du Japon, car au travers des chapitres vous découvrirez la société japonaise en pleine ouverture au monde lors de l'arrivée des occidentaux sur les rives du pays au soleil levant. Taisuke est un maître sushi, il sait préparer, cuire, travailler, associer tous les mets composant cet art culinaire mais il ajoute en plus le fameux "umami", ce cinquième sens typiquement japonais. Vous connaissez bien entendu l'amer, le sucré, le salé et l'acide, mais au Japon on ajoute l'art et la culture ancestrale, voire même un supplément d'âme dans la cuisine, il s'agit donc de cet umami. Chacune des aventures de Taisuke commence par une problématique rencontrée dans son quartier, liée à la restauration mais pas que 😉 Il résoudra ces difficultés par le biais des fourneaux, en enquêtant sur les personnes concernées et leur vécu. Il va en tirer l'essence de ses recettes et réaliser le sushi parfait agissant comme une madeleine de Proust sur le sujet visé. Vous découvrirez dans les détails sa façon de procéder en suivant pas à pas ses actes, couteau à la main. Le dessin précis et détaillé de Etsushi (le bien-nommé) Ogawa vous immerge dans ce quartier et vous donnera des envies de cuisine nippone, tant les mets font envie. On confond un peu les visages des protagonistes parfois, car certaines cases sont chargées et les traits des visages sont un peu négligés, mais rien de bien rébarbatif. Si vous aimez la saga de Isabella Bird ( Ki-oon), ces aventures culinaires vont plairont car elles associent gastronomie, histoire et sociologie d'un Japon dont les coutumes nous semblent parfois si difficiles à cerner pour nous autres occidentaux. Une belle découverte !
  14. Titre de l'album : Sushi ichi tome 1 Scenariste de l'album : Etsushi Ogawa Dessinateur de l'album : Etsushi Ogawa Coloriste : Editeur de l'album : Petit à petit Note : Résumé de l'album : Taisuke, maître sushi, ne se contente pas de réaliser de délicieux plats : il se sert de son art pour apaiser les tensions de son quartier et régler les problèmes personnels de ses voisins. Du Japon, le lecteur va découvrir : - l'époque clé de l'ouverture du pays au reste du monde - la création, le développement, les différents types de sushis - les modes de cuisine et de consommation de la nourriture Critique : L'éditeur Petitàpetit se lance aussi dans le manga avec la saga Sushi ichi ! prévue en 8 tomes. C'est une très belle idée de concilier plaisir de lecture, gastronomie et même histoire du Japon, car au travers des chapitres vous découvrirez la société japonaise en pleine ouverture au monde lors de l'arrivée des occidentaux sur les rives du pays au soleil levant. Taisuke est un maître sushi, il sait préparer, cuire, travailler, associer tous les mets composant cet art culinaire mais il ajoute en plus le fameux "umami", ce cinquième sens typiquement japonais. Vous connaissez bien entendu l'amer, le sucré, le salé et l'acide, mais au Japon on ajoute l'art et la culture ancestrale, voire même un supplément d'âme dans la cuisine, il s'agit donc de cet umami. Chacune des aventures de Taisuke commence par une problématique rencontrée dans son quartier, liée à la restauration mais pas que 😉 Il résoudra ces difficultés par le biais des fourneaux, en enquêtant sur les personnes concernées et leur vécu. Il va en tirer l'essence de ses recettes et réaliser le sushi parfait agissant comme une madeleine de Proust sur le sujet visé. Vous découvrirez dans les détails sa façon de procéder en suivant pas à pas ses actes, couteau à la main. Le dessin précis et détaillé de Etsushi (le bien-nommé) Ogawa vous immerge dans ce quartier et vous donnera des envies de cuisine nippone, tant les mets font envie. On confond un peu les visages des protagonistes parfois, car certaines cases sont chargées et les traits des visages sont un peu négligés, mais rien de bien rébarbatif. Si vous aimez la saga de Isabella Bird ( Ki-oon), ces aventures culinaires vont plairont car elles associent gastronomie, histoire et sociologie d'un Japon dont les coutumes nous semblent parfois si difficiles à cerner pour nous autres occidentaux. Une belle découverte ! Autres infos : Sushi Ichi ! © Etsushi Ogawa, Leed Publishing CO, LTD, 2014 Type de l'album : Manga Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/sushi-ichi-tome-1/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  15. Kevin Nivek

    Social fiction

    A l'occasion des 50 ans des Humanoïdes associés, les rééditions de qualité tombent dans les bacs des libraires ! L'éditeur propose ainsi trois nouvelles de Chantal Montellier dans un seul et même ouvrage à la couverture sublime rose et noire. Symbole entre autres du féminisme, le rose se retrouvera au sein des planches et viendra illuminer le trait noir et blanc de l'artiste engagée. Telle une mise à jour, elle a retravaillé ses oeuvres et le rendu n'en est que superbe de modernité et finesse. Publiées au début des années 80, ces trois nouvelles graphiques retrouvent de leur superbe avec un dessin réaliste "actuel", le propos n'ayant lui pas pris une ride ! Hélas devrait-on dire car depuis presque 40 ans, les faits de société qu'elle avait dénoncés, semblent plus contemporains que jamais 😞 1996 Again aborde le racisme dans une société futuriste avec pour toile de fond les androïdes faisant partie du quotidien ainsi qu'une omniprésence des caméras et autres méthodes de surveillance "pour la sécurité" des citoyens. 1984 de Orwell n'est pas très loin ! Ensuite, Wonder city nous fait visiter une ville surveillée outrageusement aussi, mais avec en plus un contrôle de la natalité réalisé par un robot docteur bienveillant. Vous découvrirez vite que les apparences sont bien évidemment trompeuses. Eugénisme, liberté intellectuelle et histoire d'amour composent les thématiques de cette nouvelle assez angoissante. Pour finir, Chantal Montellier nous emmène au Shelter market, où un couple se retrouve prisonnier d'un centre commercial gigantesque enfoui sous terre à la suite d'un cataclysme nucléaire en surface. Dans ce temple de la (sur)consommation, ils vont devoir s'adapter à de nouvelles règles et y trouver leur place au sein d'un nouveau genre de société. Au menu, totalitarisme, télé-réalité, perte de liberté, dérives mercantiles et bien-sûr surveillance caméra CCTV omniprésente ! Trois nouvelles graphiques en noir et blanc ponctuées parfois de bleu ou de rose, avec un dessin retravaillé du plus bel effet. Ne boudez pas votre plaisir sur cette superbe édition, d'autant qu'elle est enrichie d'annexes très intéressantes.
  16. Titre de l'album : Social fiction Scenariste de l'album : Chantal Montellier Dessinateur de l'album : Chantal Montellier Coloriste : Chantal Montellier Editeur de l'album : Les humanoides associés Note : Résumé de l'album : Dans ce recueil signé par Chantal Montellier, autrice pionnière de la bande dessinée féministe et politique, (re)découvrez des récits d'anticipation encore terriblement d'actualité, où autoritarisme, eugénisme et discrimination n'ont pas de limites. Entre 1978 et 1983, Chantal Montellier signe les trois albums 1996, Shelter et Wonder City, prépubliés dans Métal Hurlant. Wonder City vous emmènera au coeur d'une ville eugéniste et sous vidéosurveillance généralisée, tandis que Shelter vous plongera dans le sous-sol d'un centre commercial, transformé en abri antiatomique, où un directeur de magasin joue les nouveaux dictateurs. 1996 rassemble plusieurs histoires courtes toujours en lien avec une thématique sociale, politique ou philosophique. Au fil du temps, Chantal Montellier a retravaillé son dessin car pour elle, tout oeuvre ne peut être que vivante, évoluant avec son temps et son autrice. C'est ainsi que Shelter est devenu Shelter Market et 1996, 1996 again. Les voici pour la première fois réunis dans un ouvrage unique, accompagné de textes de différents contributeurs et contributrices. Critique : A l'occasion des 50 ans des Humanoïdes associés, les rééditions de qualité tombent dans les bacs des libraires ! L'éditeur propose ainsi trois nouvelles de Chantal Montellier dans un seul et même ouvrage à la couverture sublime rose et noire. Symbole entre autres du féminisme, le rose se retrouvera au sein des planches et viendra illuminer le trait noir et blanc de l'artiste engagée. Telle une mise à jour, elle a retravaillé ses oeuvres et le rendu n'en est que superbe de modernité et finesse. Publiées au début des années 80, ces trois nouvelles graphiques retrouvent de leur superbe avec un dessin réaliste "actuel", le propos n'ayant lui pas pris une ride ! Hélas devrait-on dire car depuis presque 40 ans, les faits de société qu'elle avait dénoncés, semblent plus contemporains que jamais 😞 1996 Again aborde le racisme dans une société futuriste avec pour toile de fond les androïdes faisant partie du quotidien ainsi qu'une omniprésence des caméras et autres méthodes de surveillance "pour la sécurité" des citoyens. 1984 de Orwell n'est pas très loin ! Ensuite, Wonder city nous fait visiter une ville surveillée outrageusement aussi, mais avec en plus un contrôle de la natalité réalisé par un robot docteur bienveillant. Vous découvrirez vite que les apparences sont bien évidemment trompeuses. Eugénisme, liberté intellectuelle et histoire d'amour composent les thématiques de cette nouvelle assez angoissante. Pour finir, Chantal Montellier nous emmène au Shelter market, où un couple se retrouve prisonnier d'un centre commercial gigantesque enfoui sous terre à la suite d'un cataclysme nucléaire en surface. Dans ce temple de la (sur)consommation, ils vont devoir s'adapter à de nouvelles règles et y trouver leur place au sein d'un nouveau genre de société. Au menu, totalitarisme, télé-réalité, perte de liberté, dérives mercantiles et bien-sûr surveillance caméra CCTV omniprésente ! Trois nouvelles graphiques en noir et blanc ponctuées parfois de bleu ou de rose, avec un dessin retravaillé du plus bel effet. Ne boudez pas votre plaisir sur cette superbe édition, d'autant qu'elle est enrichie d'annexes très intéressantes. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/social-fiction-9782731679090/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  17. Titre de l'album : Shubeik lubeik Scenariste de l'album : Deena Mohamed Dessinateur de l'album : Deena Mohamed Coloriste : Deena Mohamed Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : En sélection Eisner Awards 2024. Dans les contes arabes, Shubeik Lubeik est la phrase des génies sortant de leur lampe. Dans Le Caire contemporain, les voeux sont devenues une marchandise comme les autres et font partie du quotidien des habitants. Répartis en différentes catégories, leurs usages sont réglementées et les citoyens apprennent, parfois à leurs dépens, qu'il faut les manipuler avec précaution. Trois voeux vendus dans un modeste kiosque du Caire lient Aziza, Nour et Shokry et changeront leur vie. Ils ont tous un désir profond, mais pour formuler leur voeu, chacun doit se demander ce qu'il désire vraiment et plonger au plus profond de son être. Ils s'apercevront que parfois, les désirs font désordre... Deena Mohamed, dans ce roman graphique brillant et original, nous donne à voir les aspirations profondes et les tensions qui traversent la société contemporaine égyptienne. Critique : Ce très bel ouvrage constitue l'intégrale de la trilogie de romans graphiques de l'auteure : Shubeik Lubeik . Respectant la culture arabe , il est donc lisible de droite à gauche , à la manière des mangas . 3 destins entrecoupés dans une Egypte contemporaine (ou presque 😉 ) constituent les 3 parties de cet épais volume . Aziza , Nour et Shokry auront leur vie profondément bouleversée par une valise de voeux . En effet , l'artiste égyptienne a eu la brillante idée d'insérer dans son pays natal une pincée de magie issue des croyances locales , en l'occurrence ici : les génies exauçant vos voeux . Le hic étant que plusieurs types de génies existent , du low-cost au plus cher , ils ne répondront pas à votre demande de la même façon , et comme le dit si bien Deena Mohamed " les désirs font parfois désordre" 🙂 . Dans ce contexte , elle dresse le portrait de son pays à travers le regard de ces 3 protagonistes tous issus de milieux différents et aux motivations différentes . C'est littéralement passionnant , elle parvient à rendre cette magie totalement réelle et bien ancrée dans la société , avec des annexes portant sur des textes de lois encadrant les voeux , l'histoire de la découverte de ces "bouteilles" de génies , voire même l'évolution sociétale en lien direct avec des voeux pouvant bouleverser un équilibre fragile . Elle commence les 3 récits par des pages colorées puis passe à un noir et blanc aux encrages profonds . Son dessin est précis , élégant et fourmille de détails . Elle n'hésite pas à bouleverser le gaufrier avec un découpage cinématographique , centré parfois sur les personnages avec des gros plans sur leurs réactions à la manière des récits de Tom King le scénariste américain . Un graphisme immersif au sein d'une histoire , ou plutôt 3 histoires prenantes qui vous tiendront en haleine tout du long . On traverse réellement ces 527 pages à une vitesse folle tant le scénario est bien organisé . La sélection au prix Eisner awards 2024 n'est pas du tout usurpée et il faut remercier l'éditeur Steinkis d'avoir osé traduire et publier ce formidable conte des temps modernes ! Deena Mohamed , une artiste à découvrir ! PS: une planche est en anglais ci-dessous , mais rassurez-vous , l'intégrale Steinkis est entièrement en français 😉 Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/shubeik-lubeik/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  18. Kevin Nivek

    Shubeik lubeik

    Ce très bel ouvrage constitue l'intégrale de la trilogie de romans graphiques de l'auteure : Shubeik Lubeik . Respectant la culture arabe , il est donc lisible de droite à gauche , à la manière des mangas . 3 destins entrecoupés dans une Egypte contemporaine (ou presque 😉 ) constituent les 3 parties de cet épais volume . Aziza , Nour et Shokry auront leur vie profondément bouleversée par une valise de voeux . En effet , l'artiste égyptienne a eu la brillante idée d'insérer dans son pays natal une pincée de magie issue des croyances locales , en l'occurrence ici : les génies exauçant vos voeux . Le hic étant que plusieurs types de génies existent , du low-cost au plus cher , ils ne répondront pas à votre demande de la même façon , et comme le dit si bien Deena Mohamed " les désirs font parfois désordre" 🙂 . Dans ce contexte , elle dresse le portrait de son pays à travers le regard de ces 3 protagonistes tous issus de milieux différents et aux motivations différentes . C'est littéralement passionnant , elle parvient à rendre cette magie totalement réelle et bien ancrée dans la société , avec des annexes portant sur des textes de lois encadrant les voeux , l'histoire de la découverte de ces "bouteilles" de génies , voire même l'évolution sociétale en lien direct avec des voeux pouvant bouleverser un équilibre fragile . Elle commence les 3 récits par des pages colorées puis passe à un noir et blanc aux encrages profonds . Son dessin est précis , élégant et fourmille de détails . Elle n'hésite pas à bouleverser le gaufrier avec un découpage cinématographique , centré parfois sur les personnages avec des gros plans sur leurs réactions à la manière des récits de Tom King le scénariste américain . Un graphisme immersif au sein d'une histoire , ou plutôt 3 histoires prenantes qui vous tiendront en haleine tout du long . On traverse réellement ces 527 pages à une vitesse folle tant le scénario est bien organisé . La sélection au prix Eisner awards 2024 n'est pas du tout usurpée et il faut remercier l'éditeur Steinkis d'avoir osé traduire et publier ce formidable conte des temps modernes ! Deena Mohamed , une artiste à découvrir ! PS: une planche est en anglais ci-dessous , mais rassurez-vous , l'intégrale Steinkis est entièrement en français 😉
  19. Kevin Nivek

    Aparthotel Deluxe

    Après un enrichissant Touristes à la Havane paru chez Steinkis , Edo Brenes publie chez La boîte à bulles une nouvelle histoire sociétale en Amérique latine . Ce récit choral se déroule sur les terres de l'auteur : le Costa Rica . Il situe une dizaine de personnages vivant dans une même copropriété . Un événement va bouleverser ce petit monde et nous offrir un maelström de pensées profondes ! Chacun des protagonistes est lié de près ou de loin à ce fameux voisin monsieur B qui laisse sa douche couler depuis un certain temps sans répondre aux appels . Du gardien de l'immeuble en pleine crise de couple , en passant par la voisine du dessus inquiète , des jeunes fraichement parents et demandant du calme pour que le bébé dorme tout en se questionnant sur la future sexualité de leur enfant , une prostitué accueillant divers clients et leurs névroses , bref vous l'aurez compris , l'auteur ratisse large 🙂 ! Il ajoute à ces petits chapitres centrés sur chacun des protagonistes , des pages intermédiaires sur le fils de monsieur B , en pleine introspection et revisitant la vie de son père en ouvrant les placards . Le destin funeste de monsieur B n'est pas la surprise de ce récit , en effet il faut plutôt chercher dans cette petite fourmilière qui s'agite autour et qui nous offre un final assez surprenant pour certains ! Je veux bien concevoir que nous sommes tous névrosés , mais il me semble que l'auteur s'emporte un peu et grossit le trait sur certains "portraits" en pleine crise existentielle . Ce pays à dominance catholique garde un socle religieux profond et la mutation de la société ne se fait pas sans heurts . Cela reste plaisant à lire , le suspens lié au devenir des personnages est bien amené et la ligne claire de l'artiste costaricain est toujours aussi douce et détaillée . A l'image des nombreuses variétés d'oiseaux et de fleurs de ce pays vert , il nous offre un bouquet de portraits colorés et rafraîchissants . A découvrir .
  20. Titre de l'album : Aparthotel Deluxe Scenariste de l'album : Edo Brenes Dessinateur de l'album : Edo Brenes Coloriste : Edo Brenes Editeur de l'album : La boite à bulles Note : Résumé de l'album : La douche de monsieur B. coule en continu depuis ce matin mais personne ne répond quand on frappe à sa porte. Ses voisins s'inquiètent... Et s'il avait glissé sur le carrelage ? Au fil de leurs allées et venues, le pallier de Monsieur B. devient un point de rencontre. On s'y croise, on s'y questionne, avant de reprendre chacun le cours de sa vie. Dans ce vieil immeuble costaricain, typique de San José, sa capitale, cohabitent des individus en proie aux doutes : Garçon, un jeune homme profondément croyant mais adepte du travestissement, Isaac, un jeune père célibataire à l'avenir trouble, ou encore Jan, leur concierge, et sa femme Tori, qui fuient un mariage engagé trop jeune. Critique : Après un enrichissant Touristes à la Havane paru chez Steinkis , Edo Brenes publie chez La boîte à bulles une nouvelle histoire sociétale en Amérique latine . Ce récit choral se déroule sur les terres de l'auteur : le Costa Rica . Il situe une dizaine de personnages vivant dans une même copropriété . Un événement va bouleverser ce petit monde et nous offrir un maelström de pensées profondes ! Chacun des protagonistes est lié de près ou de loin à ce fameux voisin monsieur B qui laisse sa douche couler depuis un certain temps sans répondre aux appels . Du gardien de l'immeuble en pleine crise de couple , en passant par la voisine du dessus inquiète , des jeunes fraichement parents et demandant du calme pour que le bébé dorme tout en se questionnant sur la future sexualité de leur enfant , une prostitué accueillant divers clients et leurs névroses , bref vous l'aurez compris , l'auteur ratisse large 🙂 ! Il ajoute à ces petits chapitres centrés sur chacun des protagonistes , des pages intermédiaires sur le fils de monsieur B , en pleine introspection et revisitant la vie de son père en ouvrant les placards . Le destin funeste de monsieur B n'est pas la surprise de ce récit , en effet il faut plutôt chercher dans cette petite fourmilière qui s'agite autour et qui nous offre un final assez surprenant pour certains ! Je veux bien concevoir que nous sommes tous névrosés , mais il me semble que l'auteur s'emporte un peu et grossit le trait sur certains "portraits" en pleine crise existentielle . Ce pays à dominance catholique garde un socle religieux profond et la mutation de la société ne se fait pas sans heurts . Cela reste plaisant à lire , le suspens lié au devenir des personnages est bien amené et la ligne claire de l'artiste costaricain est toujours aussi douce et détaillée . A l'image des nombreuses variétés d'oiseaux et de fleurs de ce pays vert , il nous offre un bouquet de portraits colorés et rafraîchissants . A découvrir . Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/aparthotel-deluxe/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  21. Kevin Nivek

    Monstera

    Après une première oeuvre parue fin 2023 : Hors cadre , chez Warum éditions , Simon Roure change de registre et d'éditeur 🙂 avec ce nouveau roman graphique : Monstera . Oh vous connaissez toutes et tous cette plante d'intérieur (photo jointe) , facile à entretenir et s'agrandissant au fil des ans . Elle doit son nom à ses feuilles démesurées parsemées de trous . L'auteur effectue un parallèle avec cette plante occupant tout l'espace comme ces nombreux panneaux publicitaires jalonnant les cases citadines de l'album . Un certain culte de la beauté mis en avant , une beauté fine et musclée , mais pas trop (abdos mais pas les pectoraux 😉 ) selon des standards bien établis . Gabriel jeune adulte , un peu "bobo" , manifestant de temps en temps et vivotant des plaisirs de la capitale , se fait remarquer par des chasseurs de têtes de mannequins et commence une nouvelle carrière dans ce domaine . Il rencontre en même temps Lina , une jeune femme discrète , visiblement très soucieuse de son poids . Le fil du récit propose les deux trajectoires de ces "victimes" de ces grandes feuilles de la plante , peu à peu , elles vont former ces trous , car leur existence va être brisée sous le poids de l'image du corps .Elle , réduisant les quantités de nourriture et se faisant vomir après chaque repas , tout en augmentant la course à pieds . Le trait fin de l'auteur nous la fait découvrir sous la douche , avec un corps décharné , victime d'alopécie et d'un replis sur soi . Gabriel semble lui sur une pente ascendante avec ses petits travaux de muscu et un régime adapté , selon les conseils de son agence . Mais il va être vite dépassé par ces contraintes incessantes , et le comportement inquiétant de Lina . Comment tout ceci peut-il finir ? Simon Roure pose de vraies questions en soulignant les contradictions auxquelles font face ces deux protagonistes . Défiler en prônant une forme de consommation , tout en manifestant pour une attitude responsable à ce sujet ! Surveiller son image tout en observant sa copine en train de s'enfermer dans une solitude avec des troubles alimentaires ! Tant de thématiques que l'on retrouve peu dans le monde du 9ème art et qui détonnent . A découvrir .
  22. Kevin Nivek

    Monstera

    Titre de l'album : Monstera Scenariste de l'album : Simon Roure Dessinateur de l'album : Simon Roure Coloriste : Simon Roure Editeur de l'album : Rivages Editions Note : Résumé de l'album : Un jour, Simon se fait repérer dans la rue par une agence de mannequin. Lui qui est très timide se retrouve à poser et défiler. Alors qu'il découvre le milieu de la mode et du luxe, ses copains, eux, continuent à manifester : "Travaille, consomme, ferme-là", "De cette société on n'en veut pas"... Sa copine, elle, devient obsédée par son poids. Autofiction percutante, Monstera parle avec beaucoup de finesse de notre rapport au corps et à la société de consommation, du soin que l'on porte à soi et aux autres, de nos aspirations et contradictions. Critique : Après une première oeuvre parue fin 2023 : Hors cadre , chez Warum éditions , Simon Roure change de registre et d'éditeur 🙂 avec ce nouveau roman graphique : Monstera . Oh vous connaissez toutes et tous cette plante d'intérieur (photo jointe) , facile à entretenir et s'agrandissant au fil des ans . Elle doit son nom à ses feuilles démesurées parsemées de trous . L'auteur effectue un parallèle avec cette plante occupant tout l'espace comme ces nombreux panneaux publicitaires jalonnant les cases citadines de l'album . Un certain culte de la beauté mis en avant , une beauté fine et musclée , mais pas trop (abdos mais pas les pectoraux 😉 ) selon des standards bien établis . Gabriel jeune adulte , un peu "bobo" , manifestant de temps en temps et vivotant des plaisirs de la capitale , se fait remarquer par des chasseurs de têtes de mannequins et commence une nouvelle carrière dans ce domaine . Il rencontre en même temps Lina , une jeune femme discrète , visiblement très soucieuse de son poids . Le fil du récit propose les deux trajectoires de ces "victimes" de ces grandes feuilles de la plante , peu à peu , elles vont former ces trous , car leur existence va être brisée sous le poids de l'image du corps .Elle , réduisant les quantités de nourriture et se faisant vomir après chaque repas , tout en augmentant la course à pieds . Le trait fin de l'auteur nous la fait découvrir sous la douche , avec un corps décharné , victime d'alopécie et d'un replis sur soi . Gabriel semble lui sur une pente ascendante avec ses petits travaux de muscu et un régime adapté , selon les conseils de son agence . Mais il va être vite dépassé par ces contraintes incessantes , et le comportement inquiétant de Lina . Comment tout ceci peut-il finir ? Simon Roure pose de vraies questions en soulignant les contradictions auxquelles font face ces deux protagonistes . Défiler en prônant une forme de consommation , tout en manifestant pour une attitude responsable à ce sujet ! Surveiller son image tout en observant sa copine en train de s'enfermer dans une solitude avec des troubles alimentaires ! Tant de thématiques que l'on retrouve peu dans le monde du 9ème art et qui détonnent . A découvrir . Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien BDfugue : https://www.decitre.fr/livres/monstera-9782743663209.html#resume/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  23. Kevin Nivek

    Suburban hell

    Titre de l'album : Suburban hell Scenariste de l'album : Taro Kanafuro Dessinateur de l'album : Taro Kanafuro Coloriste : Editeur de l'album : IMHO Note : Résumé de l'album : De l'horreur nouvelle génération ? Ne cherchez plus ! Les sept histoires de Suburban Hell, où tous les protagonistes sont consumés par l'obsession et la folie, prennent place dans une banlieue sordide. Dans ce recueil de hardcore horror, traumatisme, secte, précarité, trahisons et meurtres s'enchaînent. Le style, très sombre, ne laisse aucune place à l'espoir et nous dévoile l'horreur de la nature humaine, gouvernée par la haine et la démence. Âmes sensibles s'abstenir ! Critique : C'est avec une grande curiosité que je me suis plongé dans ce recueil de petites histoires horrifiques d'un auteur japonais au talent certain . Cette première oeuvre publiée en France de Taro Kanafuro en appellera probablement d'autres . Son trait personnel et son univers sombre vont à coups sûrs trouver un public avide de sensations fortes . Junji Ito a des apôtres , cet auteur en fait partie ! Des encrages profonds , une lumière photographique , un découpage immersif , il parvient à faire entrer le lecteur dans ses récits malgré la noirceur du propos . N'attendez aucun rayon de soleil dans ce livre ,ici vous côtoyez la perfidie , la méchanceté , la jalousie , la part sombre de chacun poussée à son paroxysme . Au cours de ces 7 histoires marquées par le sceau de l'infamie vous vous demanderez jusqu'où peut-il aller ! Un regret me concernant , le manque de liant entre ces aventures horrifiques et parfois quelques cases assez compliquées à déchiffrer tant les détails sont nombreux . Mais cela reste un travail de très bonne facture , qui ravira les amateurs d'épouvante . Autres infos : Type de l'album : Manga Lien BDfugue : https://www.imho.fr/livres/suburban-hell//?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  24. Kevin Nivek

    Suburban hell

    C'est avec une grande curiosité que je me suis plongé dans ce recueil de petites histoires horrifiques d'un auteur japonais au talent certain . Cette première oeuvre publiée en France de Taro Kanafuro en appellera probablement d'autres . Son trait personnel et son univers sombre vont à coups sûrs trouver un public avide de sensations fortes . Junji Ito a des apôtres , cet auteur en fait partie ! Des encrages profonds , une lumière photographique , un découpage immersif , il parvient à faire entrer le lecteur dans ses récits malgré la noirceur du propos . N'attendez aucun rayon de soleil dans ce livre ,ici vous côtoyez la perfidie , la méchanceté , la jalousie , la part sombre de chacun poussée à son paroxysme . Au cours de ces 7 histoires marquées par le sceau de l'infamie vous vous demanderez jusqu'où peut-il aller ! Un regret me concernant , le manque de liant entre ces aventures horrifiques et parfois quelques cases assez compliquées à déchiffrer tant les détails sont nombreux . Mais cela reste un travail de très bonne facture , qui ravira les amateurs d'épouvante .
  25. C'est une excellente idée de réaliser un essai graphique sur ce thème qui, in fine , n'est pas si pathologique . La société patriarcale l'a rendu "particulier" , en atteste cette déclaration de David Reuben (en 1969) , un médecin américain décrivant la ménopause : "Pas vraiment homme , pas non plus femme fonctionnelle , ces individus vivent dans un monde d'intersexe . Ayant épuisée leurs ovaires , elles ont épuisé leur utilité en tant qu'être humain" . Oui du temps est passé depuis ,mais avouez que c'est une sacrée ignominie que cette définition ! Marie Pavlenko a pris le sujet à bras le corps (pas le corps de l'utérus hein 🙂 ) en imaginant cette BD avec une jeune auteure Joséphine Onteniente ; comme une discussion entre amies concernées , liée en parallèle à une femme en début de ménopause découvrant à travers un "train fantôme" les différents symptômes que cela procure . Le graphisme change selon les lieux , donnant du dynamisme au récit . Le petit train avance en changeant de décors selon les manifestations physiques et psychiques éprouvées par les femmes . Les auteures s'appuient sur des études concrètes distillées au grès des discussions et intègrent de l'humour afin de dédramatiser . Car là est bien le sujet : non les femmes ménopausées ne deviennent pas invisibles en société , même si elles sont peu présentes dans les médias (cinéma et autres) ; elles ne deviennent pas non plus laides ou inutiles etc .... On apprend ainsi que les orcs femelles font partie des rares mammifères à être ménopausées et deviennent des leaders de meutes car elles ont le savoir et l'expérience ! Je vous recommande par ailleurs la mini-interview en début d'album où l'on demande à des hommes de tout âge une définition de la ménopause ! Bref , une mine d'infos que cette BD . A lire pour tous les sexes , tous les âges et à se prêter au travail !
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