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  1. Titre de l'album : Cauchon... ou l'homme qui tua Jeanne D'arc Scenariste de l'album : Xavier Dorison | Louis-David Delahaye Dessinateur de l'album : Joël Parnotte Coloriste : Joël Parnotte Editeur de l'album : Dargaud Note : Résumé de l'album : 1431. La France et l'Angleterre se livrent une guerre sans merci. Le puissant évêque Pierre Cauchon, au service des Anglais, intrigue pour diriger le procès de Jeanne d'Arc. Mais, alors que le procès s'ouvre, la jeune femme qui prétend être l'envoyée de Dieu fait preuve d'une incroyable combativité. Le procès tourne alors à l'affrontement entre deux personnalités hors du commun et que tout oppose. D'un côté, un homme d'Église au sommet du pouvoir, manipulateur et disposant de moyens illimités pour mener l'accusation ; de l'autre, une femme indépendante et déterminée, abandonnée par son camp et n'ayant que son idéalisme comme arme. Contre toute attente, la ténacité de Jeanne, son intelligence et sa force de caractère renversent les certitudes du juge-évêque et font ressurgir chez lui des valeurs qu'il avait profondément enfouies. Alors que le terrifiant comte de Warwick fait pression sur Cauchon pour qu'il mette fin au procès et brûle « la putain », l'évêque, rongé par le doute, décide au contraire de la sauver... Il faudra attendre la cinquantième page pour voir enfin le visage de Jeanne d'Arc : Xavier Dorison a un vrai talent pour jouer avec les genres et surprendre en faisant un pas de côté. Il le met en oeuvre ici dans la bande dessinée historique, aux côtés de Louis-David Delahaye, qui cosigne le scénario. Tous deux auraient pu se concentrer sur Jeanne, bien sûr, mais comment résister à un personnage aussi romanesque que Pierre Cauchon ? Joël Parnotte, compère de Xavier Dorison dans Le Maître d'armes et Aristophania, a repris ses pinceaux pour ce nouvel opus et créé des images particulièrement fortes, tant par ses cadrages et son travail de reconstitution que par ses ambiances folles en couleurs directes. Critique : Décidément Jeanne d'Arc a le vent en poupe. Apres l'Ogre chez Glenat qui était une superbe réussite, une des plus belles de l'année dernière, voici d'autre super star de la BD européenne qui s'attelle à la pucelle la plus connue de l'histoire de France. Mais pas du tout sur l'angle habituel. On retrouve la pâte de Xavier Dorison avec un traitement du point de vue non pas de Jeanne, non pas d'un soldat ou du roi, mais du point de vue de l'évêque Pierre Cauchon, celui-là même qui a dirigé le péché en éréthisme ayant amené au bucher fatal qui prit la vie à Jeanne et par là même la sacralisa. On suit donc le procès avec comme personnage central (du moins pas au début) un homme qui est persuadé d'avoir affaire à une jeune délurée qu'il ferait rapidement avouer ces crimes et qui pourrait utiliser ce procès pour gagner encore plus en importance dans la hiérarchie ecclésiastique. Mais un évêque qui va voir sa volonté contrariée par une jeune fille plus intelligente que prévu. Porté par un superbe travail historique aidé par un réel historien spécialiste du sujet, cette retranscription du procès de Jeanne d'Arc est passionnante. On y découvre les coulisses d'un procès qui se devait d'être exemplaire pour permettre au camp pro anglais d'avoir une limite vis-à-vis de la chrétienté. Un procès exemplaire qui se trouve chamboulé par une accusée qui réussit à l'être tout autant, évitant les pièges et maniant la langue comme même ses accusateurs ne savaient le faire. Ce qui est encore plus prenant, c'est de savoir que les "punchline" de Jeanne sont pour la plupart réelles, à peine repositionner temporellement. Des punchlines qui font s'ébranler une forteresse religieuse, réussissant à prendre au cœur les véritables croyants. Une sublime lecture, envoutante, poignante et aussi vraie que possible dans le cadre d'une bande dessinée. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/cauchon-ou-l-homme-qui-tua-jeanne-d-arc?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  2. Décidément Jeanne d'Arc a le vent en poupe. Apres l'Ogre chez Glenat qui était une superbe réussite, une des plus belles de l'année dernière, voici d'autre super star de la BD européenne qui s'attelle à la pucelle la plus connue de l'histoire de France. Mais pas du tout sur l'angle habituel. On retrouve la pâte de Xavier Dorison avec un traitement du point de vue non pas de Jeanne, non pas d'un soldat ou du roi, mais du point de vue de l'évêque Pierre Cauchon, celui-là même qui a dirigé le péché en éréthisme ayant amené au bucher fatal qui prit la vie à Jeanne et par là même la sacralisa. On suit donc le procès avec comme personnage central (du moins pas au début) un homme qui est persuadé d'avoir affaire à une jeune délurée qu'il ferait rapidement avouer ces crimes et qui pourrait utiliser ce procès pour gagner encore plus en importance dans la hiérarchie ecclésiastique. Mais un évêque qui va voir sa volonté contrariée par une jeune fille plus intelligente que prévu. Porté par un superbe travail historique aidé par un réel historien spécialiste du sujet, cette retranscription du procès de Jeanne d'Arc est passionnante. On y découvre les coulisses d'un procès qui se devait d'être exemplaire pour permettre au camp pro anglais d'avoir une limite vis-à-vis de la chrétienté. Un procès exemplaire qui se trouve chamboulé par une accusée qui réussit à l'être tout autant, évitant les pièges et maniant la langue comme même ses accusateurs ne savaient le faire. Ce qui est encore plus prenant, c'est de savoir que les "punchline" de Jeanne sont pour la plupart réelles, à peine repositionner temporellement. Des punchlines qui font s'ébranler une forteresse religieuse, réussissant à prendre au cœur les véritables croyants. Une sublime lecture, envoutante, poignante et aussi vraie que possible dans le cadre d'une bande dessinée.
  3. poseidon2

    Frankenwood

    Titre de l'album : Frankenwood Scenariste de l'album : Darko Macan Dessinateur de l'album : Igor Kordey Coloriste : Igor Kordey Editeur de l'album : Dupuis Note : Résumé de l'album : Los Angeles, 1963. Un détective privé qui ressemble comme deux gouttes d'eau au légendaire Humphrey Bogart se voit confier par un sosie parfait de Marilyn Monroe l'enquête la plus insolite de sa carrière : enquêter sur la mort mystérieuse d'un certain George Reeves, autrefois l'interprète de Superman à la télévision. La piste du crime le conduit vers un étrange établissement baptisé « The Castle » qui réanime les acteurs défunts à la demande de mystérieux commanditaires. Qui tire les ficelles de cette improbable histoire ? La machine à rêver californienne aurait-elle trouvé le moyen d'exploiter les vedettes longtemps après leur mort ? Un polar décalé, cocasse et caustique qui plonge dans les coulisses de la machine hollywoodienne. Critique : Frankenwood c’est une bd ayant pour objectif la critique d’hollywood et son obsession pour les stars. En effet, on parle ici d’un univers où les grands producteurs ont trouvé le moyé de cloner les icônes disparues pour répondre à la demande populaire, Nos auteurs jouent particulièrement bien avec la stupidité de l’idée en nous livrant des personnages ne dépassant jamais la caricature d’eux-mêmes. Sans même rentrer sur la nature de clonage lui-même, ils mettent l’accent sur la différence, ou non, entre l’acteur et son personnage. Notre héros est-il un acteur nommé Umphrey Boggart ou est-il un privé en pleine enquête ? A la manière de l’auteur de Shutter Island, Darko Macan pimente l’histoire avec notre personnage principal perdu entre qui il est et qui les autres souhaitent qu’il soit. Pour finir ma critique, je ne peux que faire mention de la qualité du graphisme de Igor Kordey xxx, c’est somptueux, très réalistes et bourrés de détails savamment disposés qui appuie cette étrange histoire de clone. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/frankenwood?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  4. poseidon2

    Frankenwood

    Frankenwood c’est une bd ayant pour objectif la critique d’hollywood et son obsession pour les stars. En effet, on parle ici d’un univers où les grands producteurs ont trouvé le moyé de cloner les icônes disparues pour répondre à la demande populaire, Nos auteurs jouent particulièrement bien avec la stupidité de l’idée en nous livrant des personnages ne dépassant jamais la caricature d’eux-mêmes. Sans même rentrer sur la nature de clonage lui-même, ils mettent l’accent sur la différence, ou non, entre l’acteur et son personnage. Notre héros est-il un acteur nommé Umphrey Boggart ou est-il un privé en pleine enquête ? A la manière de l’auteur de Shutter Island, Darko Macan pimente l’histoire avec notre personnage principal perdu entre qui il est et qui les autres souhaitent qu’il soit. Pour finir ma critique, je ne peux que faire mention de la qualité du graphisme de Igor Kordey xxx, c’est somptueux, très réalistes et bourrés de détails savamment disposés qui appuie cette étrange histoire de clone.
  5. Titre de l'album : Pourpre-sang tome 1 - Le cercle de Nimuée Scenariste de l'album : Léo Chérel Dessinateur de l'album : Léo Chérel Coloriste : Léo Chérel Editeur de l'album : Astrolabe Note : Résumé de l'album : Ronges-côtes, Nargs sylvestres, Déterrés... Gouverneurs tyranniques ! L'ordre des Pourpres-Sangs a juré de protéger les plus démunis contre tous leurs prédateurs naturels ! Critique : Premier tome des toutes nouvelles éditions Astrolabe, éditions "déclinées" d'Urban Comics (même redac chef) pour se lancer sur la marcher de la BD avec aussi bien des auteurs français qu'américain avec des noms comme Sean Murphy ou Matteo Scalera. Pour ce premier tome, c'est un auteur bien de chez nous qui se lance dans l'aventure avec le premier tome d'un diptyque de piraterie fantastique, a mi-chemin entre les Campbells pour le côté graphique et pirates des caraïbes pour le coté fantastique. Graphiquement super, porté par des couleurs vives et des visages très expressifs, Léo Cherel nous offre un premier tome prenant et dynamique, nous offrant aussi quelques doubles planches magnifiques. Sans être complètement surprenant dans le déroulé, mais en étant particulièrement agréable à lire, cette histoire est un bon tome d'introduction d'un univers qui semble très riche. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/pourpre-sang-tome-1-le-cercle-de-nimuee?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  6. Premier tome des toutes nouvelles éditions Astrolabe, éditions "déclinées" d'Urban Comics (même redac chef) pour se lancer sur la marcher de la BD avec aussi bien des auteurs français qu'américain avec des noms comme Sean Murphy ou Matteo Scalera. Pour ce premier tome, c'est un auteur bien de chez nous qui se lance dans l'aventure avec le premier tome d'un diptyque de piraterie fantastique, a mi-chemin entre les Campbells pour le côté graphique et pirates des caraïbes pour le coté fantastique. Graphiquement super, porté par des couleurs vives et des visages très expressifs, Léo Cherel nous offre un premier tome prenant et dynamique, nous offrant aussi quelques doubles planches magnifiques. Sans être complètement surprenant dans le déroulé, mais en étant particulièrement agréable à lire, cette histoire est un bon tome d'introduction d'un univers qui semble très riche.
  7. Titre de l'album : Mary Anning Sur les traces des dinosaures Scenariste de l'album : Kapik Dessinateur de l'album : Julie Bouvot Coloriste : Editeur de l'album : Steinkis Note : Résumé de l'album : Angleterre, début du XIXe siècle. Mary Anning fouille depuis son enfance les falaises de Lyme Regis à la recherche de fossiles. Elle les vend dans sa boutique et essaye sans relâche de trouver des réponses à ses questions. D'où viennent ces curios, créatures figées dans la pierre ? La Terre aurait-elle été effectivement créée il y a 6 000 ans ? Fascinée, Mary veut devenir une scientifique reconnue. Son rêve semble pouvoir enfin se concrétiser lorsqu'elle met au jour des squelettes de plusieurs mètres : ichtyosaure,... Critique : C'est une excellente idée de raconter la vie de cette femme oubliée du passé et dont le travail résonne encore au sein des paléontologues aujourd'hui ! Si avant-gardiste de son village côtier du sud-est de l'Angleterre, qu'elle ne quittera jamais, passant une vie dans l'ombre de la toute puissance masculine ET religieuse en place au début du XIXème siècle. Les auteurs dépeignent son quotidien au fil des années avec ses découvertes et ses recherches, mais aussi et surtout les nombreuses déconvenues dont elle fera l'objet. Car toutes les portes des musées et autres sociétés scientifiques se referment à elle, étant une femme... Pire encore, des hommes publient ses travaux en omettant son nom pour y glisser le leur. En plus du patriarcat elle doit faire face à la religion qui goûte peu ses découvertes naviguant du côté de Darwin et l'évolution des espèces plutôt que d'un créateur donnant la vie. Pourtant elle est pertinente notre Mary Anning, se posant les bonnes questions : Quel âge ont ces fossiles ? Comment se sont-ils éteints ? Etaient-ils des poissons, des oiseaux, des rampants ? Elle pratique des dissections d'animaux récents pour percer les mystères de ces anatomies antédiluviennes tout en reconstituant leurs squelettes. Elle fera face à mille difficultés avec quelques éclaircies venant de proches jugeant son destin injuste. On se prend réellement d'empathie pour cette femme vouant sa vie à la science. Il faudra attendre 2010 pour que la Royal Society se décide enfin à l'inclure dans une liste des dix femmes britanniques ayant le plus influencé l’histoire des sciences. Une lecture passionnante et un bel hommage pour cette grande dame ! Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://steinkis.com/livres/mary-anning.html/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  8. C'est une excellente idée de raconter la vie de cette femme oubliée du passé et dont le travail résonne encore au sein des paléontologues aujourd'hui ! Si avant-gardiste de son village côtier du sud-est de l'Angleterre, qu'elle ne quittera jamais, passant une vie dans l'ombre de la toute puissance masculine ET religieuse en place au début du XIXème siècle. Les auteurs dépeignent son quotidien au fil des années avec ses découvertes et ses recherches, mais aussi et surtout les nombreuses déconvenues dont elle fera l'objet. Car toutes les portes des musées et autres sociétés scientifiques se referment à elle, étant une femme... Pire encore, des hommes publient ses travaux en omettant son nom pour y glisser le leur. En plus du patriarcat elle doit faire face à la religion qui goûte peu ses découvertes naviguant du côté de Darwin et l'évolution des espèces plutôt que d'un créateur donnant la vie. Pourtant elle est pertinente notre Mary Anning, se posant les bonnes questions : Quel âge ont ces fossiles ? Comment se sont-ils éteints ? Etaient-ils des poissons, des oiseaux, des rampants ? Elle pratique des dissections d'animaux récents pour percer les mystères de ces anatomies antédiluviennes tout en reconstituant leurs squelettes. Elle fera face à mille difficultés avec quelques éclaircies venant de proches jugeant son destin injuste. On se prend réellement d'empathie pour cette femme vouant sa vie à la science. Il faudra attendre 2010 pour que la Royal Society se décide enfin à l'inclure dans une liste des dix femmes britanniques ayant le plus influencé l’histoire des sciences. Une lecture passionnante et un bel hommage pour cette grande dame !
  9. Titre de l'album : Les âges perdus - Tome 3 - L'infini vagabond Scenariste de l'album : Jérôme Le Gris Dessinateur de l'album : Didier Poli & Luca Bulgheroni Coloriste : Bruno Tatti Editeur de l'album : Dargaud Note : Résumé de l'album : À la veille de l'an Mil, une pluie de feu s'abat sur la terre et plonge le monde dans l'obscurité. Fuyant l'Anglia dévastée, Elaìne brave la redoutable Mer des Aigles et atteint la Terre des Meutes, un territoire hostile où rôdent les terrifiants hommes-cerfs. Au cours de cette traversée périlleuse, elle croise Mara, une mystérieuse arpenteuse qui l'aide à survivre. Guidée par l'héritage de son père, Elaìne cherche à percer les secrets du savoir perdu, celui qui, jadis, permit aux hommes de bâtir des cités et de prospérer. Son périple la conduit jusqu'à la mythique Cité du Roi Taon, où l'ancien monde semble encore murmurer à travers ses ruines. Mais les règles de ce lieu sacré vacillent, et l'accès aux connaissances oubliées s'avère plus dangereux que jamais... Plongez dans une fresque épique où l'histoire et le mythe se rejoignent, sublimée par les illustrations magistrales de Didier Poli et Luca Bulgheroni. Critique : Oh qu'on l'attendait celui-ci. Il faut dire que les deux premiers tomes des âges perdus nous avaient présentés une chouette histoire, dans un monde que l'on ne connaissait pas, qu'on n'avait pas l'impression d'avoir déjà lu cent fois. Et vu que c'était servi avec les très jolis dessins de Didier Poli, on en redemandait. Sur ce tome Didier Poli a été rejoint aux crayons par Luca Bulgheroni mais c'est toujours Bruno Tatti qui gère les couleurs. Alors que donne cet ajout de talent à notre équipe ? Et bien le dessin de la série continue d'évoluer doucement, comme entre le tome 1 et le tome 2, avec des visages qui se lissent un petit peu, mais des décors qui s'étoffent globalement rendant les atmosphères et ce monde là encore plus palpable. Côté histoire, c'est aussi peu dire que je faisais confiance à Jérôme Le Gris pour nous créer une belle histoire avec une belle fin. Et bien pas de doutes non plus de ce côté là, c'est toujours aussi bien. On a du rythme, une montée en puissance de l'intrigue et des enjeux, des personnages dont on se demande à chaque page s'il va y passer ou pas, et un monde dont chaque page nous en fait découvrir un peu plus. Vous l'avez compris j'en redemande encore et bonne nouvelle, le tome 4 doit sortir l'année prochaine, même si, et c'est je trouve très triste, ce sera aussi le tome de fin de cette série. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/les-ages-perdus-tome-3-l-infini-vagabond/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  10. Kevin Nivek

    La légende de Salomé

    Jean Dufaux délaisse momentanément sa grande saga romaine Murena (Dargaud) pour une sombre histoire familiale prenant place à Jerusalem et la Jordanie actuelle, dans les années 28 30 après JC. On retrouve une nouvelle fois l'empire romain avec le tétrarque Antipas ayant réveillé le courroux des tribus locales en se remariant à Hérodias qui était la femme de son demi-frère ! Les accusations d'inceste pleuvent sur lui de la part du peuple juif et très vite un homme incarne ces accusations : Jean-Baptiste ou Iaokannan dans le récit. La plantureuse Salomé, fille d'Hérodias va se retrouver mêlée aux machinations de sa mère tout en éveillant un désir inavouable de son beau-père envers elle ! Salomé, telle le fruit défendu va incarner la luxure et la violence de la cour d'Hérode jusqu'à ce perdre elle même ! Dans plusieurs textes bibliques, elle est souvent associée au châtiment divin et Jean Dufaux s'amuse en ajoutant une dimension psychologique plus importante aux personnages. Entre les ambitions démesurées de Hérodias, les démons rongeant Antipas tiraillé entre son désir pour Salomé, l'influence de sa femme et la politique locale, pour finir avec Salomé elle même instrumentalisée par sa propre mère tout en prenant conscience peu à peu de son pouvoir de séduction ! La tension monte peu à peu dans le récit jusqu'à la danse fatale de la jeune fille, point d'orgue d'un déchainement de violence dans les travées du palais. L'artiste Eduard Torrents réalise des planches magnifiques, détaillées et superbement mises en couleurs par le travail saisissant de Betrand Denoulet. Jeux d'ombres et de lumières, paysages et autres décors majestueux où évoluent des protagonistes expressifs aux regards troublants, on est totalement immergé par l'ambiance des lieux. Dufaux propose en préambule un rappel situant le contexte historique mais aussi biblique, à cette époque le grand empire romain est à l'aube de sa profonde mutation vers le christianisme. Une histoire tragique et emblématique servie par un dessin spectaculaire, qu'attendez-vous pour enrichir votre culture générale ? 😉
  11. Titre de l'album : La légende de Salomé Scenariste de l'album : Jean Dufaux Dessinateur de l'album : Eduard Torrents Coloriste : Bertrand Denoulet Editeur de l'album : Delcourt Note : Résumé de l'album : Le tétrarque Hérode Antipas a provoqué la haine des tribus de Galilée en se remariant à Hérodias, mère de la belle Salomé. La jeune fille se trouve l'objet de leurs manipulations. Pour leur complaire autant que par défi, au prix d'une danse devenue fameuse, Salomé obtiendra la tête du prophète Jean-Baptiste, dit Iaokannan. Critique : Jean Dufaux délaisse momentanément sa grande saga romaine Murena (Dargaud) pour une sombre histoire familiale prenant place à Jerusalem et la Jordanie actuelle, dans les années 28 30 après JC. On retrouve une nouvelle fois l'empire romain avec le tétrarque Antipas ayant réveillé le courroux des tribus locales en se remariant à Hérodias qui était la femme de son demi-frère ! Les accusations d'inceste pleuvent sur lui de la part du peuple juif et très vite un homme incarne ces accusations : Jean-Baptiste ou Iaokannan dans le récit. La plantureuse Salomé, fille d'Hérodias va se retrouver mêlée aux machinations de sa mère tout en éveillant un désir inavouable de son beau-père envers elle ! Salomé, telle le fruit défendu va incarner la luxure et la violence de la cour d'Hérode jusqu'à ce perdre elle même ! Dans plusieurs textes bibliques, elle est souvent associée au châtiment divin et Jean Dufaux s'amuse en ajoutant une dimension psychologique plus importante aux personnages. Entre les ambitions démesurées de Hérodias, les démons rongeant Antipas tiraillé entre son désir pour Salomé, l'influence de sa femme et la politique locale, pour finir avec Salomé elle même instrumentalisée par sa propre mère tout en prenant conscience peu à peu de son pouvoir de séduction ! La tension monte peu à peu dans le récit jusqu'à la danse fatale de la jeune fille, point d'orgue d'un déchainement de violence dans les travées du palais. L'artiste Eduard Torrents réalise des planches magnifiques, détaillées et superbement mises en couleurs par le travail saisissant de Betrand Denoulet. Jeux d'ombres et de lumières, paysages et autres décors majestueux où évoluent des protagonistes expressifs aux regards troublants, on est totalement immergé par l'ambiance des lieux. Dufaux propose en préambule un rappel situant le contexte historique mais aussi biblique, à cette époque le grand empire romain est à l'aube de sa profonde mutation vers le christianisme. Une histoire tragique et emblématique servie par un dessin spectaculaire, qu'attendez-vous pour enrichir votre culture générale ? 😉 Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/la-legende-de-salome/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  12. Titre de l'album : Ce qui séduit Scenariste de l'album : Juliette Boutant Dessinateur de l'album : Juliette Boutant Coloriste : Juliette Boutant Editeur de l'album : Bayard Note : Résumé de l'album : Ce qui séduit est une autofiction, dont les premiers épisodes sont parus sous la forme d'un webcomic sur Instagram et qui ont rapidement connu un grand succès. Juliette raconte avec lucidité et beaucoup d'humour ce qui la séduit chez les garçons qu'elles rencontrent sur les applis de rencontre. Et ce qui les séduit chez elle (pense-t-elle)... Car derrière les histoires pleine d'humour, de rebondissements improbables et de situations cartoonesques (mais tout est vrai), c'est une vraie réflexion féministe, originale et non donneuse de leçon que mène Juliette Boutant, l'autrice avec Thomas Mathieu du projet Crocodile, BD pionnière sur le harcèlement de rue. Pick me, incel, love bombing, emprise, role play, ghosting... Une BD pour tout réfléchir aux nouveaux codes amoureux. Critique : En s'inspirant des strips dans les BD humoristiques, Juliette Boutant délivre une succession de situations qu'elle a rencontrées au cours de sa vie suite à une rupture amoureuse. On découvre ainsi le monde des applications de rencontres style Tinder et autres, pour ma part ce fut en effet une découverte, n'ayant jamais utilisé ce genre de réseau social ! J'y ai trouvé une cour des miracles avec un florilège d'annonces toutes plus dingues que les autres, socialement c'est assez terrible... On imagine aisément que l'auteure a grossit le trait en ne choisissant que des annonces "croustillantes" avec ce qui se fait de mieux en matière de masculinité toxique, du moins je l'espère sincèrement pour l'avenir de mes enfants 🙂 ! Des exigences grotesques en passant par une mise en avant de la musculature et de son activité sexuelle, tout y passe sous nos (mes) yeux ébahis devant tant de connerie ! Pas étonnant que notre auteure et ses critères éprouve les pires difficultés à trouver la perle rare, encore que, cela fonctionne dans les deux sens et vous ne serez pas au bout de vos surprises, avec de nombreux rebondissements dans ses rencontres et leur "finalité" ! L'humour reste présent mais aussi pas mal de notions sur ces nouveaux mots (pour ne pas dire maux) comme "incel", "ghosting" ou encore "pick me" . On apprend tout en subissant les aléas des "dates" de Juliette, qui se livre énormément sur son enfance et ses failles. Pour les jeunes adultes familiers de ces apps mais aussi pour les (presque) quinquas comme moi, découvrant un nouveau monde. Autres infos : Type de l'album : Roman graphique Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/ce-qui-seduit/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  13. Kevin Nivek

    Ce qui séduit

    En s'inspirant des strips dans les BD humoristiques, Juliette Boutant délivre une succession de situations qu'elle a rencontrées au cours de sa vie suite à une rupture amoureuse. On découvre ainsi le monde des applications de rencontres style Tinder et autres, pour ma part ce fut en effet une découverte, n'ayant jamais utilisé ce genre de réseau social ! J'y ai trouvé une cour des miracles avec un florilège d'annonces toutes plus dingues que les autres, socialement c'est assez terrible... On imagine aisément que l'auteure a grossit le trait en ne choisissant que des annonces "croustillantes" avec ce qui se fait de mieux en matière de masculinité toxique, du moins je l'espère sincèrement pour l'avenir de mes enfants 🙂 ! Des exigences grotesques en passant par une mise en avant de la musculature et de son activité sexuelle, tout y passe sous nos (mes) yeux ébahis devant tant de connerie ! Pas étonnant que notre auteure et ses critères éprouve les pires difficultés à trouver la perle rare, encore que, cela fonctionne dans les deux sens et vous ne serez pas au bout de vos surprises, avec de nombreux rebondissements dans ses rencontres et leur "finalité" ! L'humour reste présent mais aussi pas mal de notions sur ces nouveaux mots (pour ne pas dire maux) comme "incel", "ghosting" ou encore "pick me" . On apprend tout en subissant les aléas des "dates" de Juliette, qui se livre énormément sur son enfance et ses failles. Pour les jeunes adultes familiers de ces apps mais aussi pour les (presque) quinquas comme moi, découvrant un nouveau monde.
  14. Titre de l'album : Metropolia T2 - Les bordures extérieures Scenariste de l'album : Fred Duval Dessinateur de l'album : Ingo Römling Coloriste : Christophe Bouchard Editeur de l'album : Dargaud Note : Résumé de l'album : Un attentat vient d'avoir lieu à la périphérie de Berlin : un engin de construction géant a été incendié. Les activistes écolo qui protestent contre le chantier de Metropolia sont-ils responsables ? Sasha est envoyé sur place pour enquêter sur ce sabotage. Grâce à sa couverture d'ouvrier soudeur, il va pouvoir infiltrer l'infra-monde des « bordures extérieures », fait d'ouvriers et de marginaux, mais aussi de migrants qui tentent d'entrer dans la ville. La rencontre avec Lucian, un jeune accro au Métapsy, va lui faire réaliser que l'affaire n'est pas si simple... et s'enfonce peut-être jusqu'au racine de son propre passé d'enfant de clandestin. Critique : Tout d'abord je signale que j'apprécie d'amour véritable les séries de Fred Duval comme Travis et Carmen Mc Callum 🥰 (et code Callum encore plus sans doute!!!! A ce stade c'est de la vénération). Renaissance et Apogée sont aussi sur cette même pente, sans oublier les 2 adaptations de Michel Bussi chez Aire Libre avec Ninphéas noir et ne lâche pas ma main (pour le coup qui ne sont pas action SF, ni anticipation du tout mais c'est extraordinairement bien aussi!). 🤗 A la sortie du tome 1 de Metropolia je m'étais donc jeté dessus (alors pour l'achat... pour la lecture il me faut toujours un peu plus de temps, disons donc quasiment jeté dessus....quoi) et pourtant une petite déception avait pointé son nez assez rapidement. Le tome 1 c'était une histoire un peu compliquée. Un monde bizarre ou la marche à pied fait gagner de l'argent (quelle drôle d'idée... donc il suffit que les gens de la ville tournent en boucle sur un stade toute la journée sans rien produire pour que chacun gagne son salaire ? 🤭 199€ = 0,33 miles ? C'est une blague ? Sérieux ? Ce simple point m'avait fait sortir de l'histoire avant d'être rentré dedans...). 🙄 Et pourtant le monde présenté était plutôt sympa, même si la marche à pied était un peu abusée. Des villes monde coupées les unes des autres à cause du manque de pétrole. Une société quasiment en vase clos (d'où le titre non ?)... Une IA qui gérait son immeuble à la manière d'un gardien numérique des temps moderne (tyranniquement donc) et l'intrigue qui allait avec. Une sorte de vision de l'avenir remise à niveau d'une série d'anticipation (comme Carmen / Travis au hasard, qui mine de rien commence à dater pour les 1ers volumes) et qui s'aligne sur une vision plutôt très pessimiste de l'avenir sans tomber dans un côté post apocalyptique. Globalement un monde que certains nous décrivent dans les médias. Oui je pense à toi Jean-Marc Jancovici 😨 Mais comment te donner tort ? J'ai le sentiment qu'on y va tout droit à chaque fois que je lis les nouvelles du monde 😨 😨 Alors quoi de neuf dans ce Tome 2 de Metropolia.... ? Tout est mieux. Clairement. Tout. On y retrouve une intrigue plus claire, plus lisible, plus fluide tout d'abord. Notre héros enquêteur va se retrouver solliciter sur une explosion de machine de chantier menée par des éco terroristes. Même si le héros va plutôt subir une bonne partie de l'intrigue au contraire du 1er tome ou il était très acteur et à l'initiative de grosses scènes d'action, toute l'histoire passe très bien cette fois. On va aussi recroiser des personnages qu'on commence à apprécier (ou non, ou qui sont louches sur leurs motivations, ou qui dissimulent des pack de choses 🤨 ). Aurions nous là une constitution de team pour la suite ? 🤩 Ca y ressemble. Ce tome ajoute une partie "fil rouge" à travers ses personnages qui s'étendra sans doute aux tomes suivants. Côté visuel ce sont de très belles planches aidées par une superbe mise en couleur. C'est sans doute ça qui m'a le plus marqué par rapport au 1er tome. Le fait d'être en dehors de la ville et de découvrir des extérieurs joue beaucoup aussi sur cette impression. Bref tout est mieux dans ce tome 2, et je ne peux que le recommander. Vivement le tome 3. Ce n'est pas un remplaçant de Carmen/Travis pour le fan que je suis. C'est autre chose. Mais c'est très bien aussi, et me semble sur un très bon chemin. En illustration la page 4: boom la machine à faire des trucs. Autres infos : Lisez aussi les autres séries de Fred Duval !! Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/metropolia-tome-2-les-bordures-exterieures?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  15. Tout d'abord je signale que j'apprécie d'amour véritable les séries de Fred Duval comme Travis et Carmen Mc Callum 🥰 (et code Callum encore plus sans doute!!!! A ce stade c'est de la vénération). Renaissance et Apogée sont aussi sur cette même pente, sans oublier les 2 adaptations de Michel Bussi chez Aire Libre avec Ninphéas noir et ne lâche pas ma main (pour le coup qui ne sont pas action SF, ni anticipation du tout mais c'est extraordinairement bien aussi!). 🤗 A la sortie du tome 1 de Metropolia je m'étais donc jeté dessus (alors pour l'achat... pour la lecture il me faut toujours un peu plus de temps, disons donc quasiment jeté dessus....quoi) et pourtant une petite déception avait pointé son nez assez rapidement. Le tome 1 c'était une histoire un peu compliquée. Un monde bizarre ou la marche à pied fait gagner de l'argent (quelle drôle d'idée... donc il suffit que les gens de la ville tournent en boucle sur un stade toute la journée sans rien produire pour que chacun gagne son salaire ? 🤭 199€ = 0,33 miles ? C'est une blague ? Sérieux ? Ce simple point m'avait fait sortir de l'histoire avant d'être rentré dedans...). 🙄 Et pourtant le monde présenté était plutôt sympa, même si la marche à pied était un peu abusée. Des villes monde coupées les unes des autres à cause du manque de pétrole. Une société quasiment en vase clos (d'où le titre non ?)... Une IA qui gérait son immeuble à la manière d'un gardien numérique des temps moderne (tyranniquement donc) et l'intrigue qui allait avec. Une sorte de vision de l'avenir remise à niveau d'une série d'anticipation (comme Carmen / Travis au hasard, qui mine de rien commence à dater pour les 1ers volumes) et qui s'aligne sur une vision plutôt très pessimiste de l'avenir sans tomber dans un côté post apocalyptique. Globalement un monde que certains nous décrivent dans les médias. Oui je pense à toi Jean-Marc Jancovici 😨 Mais comment te donner tort ? J'ai le sentiment qu'on y va tout droit à chaque fois que je lis les nouvelles du monde 😨 😨 Alors quoi de neuf dans ce Tome 2 de Metropolia.... ? Tout est mieux. Clairement. Tout. On y retrouve une intrigue plus claire, plus lisible, plus fluide tout d'abord. Notre héros enquêteur va se retrouver solliciter sur une explosion de machine de chantier menée par des éco terroristes. Même si le héros va plutôt subir une bonne partie de l'intrigue au contraire du 1er tome ou il était très acteur et à l'initiative de grosses scènes d'action, toute l'histoire passe très bien cette fois. On va aussi recroiser des personnages qu'on commence à apprécier (ou non, ou qui sont louches sur leurs motivations, ou qui dissimulent des pack de choses 🤨 ). Aurions nous là une constitution de team pour la suite ? 🤩 Ca y ressemble. Ce tome ajoute une partie "fil rouge" à travers ses personnages qui s'étendra sans doute aux tomes suivants. Côté visuel ce sont de très belles planches aidées par une superbe mise en couleur. C'est sans doute ça qui m'a le plus marqué par rapport au 1er tome. Le fait d'être en dehors de la ville et de découvrir des extérieurs joue beaucoup aussi sur cette impression. Bref tout est mieux dans ce tome 2, et je ne peux que le recommander. Vivement le tome 3. Ce n'est pas un remplaçant de Carmen/Travis pour le fan que je suis. C'est autre chose. Mais c'est très bien aussi, et me semble sur un très bon chemin. En illustration la page 4: boom la machine à faire des trucs.
  16. Titre de l'album : La sorcière qui a changé le monde Scenariste de l'album : Jean-Yves Le Naour Dessinateur de l'album : Emilio Van Der Zuiden Coloriste : Fabien Alquier Editeur de l'album : Grand Angle Note : Résumé de l'album : Le biopic politique sans concession et très documenté de la femme la plus controversée du XX siècle : Margaret Thatcher ! Plus qu'une biographie, La Sorcière qui a changé le monde est la chronique d'une révolution libérale qui continue encore aujourd'hui de nous influencer... Le portrait acide et documenté de la Dame de fer, femme la plus détestée et la plus admirée du XX siècle. Margaret Thatcher impose sa vision : casser les syndicats, réduire l'État, privatiser, déréguler et assumer la brutalité sociale au nom de l'efficacité économique. Un biopic politique d'envergure retraçant son ascension fulgurante de fille d'épicier à Première ministre britannique jusqu'à sa chute brutale. Critique : Après l'épisode sur Reagan que j'avais beaucoup apprécié, le scénariste Jean Yves Le Naour s'attaque cette fois-ci au mythe Thatcher. Et c'est une nouvelle fois super intéressant. Evidemment le parti pris caustique est encore une fois assumé, mais l'ensemble reste bien documenté et nous livre un sacré portrait de la dame de fer. Les dessins de Emilio Van Der Zuiden collent à merveille à cette époque, surtout sublimé par la superbe colorisation façon Fallout de Fabien Alquier. On se retrouve vraiment plongé dans les années 70 avec un propos intéressant et toujours aussi pertinent politiquement parlant. On se rend compte que les débats d'hier sont toujours d'actualité, 50 ans plus tard, avec les mêmes arguments de part et d'autre. Contrairement à certains documentaires ou biopic en bd, ici la lecture est toujours fluide et facile, les touches d'humour apportant suffisamment de légèreté pour rendre l'ensemble très digeste. Comme l'épisode sur Reagan, La sorcière qui a changé le monde est une bd à lire si vous vous intéressez un tant soi peu à l'histoire ou à la géopolitique passée, ou actuelle. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/la-sorciere-qui-a-change-le-monde/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  17. Après l'épisode sur Reagan que j'avais beaucoup apprécié, le scénariste Jean Yves Le Naour s'attaque cette fois-ci au mythe Thatcher. Et c'est une nouvelle fois super intéressant. Evidemment le parti pris caustique est encore une fois assumé, mais l'ensemble reste bien documenté et nous livre un sacré portrait de la dame de fer. Les dessins de Emilio Van Der Zuiden collent à merveille à cette époque, surtout sublimé par la superbe colorisation façon Fallout de Fabien Alquier. On se retrouve vraiment plongé dans les années 70 avec un propos intéressant et toujours aussi pertinent politiquement parlant. On se rend compte que les débats d'hier sont toujours d'actualité, 50 ans plus tard, avec les mêmes arguments de part et d'autre. Contrairement à certains documentaires ou biopic en bd, ici la lecture est toujours fluide et facile, les touches d'humour apportant suffisamment de légèreté pour rendre l'ensemble très digeste. Comme l'épisode sur Reagan, La sorcière qui a changé le monde est une bd à lire si vous vous intéressez un tant soi peu à l'histoire ou à la géopolitique passée, ou actuelle.
  18. Titre de l'album : Fils de bourge - Le doux printemps 1936 Scenariste de l'album : Eric Stalner Dessinateur de l'album : Eric Stalner Coloriste : Eric Stalner Editeur de l'album : Grand Angle Note : Résumé de l'album : Avant la résistance, la résilience. Celle d'un jeune homme en 1936 et celle de la France ensuite... En 1935 dans la petite ville de Gramont, François Bompierre est le fils du nouveau sous-directeur de l'usine de papier, sympathisant fasciste, qui le bat régulièrement à coups de ceinture. Pour se protéger mentalement de ce père violent, François s'imagine libellule poursuivie par un crapaud. Un jour, il rencontre un groupe de jeunes communistes. Malgré la différence sociale, François, finit par s'imposer au sein du groupe. Mais la tension monte à l'usine de papier entre la direction et les grévistes. Dès lors, l'affrontement entre le père et le fils devient inévitable. La libellule parviendra-t-elle à s'affranchir du crapaud ? Un fantastique récit de résistance et de résilience mêlant l'intime et l'historique. Critique : Ah qu'elle fait du bien cette bd. Evidemment elle vous parlera un peu plus si vous avez un petit coeur qui penche à gauche, mais le fait est qu'elle est réussie. Sans être exempt de menus défauts, elle donne de l'enthousiasme à travers cette histoire d'adolescence et de découverte de l'âge adulte. Avec finesse plus qu'avec originalité, elle nous brosse une galerie de personnages bien ésquissés, des ados aux adultes. On plonge dans l'époque et dans cette ambiance particulière avec facilité tant le scénario et le trait d'Eric Stalner nous invite à embarquer avec lui dans ce printemps là. Evidemment il y a des raccourcis et des caricatures un peu faciles, mais le tout est vite gommé par l'énergie et l'enthousiasme que l'on ressent pour cette intrigue simple, mais humaine. Les enjeux familiaux sont d'ailleurs bien plus présents que les enjeux économiques. Le point particulièrement intéressant je trouve arrive en fin d'album avec le lien fait avec la seconde guerre mondiale qui débutera juste après.... Fils de bourge est une bd à relire pour se replonger dans notre histoire de France sous un angle et une période peu vus en bd franco belge. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/fils-de-bourge-le-doux-printemps-1936/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  19. Ah qu'elle fait du bien cette bd. Evidemment elle vous parlera un peu plus si vous avez un petit coeur qui penche à gauche, mais le fait est qu'elle est réussie. Sans être exempt de menus défauts, elle donne de l'enthousiasme à travers cette histoire d'adolescence et de découverte de l'âge adulte. Avec finesse plus qu'avec originalité, elle nous brosse une galerie de personnages bien ésquissés, des ados aux adultes. On plonge dans l'époque et dans cette ambiance particulière avec facilité tant le scénario et le trait d'Eric Stalner nous invite à embarquer avec lui dans ce printemps là. Evidemment il y a des raccourcis et des caricatures un peu faciles, mais le tout est vite gommé par l'énergie et l'enthousiasme que l'on ressent pour cette intrigue simple, mais humaine. Les enjeux familiaux sont d'ailleurs bien plus présents que les enjeux économiques. Le point particulièrement intéressant je trouve arrive en fin d'album avec le lien fait avec la seconde guerre mondiale qui débutera juste après.... Fils de bourge est une bd à relire pour se replonger dans notre histoire de France sous un angle et une période peu vus en bd franco belge.
  20. The_PoP

    Cartagena

    Bon, tout d'abord je tiens en préambule à adresser un hommage vibrant à M. Hermann, pour son oeuvre qui a participé grandement à mon amour de la bd, entre la découvert des "Comanche" paternels et des "Jeremiah" ou "Bernard Prince" de mes cousins comment ne pas aimer la bd ? Alors merci M. Hermann, un immense merci. Cette bd est donc l'une des dernières dessinée par le maître sur son lit d'hôpital comme le raconte son fils, le scénariste de cet album Yves H. Il ne souhaitait pas vivre sans dessiner et c'est ce qu'il a fait. Respect à lui et nos pensées vont à sa famille. Sinon que dire de ce Cartagena ? Et bien qu'il s'agit d'un excellent one shot d'un point de vue du scénario car si j'ai souvent pu me montrer critique sur les dernières séries scénarisées par Yves H., il faut reconnaitre qu'ici il retrouve ce qui a marqué les lecteurs dans les one shots de son père. Et c'est tant mieux, la fin est plus que réussie, l'ensemble est bien mené, il n'y a que peu de temps morts, et les personnages sont bien esquissés. L'enfer des Cartels colombien et de la vie dans les quartiers défavorisés est prégnante et comme souvent avec Hermann, on va atteindre les tréfonds de la noirceur humaine. Le dessin du maître a par contre souffert de la maladie, il faut le dire sans rien lui enlever de son génie, car ces planches là sont très loin du génie qu'il a pu avoir. On retrouve son trait sur quelques cases ou pages, et les compositions et plans sont globalement bien pensés, mais certains détails m'ont gêné. Alors prenons simplement cette bd comme son ultime témoignage a un art auquel il a tout donné. Chapeau bas M. Hermann pour l'ensemble de votre oeuvre, et personne ne vous en voudra de ne pas avoir fait un nouveau chef d'oeuvre graphique en luttant contre ce foutu crabe.
  21. The_PoP

    Cartagena

    Titre de l'album : Cartagena Scenariste de l'album : Yves H. Dessinateur de l'album : Hermann Coloriste : Hermann Editeur de l'album : Le Lombard Note : Résumé de l'album : Gangrénée par le trafic de drogue, Cartagena est une ville qui semble n'offrir qu'un seul débouché aux habitants des quartiers défavorisés : intégrer le cartel local. L'avenir d'Alvaro, 20 ans, lui semble bouché, sans espoir. Il a dès lors pris la décision, avec son copain Nacho, d'intégrer le cartel qui gère le trafic de drogue dans la ville, celui d'« El Cocho » Arriega. De l'autre côté de la loi, Felix Garcia est flic. Il est dans la quarantaine affirmée et père de famille. Dans son collimateur, « El Cocho » et son cartel... La rencontre entre ces deux-là semble donc explosive. Mais méfions-nous des apparences, elles sont souvent trompeuses... Critique : Bon, tout d'abord je tiens en préambule à adresser un hommage vibrant à M. Hermann, pour son oeuvre qui a participé grandement à mon amour de la bd, entre la découvert des "Comanche" paternels et des "Jeremiah" ou "Bernard Prince" de mes cousins comment ne pas aimer la bd ? Alors merci M. Hermann, un immense merci. Cette bd est donc l'une des dernières dessinée par le maître sur son lit d'hôpital comme le raconte son fils, le scénariste de cet album Yves H. Il ne souhaitait pas vivre sans dessiner et c'est ce qu'il a fait. Respect à lui et nos pensées vont à sa famille. Sinon que dire de ce Cartagena ? Et bien qu'il s'agit d'un excellent one shot d'un point de vue du scénario car si j'ai souvent pu me montrer critique sur les dernières séries scénarisées par Yves H., il faut reconnaitre qu'ici il retrouve ce qui a marqué les lecteurs dans les one shots de son père. Et c'est tant mieux, la fin est plus que réussie, l'ensemble est bien mené, il n'y a que peu de temps morts, et les personnages sont bien esquissés. L'enfer des Cartels colombien et de la vie dans les quartiers défavorisés est prégnante et comme souvent avec Hermann, on va atteindre les tréfonds de la noirceur humaine. Le dessin du maître a par contre souffert de la maladie, il faut le dire sans rien lui enlever de son génie, car ces planches là sont très loin du génie qu'il a pu avoir. On retrouve son trait sur quelques cases ou pages, et les compositions et plans sont globalement bien pensés, mais certains détails m'ont gêné. Alors prenons simplement cette bd comme son ultime témoignage a un art auquel il a tout donné. Chapeau bas M. Hermann pour l'ensemble de votre oeuvre, et personne ne vous en voudra de ne pas avoir fait un nouveau chef d'oeuvre graphique en luttant contre ce foutu crabe. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/signe-cartagena/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  22. Titre de l'album : Metropolia tome 1 - Berlin 2099 Scenariste de l'album : Fred Duval Dessinateur de l'album : Ingo Römling Coloriste : Ingo Römling Editeur de l'album : Dargaud Note : Résumé de l'album : Berlin 2099. Depuis le milieu du XXIe siècle, l'énergie manque. Les voyages sont devenus un luxe. Les pas des habitants, une monnaie. Quitter la ville coûte plus que ce qu'on peut raisonnablement gagner en une vie, alors Sasha Jäger enchaine les missions – hors normes, mais rémunératrices – pour la puissante Metropolia. À la poursuite d'une mystérieuse tueuse, sa nouvelle enquête le mène au Florian, vaste immeuble dont chaque résident – homme, femme ou I.A. – protège un secret. Les cadavres continuent de s'accumuler... et Sasha-le-chasseur finit par être lui-même traqué par un adversaire invisible. Entre "Blade Runner" et James Ellroy, avec "Metropolia" Fred Duval et Ingo Römling proposent un récit complet en un tome et renouvellent le genre en installant le polar urbain dans un futur proche. Critique : Nouvelle série de one shot de Fred Duval chez Dargaud. Apres Apogée et Renaissance, il se lance cette fois dans de l'anticipation, plus que le la science-fiction pure. On se retrouve an 2099 dans une société qui a évoluée dans une orientation "plausible" qui met le principe de marcher au centre des vies des gens. Le monde est trop pollué donc on rémunère les gens pour leurs pas autant que pour leur travail et ou les voyages sont devenus trop cher. Ce one shot, car c'en est bien un, nous montre le métier de Sasha, "facilitateur" pour des personnes influentes. Métier qui va l'amener au cœur d'une aventure super bien ficelé, entre thriller scientifique et enquête, porté par ce monde qui considère que le notre est "l'ancien" monde. Graphiquement très joli, avec un choix de couleur et un trait classique qui font merveilles, ce premier tome est une très bonne lecture. Duval, comme à son habitude, maitrise son récit qui se trouve être moins évident qu'il n'y parait. La gestion des 56 pages est parfaite pour que l'on soit tenu en haleine jusqu'au bout. Je ne sais pas ce que deviendra la "série" (car c'est présenté comme un tome un), qui pourrait aussi bien suivre Sasha que partir sur une autre aventure dans la ville elle même, mais on peut apprécier ce bon one shot d'anticipation sans se soucier de cela. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien BDfugue : https://www.bdfugue.com/metropolia-tome-1-berlin-2099/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  23. Titre de l'album : Le mage du Kremlin Scenariste de l'album : Giuilano Da Empoli Dessinateur de l'album : Luc Jacomon Coloriste : Luc Jacomon Editeur de l'album : Casterman Note : Résumé de l'album : Le best-seller de Giuliano Da Empoli servi par le dessin de Luc Jacamon On l'appelait le « mage du Kremlin ». Vadim Baranov, ancien metteur en scène devenu éminence grise de Poutine, fascine autant qu'il intrigue. Un soir, il livre enfin son histoire au narrateur : des coulisses du pouvoir russe surgit un monde de manipulations et d'illusions, où la politique devient théâtre. De la Tchétchénie à l'Ukraine, Le Mage du Kremlin dévoile les ressorts du régime et médite sur la nature du pouvoir. Dans cette adaptation, Luc Jacamon donne corps à la Russie post-soviétique grâce à son réalisme stylisé, parfaitement adapté à cet univers implacable. Critique : En lisant cette extraordinaire plongée dans les arcanes du pouvoir russe, je n'ai pu m'empêcher de penser au roman Limonov d'Emmanuel Carrère (édition POL), jusqu'à ce que je l'aperçoive dans ces pages, il ne pouvait en être autrement tant il incarne les contradictions de ce pays ! Enfin, contradictions sous le prisme "européano-américain", car pour une partie du peuple russe, l'émergence de Poutine n'est qu'une suite logique jalonnant la longue histoire de cet immense pays où Staline incarne encore et toujours l'idole du peuple. L'originalité de ce récit vient essentiellement de la montée en puissance de Vadim Baranov, descendant des rares "russes blancs" encore en vie, qui va orchestrer l'avènement de Poutine et sa continuité du pouvoir, envers et contre tous ! En effet, vous croiserez le président russe, mais toujours sous le prisme de Baranov qui est la "tsar" de cette histoire (sans faute de frappe 😉 ) . La première rencontre avec Poutine, ses impressions sur l'homme, puis le contrôle de l'information, l'élimination des gêneurs sous toutes les formes, ce duo va imaginer tous les stratagèmes possibles pour ne souffrir d'aucune contestation possible ! En situant le contexte historique post Gorbatchev et Eltsine, la Russie sort en effet d'une période de liberté totale du peuple et (selon Poutine) d'une peut-être trop grande influence occidentale sur les idées politiques. Un terreau peu fertile pour Vladimir Poutine, qu'il va s'empresser de labourer pour y semer ses graines bien plus "contrôlées". Pour illustrer cette formidable "biographie", l'auteur de la série Le tueur (Casterman) Luc Jacomon réalise des planches fantastiques ! Que ce soit les paysages enneigés et leurs couchers de soleil aux couleurs stupéfiantes, ou des environnements plus citadins avec les salons feutrés ou encore la Place rouge, tout est superbe et d'une précision incroyable ! Il semble au sommet de son art avec ce roman graphique tant le résultat est beau ! Une formidable lecture dans laquelle vous apprendrez tout en vous émerveillant du dessin de Monsieur Luc Jacomon ! Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/le-mage-du-kremlin/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  24. Titre de l'album : Terres d'Ynuma - Tome 1 - Samourai rouge Scenariste de l'album : Nicolas Jarry Dessinateur de l'album : Vax Coloriste : Vincent Powell Editeur de l'album : Soleil Note : Résumé de l'album : Au fil des saisons, Mei-Jen et Zhao traquent les esprits tourmentés qui franchissent le Voile. De l'automne aux marais hantés, à l'hiver glacial des montagnes d'Onna, en passant par les brumes perfides du printemps, leur quête les mène aux confins d'Ynuma. Mais sous la chaleur implacable de l'été, Zhao devra affronter un ennemi plus redoutable encore : son propre passé Critique : Bon, que dire face à une nouvelle série sur les terres d'arran ? Que logiquement après les thématiques classiques, la thématique d'inspiration africaine, eil nous restait à explorer la fantasy occidentale sous un prisme asiatique. Et quoi de mieux que le Japon des démons, de la spiritualité et des ronins pour y inscrire un premier tome de fantasy ? Et bien ce premier tome est réussi, se rapprochant plus de Okko et de Samouraï que des autres séries des terres d'arran. Peu de lien est fait pour le moment, et les enjeux de cette histoire sont assez personnels avec la quête et l'errance de nos deux héros. Mais cela n'empêche en rien le plaisir de la lecture, appréciant simplement ce monde pour ce qu'il est. Et le talent de créateur de mondes cohérents et passionnants de la troupe des terres d'arran n'est plus à démontrer. J'ai également trouvé le talent de Vax aux crayons parfaitement adapté à ce tome. il faut dire que M. Daniel Vaxelaire s'est fait la main sur Yiu, puis la geste des chevaliers dragons avant de signer quelques tomes de Samouraï Origines, Sensei et Terres d'Ogon. Pour redémarrer cette série dans l'univers nippon, je crois qu'il n'y avait pas meilleur cv. Et quand en plus Vincent Powell fait des merveilles avec sa colorisation, ô combien importante au pays du soleil levant même en Fantasy, et bien on touche du doigt une belle réussite. A noter que la série n'est prévue aujourd'hui qu'en 5 tomes. Si vous avez tout le reste, vous n'êtes plus à ça près. Seul bémol cela manquera peut être d'un arc narratif de plus grande ampleur avec des enjeux un peu plus sympas. Autres infos : Type de l'album : BD Europeene Lien Partenaire : https://www.bdfugue.com/terres-d-ynuma-tome-1-samourai-rouge/?ref=44 Voir la totalité de enregistrement
  25. Kevin Nivek

    Le mage du Kremlin

    En lisant cette extraordinaire plongée dans les arcanes du pouvoir russe, je n'ai pu m'empêcher de penser au roman Limonov d'Emmanuel Carrère (édition POL), jusqu'à ce que je l'aperçoive dans ces pages, il ne pouvait en être autrement tant il incarne les contradictions de ce pays ! Enfin, contradictions sous le prisme "européano-américain", car pour une partie du peuple russe, l'émergence de Poutine n'est qu'une suite logique jalonnant la longue histoire de cet immense pays où Staline incarne encore et toujours l'idole du peuple. L'originalité de ce récit vient essentiellement de la montée en puissance de Vadim Baranov, descendant des rares "russes blancs" encore en vie, qui va orchestrer l'avènement de Poutine et sa continuité du pouvoir, envers et contre tous ! En effet, vous croiserez le président russe, mais toujours sous le prisme de Baranov qui est la "tsar" de cette histoire (sans faute de frappe 😉 ) . La première rencontre avec Poutine, ses impressions sur l'homme, puis le contrôle de l'information, l'élimination des gêneurs sous toutes les formes, ce duo va imaginer tous les stratagèmes possibles pour ne souffrir d'aucune contestation possible ! En situant le contexte historique post Gorbatchev et Eltsine, la Russie sort en effet d'une période de liberté totale du peuple et (selon Poutine) d'une peut-être trop grande influence occidentale sur les idées politiques. Un terreau peu fertile pour Vladimir Poutine, qu'il va s'empresser de labourer pour y semer ses graines bien plus "contrôlées". Pour illustrer cette formidable "biographie", l'auteur de la série Le tueur (Casterman) Luc Jacomon réalise des planches fantastiques ! Que ce soit les paysages enneigés et leurs couchers de soleil aux couleurs stupéfiantes, ou des environnements plus citadins avec les salons feutrés ou encore la Place rouge, tout est superbe et d'une précision incroyable ! Il semble au sommet de son art avec ce roman graphique tant le résultat est beau ! Une formidable lecture dans laquelle vous apprendrez tout en vous émerveillant du dessin de Monsieur Luc Jacomon !
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