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    Sylvain Ferret est né le 29 décembre 1989 à Saint-Tropez. Il réside à Toulouse. Passionné de bande dessinée depuis gamin, il a toujours dessiné et créé des projets. Ses influences sont multiples, venant du manga, du comics ainsi que de la bande dessinée franco-belge. Le cinéma tient également une place importante dans son mode de création tout comme l'animation japonaise et les jeux vidéo. À 17 ans il rencontre Tony Valente (Radiant) par le biais de son libraire qui va être une sorte de mentor pour lui durant plusieurs années. En 2016, Alexie, qui est de sa famille, lui parle de ses envies d'écriture et lui propose un scénario, qui donnera naissance à la trilogie Les Métamorphoses 1858 chez Delcourt. Il a depuis dessiné un volume de la série-concept Androïdes chez Soleil et réalisé Talion, sa première œuvre en tant quauteur complet.

     

    Après la formidable trilogie Talion parue chez Glénat, vous sortez un one-shot chez Delcourt intitulé Mémoires de gris. C'est une volonté qui émane de vous ou de l'éditeur de passer à un seul tome ?

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    Après avoir travaillé 7 ans sur des albums de 62 pages je voulais sortir de ce format traditionnel pour obtenir plus de liberté narrative. Jai conçu Mémoires de Gris comme une histoire complète en un seul volume denviron 200 pages dès le départ, et cest avec cet objectif en tête que jai contacté mon éditeur.file:///C:/Users/fgiraud/AppData/Local/Temp/msohtmlclip1/01/clip_image004.jpg

    On sent une évolution dans votre trait, Talion se caractérisait par un réalisme accru, dans Mémoires de gris on note un dessin plus rond, voire "cartoon" dans les flashbacks. Vous testez des nouvelles pratiques ou c'est une adaptation au sujet ?

    On a plus ou moins la même enveloppe pour faire 200 pages que pour en faire 62 et je ne voulais pas faire cet album dans de mauvaises conditions. Jai donc cherché un modèle graphique qui me permette de faire plus de pages plus rapidement. À ce nouveau modèle sest ajouté un choix esthétique : traiter Les flash backs en dessin traditionnel sur un plus petit format, pour avoir un trait qui se différencie de celui du présent. 

    Dans talion, vous avez beaucoup joué sur lagencement de vos cases et de vos pages pour un résultat visuellement impressionnant. Pour mémoires de gris on a limpression que vous êtes revenu à une forme plus sage . Certaines thématiques vous sont chères comme le pouvoir dominant, la révolte des opprimés, c'est très important pour vous ?

    Pour ce qui est de la mise en page, cest un choix esthétique subjectif, javais envie dune forme assez sobre, contemplative et cinématographique. Cest une direction que je compte garder dailleurs, je suis un peu sorti de lexpérimentation permanente de mes premiers albums pour me concentrer sur ce que je veux raconter.

    Pour ce qui est des thématiques, on retrouvera toujours des éléments communs à mes histoires je suppose, lutte de classe, révolte, recherche de liberté… Je parle de ce qui me touche.


    Que ce soit sur Talion ou sur Mémoires de gris, vous semblez vous plaire à utiliser des chemins narratifs parfois complexes, et exigeants pour le lecteur. Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous amène à ces constructions-là ?

    Je crois que cest ce que jaime en tant que lecteur mais cest surtout ce que jaime en tant que scénariste. Cest ce qui mamuse le plus dans l’écriture, créer des schémas narratifs à tiroirs, prendre des notes, assembler mes scènes. Le travail de structure est celui que je trouve le plus passionnant.

    Passer d'un futur proche au moyen-âge a-t-il représenté une difficulté pour vous ? Avez-vous effectué des recherches sur la vie des gens à cette époque, leurs logements, politique etc.. ?

    Pas tant que ça. Je consomme de la fantasy et du médiéval fantastique depuis petit, jai toujours eu envie den faire. Pour ce qui est de l’époque cest plus ou moins le 12 ème siècle mais comme il ny a pas d'ancrage historique, que tous les lieux sont fictifs, jai surtout fait des choix de style. Jai fait quelques recherches, notamment sur la légende Robin des Bois dont Mémoires de Gris est une adaptation très libre qui a pour objectif de déconstruire le mythe du héros bourgeois.

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    Vos personnages ne sont que très peu manichéens ? Quelles sont vos inspirations ou références pour ces héros complexes ?

    La vie je dirais haha. Jaime les personnages complexes, jaime surtout les écrire. Jaime essayer de donner des raisons cohérentes à leurs actions et créer des sentiments contradictoires chez les lectrices. Jai envie de tordre la morale, de questionner. 

    Vous êtes un auteur complet : scénariste et dessinateur. Des envies de réaliser un projet en partenariat ?

    Jai écrit un manga, dessiné par lauteur Nevan et ça a été une formidable expérience. lalbum présente aussi une histoire complète et sappelle LOmbre de Moon”, paru chez Delcourt. Je pourrais écrire pour dautres auteurices mais jai du mal à mimaginer re-dessiner pour quelquun(e). Mais je ne ferme aucune porte.

    Quel est justement votre prochain projet et chez quel éditeur ?

    Je suis en train de terminer le premier tome dune série de space opéra pour Delcourt, en auteur complet aussi. Elle sera en 6 tomes de 200 pages, sur le même modèle narratif que Mémoires de Gris .

    Quelle sortie bd vous a marqué ou inspiré récemment ?

    Je dirais la route de Manu Larcenet… Cest un auteur qui arrive toujours à m’émouvoir. Sinon ma toute dernière lecture cest le dernier tome de latelier des sorciers” de Kamome Shirahama et je trouve son travail toujours aussi incroyable.  

     

    Merci pour ces réponses, on a hâte de découvrir ce que vous nous réservez à l'avenir

    Merci à vous !

     

  • Dernières Critiques

    • West fantasy tome 6 - Le Barbier, le Prêcheur et la Dame de Pique
      Note :
      La très sympathique saga fantasy-western se poursuit avec un nouvel opus puisant des inspirations dans les séries-tv. Quand Breaking bad rencontre Dexter sous la plume du scénariste en vogue en ce moment à Hollywood, j'ai nommé Taylor Sheridan auteur de Yellowstone et autres. JL Istin lui emprunte son identité pour nommer le "héros" de cette marche funeste et macabre pour les criminels. A nouveau cycle, nouveaux personnages avec cette trinité issue de races différentes qui va cohabiter bon gré mal gré, chacun suivant ses objectifs personnels. Si le récit prend son temps avec une avancée assez contemplative, il va s'accélérer pour une fin riche en action et rebondissements ! Une montée crescendo bienvenue où l'on retrouve l'esprit du tome 1 qui restait un des meilleurs de la jeune saga. Une fois de plus, un de ces mystérieux totems ou monolithes sera de la partie, mais le mystère les entourant n'est pas encore révélé. Le dessinateur Bertrand Benoit ayant déjà travaillé sur des séries comme Conquêtes ou Les terres d'Ogon (Soleil) réalise une solide performance, dans la lignée des tomes précédents. Le trait est précis, détaillé et totalement immersif. Les rocheuses enneigées sont du plus bel effet, on sentirait presque le froid transpercer les pages. Les couleurs de l'indien Nanjan, habitué de ces productions sont superbes et rendent hommage au trait fin et réaliste, jeux de lumières, ombrages, c'est assurément du bon travail. Une nouvelle réussite pour West fantasy qui s'impose comme l'une des meilleures séries du moment. 
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    • Batman dark age
      Note :
      Batman Dark age c'est le bon cadeau pour les amateurs de batman. ce n'est rien de moins qu'un bon one shot retraçant l'intégralité de la vie de batman jusqu'à sa vie en maison de retraite, d'où il écrit ses mémoires.

      Pour faire plaisir aux puristes, Mark Russell ajoute quand même une transition multiverselle en fin d'album, mais cet album est quand même à prendre comme un one shot hors continuité. Un one shot qui se permet d'ailleurs de dévier de quelques lignes de l'histoire originelle. mais pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour l'histoire soit intéressante à lire même si on a déjà lu 50 reboot de batman. 

      Le positionnement dans les années 70, la suppression de l'aspect superpouvoir, comme Ras Al Ghul qui n'est qu'un super mercenaire ou encore le Joker en véritable clown raté, ou la variation sur ce que devient la Wayne Compagny après la mort de ses parents, sont tout autant de petit changement qui renouvelle bien cette histoire super connue. 

      Si les puristes trouveront que tout va trop vite, les amateurs occasionnels de comics seront contents d'avoir une vision d'ensemble bien écrite et globalement assez représentative de ce qu'a été le chevalier noir.

       
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    • Tarzan et le journal de Jane
      Note :
      Non content de combler ce manque dans l'immense saga comics de Tarzan, à savoir le départ de Jane d'Afrique et le retour à la civilisation de l'homme-singe le plus connu ; les auteurs nous gratifient d'un scénario et d'un dessin "old-school" très agréable que les lecteurs des années 60 70 apprécieront d'avantage. Etre l'encreur du grand Jack Kirby laisse des traces indélébiles de talent, dont n'est pas épargné Mike Royer qui peut enfin sortir de l'ombre du maître. Les planches sont un régal pour la rétine et un exemple de mouvement et de dynamisme. On retrouve l'esprit des comics de Russ Manning ce qui ravira les fans de la saga classique. Le scénariste Mike Royer a conservé un esprit de dialogues "d'époque" avec des réactions des protagonistes qui peuvent sembler aujourd'hui amusantes voire dépassées, mais je trouve ce choix pertinent et fidèle à l'oeuvre originelle. Il modernise quand même le récit avec une Jane ne jouant pas ou peu les "potaches" et prenant un rôle important dans l'aventure. Elle représente même le protagoniste principal, prise entre son amour naissant envers Tarzan et les convenances de la société bourgeoise britannique la poussant dans les bras d'un autre homme. Cette dualité la hantera surtout lorsqu'elle se retrouvera séparée de Tarzan le pensant mort dans l'immensité de la jungle africaine ! De l'exotisme, de l'aventure, des rebondissements, de l'amour aussi, c'est un récit complet qui vous attend au sein de cette formidable édition en 56 pages. 
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    • On ne naît pas mec
      Note :
      Ames sensibles masculines s'abstenir ou pas 🙂 , ce duo d'auteures a préparé un petit traité féministe sur le masculin au sens général qui risque fort de bouleverser les moins déconstruits des hommes ! Elles abordent la question de l'homme en tant que classe sociale, comment est-il construit à travers l'histoire ? Des siècles de sociétés patriarcales ont forgé le socle d'un modèle masculin qui aujourd'hui s'effrite voire se brise sous l'effet de la vague #metoo et il était temps ! Ceci dit, je ne partage pas la globalité des incarnations du "mec" qu'elles décrivent, ne me sentant pas concerné voire même surpris que des personnalités mâles décrites dans la BD-doc existent encore et en quantité ! J'observe la génération Alpha actuelle et les jeunes hommes semblent si loin de l'archétype "un mec un vrai" énoncé par les auteures. Ce qui veut dire que leur construction sociale ET familiale s'est déroulée sous un autre angle, plus équitable et respectueux des femmes. On avance donc, timidement c'est vrai mais l'homme se déconstruit ou plutôt, évolue en se débarrassant peu à peu des lourds préceptes patriarcaux des sociétés passées. Sous un ton humoristique Shyle Zalewski délivre des planches avec une grande diversité du trait. Elle s'adapte aux chapitres avec des couleurs différentes et une tonalité graphique correspondant au sujet. Elle joue sur le découpage et n'hésite pas à insérer photos et autres personnalités de la culture pop pour rendre le récit vivant et agréable. Ce premier opus de l'association des éditeurs Steinkis/Zones dont le but est l'exploration des sciences humaines et sociales, représente une sympathique entrée en matière, qui trouvera sa place sous les sapins de Noël. 
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    • Le secret de Scarecrow tome 5
      Note :
      Ah je suis bien content car j'ai bien l'impression que nos Scarecrow a trouvé son public.

      En effet ce tome 5 est tout sauf un tome de conclusion. C'est un tome qui poursuit notre récit nous laissant imaginer une dizaine de tomes au moins pour notre histoire.

      Et même si je me trompe, rien que 6 bons tomes, ça aura été une superbe expérience pour notre jeune mangaka Suisse.

      En tout cas moi je me régale. Les dessins sont devenus meilleurs, moins hésitant. Le scenario continue de se densifier. On en apprend toujours plus sur notre Scarecrow mais pas que sur lui. On découvre aussi plein de choses sur la divinité de la foret mais aussi sur les pouvoir d'Engell.

      Au final, un tome assez descriptif, remettant tout nos personnages en scelle après le combat du tome précedent.

      Une pause bien exploité pour une histoire qui continuer de m'impressioner.

      Vivement le prochain.

       
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